À qui appartient votre corps ?

En se prononçant sur ce que les citoyens peuvent et devraient faire de leurs corps, les politiciens s’immiscent dans notre intimité. En toute décontraction, et sans se soucier des conséquences réelles de leurs (parfois) bonnes intentions.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan contrepoints 086 santé

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

À qui appartient votre corps ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 avril 2015
- A +

On connaît le plaisir qu’ont les politiciens à mettre leurs mains dans les poches des citoyens. Mais force est de constater que l’État prend un malin plaisir à pénétrer dans leur intimité, et pas seulement dans les aéroports et les contrôles de police.

Récemment, le gouvernement a par exemple lancé une campagne contre les sites défavorables à l’avortement, qui font pourtant un usage on ne peut plus légitime de la liberté d’expression : ils énoncent un point de vue et informent sur les risques et dangers d’une pratique qui fait débat, sans remettre en cause le droit à l’avortement.

Il a, de plus longue date, élaboré le menu idéal pour ses citoyens, promu par le slogan « manger bouger » qui, malgré sa simplicité, donne avant tout son nom à une politique en échec depuis 12 ans. Un menu contestable et contesté, notamment au sujet de l’équilibre idéal entre glucides, lipides et protéines.

Les conseils nutritionnels de l’État-bonne-maman se fondent en effet sur des recherches plus utiles pour développer des hypothèses que pour formuler des recommandations, et il pourrait même s’avérer que suivre ces recommandations soit en réalité plus nocif que sain. Le principe de précaution, ce n’est pas pour tout le monde.

Les députés n’hésitent pas non plus à prendre en main les troubles nutritionnels, tels que l’anorexie et la boulimie, en punissant la promotion de l’anorexie – alors même que les organismes de recherche recommandent au contraire d’utiliser ces sites pour aller au contact des malades et affirment que la censure encouragerait la radicalisation.

Alors qu’ils ont du mal à contrôler la leur, qui se décline souvent en enfants cachés et parties fines, les politiciens prennent aussi plaisir à régir la sexualité des citoyens, avec une attitude incohérente sur la prostitution qui les conduit tantôt à proposer une assistance sexuelle pour les personnes handicapées, tantôt à interdire le racolage passif ou criminaliser les client(e)s des prostitué(e)s.

Les poumons ne sont, bien entendu, pas épargnés ; alors qu’ils tentent de les protéger des particules fines (sauf si les moteurs qui les émettent sont Made in France), ils luttent aussi contre une cigarette électronique pourtant moins nocive que la cigarette traditionnelle. Il faut dire que les cigarettes rapportent à l’État, tout comme l’alcool, et qu’il pourrait donc s’être placé tout seul comme un grand dans un joli conflit d’intérêt.

Conflit d’intérêt qui explique aussi les nombreux scandales en matière de médicaments, où l’État a autorisé sur le marché des médicaments dont les effets secondaires (la mort) ont fini par occuper le devant de la scène.

Plus récemment, le Conseil Constitutionnel a confirmé l’obligation pour les parents de vacciner leur progéniture, faisant de la vaccination un choix sociétal. On peut bien entendu arguer des bénéfices de la vaccination au regard de leurs risques plus ou moins avérés ; mais on ne peut que s’inquiéter des dérives que peut engendrer la priorité donnée à l’intérêt collectif dans les choix de santé des individus et des familles.

Car avec de tels principes, comment aller contre une réduction forcée de la population, alors que certains malthusianistes incapables d’intégrer le progrès à leur façon de penser font de la surpopulation la cause de tous les maux de notre planète ? Comment condamner la stérilisation forcée ou l’eugénisme, qui avançaient l’intérêt collectif comme motif de leurs méfaits ?

Nul besoin d’aller jusqu’à des sujets polémiques comme la vente d’organes ou la gestation pour autrui pour comprendre que les citoyens ne sont plus maître de leur propre corps. Il semblerait pourtant qu’en matière de mœurs et d’hygiène de vie, les politiciens soient mal placés pour donner des leçons ; et plus généralement, la raison d’être de l’État n’est sans doute pas de se comporter en nounou.

