Île-de-France : les transports trois fois plus chers que le Navigo

Le PASS Navigo coûte bien plus que les 75,20 euros par mois affichés. En 2015, le coût réel des transports d’Île de France était en fait trois fois plus élevé que le coût visible, directement déboursé par l’usager.

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Île-de-France : les transports trois fois plus chers que le Navigo

Publié le 21 novembre 2017
- A +

Par Nicolas Marques.
Un article de l’Institut économique Molinari

Le tarif du Pass Navigo augmentera-t-il en 2018 ? Une hausse au-delà des 75,20 euros serait à l’étude. Île de France Mobilités, l’ex STIF, souhaiterait augmenter ses recettes globales de l’ordre de 3 % pour faire face aux travaux.

Le sujet a fait tache d’huile la semaine dernière, la région et le syndicat de transport cherchant à rassurer les usagers. Selon eux, la future hausse des recettes ne reposerait pas uniquement sur les voyageurs… Une argumentation à prendre avec des pincettes car beaucoup d’usagers sont aussi contributeurs via leurs employeurs ou impôts.

Le coût qu’on voit, et celui qu’on ne voit pas

Petit calcul. Le PASS Navigo coûte aujourd’hui 75,20 euros par mois, soit 900 euros par an. C’est le coût visible.

Imaginons maintenant que notre usager soit salarié dans une entreprise parisienne de plus de 10 salariés. Son employeur est assujetti à une cotisation mensuelle de 2,95 % du salaire brut. Certains pensent que cette cotisation réglée par les employeurs n’est pas supportée par le salarié. Dans les faits, c’est tout le contraire. C’est bien le travail du salarié qui permet et conduit l’employeur à payer 1115 euros par an.

Le Navigo coûte in fine deux fois plus cher au salarié-voyageur, mais l’addition ne s’arrête pas là.

Considérons maintenant que notre usager est aussi un contribuable. Il doit financer une partie des contributions obligatoires qu’assument les collectivités dont il relève. L’addition représente 1,8 milliard par an, dont deux tiers au titre du STIF. À cela s’ajoutent les impôts nationaux permettant d’assumer les dépenses non couvertes des opérateurs de transport, en proie notamment à des déséquilibres de leur régime de retraite (700 millions/an de subventions d’équilibre pour la RATP et 3,5 milliards par an pour la SNCF).

On le voit, le PASS Navigo coûte bien plus que les 75,20 euros par mois affichés. En 2015, le coût réel des transports d’Île de France était en fait trois fois plus élevé que le coût visible, directement déboursé par l’usager.

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  • Hier un maire expliquait que comme les bus de sa ville n’étaient financés qu’ à hauteur de 95% par les tickets, autant passer à la gratuité….

    • Oui, tant qu’à mal faire, autant le faire bien…

    • Avec 1 bus toutes les 4h

    • Et en effet, tant qu’a faire, autant virer tout le fatras informe qui sert a gérer, badges, tourniquet, distributeurs, et autres contrôleurs dépassés… Soit on considère que les transports en commun sont nécessaires, et on les rend accessibles facilement sans process a tous payés par les impôts, soit on considère qu’ils sont inutiles, et on les vire, chacun se démerdera avec les taxis.

      • Ah, mais si vous voulez les rendre accessibles à tous ceux pour lesquels c’est nécessaire, il faut verser à chacun d’eux une indemnité égale au coût réel de fonctionnement. Faire payer par les impôts cette indemnité, si vous voulez dans votre logique (dont ça montre les failles), mais rendre accessible même à ceux pour lesquels c’est superflu n’a pas de sens, c’est du gaspillage de biens publics.

        • Quelle logique ? J’ai proposé deux options, et vous n’avez répondu a aucune… sauf pour dire qu’il y a une faille … habituel chez vous d’être pour ce qui est contre et inversement <o)

  • C’est le miracle d’une économie collective,faire payer même les non usagers…peut on se passer de transports en commun est la question à se poser ….et ma réponse est , évidement , oui même à Paris.

  • Ce n’est pas la peine de faire un artricle uniquement sur les transports.
    Tout ce qui n’est pas au juste prix est, en fait, financé par le con-tribuable. Le seul débat éventuel: est-il juste que les provinciaux paient pour les franciliens, déjà favorisés par un chômage plus faible et des salaires (en moyenne) plus élevés?

    • Bonne question.
      A laquelle on peut ajouter : est-il juste que les usagers du train, essentiellement les habitants des métropoles soient financés par des contribuables qui ne le prennent jamais ?
      Pour ma part la réponse est non, surtout depuis que les vieilles voitures des provinciaux sont refoulées par le système CRIT’AIR mis en place à Paris.
      A chacun sa m… donc !

      • Ça n’est seulement une question de justice. C’est aussi une question d’efficacité de l’allocation du capital. Pour être efficace, il faut que les prix reflètent au maximum les réels coûts afin que les décisions des acteurs économiques convergent vers l’allocation optimale.

    • Les transports franciliens sont payes parles usagers et la Region (donc le contribuable francilien). Les Provenciaux ne sont pas mis a contribution.
      Et je fais l’analyse inverse : la province est avantage par un chomage plus eleve. Chomage qui est finance par les cotisations des Franciliens a l’assurance chomage. L’Ile de France est largement perdante dans les transferts inter-regionaux : elle contribue bien plus qu’elle ne recoit.

  • Ce n’est plus un secret pour personne. Le transport par rail (que ce soit celui de la RATP ou celui de la SNCF) coute très cher au contribuable puisque l’usager ne paie en général que 20 à 30 % du vrai prix.

    • « du vrai prix » ?
      Comment peut-on qualifier de vrai prix l’addition monstrueusement gonflée par la concession aux entreprises publiques de fonctionnaires inefficaces des transports parisiens ? Et accessoirement, c’est du même tonneau dans pas mal de villes de province.

  • Le prix à payer des transports en communs est bien plus important et grave,il empêche la mobilité géographique au profit des villes super équipées et en plus renchérissit le coût des terrains desservis. En fait c’est la cause principale de régions abondonnees , à la désindustrialisation des campagnes et aux villes entourées d’immondes banlieues dortoir peuplées de pauvres et d’esclaves.

  • Les commentaires sont fermés.

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