GAFA : c’est grâce aux réseaux sociaux que nos idées circulent

Attaquer les GAFA est à la mode. Mais il s’agirait de ne pas se tromper d’ennemi, et de ne pas sacrifier la liberté par démagogie.

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Mark Zuckerberg - Crédit photo : JD Lasica (CC BY-NC 2.0)

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GAFA : c’est grâce aux réseaux sociaux que nos idées circulent

Publié le 20 avril 2018
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Des propositions de réglementation et de taxation des Gafa sont avancées par la gauche, la droite mais aussi par ceux qui se considèrent comme centristes ou libéraux. Il y a, d’un côté, les étatistes de tous bords qui s’en prennent par principe à ces multinationales et, de l’autre, les refoulés qui veulent s’affirmer et attirer les lumières.

Vous voulez attaquez ces géants ? Allez-y, c’est à la mode, votre impact dans l’opinion est garanti. Vous ferez à coup sûr parler de vous et vous vous ferez bien voir, même de vos adversaires d’hier s’ils sont eux aussi contre les Gafa !

Il faudrait plutôt réformer l’État et les syndicats !

Néanmoins, on se trompe d’ennemi et on risque de provoquer une situation pire que celle d’aujourd’hui. Premièrement, c’est l’État qui devrait être réglementé. C’est lui qui sait tout sur nous et qui en plus nous prend la moitié de notre richesse (56 % de dépenses publiques).

C’est l’État français qui vit au dessus de nos moyens avec une dette à 97 % du PIB et des prélèvements obligatoires à 45.4 % ! C’est pour cela qu’il envisage la création d’une police fiscale et encourage la délation. Scandaleux ! Il est obèse et impotent à la fois. Il emploie 6 millions de fonctionnaires et c’est le seul État qui n’a pas été réformé après la crise de 2008.

Il est fort avec ceux qui créent des richesses, avec pour résultat de les faire fuir à l’étranger, et faible avec les jeunes excités de la Zad. C’est lui qui devrait être encadré et contrôlé. Ce sont les syndicats qui bloquent le pays qui devraient être réformés ! De même, pourquoi ne pas demander des comptes aux politiques responsables des mesures économiques et fiscales catastrophiques qui ont enfoncé la France dans la crise ?

Malheureusement, en France, l’équivalent du Wall Street Journal ou de la chaîne Fox News n’existe pas

On reproche aussi aux Gafa, en particulier aux réseaux sociaux, d’utiliser nos données personnelles. Nous l’avons déjà écrit : personne ne nous a obligés à les donner ! Et en échange, nous bénéficions d’un service gratuit. De plus, n’oublions pas une chose essentielle : c’est grâce aux réseaux sociaux que nos idées circulent, non grâce aux médias de gauche ou politiquement et économiquement corrects !

Malheureusement, en France, l’équivalent du Wall Street Journal ou de la chaîne Fox News n’existe pas. L’information libéral-conservatrice circule d’abord à travers les réseaux sociaux. Un petit retour en arrière pourrait nous éclairer. Ami et disciple de William F. Buckley, considéré comme le (re)fondateur aux États-Unis des Républicains grâce à ses initiatives dans les années 1970, Richard Brookhiser raconte dans un ouvrage passionnant, Right Time. Right Place, toutes ces années du renouveau du mouvement conservateur jusqu’à l’arrivée de Reagan au pouvoir.

Réunis autour de la National Review, lancée en 1955, des intellectuels ont jeté les bases d’une opposition conservatrice à la gauche omniprésente dans les médias et dans les universités. Bill Buckley ne croit plus à la chasse aux communistes dans l’administration ou à Hollywood, mais à la lutte contre les idées « progressistes ». Il lance des campagnes de mailing massives (le marketing direct) afin de contourner les médias et démolir les idées de gauche.

Les Républicains ont ainsi commencé à gagner des batailles jusqu’à la victoire de Reagan en 1980. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont en partie remplacé le mailing postal et c’est notre moyen le plus efficace et le moins cher pour combattre nos adversaires. Ne cassons pas notre matériel.

Lors de son audience devant la Commission du Congrès, Mark Zuckerberg a reconnu avoir commis certaines fautes, dont celle d’avoir fait confiance à la société Cambridge Analytics. Il a surtout confirmé la propagande et les attaques répétées de la part de l’Agence russe de l’internet, ainsi que la censure au moins partielle de certaines pages au contenu conservateur comme celles qui étaient consacrées au Conservative Political Action Conference, important événement des Républicains. Il a promis de veiller à ce que cela ne reproduise plus.

Les GAFA doivent respecter toutes les opinions décentes, mais réglementer les réseaux ne pourrait profiter qu’aux gauchistes et autres « progressistes ». Nul doute qu’avec leur maîtrise de l’intox ils parviendraient rapidement à imposer leurs normes et leurs règles.

Soyons vigilants en ce qui concerne le terrorisme, la violence, la pédo-pornographie, etc… mais gardons les réseaux sociaux libres. Sinon, nous risquons de les perdre.