Voir les commentaires (19)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • Tout ceci conséquence de la sécurité sociale. A partir du moment où l’on a confié à l’état notre protection sociale, l’état veut que nous soyons en bonne santé, à partir de ce moment là, sous couvert de vouloir nous protéger … l’état en réalité se protège.

    • disons a pris en charge nos frais de santé sans considérer notre mode de vie…et utiilse cela comme un autre dorme de » redistribution »..

  • Avatar
    Nafy-Nathalie Diop
    4 avril 2015 at 13 h 13 min

    Excellent article !

  • Pour l’eugénisme c’est déjà trop tard l’état a mis en place au fil des ans un plan d’éradication des trisomiques d’une redoutable efficacité en mettant tout en oeuvre sur le plan législatif pour les supprimer avant la naissance mais en laissant au final la responsabilité aux parents de mener ou non la grossesse à terme en cas de suspicion de trisomie 21.

    Mais avec un taux de recours à l’interruption « médicale » de grossesse de 96%[1] quand un risque de trisomie 21 est diagnostiqué il est difficile de ne pas conclure que le but poursuivi par les hommes de l’état même si il n’est pas écrit en temps que tel dans les lois de « bioéthique » est la suppression pure et simple de ces êtres anormaux à naître.

    [1] nombre issu d’un article paru dans Le Quotidien du Médecin du 12 mai 2011

  • Notre corps ne nous a jamais appartenu, tout ce que nous faisons est régit par des lois, des règles, des espaces, des droits….la seul fois où notre corps était à nous c’est quand aucun regroupement, aucune elite, aucun gouvernement…. n’existait.

    • excellent article, comme toujours.
      mais je croyais que vous alliez parler de la nouvelle loi sur le prelevement d’organe post mortem… meme aprés la mort, votre corps ne vous appartient plus tellement…

  • Il y a pire et plus urgent. Quand un chef d’Etat et son premier ministre font de la propagande politique socialo communiste avec notre argent, il y a urgence de défoncer le système avec des coups de bâte de baseball.

  • Ils piquent les organes et l’argent du corps. Les fluides, les solides. Ils taxent l’air, l’eau, le soda, etc…

    L’enclos est petit petit !

    Beeeeeeee

    • Les pets ne sont pas encore taxés et comme disait une grand tante pendant la guerre à une fête de famille ou elle avait fuité bruyamment devant une salle devenue silencieuse, « Encore un que les Allemands n’auront pas. »
      Tout le monde avait repris sa bonne humeur.

  • A l’heure de notre mort, notre corps appartient de facto à l’État.

    Personne ne peut porter en terre notre dépouille sans l’autorisation de celui-ci ;

    Mais poussons un plus le raisonnement ;

    Puisque notre corps devient la propriété de l’État à l’instant de notre mort,
    l’État doit assurer les frais de notre enterrement.

    En France, pour chaque cimetière, il doit assurer l’entretien de toutes les tombes sur son budget..

    • Hélas beaucoup de Français poussent le raisonnement pour n’importe quoi….
      Cela correspond au biais cognitif socialiste du: c’est gratuit c’est l’Etat qui paye.

      Mais il faudrait peut être en effet généraliser totalement ce comportement de gratuité. Ne plus payer les impots, les taxes, les PV, refuser d’appliquer les lois.

      Totale indifférence à ces cloportes socialo-pathes.
      DICTATURE SOCIALO-COMMUNISTE

  • pour une fois, je suis d’accord avec adèle. vu que c’est l’état qui paie notre santé, il est logique qu’il fasse tout pour diminuer les couts de manière préventive. l’état veut inciter les gens à se comporter de manière sainement pour payer moins. voilà pourquoi il faut privatiser la santé en s’inspirant du modèle de santé de singapour qui est l’un des systèmes les plus libérales qui existe et qui est l’un des meilleurs rapport cout efficacité. tant que l’état paie la santé des gens, il faut s’attendre à ce qu’il essaie de dicter aux gens la manière dont ils doivent se comporter et ceci dans le but de faire diminuer le cout du système de santé

  • Bonjour
    Vous ne désirez pas que l’état socialiste s ’empare de votre corps, laisser dans votre portefeuille une carte du FN et horrifié on ne recyclera pas vos organes dans les gens BIEN comme il faut!
    Cordialement

  • Un mot venant des USA est « Social Justice Warrior ». Ce sont des militants qui veulent lutter contre les micro agressions du quotidien … par les injures et le vote de nouvelles lois répressives .

    http://ozinzen.com/blog/insulter-les-femmes-minces-cest-merveilleux/

  • Il y a une intimité dont l’état se soucie peu, c’est celle des horlà qui peuplent les rues dans la plus grande indifférence.

