Le climat contre les libertés individuelles

Sans une prise de conscience immédiate, la France se transformera en climatocrature qui, au nom du "bien" de la planète, bridera les libertés individuelles.
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Le climat contre les libertés individuelles

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 août 2018
- A +

Par Benoît Rittaud.

Les projets de dictature écologiste avancent désormais à visage découvert, et les garde-fous sociétaux n’opèrent plus : impossible d’éviter ce constat en lisant le titre de l’interview du climatologue François-Marie Bréon dans Libération du 29/07 : « La lutte pour le climat est contraire aux libertés individuelles ».

Ce titre seul pourrait laisser croire à une grille de lecture de bon aloi pour évaluer tel ou tel projet de loi écologiquement punitif. Hélas, c’est tout le contraire : pour lutter contre l’évolution du climat, l’interviewé s’affiche comme favorable à une restriction des libertés individuelles.

Le plus inquiétant est qu’il puisse ainsi le faire dans un quotidien national sans susciter une levée de boucliers. La phrase complète dont le titre est issu est pourtant encore plus claire : « On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie. »

Entendant cette affirmation, la journaliste a-t-elle un mouvement de recul, un mot pour inciter à pondérer un propos si évidemment dangereux ? Que nenni : les questions de démocratie et des libertés individuelles étant probablement secondaires, l’entretien se focalise aussitôt après sur la très grave question de la climatisation — évidemment mère de tous les vices puisque consommatrice d’énergie.

En route vers la climatocrature

On pourra se rassurer en se disant que cette interview n’est que l’une de ces perles collectionnées par temps de chaleur dans certains journaux en manque de sujets, et que tout cela disparaîtra aux premiers frimas. Mais on peut aussi y voir l’illustration d’une faiblesse préoccupante du corps social, silencieux devant un appel à instituer ce qu’il faudrait bien appeler une climatocrature.

Sans réaction des citoyens, la climatocrature progresse lentement mais sûrement. Il y a trois ans, Cécile Duflot proposait d’inscrire la lutte contre les changements climatiques dans la Constitution. Personne n’y avait prêté attention. Aujourd’hui, la réforme constitutionnelle se prépare à donner satisfaction à l’ex-ministre du Logement de façon spectaculaire : c’est rien de moins que l’article premier qui doit être défiguré pour y mentionner la « lutte contre le changement climatique ».

Qui pour questionner l’opportunité d’une telle modification ? Personne. Quel constitutionnaliste pour rappeler que notre loi fondamentale n’a pas pour fonction d’afficher une vertu fût-elle écologiste mais d’organiser la répartition des pouvoirs ? Aucun.

Le fait est que nous avons perdu toute capacité collective à mener un débat normal sur le climat. Chacun demeure tétanisé à la perspective que le plus léger questionnement de la doxa climatique ou de ses implications (transition énergétique, politique environnementale, diplomatie climatique…) lui colle aussitôt sur le front l’étiquette d’inconscient, d’égoïste, et pourquoi pas de négationniste.

Est-il encore temps de reprendre la main, ou n’est-ce plus qu’une question de temps avant l’instauration de cette climatocrature qui solderait les libertés publiques « pour le bien de la planète » ? Pour que l’église soit remise au milieu du village, commençons peut-être par réautoriser à chacun l’exercice de son esprit critique, sans aussitôt lui jeter un Trump à la figure. Songeons aussi à faire en sorte que la qualité de climatologue n’offre plus de protection morale à ceux qui affichent leur volonté de s’en prendre à nos valeurs.

Que notre monde devienne plus chaud ou pas, et que nous en soyons responsables ou pas, nous avons le droit imprescriptible de rester libres.

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Voir les commentaires (19)

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  • Guido Brasletti
    4 août 2018 at 7 h 17 min

    On a échappé au pire : on aurait pu voir inscrit le 80 km/h dans la constitution !

    • Peut-être une chance avec le 70km/h qui ne saurait tarder …?

    • Quoi que j’aurais bien aimé trouvé quelque part un droit à prendre son temps. Les Chinois ont bien leur droit à la sieste ?

      Article 43 : « les travailleurs de la République populaire de Chine ont droit au repos » et que « l’Etat accroît le nombre des installations pour le repos et le rétablissement des travailleurs ».

  • jacques lemiere
    4 août 2018 at 8 h 39 min

    les points godwin reçus en remarquant combien l’écologie avait cette potentialité…

    j’aurais été la journaliste j’aurais surtout demandé qu’entendez vous au juste par lutte pour le climat…
    comment peut on savoir si une mesure lutte pour le climat? la seule métrique possible semble être celle des émissions de CO2 d’origine fossile..soit…
    or le progrès c’est le mieux pas le bien.
    par exemple et en laissant de coté le fait que l’électricité produite soit nécessaire ou pas, pour construire une éolienne on fait des CO2 , dans le meilleur des cas ce n’est que mieux, mais ça dégrade toujours le climat si la métrique est les émissions de CO2 et encore sans considérer.
    Une stratégie de diabolisation ça vous revient toujours dans la gueule.
    les éoliennes dégradent le climat!!! mazette!

    tout ça pour qu’une bande de zozos nous forcent à vivre comme ils l’entendent.

    Il y a toujours quelque chose d’amusant à écouter un type qui vit tout comme vous ( ou pire!) vous expliquer combien votre mode de vie est criminel.

    passées les puissantes mesures comme la fermeture des robinets en se lavant les dents, l’isolation de maisons, les voitures électriques etc…, on sera devant le m^me problème…et la conclusion inévitable sera que sans ce foutu pétrole on est trop sur terre..dès lors…l’écologie vertueuse c’est le suicide, l’écologie amorale c’est la justification de meurtres de masse.

    diaboliser les énergie fossiles quand on voit ce qu’elles ont permis de faire en un siècle et demi…faut le faire!!!

