Grèves, blocages : risque d’explosion sociale ?

En cette période de grèves et de blocages, un sondage IFOP indique que de plus en plus de Français s’inquiètent du risque de troubles sociaux.

Par la rédaction de Contrepoints.

tick tock tom credits tom simpson (CC BY-NC-ND 2.0)Un sondage IFOP pour Atlantico de mai 20161 s’intéresse à la perception du risque d’explosion sociale par les Français en ces temps marqués par les grèves et les blocages.

Face aux grèves, l’inquiétude des Français

En mai 2016, les Français sont 72% à estimer qu’il existe un risque que la France connaisse une explosion sociale. Cette proportion évolue assez peu sur les dates pour lesquelles elle était connue depuis 1998. Pour autant, depuis 2013, elle semble osciller autour de 70% alors qu’elle était plus proche des 65% auparavant.

Grèves risque d'explosion sociale

Les extrêmes, de droite comme de gauche, sont les plus enclins à penser que le risque d’explosion sociale est fort, alors que ce sont les sympathisants du Parti Socialiste qui en doutent le plus. Ces différences sont portées par la proportion de sondés qui pensent que la France connaîtra « certainement » une explosion sociale ces prochains mois. La proportion de Français qui pensent que la France connaîtra « probablement » une explosion sociale ces prochains mois étant elle assez indépendante du bord politique.

Grèves risque d'explosion sociale

Une menace perpétuelle

Évidemment, le contexte de grèves et de blocages de ces dernières semaines se prête à la spéculation sur un risque d’explosion sociale. Les résultats du sondage font apparaître un inquiétude dans la fourchette haute des enquêtes menées ces dernières années. On pourrait interpréter la répartition par bord politique comme un souhait, plus que comme une inquiétude, les extrêmes étant souvent plus enclins à recourir à l’agitation pour faire avancer leurs idées.

Quoi qu’il en soit, ce qui frappe le plus, c’est que les Français sont perpétuellement majoritaires à penser qu’il y a un fort risque d’explosion sociale. Les émeutes de 2005, du Trocadéro ou encore la succession de grèves, plus ou moins importantes, ces 20 dernières années tendent à leur donner raison. La situation de la France aussi. Le pays est profondément malade d’une économie atone. Le pays est profondément malade d’un dialogue social absent, à l’image de syndicats qui ne représentent qu’eux-mêmes. Le pays est profondément malade d’une liberté économique largement insuffisante. Le pays est profondément malade d’une classe politique qui a perdu le sens de l’intérêt général.

Dès lors, l’inquiétude des Français est parfaitement rationnelle. Lorsque l’on voit les idées et les personnages emblématiques des mouvements sociaux, qui vont à l’encontre de réformes pourtant insuffisantes, on ne peut que partager cette inquiétude.

  1.  L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 19 au 20 mai 2016.