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  • Il n’est pas reproché aux gafa de faire circuler une info que les utilisateurs donnent de plein gré, il est reproché qu’ils faussent la concurrence en ne payant pas d’impôts où des commerces standards en payent. C’est tout et c’est déjà pas mal.

    • Toutes les entreprises payent des impôts exactement comme les commerces que vous qualifiez de « standards » (quoi que cette expression mystérieuse puisse signifier) là où elles exercent leur activité. Lorsque je me connecte à internet, c’est précisément pour me rendre à l’étranger, là où réside le service et où je peux exercer pleinement mon devoir supérieur et absolu de mettre en concurrence fiscale les Etats obèses.

      Si certaines entreprises numériques rencontrent un tel succès, c’est parce que la démocratie économique (réelle) s’impose à la démocratie politique (illusoire). Ceci dit, vous n’avez pas compris la situation, celle qui pose vraiment problème. Certaines entreprises sont mises en cause parce qu’elles sont entrées en politique en soutenant un camp particulier, notamment aux USA, au lieu de rester sagement dans leur seul domaine de compétence économique. Une telle prétention, surtout lorsqu’il s’agit de promouvoir un nouvel avatar du socialisme, ne peut rester impunie.

      • Non, les serveurs google sont souvent en Europe lorsqu’on se connecte depuis la France (pourquoi ? Car + on est proche de la source + le temps de chargement est court). Essayer d’accéder à un site chinois (qui n’a pas vocation à être accessible à l’étranger) donc qui a ses serveurs en chine et vous verrez que c’est nettement plus long.

    • Vous avez bien lu tout ce qui se dit sur ces entreprises ? Leur modèle fiscal est la cerise sur le gateau et ce qui permet de vendre à l’opinion à quel point leur fonctionnement est scandaleux, mais il n’est pas possible quand on les critique de faire l’impasse sur leur modèle économique. Et celui-ci repose sur la collecte des données de leurs utilisateurs.
      Après, comme dit dans l’article et comme je le réponds à chaque fois : ça ne me dérange pas de donner à Facebook ou Google des infos personnelles. Parce-que je choisis les infos que je donne à ces entreprises, et je choisis même de leur donner ces infos (personne ne m’oblige à avoir un smartphone, personne ne m’oblige à installer telle ou telle application dessus, personne ne m’oblige à poster sur Facebook que je pars en vacances et avec qui). Si un Etat se mêle de récupérer le même type d’information ça va me gêner beaucoup plus. Parce-que l’Etat, je ne choisis pas les informations que le lui donne, il les prend. Et ce qu’il en fera dans les années à venir, personne n’en sait rien. Parce-que même si l’Etat est contrôlé par le « peuple » (c’est qui…?), en pratique ceux qui exploitent ces données obtenues par la contrainte pour lui sont des fonctionnaires complètement irresponsables, qui peuvent en faire ce qu’ils veulent, ce que leur dicte la mode du moment – bien sûr pour le plus grand bien de la Nation, de l’Etat, du Peuple ou de tout ce que vous voulez.
      On a largement eu la démonstration de ce qui arrive quand des fonctionnaires décident à la place des individus de ce qui est bon pour eux.

      • Je suis tout à fait d’accord avec vous sur la distinction qu’il faut faire entrela collecte d’informations par l’état ou par les entreprises, qui elles sont soumises à la concurrence.

        Mais quand vous dites que vous choisissez ce que vous donnez comme information, vous vous trompez lourdement. La masse la plus importante d’informations vient de vos habitudes en ligne. Le simple fait de visiter une page avec des scripts analytiques, ce qui est la majorité des pages, renseigne les GAFA sur VOTRE historique de visite, même sans être utilisateur de ces GAFA.

        Et donc, c’est comme si ces entreprises avaient des espions un peu partout (avec la « complicité » des éditeurs) et y échapper devient de plus en plus dur.

        Pour valoriser encore plus ces informations, ils recoupent aussi avec des informations plus « physiques », comme vos transactions financières, la position de votre gsm (même sans gps ou data activés), les parkings que vous visitez (via votre plaque)…

        En plus, lorsque l’état interdit les paiements en cash, il nous oblige à passer par des transactions électroniques, et donc d’alimenter ces big data.

        À part si vous vivez en autarcie complète hors du système légal, vous « donnez » sans le vouloir des informations.

        Tant que ces informations ne sont pas entre de mauvaises mains, c’est un moindre mal, mais imaginez seulement ce que pourrait faire un dictateur avec cette masse d’information.

    • Le monde de l’information est particulièrement bien traité par la fiscalité, arrêtez d’écouter les plaintes de la presse subventionnée envers sa concurrence qui échapperait à l’impôt !

    • @Tigrou666: Visiblement, vous n’avez pas suivi l’actualité 😉

  • La nature a horreur du vide, et si les réseaux sociaux n’existaient pas, il y aurait un autre vecteur pour l’information alternative. Nul ne peut dire s’il serait meilleur ou pire.

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