  • Si mon corps ne m’ appartient pas , à qui appartient t- il ?
    Question angoissante ! comment ne pas penser à Raymond Devos
    si une jambe n’ obéis plus et qu’ elle n’ en fait qu’ à sa volonté et de plus qu’ elle répond ! que l’ une veut aller à gauche et l’ autre à droite , etc …
    du grain pour un sketch délirant à pleurer de rire , hélas !
    il est mort

  • Ma liberté finit-elle où commence celle de tout autre ?

    Tout change quand on a compris que notre conscience d’être a été créée pour être de plus en plus sagement altruiste vie après vie

    Seul les insuffisamment cultivés sur ce concept essentiel « vital » mettant en doute la réincarnation.

  • Comme d’habitude, bon article de Crêteur.
    Et au moins pas de réticence à évoquer les vaccinations.
    Sur ce point, je voudrais néanmoins corriger la rédaction et préciser quelques points. Le Conseil constitutionnel n’a pas exactement confirmé l’obligation pour les parents de vacciner (le font-ils eux-mêmes?) leur progéniture, mais posé que l’État peut rendre des vaccinations obligatoires y compris pour des adultes, sauf contre-indication. Le tout en faisant litière de la loi Kouchner ou de la Convention d’Oviedo qui suppose le consentement de l’individu (ou de ses représentants) préalablement à tout acte médical le concernant.
    Cette décision intervient alors que le Comité Technique des Vaccinations propose de supprimer l’obligation de l’anti-diphtérie-tétanos-polio (seules valences obligatoires, mais plus proposées seules) afin de généraliser à la charge de l’État une plus grande palette de vaccinations!
    Ajoutons que la vaccination consiste à provoquer une maladie (atténuée, s’empresse-t-on de dire, alors qu’on ne la maîtrise pas) chez un individu a priori en bonne santé… Ce qui est quand même le comble d’une politique de santé.

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

La chute aussi fracassante que frauduleuse de la start-up médicale américaine Theranos et de sa dirigeante-fondatrice Elisabeth Holmes, 38 ans, qui vient d’être condamnée à 11 ans de prison, pourrait facilement accréditer la thèse de la « myopie du marché » chère aux planistes et aux partisans de l’État stratège.

Que dit la thèse en question ?

Qu’une transaction entre un acheteur et un vendeur, réalisée à un moment donné, à un prix donné, pour un produit donné, s’efface des mémoires dès sa conclusion et se révèle en conséquence ... Poursuivre la lecture

Par la rédaction de Contrepoints.

 

Alors que le gouvernement envisage de prolonger certaines dispositions liées à l’état d’urgence sanitaire, une enquête réalisée du 22 au 23 juin par BVA révèle qu’un Français sur deux aurait mal vécu les deux années de crise covid, et critiquerait la gestion politique qui en aurait été faite.

Toujours selon ce sondage BVA, trois quarts des Français interrogés (77 %) estiment que les mesures sanitaires ont été trop lourdes à l’endroit des jeunes, et 53 % pensent que la réduction des... Poursuivre la lecture

Je lisais hier dans Le Monde une enquête assez larmoyante sur la vie pas si rose que ça des femmes enceintes et des futures mères. On nous y expliquait que face au récit convenu de la maternité forcément heureuse, la parole des femmes se libère de plus en plus pour témoigner d’un envers du décor essentiellement constitué de souffrance, déprime, vergetures et isolement. Là n’est pas le thème central de mon article du jour, mais j’y trouve néanmoins un parfait exemple de ce que je veux vous dire.

Car après une longue série de complainte... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles