Le chômage des jeunes, faillite du socialisme français

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Le chômage des jeunes, faillite du socialisme français

Publié le 26 janvier 2017
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Par Thibaut Doidy de Kerguelen.

By: fdecomiteCC BY 2.0

Avec un taux de chômage de 24% (contre 7% en 1975), les jeunes Français sont parmi ceux sur le vieux continent qui ont le plus de mal à entrer durablement dans le monde du travail. Selon une étude de France Stratégie et de la Dares, leur taux d’activité est « inférieur de 4,5 points à la moyenne européenne » et ce, bien que 50% des 18-24 ans soient encore en études…

De plus, dans cette catégorie des 18-24 ans, plus du tiers est en contrat court, CDD ou intérim.

Mais le vrai point noir, là où le slogan No Future prend tout son sens, c’est le taux de chômage des 15-29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETs). Ils représentent 17% de cette classe d’âge, un taux bien au-dessus de la moyenne européenne, avec des pointes à 25% pour les moins diplômés.

Un enseignement idéologique

On ne le dira jamais assez, l’école en France ne prépare pas à la vie. Tout au contraire, elle enferme les jeunes dans des bulles déconnectées imaginées par des fonctionnaires pédagogistes et des enseignants idéologues qui préfèrent reconstituer un monde à eux leur permettant de fuir leur propre échec plutôt que de bâtir la réussite de leurs élèves. Ainsi, nous trouvons des élèves sortis du système scolaire au niveau de la troisième ou de la terminale qui ne savent ni lire ni écrire correctement le français, qui ne savent pas se servir professionnellement d’un ordinateur, qui n’ont aucune connaissance du droit et des institutions, qui sont incapables de faire une addition ou une soustraction sans leur calculatrice, qui n’ont aucune idée de ce qu’est une règle de trois et pour lesquels la TVA est une chaîne privée de télévision… Ils sont inadaptés au monde du travail.

Sur le plan de la formation sociétale, les pauvres enfants se sont fait bourrer le mou pendant des années par des enseignants qui leur ont répété tous les jours que les notes n’étaient pas importantes, que la compétition c’était mal parce que la vie ne consistait pas à faire mieux que les autres mais à faire ce qu’ils pouvaient…. De ce fait, ils se retrouvent dans un monde où il y a une place pour trois et où il faut se battre comme des chiens pour l’emporter. Celui qui ne cherche pas à faire mieux que les autres est condamné. Ils sont inadaptés au monde du travail.

Un coût du travail qui ne laisse pas place à la mise à niveau

Nous savons que la plus-value marginale que doit produire un employé en France est supérieure de 20% à celle que doit produire un salarié d’un pays directement concurrent au nôtre. Comment notre jeune inadapté peut il s’insérer dans cette mécanique ? Certes, les grosses entreprises peuvent éventuellement se permettre le luxe de prendre quelques jeunes sous contrats aidés et distraire un ou deux tuteurs qui cesseront de produire pour les rendre opérationnels. Mais qu’en est il des TPE, sources de la majorité des emplois en France et probablement celles qui seraient le plus à même d’embaucher des jeunes ?

Imaginez l’artisan, qui retire un revenu tout juste correct de son activité en bossant lui même entre 50 et 60 heures par semaine, distraire 20 heures de ce labeur pour assurer l’encadrement et la formation d’un jeune ! Vous vous rendez compte du manque à gagner ? Surtout que les charges continueront de tomber. Moins de revenus, moins de chiffre pour un jeune qui probablement ne restera pas, car tous vous le diront, le « bon » n’est quasiment jamais le premier…

Un mode de recrutement « élitiste »

Corollaire du point précédent, les employeurs cherchent la sécurité. Ils cherchent ceinture et bretelle, et pour cela mettent en place des procédures de recrutement complètement débiles. Sur-diplômes, test psy, deux, trois entretiens, entretiens croisés qui aboutissent tous à la même chose, le portrait idéal du parfait falot. Le candidat retenu n’a aucune aspérité, il porte bien, il a plusieurs diplômes, est suffisamment insignifiant pour passer totalement inaperçu devant la machine à café et suffisamment docile pour pouvoir imaginer qu’on n’aura pas à le virer dans un an.

