Changement climatique : les arguments des sceptiques

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Une synthèse de l’argumentaire climatosceptique.

Pause du réchauffement, absence de conséquences catastrophiques, doute sur les causes anthropiques et critique des politiques publiques : une synthèse de l’argumentaire climatosceptique.

Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

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En marge du récent sommet de l’ONU (ici et ici), une marche de 300.000 personnes fut tenue dans les rues de New-York pour inciter les gouvernements à agir davantage en ce qui concerne les changements climatiques. Ce genre de démonstration populaire est plutôt saugrenu dans le contexte de la « pause » du réchauffement. Encore plus risible, des victimes de Sandy et Katrina étaient présentes dans la manifestation, comme si le réchauffement climatique avait quoi que ce soit à y voir. On protestait aussi contre la production de gaz de schiste, qui s’avère pourtant une manière efficace de réduire les émissions de GES à court terme.

Il y a quelques jours, dans une chronique livrée à une émission matinale de la Radio NRJ, André Ducharme, ancien membre du groupe humoristique « Rock et Belles Oreilles », livrait son opinion sur les « climato-sceptiques ». Comme on le voit souvent, sa stratégie ne consistait qu’à fabriquer un homme de paille de manière à discréditer ceux qui ne pensent pas comme lui, et particulièrement l’absence remarquée du premier ministre Stephen Harper au sommet de l’ONU.

Donc, à en croire le « p’tit de RBO », les climato-sceptiques pensent que la terre ne se réchauffe pas. Or, à part peut-être quelques droitistes fêlés, personne n’affirme que le climat terrestre ne se réchauffe pas, la raison fort simple étant que c’est faux ! En fait, 2014 sera l’année la plus chaude depuis plus d’un siècle. La question est plutôt de savoir si 1) le réchauffement est en accélération anormale, 2) si cette accélération anormale est attribuable aux activités humaines, 3) quelles seront les conséquences et 4) que doit-on faire dans ce cas.

En bref, un climato-sceptique est une personne qui pense que 1) la terre ne se réchauffe pas tant que ça, 2) que ce n’est pas tant que ça la faute de l’humain, 3) que les conséquences ne seront pas catastrophiques et 4) que de gaspiller de l’argent dans les panneaux solaires, les subventions aux voitures électriques et les éoliennes ne constitue pas une solution viable.

Voyons donc quelques faits à ces égards.

 

La pause

Le graphique ci-dessous montre qu’avec les données de septembre 2014, nous avons dépassé les 18 ans sans réchauffement climatique anormal sur la terre.

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Ceci dit, ce qui est plutôt grave face à ce constat est que les modèles climatiques qui servent de fondation aux politiques publiques axées sur les changements climatiques ont échoué lamentablement à prévoir le climat au cours de cette période, et pas juste les températures globales, mais aussi plusieurs autres phénomènes. Ce que cela signifie est que ces modèles sont inadéquats et ne devraient pas être utilisés comme preuve justifiant le gaspillage de milliards et l’appauvrissement des populations par les gouvernements.

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Mais les réchauffistes n’ont pas l’intention de jeter leurs modèles dans la corbeille, trop de carrières prestigieuses et de subventions de recherche sont en jeu. Ils essaient plutôt de trouver des excuses. Le site What’s Up with That a compilé une liste de 52 excuses qui pourraient expliquer la pause du réchauffement climatique des 18 dernières années tout en sauvant la face des scientifiques réchauffistes du GIEC. La plupart ne valent pas un clou.

