Incurie énergétique : William Saurin délocalise

Il y a quelques jours, le président de William Saurin, Mathieu Thomazeau, évoquait « un point de rupture » en parlant du mur du coût de l’électricité et du gaz,

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Incurie énergétique : William Saurin délocalise

Publié le 13 décembre 2022
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Le 7 décembre 2022, le groupe alimentaire Cofigéo (William Saurin, Garbit, Raynal, Roquelaure et Zapetti) a annoncé la fermeture de quatre usines (sur huit en France) dès le 2 janvier 2023, ce qui représente environ 80 % de sa production.

Il y a quelques jours, son président Mathieu Thomazeau évoquait « un point de rupture » en parlant du mur du coût de l’électricité et du gaz et l’impossibilité pour ses conserveries françaises de continuer à fonctionner au vu des prix de l’énergie.

De nombreuses entreprises françaises, notamment dans l’agroalimentaire, s’apprêtent à affronter une tempête économique.

 

Une décision actée

Les sites de Capdenac (Aveyron), de Pouilly-sur-Serre (Aisne), de Camaret-sur-Aigues (Vaucluse) et de Lagny (Marne) seront mis à l’arrêt.

Huit cents des 1200 salariés se verront appliquer un accord d’activité partielle de longue durée (APLD).

« Cette décision a pour objectif de faire face à la hausse spectaculaire des coûts d’énergie (gaz et électricité nécessaires à la cuisson et à la stérilisation des plats et recettes cuisinés), qui seront multipliés par 10 dès le début de l’année » a indiqué le groupe dans un communiqué.

Ce groupe international va-t-il délocaliser dans des pays où le coût de production est moins élevé ?

 

Facture énergétique trop élevée

Déjà la semaine dernière, Cofigeo, qui réalise 330 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 90 % en France, avait alerté sur l’envolée de sa note énergétique au 1er janvier 2023. « Elle passera du jour au lendemain, de 4 millions à 40 millions d’euros » chiffrait auprès du Figaro son président (Mathieu Thomazeau).

Le groupe insiste sur « l’impérieuse nécessité de répercuter ces vagues d’inflation qui vont s’amplifier dès le premier janvier avec la fin de nos couvertures énergétiques ».

Depuis le 1er décembre 2022, distributeurs et industriels de l’alimentaire sont ainsi en discussions pour fixer les prix pour 2023. Une revalorisation « sensible » est prévue au vu des prix du gaz et de l’électricité.

Jusque-là, hormis quelques acteurs de l’industrie lourde comme Duralex, aucun fabricant de l’alimentaire n’avait pris une décision aussi radicale. D’autres groupes agroalimentaires pourraient être en grandes difficultés en 2023, fragilisant encore un peu plus le tissu industriel français.

 

Où sont les responsables du désastre ?

Le prix de l’électricité a commencé à exploser (+ 48 % en 10 ans entre 2011 et 2021) bien avant la guerre en Ukraine qui n’a été que le révélateur en accélérant une situation déjà malsaine.

L’hedomadaire Le Point du 26 octobre 2022 donnait quelques pistes dans un article retentissant de Géraldine Woessner : « Électricité : enquête sur une débâcle ».

Y figurent en bonne place : Dominique Voynet (qui s’est vantée d’avoir sabordé le nucléaire à Bruxelles), Ségolène Royal, Barbara Pompili, Corinne Lepage ainsi que des dizaines d’autres politiciens et activistes « influenceurs ».

Les Français, écœurés par tant de bêtises cumulées depuis 20 ans, semblent tétanisés par l’ampleur du désastre orchestré par des incompétents pusillanimes ou pire par des idéologues assouvissant leur haine de l’industrie et du capitalisme en détruisant la production d’énergie abondante, stable et bon marché, notamment nucléaire, à la base de la civilisation moderne.

Que font les grands médias (à l’exception de quelques-uns comme C-news, Europe 1, RMC) qui ne placent pas les politiques devant leurs contradictions ?

Une politique des chèques (d’échec ?) puisés dans la poche des contribuables/consommateurs et redistribués à tous les vents tente de colmater les brèches par où pourraient fuir les colères populaires.

Cette politique à courte vue vise à masquer un échec total dû à un amateurisme au plus haut niveau de l’État dans la gestion du pays. Suffira-t-elle à contenir le désespoir grandissant devant tant de sottises et de cécité ?

La destruction des moyens de production d’énergie et le sacrifice du nucléaire par une cohorte d’apparatchiks européens (dont François Hollande) pour conquérir ou se maintenir au pouvoir au risque d’une guerre civile rappelle douloureusement la célèbre phrase de Churchill (après les accords de Munich en 1938 sacrifiant la Tchécoslovaquie sur l’autel d’une paix illusoire) :

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre.