Résultat, les jeunes atypiques (et grand dieu à quel moment peut on être atypique si ce n’est durant sa jeunesse ?) qui sont presque toujours les plus créatifs et les vraies sources imaginatives sont rejetés. Une fois embauchés, les jeunes sélectionnés sont cantonnés dans des boulots qui ne leur laissent entrevoir que peu de perspectives d’évolution, car l’échelon supérieur est lui-même réservé à ceux ayant des diplômes supérieurs….

Un cadre économique sclérosé

La France socialiste a définitivement abandonné le rêve industriel. Alors que nos voisins Allemands et Britanniques développent à tout va leur industrie, et par conséquent l’emploi, la France est encore gouvernée par des idéologues rêveurs et ignares qui croient encore que l’on va pouvoir transformer tous les Français en ingénieurs informatiques et tous les actifs en start-upers.

Ce sont les mêmes qui vous disent doctement que le travailleur français est le plus productif du monde et qu’il ne sert donc à rien de vouloir développer des emplois non qualifiés. À partir de ce mensonge, il n’y a aucun espoir pour tous les jeunes qui ne savent pas coder ou inventer des jeux vidéos, c’est-à-dire la majorité d’entre eux.

Je précise pour ceux qui goberaient encore cette ineptie du travailleur français plus productif que, bien évidemment, si en France les personnes non qualifiées sont au chômage, elles n’entrent pas dans les statistiques de production ; et comme, pour travailler, en France, il faut atteindre un niveau de production de plus value marginale supérieure à celle de nos voisins, la productivité calculée se retrouve basée sur les seuls qui ont un emploi… donc sur les seuls ayant une forte productivité. Si demain nous nous décidions à réindustrialiser la France, vous verriez la productivité française revenir rapidement au même niveau que les autres, puisque nos non qualifiés seraient à nouveau dans les statistiques.

L’avenir dans l’urne ou à l’expatriation

Si nous n’élisons pas en 2017 une équipe qui engage la France sur le chemin de la réindustrialisation, les jeunes Français n’auront d’autre voie que d’aller chercher fortune ailleurs, comme les jeunes Irlandais ou Italiens du XIXème siècle. Une route déjà prise par bon nombre d’entre eux, les plus dynamiques…

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  • réindustrialiser la france ….depuis 2000 , et sans doute avant , j’ai remarqué la disparition de nombreux produits dans les magazins , nottament en grande surface ; à ce jour , ces produits ont été remplacés par d’autres qui viennent d’allemagne , de pologne …..les entreprises sont trop taxées en france , elles délocalisent , ou font faillite ; franchement , l’avenir de ce pays est bien gris ;

  • J’ajouterais que les parents sont devenus extraordinairement passifs devant le système éducatif sur lequel ils ont tendance à se reposer, oubliant leur rôle irremplaçable de formation à la vie. Ils sont pour beaucoup davantage portés à réaliser les désirs de leurs enfants qu’incités à l’exigence.
    L’Etat aurait-il réussi à leur mettre dans la tête qu’il s’occupait de tout?…

    • Pour sûr, c’est une des plus grosses plaies de l’éducation nationale! Et quand bien même les enseignants les mettraient devant le fait accompli, ils ne peuvent s’empêcher de défendre leur pauvre progéniture car :
      -c’est forcément les meilleurs du monde…
      -…donc ils sont forcément injustement brimés, on ne les laisse pas développer leur propre talent…
      -…ou ils subissent des mauvaises influences, évidemment. Mézalor, ce ne sont plus les meilleurs du monde, puisqu’ils ne savent ni s’adapter(en français, « travailler ») ni être indépendants, si ? Ah ben si, apparemment. En attendant, la France avance…