L’une de ces excuses les plus populaires est que la chaleur a été engloutie par les océans (en-dessous des 700 mètres de profondeur). Cependant, en mai 2014, le même scientifique qui avait publié cette théorie a publié une nouvelle étude qui montre que ce n’est pas le cas. En fait, il semblerait que le rythme d’absorption de chaleur des océans a diminué depuis 2001 et ce, même en profondeur de plus de 700 mètres… Et récemment, une étude de la NASA ne montrait aucun réchauffement anormal des océans depuis 2005.

www-cgd-ucar-edu-cas-trenberth-website-archive-trenberth-papers-moved-energy_imbalance_ohc_v6_ss-pdf

 

Le rôle de l’humain

L’autre chose qui semble avoir été exagérée par les modèles mal calibrés des climatologues est l’influence des émissions de CO2 par les activités humaines. En fait, de plus en plus d’études montrent que cet impact est bien moindre qu’on ne le croyait jadis. Par exemple, un modèle utilisant l’activité des taches solaires comme variable, mais pas le CO2 atmosphérique permet d’expliquer 95% de la variation du climat.

climat_solar-activity-no-co2Quant à la déforestation, l’autre contribution de l’humain au réchauffement, on constate plutôt que la couverture forestière mondiale est en augmentation et les arbres poussent plus rapidement grâce au CO2 !

 

Les conséquences

Malgré tous les efforts des réchauffistes à relater chaque petit événement pouvant être relié de près ou de loin aux changements climatiques, il faut réaliser que les conséquences ont été plutôt limitées au cours des dernières années.

On nous parle sans cesse de la banquise de l’Arctique qui fond. On oublie cependant de mentionner que celle de l’Antarctique atteint des records. Donc globalement, ça donne le graphique ci-dessous, c’est-à-dire aucune anomalie quant à la couverture glacière des océans. Est-ce que l’eau douce de l’Arctique perturbera le « jet stream » et engendrera des tas de perturbations climatiques ? Ça reste à voir, mais il n’en demeure pas moins que la banquise de l’Arctique a repris du poil de la bête en 2014.

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C’est néanmoins cette explication qui est avancée par les réchauffistes pour relier l’ouragan Sandy au réchauffement climatique. La réalité est que Sandy a bénéficié d’une coïncidence extraordinaire, ayant rencontré une tempête extra-tropicale au large des côtes du Nord-Est des États-Unis ainsi qu’un front froid en provenance du continent. C’est la combinaison des trois phénomènes qui a engendré cette « Frankenstorm » et qui l’a fait dévier vers la péninsule new-yorkaise, pas le réchauffement climatique anthropique.

Quant aux tornades et aux ouragans, leur intensité a plutôt été en baisse au cours des dernières décennies, contrairement à ce que les réchauffistes prévoyaient.

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Et que dire de la terrible sécheresse qui s’est abattue sur la Californie cette année ? Les réchauffistes s’empressent de la mettre sur le dos du réchauffement global. Pourtant, cette sécheresse n’est pas si extrême et ne semble pas faire partie d’une tendance climatique séculaire.

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Finalement, en ce qui a trait à l’acidification des océans résultant de l’absorption de CO2, on nous parle d’une hausse de 25% du niveau d’acidité, ce qui est un chiffre trompeur puisque les océans sont plutôt basiques. Le pH est en fait passé de 8,3 à 8,1, donc plutôt que de parler d’une hausse de 25% de l’acidité on devrait plutôt dire une baisse minime du niveau de base. Quel impact sur les mollusques et les coraux ? Ça reste à démontrer.

 

Les solutions

Contrairement à ce qu’insinuent plusieurs réchauffistes, les gouvernements ont fortement réagi à la propagande entourant le réchauffement global, surtout au niveau de la production d’électricité. Plusieurs pays ont imposé des exigences minimales de production provenant d’énergies renouvelables, dont l’éolien et le solaire. Les résultats de ces investissements ont été médiocres : la production est faible et les coûts ont fait grimper la facture énergétique des consommateurs de manière exorbitante. Et le pire est que cette auto-flagellation n’a eu aucun impact sur les émissions de GES.

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Au Québec par exemple, Hydro-Québec a demandé à la Régie de l’Énergie une hausse des tarifs de +3,9% pour 2015, dont +2,1% sont justifiés par les coûts élevés d’approvisionnement éolien. Cette hausse fera suite à une hausse faramineuse de +4,3% en 2014, des niveaux qui surpassent largement l’inflation générale. Voir mes articles passés sur la filière éolienne québécoise ici et ici.

