Le pass Navigo bientôt un produit de luxe !

Le prix des transports en commun en Île-de-France ne cesse d’augmenter régulièrement. En 2006 par exemple, le prix de la carte orange était de 52.50 euros. En 10 ans, il a donc augmenté de 30 %.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Le pass Navigo bientôt un produit de luxe !
By: AlexandreCC BY 2.0

La taxe sur l’essence augmente afin de « financer les transports en commun en Ile-de-France ». Dans le budget 2017, il est spécifié jusqu’à 1.65 centime par litre de gazole et 1.77 centime par litre d’essence. En même temps, le pass Navigo a augmenté de 3 euros fin août en passant de 70 à 73 euros.

C’est une forte augmentation qui se rajoute aux précédentes. Car le prix des transports en commun en Île-de-France ne cesse d’augmenter régulièrement. En 2006 par exemple, le prix de la carte orange était de 52.50 euros. En 10 ans, il a donc augmenté de 30 %. Il faut chercher pour trouver un service de transport privé qui ait connu une telle augmentation.

La différence entre public et privé est notable

Au contraire, sur la même période, le prix des billets d’avion a chuté de plus de 40 %. La mondialisation, les privatisations et l’ouverture à la concurrence ont largement contribué à cette chute des prix au profit des voyageurs. À la RATP, plus l’État et les collectivités locales s’en occupent, plus les prix augmentent. C’est devenu un service public hors de prix.

L’autre grand paradoxe est que les hausses répétées des tarifs ne suffisent nullement à faire fonctionner l’entreprise. Les transports en commun sont financés majoritairement par le contribuable, dont la contribution est plus de trois fois supérieure à celle des usagers.

Ce sont les contribuables et les entreprises qui paient

Autrement dit, les contribuables et les entreprises, par leurs impôts et taxes, financent à 70% un service qu’ils n’utilisent pas forcément, alors que les usagers, par l’achat de leurs billets, n’y contribuent qu’à hauteur de 25 % environ. Le gouffre de la RATP et de la SNCF ne pourra jamais être comblé même si les contribuables payaient encore plus que les 15 Mds d’euros de subventions annuelles actuelles.

Ce sont deux entreprises publiques qui vivent de l’argent public et qui n’acceptent pas l’ouverture à la concurrence alors que, pratiquement partout ailleurs, de la Suède au Royaume-Uni, en passant par l’Allemagne et l’Italie, les transports en commun ont été privatisés ou largement ouverts à la concurrence.

En France, à ce rythme-là, sans la moindre réforme, le pass Navigo sera un « objet de luxe » dans moins de deux ans.

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