    • Moi je sens poindre pour commencer une flopée de taxes sur toutes les vilaines inventions qui facilitent la vie en pourrissant Notre Mère Gaïa: Climatisation, frigos, chauffage, ordinateurs, Internet etc. Egalement, la mise en place de contrôles techniques obligatoires pour lesdits appareils ne saurait tarder.

  • Et oui, on marche sur la tête, mais c’est la mode.

  • C’est terrifiant. Le changement climatique est le prétexte, l’ennemi idéal qui justifie tout, comme dans 1984. En situation de guerre la population est prête à accepter des restrictions terribles. Les climato-réalistes sont traités comme les pacifistes en temps de guerre: accusés de défaitisme et de collusion avec l’ennemi. Que faire contre ça?

    • Oui c’est le prétexte qui justifie tout. Et même si les états ne sont pas forcément à l’origine des délires écologiques, ils ont bien vu que cela servait leur intérêt et ils se sont engouffrés dans cette direction.

      • jacques lemiere
        5 août 2018 at 7 h 59 min

        je ne crois pas que le peuple soit prêt à tout l’hypocrisie a ses limites..
        par ailleurs ce n’est pas un hasard si il y a toujours un volet « social », à la taxe carbone on ajoute une prime énergie pour les « pauvres ».
        mais ça va plus loin que le socialisme…auparavant on attaquait les riches mais désormais on s’attaque à l’énergie qui est une des causes profondes de l’enrichissement.

        Mais les gens que je connais qui se disent écologistes sympathisants sont surtout des hypocrites. démontrez leur que leurs actions sont illusoires, bilan fait ..ils vous fuient ou vous insultent.

  • L’écologie est élevé au rang de religion. La plupart des gens ( en France) se disent non croyant ou tout au mieux agnostiques de nos jours. Mais apparemment l’être humain a besoin de religieux. On a les divinités : combien de commentaires facebook (ok c’est pas le top) parle de Gaïa, voir pire, parle de l’homme comme un cancer. On a les dogmes. Et surtout on a la peur : si tu pollue tu mourras dans d’atroce souffrance, t’envoyant direct en enfer peuplé de turbo capitaliste. Et on a le clergé, ces hommes d’état trop content de retrouver leur pouvoir de coercition qu’ils avaient perdues. On a des Duflot, des segos, des Hulot (qui avoue manger des fraises en hiver mais c’est si bon vous comprenez).
    Les gens parlent de décroissance le matin et prennent l’avion l’après-midi pour partir en vacances. Je ne suis pas contre les gens qui ont des idéaux, à condition qu’ils soient logique dans leur parole et leur action et qu’ils ne s’emmerde que leur propre vie…Il y aurait tellement à rajouter sur ce sujet…

  • Bréon, il en tient une couche celui-là !
    Concernant la complicité de Libé avec les propos de Bréon relatifs à la démocratie, il ne faut pas s’en étonner. La tentation totalitaire est dans les gènes de la gauche beaucoup plus que dans celle du FN/RN. Cf. « la tentation totalitaire de la gauche » de Michèle Alliot-Marie.

    • Guido Brasletti
      4 août 2018 at 13 h 25 min

      Pourtant Breon dit des choses qui devraient ravir le lecteur standard de Contrepoints : il est pour le nucléaire et contre le photovoltaïque.
      Par ailleurs, après avoir lu l’article deux fois, j’ai toujours du mal à me faire une idée correcte. Déplore t-il le fait que la démocratie puisse ne pas faire bon menage avec les mesures de lutte contre le réchauffement climatique ou s’en accomode t-il sans état d’âme ?
      Il a clairement les énergies fossiles dans le pif. Ca, c’est sur. Pour le reste…

      • jacques lemiere
        5 août 2018 at 8 h 06 min

        reste qu’il en tient une couche et que le lecteur standard de contrepoint ou les article de gay pro nucleaire ne font rien à l’affaire .
        par ailleurs la démocratie sans limite est une tyrannie , ce dont il faudrait parler c’est pourquoi la lutte contre le rca ne justifie pas des limitations supplémentaires aux libertés individuelles.

      • Il y a un dilemme. Et si l’article ne dit effectivement pas de manière explicite si Bréon/Libé font une croix sur la démocratie ou sur le climat, il ne faut pas être naïf…

  • La petite bête
    4 août 2018 at 15 h 31 min

    La volonté d’établir une dictature te technocratique est première. Et cette volonté est le fait d’une oligarchie au niveau mondial. Le climat a fourni un excellent prétexte pour faire avancer ce projet funeste qui trouve le moyen de s’habiller des mots de liberté et de démocratie, alors qu’il en est l’exact contraire. Et les populations, dont la bonne conscience est honteusement exploitée, consentent à leur propre servitude…

  • quelle belle moralité !!! nous envoyons nos véhicules ,camions et bus finir leur vie en Afrrique Noir ceux qui veux dire nous exportons la pollution et comme par hasard rien des écolos…..et tout ça pour du Fric…et magouilles…des sudventions …là ce Hulot de pacotille silence Radio….

    • jacques lemiere
      5 août 2018 at 8 h 10 min

      il n’y a pas vraiment de « nous »..je n’envoie rien du tout. Mais il y a bien des hypocrites dans l’affaire , ce sont tous les gens qui veulent qu’on leur impose la vertu écologique à laquelle il prétendent aspirer..par pitié forcez moi à acheter une voiture électrique…!!!!
      ces gens ont une curieuse idée de la contrainte..

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