Pass Navigo : une fausse polémique

En plus de ces subventions, le transport en commun nécessite des dépenses d’investissement et d’entretien colossales.

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Pass Navigo : une fausse polémique

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 décembre 2022
- A +

Navigo, un véritable tour de passe-passe !

En effet, il est ahurissant de voir la polémique qu’engendre l’augmentation du prix du passe Navigo qui devait passer de 75,20 euros mensuel à environ 90 euros en tenant compte partiellement de l’augmentation du coût de l’énergie mais également d’une baisse de la fréquentation en période covid.

 

À quoi donne accès le passe Navigo

Le passe Navigo donne un accès à l’ensemble du réseau transport en commun francilien soit :

  • 13 lignes de train,
  • 14 lignes de métro,
  • 1500 lignes de bus,
  • 9 lignes de tram.

 

Ce forfait mensuel propose aussi cent espaces de stationnement pour vélo, 9500 places de parking relais à proximité des transports en commun et 1200 places de parking aux portes de Paris.

L’augmentation de 20 % prévue devrait être limitée à 6,5 %, probablement au prix de 80,10 euros.

De nombreux utilisateurs ignorent que le tarif demandé est quatre fois inférieur à celui qu’ils devraient payer. En réalité le prix réel serait de l’ordre de 300 euros mensuel ce qui signifie que les contribuables financent 220 euros par mois et par usager.

 

Un impôt caché non négligeable

En région parisienne environ deux millions de bénéficiaires utilisent ce passe. Ce sont donc plus de cinq milliards d’euros d’impôts supplémentaires qui sont ponctionnés.

Ajoutons les subventions sur les billets SNCF à hauteur de 18,5 milliards ainsi qu’une grande partie des dettes, principalement SNCF, prises en charge par l’État à hauteur de 35 milliards en 2020.

En comparaison, si la subvention accordée sur le prix à la pompe jusqu’au 15 novembre avait été du même ordre, ce n’est pas une ristourne de 0,30 euro sur le litre de carburant mais de 1,5 euro, soit un prix à la pompe de 0,50 euro pour les 76 % de Français qui prennent leur voiture pour aller travailler et ceci tout au long de l’année !

Alors messieurs les Franciliens acceptez une augmentation qui va vous affecter nettement moins que les travailleurs de province. L’ensemble des Français financent 75 % du coût de votre passe Navigo et ce sont les contribuables (60 % des Français) qui le paient à votre place, contrairement à l’affirmation de François Hollande.

 

La dérive financière des transports en commun

En plus de ces subventions, le transport en commun nécessite des dépenses d’investissement et d’entretien colossales.

L’absence d’entretien correct depuis des décennies va coûter au contribuable pas moins de 100 milliards dans les 10 années à venir pour une mise au niveau équivalent à celui de nos voisins allemands.

Le projet du Grand Paris et dernièrement celui d’un réseau de RER dans 10 agglomérations promis dernièrement par le président vont faire encore plus exploser la dette !

En aurons-nous les moyens ? C’est loin d’être sûr.

Voir les commentaires (16)

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Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • C’est pour cela que les gueux de Parisiens (par opposition aux élus) doivent abandonner la voiture, la mob et la moto (à quand la taxe vélo ?) pour investir dans le Pass Navigo.
    Mais soyez rassurés. En province c’est pareil. Dans les Alpes Maritimes par exemple tout trajet en bus ne coûte qu’un euro, quelque soit sa longueur (même entre les villes). Et l’instigateur de cette magnifique gratuité de façade est Mr Estrosi qui ne prend jamais les transports en commun (c’est bondé, ça pue, c’est sale, on s’y fait parfois agresser, etc, c’est donc bon pour les gueux).

