GAFA : c’est grâce aux réseaux sociaux que nos idées circulent

Mark Zuckerberg - Crédit photo : JD Lasica (CC BY-NC 2.0)

Attaquer les GAFA est à la mode. Mais il s’agirait de ne pas se tromper d’ennemi, et de ne pas sacrifier la liberté par démagogie.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Des propositions de réglementation et de taxation des Gafa sont avancées par la gauche, la droite mais aussi par ceux qui se considèrent comme centristes ou libéraux. Il y a, d’un côté, les étatistes de tous bords qui s’en prennent par principe à ces multinationales et, de l’autre, les refoulés qui veulent s’affirmer et attirer les lumières.

Vous voulez attaquez ces géants ? Allez-y, c’est à la mode, votre impact dans l’opinion est garanti. Vous ferez à coup sûr parler de vous et vous vous ferez bien voir, même de vos adversaires d’hier s’ils sont eux aussi contre les Gafa !

Il faudrait plutôt réformer l’État et les syndicats !

Néanmoins, on se trompe d’ennemi et on risque de provoquer une situation pire que celle d’aujourd’hui. Premièrement, c’est l’État qui devrait être réglementé. C’est lui qui sait tout sur nous et qui en plus nous prend la moitié de notre richesse (56 % de dépenses publiques).

C’est l’État français qui vit au dessus de nos moyens avec une dette à 97 % du PIB et des prélèvements obligatoires à 45.4 % ! C’est pour cela qu’il envisage la création d’une police fiscale et encourage la délation. Scandaleux ! Il est obèse et impotent à la fois. Il emploie 6 millions de fonctionnaires et c’est le seul État qui n’a pas été réformé après la crise de 2008.

Il est fort avec ceux qui créent des richesses, avec pour résultat de les faire fuir à l’étranger, et faible avec les jeunes excités de la Zad. C’est lui qui devrait être encadré et contrôlé. Ce sont les syndicats qui bloquent le pays qui devraient être réformés ! De même, pourquoi ne pas demander des comptes aux politiques responsables des mesures économiques et fiscales catastrophiques qui ont enfoncé la France dans la crise ?

Malheureusement, en France, l’équivalent du Wall Street Journal ou de la chaîne Fox News n’existe pas

On reproche aussi aux Gafa, en particulier aux réseaux sociaux, d’utiliser nos données personnelles. Nous l’avons déjà écrit : personne ne nous a obligés à les donner ! Et en échange, nous bénéficions d’un service gratuit. De plus, n’oublions pas une chose essentielle : c’est grâce aux réseaux sociaux que nos idées circulent, non grâce aux médias de gauche ou politiquement et économiquement corrects !

Malheureusement, en France, l’équivalent du Wall Street Journal ou de la chaîne Fox News n’existe pas. L’information libéral-conservatrice circule d’abord à travers les réseaux sociaux. Un petit retour en arrière pourrait nous éclairer. Ami et disciple de William F. Buckley, considéré comme le (re)fondateur aux États-Unis des Républicains grâce à ses initiatives dans les années 1970, Richard Brookhiser raconte dans un ouvrage passionnant, Right Time. Right Place, toutes ces années du renouveau du mouvement conservateur jusqu’à l’arrivée de Reagan au pouvoir.

Réunis autour de la National Review, lancée en 1955, des intellectuels ont jeté les bases d’une opposition conservatrice à la gauche omniprésente dans les médias et dans les universités. Bill Buckley ne croit plus à la chasse aux communistes dans l’administration ou à Hollywood, mais à la lutte contre les idées « progressistes ». Il lance des campagnes de mailing massives (le marketing direct) afin de contourner les médias et démolir les idées de gauche.

Les Républicains ont ainsi commencé à gagner des batailles jusqu’à la victoire de Reagan en 1980. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont en partie remplacé le mailing postal et c’est notre moyen le plus efficace et le moins cher pour combattre nos adversaires. Ne cassons pas notre matériel.

Lors de son audience devant la Commission du Congrès, Mark Zuckerberg a reconnu avoir commis certaines fautes, dont celle d’avoir fait confiance à la société Cambridge Analytics. Il a surtout confirmé la propagande et les attaques répétées de la part de l’Agence russe de l’internet, ainsi que la censure au moins partielle de certaines pages au contenu conservateur comme celles qui étaient consacrées au Conservative Political Action Conference, important événement des Républicains. Il a promis de veiller à ce que cela ne reproduise plus.

Les GAFA doivent respecter toutes les opinions décentes, mais réglementer les réseaux ne pourrait profiter qu’aux gauchistes et autres « progressistes ». Nul doute qu’avec leur maîtrise de l’intox ils parviendraient rapidement à imposer leurs normes et leurs règles.

Soyons vigilants en ce qui concerne le terrorisme, la violence, la pédo-pornographie, etc… mais gardons les réseaux sociaux libres. Sinon, nous risquons de les perdre.

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