En Allemagne, l’un des pays qui a le plus investi en énergie renouvelable, les coûts ont été exorbitants, à un tel point qu’un rapport d’experts indépendants commandé par le Bundestag et publié en février 2014 a révélé que « le programme de subvention à l’énergie renouvelable est un moyen coûteux et inefficient de réduire les émissions de GES et devrait donc être stoppé ». En 2022, ce programme pourrait avoir coûté 680 milliards d’euros ! Entre 2000 et 2013, le prix de l’électricité au détail a plus que doublé en Allemagne, tout comme en Espagne. La variabilité de l’éolien exige que les centrales thermiques au gaz soit rémunérées sous forme de paiements de capacité, même si elles ne produisent pas, juste pour garantir qu’il n’y ait pas de panne si le vent baisse. Les éoliennes nécessitent aussi des investissements massifs en transport et distribution électrique pour les accommoder, car les éoliennes situées en mer sont loin des centres de consommation et leur variabilité pose problème pour la distribution.

Du côté de la voiture électrique, l’échec est là aussi fort lamentable. La performance est médiocre et les coûts par tonne de CO2 évitée sont ahurissants. Prenons comme exemple le programme Clic!, prôné par l’Agence Métropolitaine de Transport à Laval. La municipalité vous fournit une Chevrolet Volt et vous devez faire du covoiturage avec trois autres personnes et vous rendre à la gare de Ste-Dorothée, où vous attend une borne de recharge, pour ensuite prendre le train vers le centre-ville de Montréal.

Quand on regarde la carte de la géographie couverte par le programme, on constate que la distance maximale de la gare est d’environ 10 kilomètres (soit environ à partir du quartier Ste-Rose). Supposons que 4 personnes vivent sur la même rue à Ste-Rose et utilisent leur voiture pour se rendre à la gare tous les matins. Ce trajet totaliserait 20.000 kilomètres par année, soit 3.4 tonnes de CO2 pour une voiture compacte à essence.

Le coût du projet par voiture est de $6 .500 (une Volt à $44 000 et le reste pour les bornes de recharge). Il y a aussi des coûts d’opération annuels de $5 100 par voiture (entretien, assurance, etc). En dépréciant le véhicule sur 6,25 années, on obtient un coût annuel de $16 060, soit $4 724 par tonne de CO2 économisée ! C’est inconcevable de gaspiller une telle somme pour si peu de résultats !

Et le pire, est que dans certains pays, quand on inclut les émissions générées par la production d’électricité et dans la fabrication de la voiture, les automobiles électriques ne permettent même pas de réduire les GES !

En fait, ce que les militants de la gauche-écolo voudraient n’est pas vraiment l’utilisation de ces technologies « vertes », mais plutôt la simplicité volontaire : la décroissance économique. Ils ne souhaitent pas tant que les gouvernements subventionnent les panneaux solaires, mais plutôt qu’ils taxent les combustibles fossiles encore plus qu’ils ne le font déjà, pour inciter leur consommation à la baisse. Pour eux, le réchauffement climatique rime avec surconsommation, résultat inévitable du capitalisme débridé. À les entendre, la baisse du niveau de vie engendrée par la lutte contre les changements climatiques est non seulement probable, mais aussi souhaitable ! Et comme ils le disent si bien, ce sont les riches qui polluent le plus, donc raison de plus pour les taxer davantage. Pour ce qui est des pauvres, nous n’aurons qu’à leur envoyer des chèques pour les aider à se maintenir la tête hors de l’eau…

 

Le consensus

L’autre chose mentionnée par M. Ducharme dans son éditorial de pacotille est que, vu le consensus selon lequel 97% (et non 99% comme il l’affirme) des scientifiques croient au réchauffement climatique anthropique, un débat équilibré sur la question devrait comporter 3 climato-sceptiques pour 97 réchauffistes (ou encore 32 réchauffistes par sceptique), plutôt que un-contre-un comme le veut la coutume.