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  • Bah, bientôt ils n’auront plus rien à mettre dans leurs boîtes.
    Sans doute que l’ue va d’ailleurs interdire les conserves et les surgelés pour sauver la planete circuits courts obligent.

  • peut-on écrire cette double « équation » : la vie c’est de l’énergie, et réciproquement et aussi l’énergie c’est l’économie et réciproquement ? alors que font les « dirigeants » ? sauf à vouloir retourner à l’âge de pierre…

    • Bienn ouï , la vie n’est qu’energie, des bras ou des pattes animales des hydrocarbures du nucléaire du gaz du charbon, tout le reste n’a aucun intérêt pour l’homme…. Et un peu de cervelle pour coordonner le tout.. La, il y a penurie

  • D’accord avec le diagnostic, que les médias même bien pensants finissent par reconnaitre peu à peu. Le panurgisme fonctionne bien au fond.
    Reste à savoir comment s’en sortir. Il faut évidemment conserver notre parc nucléaire, éviter les aléas comme la CSC (éventuellement mieux les gérer), et le chouchouter pour qu’il dure au moins 80 ans en bonne santé.
    Et serrer les dents jusqu’à l’émergence des premiers EPR2 vers 2035.
    Mais aussi en changeant d’attitude face aux allemands qui se sont fourvoyés dans la filière éolien+H2, et à défaut de pouvoir éradiquer notre nucléaire avantageux, qui chercheront à en tirer profit pour servir de backup à leur parc intermittent.
    Le futur gazoduc BarMar qui aura son « hub » à Marseille, représente un enjeu majeur pour l’Allemagne mais aussi pour la France qui disposera là d’un moyen de pression pour contrer l’hégémonie envahissante de nos voisins : s’ils veulent jouer solo (« les 200 Mds d’aides sont réservés à mes industries nationales ») ou contre notre nucléaire (dans RepowerUE notamment), on pourra toujours menacer de fermer le robinet d’H2 voire même les interconnexions avec l’Allemagne, quand notre parc sera à nouveau correctement dimensionné.
    En bref, la France a des atouts pour gagner cette guerre économique. Il faut le faire savoir pour calmer les ardeurs guerrières de certains de nos voisins, en leur disant aussi que si l’UE ne joue pas honnêtement la solidarité, elle perdra une guerre économique autrement plus meurtrière face à la Chine, la Russie et même les USA.

    • Lors du premier choc pétrolier, on n’a pas si mal réagi que ça. On s’est lancés à la conquête de l’offshore pétrolier et du nucléaire, simplement décidés à avoir des trucs efficaces et qui produisent. Le seul atout qui compte, c’était celui-là, résoudre le problème industriel et que les politiciens se contentent d’un rôle de facilitateurs. Aujourd’hui, il faudrait envoyer au diable ces affaires de CO2 et ces stratégies politiques, exploiter le gaz de schiste en attendant d’avoir remonté le nucléaire, et rappelé aux verts et roses que nécessité fait loi. BarMar et l’hydrogène sont le futur trou des Halles de notre époque. Ils n’ont aucun intérêt industriel.

  • Ce n’est pas la faute des politiciens si l’électricité est si chère. Regardez. Jospin confirme qu’il a eu raison de fermer le centre de recherche Super Phénix et Chirac l’a approuvé. Sarkozy a eu raison de ne pas relancer l’industrie nucléaire. Hollande et Macron ont raison de planifier la fermeture de 50% de centrales nucléaires : pas de modification de la loi sur le mix énergétique.
    En effet, il faut moins se chauffer. Il faut que les entreprises ferment pour arrêter de polluer. Grâce à nos politiciens, la France sera l’image du monde en supprimant ses 1% de contribution mondiale d’émission de CO2 quitte à revenir à l’âge de pierre.

  • Le constat est là il faut entendre et laisser les ingénieurs, experts de l’énergie expliquer à tous les publics qui sont les responsables politiques de ce désastre . Ces mêmes responsables doivent être confrontés dans les grands médias à des journalistes d’investigations face aux spécialistes . Ne plus respecter ces accords débiles des fonctionnaires européens est une nécessité Il faut juger cette caste

    • juger???

      au nom de quoi, ?? ils on trahi quoi? pourquoi pas les électeurs???

      non laisser les entrepreneurs !pas les ingénieurs!!! et pour le nucleaire laisser le capitalisme, c’est HAUTEMNT capitalistique…

      vous voulez laisser les diététiciens décider quoi manger?
      les médecins en gros de toutes vos vie?

  • Les commentaires sont fermés.

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Un article de l'Iref-Europe.

 

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