    • Ce qui est bien avec le tarif à 1€ par voyage, c’est que cela garantit que personne au monde ne peut faire de concurrence au service public. Aucune entreprise privée ne peut s’aligner sur un tarif aussi dérisoire. Et qui dit monopole…

  • Bonjour, encore une démonstration sur la gratuité supposée….. Bien évidement c’est la collectivité qui paye. Toutefois, nous avons une agence européenne de l’environnement qui publie des études pertinentes. Même si la rédaction est manifestement orientée « écolo », les données de base sont complètes et une lecture attentive nous montre que le transport est un sujet complexe dès que l’on aborde tous les problèmes environnementaux et économiques : https://www.eea.europa.eu/themes/transport/term/publications-transport-and-environment-reporting-1, le rapport de 2020 (dont la page 35 indique des chiffres souvent ignorés) : https://www.eea.europa.eu/publications/transport-and-environment-report-2020, est particulièrement édifiant et démontre les fausses idées comportées par les activistes écolos. Tous les coûts du transport collectif sont « épluchés » et ce sont ces coûts que le contribuable paye même s’il n’utilise pas . Ces documents sont édifiants pour qui veut appréhender la réalité des transports dont le prix est toujours majoritairement supporté par l’impôt.

  • Bien vu.
    L’usager des TC est en réalité un passager clandestin. Il voyage presque à l’oeil.
    Au lieu que l’automobiliste, le motard finance bien plus que son dû. Il paie son engin, son entretien, ses routes, son assurance, son carburant et se passe, en général, de chauffeur, car c’est lui le chauffeur. Et en prime, finance autrui, l’usager du TC, justement.
    On m’objectera les externalités positives du transport collectif. Mais elles sont bien cher payées. Non ?

  • Faut voir un peu plus loin que le bout de son nez. Sans passe navigo bon marché, y a plus ‘d’entreprises en région parisienne faute de salariés..
    C’ est donc un investissement, pas une dépense.. Les entreprises à Paris sont indispensables aux dépenses pharamineuses de notre cleopatre de bazar.

    -2
    • Euh? Ne serait-ce pas dans les années 70 que l’on parlait de décentralisation afin de rééquilibrer le tissu industriel entre la région parisienne et la province? Cinquante ans après, l’Ile de France concentre beaucoup plus d’emplois qu’à cette époque, la plupart des sièges sociaux ou centres de gestion et d’achats des grandes entreprises sont concentrés à Paris, et sans passe Navigo, les entreprises seraient bien obligées de s’installer là où il y a de la main d’oeuvre disponible sans lui imposer 4h de transports collectifs quotidiens!

  • Je ne suis pas experte en Pass Navigo mais pour une famille, même si le Patron en finance une partie (pour les Parents), même si les enfants étudiants bénéficient de remises etc.., Ca fait quand même un sacré Budget pour le coup incompressible ! Ce qui m’étonne, c’est qu’à la différence de la SNCF où on peut s’abonner sur/pour un trajet précis, là c’est tout ou rien : 90 euros mensuel ou le Ticket à l’unité (5€ par trajet pour le RER soit 10 €A/R + les 2 tickets de Métro si .. ). Alors effectivement ….. Y a un truc qui ne tourne pas rond.

  • Existe-t-il dans le monde de métros privés ? et non subventionnés ?

    • Aujourd’hui je ne sais pas, mais autrefois oui. Les premières lignes de métros de New-York, Boston et Londres, ainsi que Glasgow ont été créées par des entreprises privées:
      – NYC: Brooklyn Rapid Transit Company
      – Boston: West End Street Railway
      – Londres: Bayswater, Paddington, and Holborn Bridge Railway Company
      – Glasgow: Glasgow District Subway Company
      Il y en a certainement eu d’autres.

  • Je ne réside ni à Paris ni en banlieue parisienne mais si le pass coûte 90€ par mois, cela ne fait en gros que 3 cents par jour. Cela ne me semble pas démentiel.

    -1
    • 3 euros voulez-vous dire. Peut-être pas démentiel pour vous et moi, mais c’est 15% d’un RSA.

      • Le pass est gratuit pour ceux qui ont le RSA. Donc 0% d’un RSA.
        Le plus honteux est que les gens de province payent pour les transports parisiens. Et pas l’inverse: un parisien ne paye pas pour les transports des villes en province.

        • Quand je prends le tram dans ma province, je constate que 60% environ des usagers de province ne paient pas non plus pour leurs transports…

        • Euh, les parisiens payent aussi pour les TER déficitaires de province, qui roulent parfois avec 5 passagers par rame.
          Au jeu de qui paye quoi on peut aller loin.

  • Ce qui est déconcertant c’est pourquoi le parisien qui habite en zone 1 ou 2 et travaille en zone 1 ou 2 doit payer la même somme que le campagnard en zone 5… il y a une déconnexion encore plus grande entre prix et service.

    Merci les écologistes et socialistes.

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