Une étude qui a été abondamment médiatisée au printemps 2013 affirmait que 97% des scientifiques croyaient au réchauffement climatique. Un an plus tard, une analyse plus approfondie de cette étude a démontré qu’elle ne valait pas grand-chose (ici et ici) :

« A claim has been that 97% of the scientific literature endorses anthropogenic climate change (Cook et al., 2013.). This claim, frequently repeated in debates about climate policy, does not stand. A trend in composition is mistaken for a trend in endorsement. Reported results are inconsistent and biased. The sample is not representative and contains many irrelevant papers. Overall, data quality is low. Cook’s validation test shows that the data are invalid. Data disclosure is incomplete so that key results cannot be reproduced or tested. (…) I argue that the paper by Cook et al. may strengthen the belief that all is not well in climate research. Data are hidden, the conducted survey did not follow best practice, there are signs of bias in the data, there is no trend in endorsement, and the sample is not representative. »

En fait, une autre étude établissait récemment que seulement 36% des scientifiques croient que ce sont les humains qui sont responsables du réchauffement climatique. Par contraste, la majorité des personnes interrogées croient qu’un éventuel réchauffement planétaire à venir ne sera pas un très grave problème. Ces résultats corroborent deux autres sondages qui avaient montré en 2010 et 2012 que la majorité des météorologues rejetaient l’hypothèse du réchauffement anthropique.

Je cite l’éditorialiste de Contrepoints h16 qui commente les sous-résultats de l’étude Lefsrud/Meyer :

  • 24% forment le groupe de ceux qui estiment que les changements observés rentrent dans le cadre de ce que la Nature fait habituellement.
  • 17% estiment que les changements climatiques sont en partie dus à l’intervention humaine, mais contestent l’opinion selon laquelle les débats scientifiques sur le réchauffement climatique, son origine et les modèles numériques du GIEC, serait clos. Ils posent généralement la question : « comment prendre une décision si les recherches sont biaisées ? »
  • 10% estiment que les changements sont peut-être humains ou naturels, mais en tout cas, globalement inconnus, mais insistent surtout sur les effets néfastes de politiques de régulations mal pensées, notamment au plan économique.
  • Enfin, 5% estiment que les changements sont autant dus à l’homme que naturels, qu’ils ne posent qu’un risque modéré, estiment que le débat scientifique n’est pas clos et sont les plus indécis concernant la précision et la pertinence des modèles proposés par le GIEC.

On constate donc que les opinions scientifiques sont plutôt nuancées sur la question et que la communauté scientifique est plutôt divisée. Notons aussi qu’il est fréquent d’entendre des activistes réchauffistes déclarer que les sceptiques devraient être emprisonnés ! Incroyable.

 

Conclusion

Contrepoints 389 changement climatiqueEn somme, il est très frustrant de constater que malgré la pause du réchauffement, l’absence de conséquences catastrophiques, les doutes émergents quant au rôle des activités humaines concernant le réchauffement et la piètre performance des politiques gouvernementales visant à réduire les émissions, la propagande de la gauche écolo se poursuit, voire même s’intensifie !

La raison est fort simple : la convergence d’intérêts entre politiciens, écologistes, scientifiques, journalistes et corporations demeure très forte.

  • Les politiciens veulent que la population ait peur d’un problème, de manière à apparaître comme des sauveurs qui régleront le problème par des politiques salvatrices.
  • Les écologistes veulent que la population ait peur du réchauffement puisque cela leur confère de l’importance, de la visibilité et les aide à attirer des dons (qui sont utilisés pour payer des salaires de 6 chiffres aux administrateurs de ces organismes).
  • Les scientifiques suivent le courant populaire, ce qui leur permet d’être publiés et d’obtenir des subventions de recherche.
  • Les journalistes aiment le réchauffement puisque les choses pessimistes attirent davantage d’attention médiatique que les choses optimistes.
  • Les corporations bénéficient des investissements exigés par les gouvernements pour réduire les émissions des GES.

Tant que ce cercle de copains sera sur la même longueur d’onde, la raison sera exclue du débat.


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