  • Je suis complètement d’accord avec votre article. Aujourd’hui notre système éducatif et son programme débile ne sont pas à la hauteur. J’ai vu durant ma vie scolaire et étudiante des cours tellement incompréhensifs et idéologiques au possible (et évidemment gauchiste bien sûr). On ne fabrique plus que des ignares et on ne veut même plus susciter la curiosité chez les élèves vers le monde qui les entoure (heureusement qu’internet permet de montrer qu’il y a d’autres opportunités que dans le pays du camembert). Enfin étant en recherche d’emploi, je peux vous dire que concernant les entretiens , effectivement le processus de recrutement pousse vite à devenir complètement fou. J’ai par exemple eu le privilège d’avoir une étude graphologique de mon écriture… (je précise que je ne veux pas entrer à la DGSI mais être un simple vendeur) mais je suis toujours en attente des résultats !! Bref même si cela me fait dû mal de dire cela, mais vive ce pays de merde !

    • « le privilège d’avoir une étude graphologique de mon écriture » : en même temps, la démarche vous renseigne sur la qualité de l’entreprise qui se laisse aller à ce genre de procédé saugrenu, mieux que n’importe quelle recherche de renseignement.

      On ne peut que vous conseiller de décliner, poliment mais fermement, la proposition d’emploi.

      • Les études graphologiques servent juste au recruteur à faire un tri. En d’autres termes, les études en question seraient faites au hasard, le résultat serait similaire pour l’employeur : disposer d’un critère d’élimination supplémentaire. Ça marcherait aussi bien avec le nombre de cheveux, le poids des vêtements, etc.
        Il y a tellement de critères pertinents (au sens concret dans la vie de l’entreprise) qui sont désormais illégaux que les recruteurs continuent à utiliser des méthodes à la noix. Recruter ce n’est pas sélectionner, c’est souvent éliminer. C’est la différence entre un examen et un concours…

  • Très bon article,
    Pour illustrer la partie sur les bretelles et ceintures, je suis ingénieur avec un MBA pourtant les grosses boîtes française ne voulais pas de moi pour les stages parfaitement alignés avec mes compétences car mon école n’était que 30eme sur 150 aux classements (en tant que trésorier de l’association de promotion de l’école j’en ai appris des bonne sur les méthodes de classement, soit les chiffres sont faux et pas vérifiés soit les critères sont taillé pour certaine écoles, pour ceux qui veulent choisir une école d’ingénieur le seul critère et la durée de la certification de la CTI). Je n’ai absolument pas ce problème en Belgique….

    • Ca peut dépendre des entreprises qui recrutent.
      Dans ma « petite boîte » quand on recrute un informaticien (par exemple), on regarde son cursus scolaire (ça nous évite les curieux ou les opportunistes), mais on ne se soucie pas du classement de son école ou de sa fac.
      Entretien sélectif, bien entendu.
      Et puis examen de passage : 1h pour écrire un Tetris qui tourne.
      Ça donne de bons résultats depuis des années, mais l’un de nos derniers candidats n’a pas apprécié qu’on le « testé » ainsi, et est parti pendant l’exercice en question. Il a bien fait…

  •  » Si nous n’élisons pas en 2017 une équipe qui engage la France sur le chemin de la réindustrialisation, les jeunes Français n’auront d’autre voie que d’aller chercher fortune ailleurs,… »
    Beaucoup de français, et pas seulement les riches et les jeunes, n’ont pas attendu les élections de 2017 pour partir. Et en France, il ne faut pas que « réindustrialiser », il faut changer une façon de penser et de vivre, et là, c’est pas gagné.

  • Ok.. et après ?
    Je trouve le constat fort juste, mais ça ne donne aucune piste de solution crédible.
    Comme dit l’autre : CPEF

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