Petroplus, Florange : l’État n’investira pas

L’État n’investira pas dans Florange ou Petroplus, mais révèle une fois de plus sa devise, « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

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Petroplus, Florange : l’État n’investira pas

Publié le 18 avril 2013
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L’État n’investira pas dans Florange ou Petroplus, et c’est tant mieux. Il révèle une fois de plus sa devise, « faites ce que je dis, pas ce que je fais » contre laquelle les citoyens n’ont qu’une solution : décoloniser l’État.

Par Baptiste Créteur.

La rhétorique socialiste française a encore frappé. Après avoir frappé du poing sur la table en affirmant que Florange était un site rentable, les dirigeants du pays ont décidé que la BPI n’investirait pas dans Florange. Mittal était un grand méchant loup pour l’homme qui allait plonger toute une région dans une misère que Zola n’aurait pas reniée. mais lorsqu’il a la possibilité de sauver l’usine, l’État refuse – pour des considérations économiques, qui plus est.

Il semblerait donc que les socialistes – de gauche et de droite, ne nous adonnons pas à une stigmatisation si dommageable à une France rassemblée derrière une république exemplaire – aient enfin compris qu’il ne servait à rien de sauver une entreprise si elle n’avait pas de perspectives crédibles de rentabilité. Ségolène Royal a décidé de ne pas faire à la BPI les mêmes erreurs que lorsqu’elle avait investi, sur la seule base de son irrationnelle conviction, l’argent du contribuable dans l’entreprise Heuliez à qui il aura fallu moins de trois ans pour faire à nouveau faillite.

La BPI n’investira donc ni dans Florange, ni dans Petroplus. Que tous ceux qui croyaient que la BPI était une sulfateuse à argent public se ravisent : l’État investit, avec votre argent, pour faire du profit. Certes, ça marche rarement, et ses nombreuses filiales d’investissement perdent beaucoup d’argent – malgré une pression mise sur les entreprises digne des pires clichés de la presse française. Pourquoi ?

De même, la BPI a décidé de ne pas s’engager dans un sauvetage de l’usine Petroplus, préférant consacrer ses fonds à des projets jugés plus porteurs d’avenir, a-t-il indiqué. « Notre agenda, c’est la France de 2030. Petroplus, est-ce France 2030 ? », s’est-il interrogé.

Le message est clair, pour une fois : il ne sert à rien d’investir dans des entreprises ou secteurs qui n’ont aucun avenir. Les mauvais esprits objecteront à raison qu’un secteur ou une entreprise n’ont aucun avenir si l’État y investit.

« La BPI a étudié le dossier » de l’usine ArcelorMittal de Florange mais a rendu un « arbitrage business » selon lequel « on aurait perdu beaucoup d’argent et ce n’aurait pas été un bon business », a confié M. Dufourcq, interrogé en marge de la première réunion du comité national d’orientation de la banque, à Caen.

Replongeons nous quelques mois en arrière : Florange était alors rentable et avait un avenir radieux, tellement radieux qu’aucun repreneur n’acceptait de reprendre cette activité s’il ne pouvait pas ajouter en cadeau dans son Happy Meal les autres activités du site. Le gouvernement exhortait le groupe Arcelor Mittal à maintenir ses activités, avec le succès qu’on sait. Pourquoi diantre avoir demandé à une entreprise privée de maintenir une activité non rentable, me demanderez-vous ?

La réponse est simple : l’État a adopté une devise fort commode,  « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Une législation complexe pénalise et ralentit tout le monde ? L’État légiférera par ordonnances. La fiscalité est en hausse ? Pas pour vos représentants élus, chers compatriotes. L’optimisation fiscale est dommageable à la société et dénoncée par l’État ? Sauf quand ce sont des entreprises publiques qui s’y adonnent, camarade. Et ne parlons pas de ces ministres qui fraudent le fisc ou déclarent un patrimoine pitoyable, révélant une virtuosité au pipeau ou une fraude fiscale patentes.

L’État n’aura donc pas à réduire la voilure ; les ménages et les entreprises, oui, puisque la fiscalité va augmenter pour éviter une baisse ou une maîtrise de la dépense publique. Ce qu’il faut que les Français comprennent, c’est qu’ils ont en face d’eux un mastodonte sans foi ni loi qui veut leur imposer foi et loi.

Mais il faut aussi comprendre qu’on ne terrassera pas ce mastodonte, qu’il n’est pas foncièrement mauvais. Il faut le reconquérir, le remettre au service des citoyens, l’astreindre aux mêmes règles, l’impliquer dans le même combat. Ce n’est pas demain que les Français pourront se passer de l’État, si tant est qu’ils le puissent un jour ; la route est longue, sinueuse, et surplombe un volcan. Il faut reprendre le contrôle de ce mastodonte.

L’État français a été colonisé ; décolonisons le, redonnons aux citoyens la liberté de disposer d’eux-mêmes. Ce ne sera pas facile. Quelques-uns sont sur le dos du mastodonte et le commandent, et beaucoup s’agrippent à ses poils pour sucer son sang et s’y agripperont d’autant plus fort que les poils se feront ras. La stabilité financière de l’État étant sérieusement compromise, les parasites qui l’entourent seront de plus en plus belliqueux pour défendre leur bout d’os de plus en plus maigre. Mais le combat n’est pas vain.

L’État et ceux qui bénéficient de ses largesses, i.e. qui jouissent grâce à lui du fruit du travail des autres, ont besoin des citoyens pour vivre ; l’inverse n’est pas vrai. Si aucune alternative n’existe, l’exil ou la grève des créateurs mettront la bête à terre, exsangue et affamée. Mais c’est sur le champ des idées qu’il faut commencer la décolonisation de l’État.

—-

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  • L’état est devenu l’ennemi du citoyen lambda surtout s’il n’est pas fonctionnaire

  • Nationaliser une boite qui est à l’agonie, c’est imaginer qu’une poignée de fonctionnaires auront une meilleure vision des débouchés qu’une vaste multinationale spécialisée … ou se moquer du contribuable pour faire des cadeaux à très court terme.

    Pour Ségolène, je ne pense pas qu’elle décide quoi que ce soit : elle a obtenu un strapontin de pom-pom girl dans la nouvelle banque, mais sans plus.

    • A propos de « Ségolène », elle a en réalité déclaré que ce « dérapage » du directeur de la BPI n’avait pas lieu d’être et ne se reproduirait pas. Comme quoi on peut douter qu’elle ait compris quoi que ce soit à l’économie ou à l’objet affiché de la BPI…

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