L’État est-il le mieux placé pour donner des leçons aux entreprises ?

Ne vaut-il pas mieux affronter les écolos que des super Gilets jaunes et ainsi laisser tranquilles les chefs d’entreprise ?

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L’État est-il le mieux placé pour donner des leçons aux entreprises ?

Publié le 2 septembre 2022
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Le 29 août Élisabeth borne a fait la leçon aux chefs d’entreprises présents à l’Université d’été du Medef, est-elle la mieux placée ?

 

Un mea culpa aurait pourtant été préférable

En effet, la prise en otage des Occidentaux par Poutine et son gaz est tout d’abord le résultat de l’inconscience des pays européens qui se sont mis volontairement à la merci d’un dictateur. Les chefs d’entreprises savent depuis longtemps qu’il est très dangereux de ne dépendre que d’un seul client ou fournisseur dès qu’il dépasse 20 % du chiffre d’affaires.

Certes, l’Allemagne s’est mise dans une situation de dépendance nettement supérieure mais notre gouvernement et les précédents ont une autre énorme responsabilité dans cette situation.

En France, ce désastre aurait pu être évité sans la décision de sortir du nucléaire dans le seul but de récupérer les voix des écologistes, dès la présidence de François Hollande en termes d’intention et en action avec la fermeture de Fessenheim sous la présidence Macron, alors que selon l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), elle était l’une des plus sûres de France, malgré son ancienneté.

Ne pas oublier que l’engagement avait été pris de ne la fermer que lorsque l’EPR de Flamanville serait opérationnel.

Autre décision absurde acceptée par la France : le marché unique européen de l’énergie, c’est-à-dire l’adoption d’un tarif unique basé sur le plus élevé… Soit le gaz actuellement (sans commentaire) et qui devient tellement délirant que l’Union Européenne veut l’abandonner.

Enfin, la gestion catastrophique d’EDF a permis l’exploit de faire passer le coût de l’énergie du moins cher en Europe au plus cher actuellement.

 

Quid de la sobriété du gouvernement et de l’administration ?

Il est à craindre que, même avec la meilleure volonté, la Première ministre aura autant de difficulté à imposer des restrictions d’énergies à l’administration que les restrictions budgétaires qui sont bafouées depuis des décennies.

C’est d’ailleurs ce qu’elle sous-entend lorsqu’elle dit que les entreprises « seraient les premières touchées » en cas de rationnement face à une menace de pénurie.

Le manque d’anticipation de l’État dans le domaine d’isolation de ses propres bâtiments est largement reconnu alors que l’entreprise y remédie beaucoup plus rapidement.

 

L’entreprise, éternel bouc émissaire

Encore une fois le gouvernement cherche à culpabiliser l’entreprise afin de cacher ses propres incohérences. Ces vilaines entreprises qui font de super profits après des années de galère doivent être sacrifiées.

Elle seront tout d’abord surtaxées comme Total qui présente un bénéfice semestriel de 5,7 milliards de dollars alors qu’EQUINOR (Norvège) en dégage 6,8 ; BP 9,3 ; SCHELL 18 sans oublier ARAMCO 88 (15 fois plus que notre leader).

Pour être encore plus distancés, taxons donc Total, après lui avoir imposé de quitter la Russie en risquant de lui faire perdre les 17 milliards d’euros investis. Seul Bruno Le Maire semble l’avoir compris mais je doute qu’il puisse s’imposer.

 

Contrairement à l’administration, une entreprise est bonne gestionnaire

Il existe certains principes dans la gestion d’entreprise comme savoir optimiser ses dépenses. Quand le coût d’une matière première augmente, l’entrepreneur mène une réflexion pour savoir comment y remédier, en réduisant la part dans le processus de fabrication ou en trouvant un autre composant.

Il le fera donc tout naturellement quand l’énergie monte à de tels niveaux de prix. C’est une question de survie, il ne peut pas faire marcher la planche à billets ou augmenter son budget par de nouveaux prélèvements.

Le raisonnement est le même lorsque ses charges et impôts atteignent des niveaux excessifs : la solution est de tout simplement s’expatrier !

Madame Borne, laissez-nous donc gérer notre entreprise et restez dans votre domaine de compétence qui est la gestion de l’administration et des deniers de l’État. Nous saurons faire sans vous car j’ai peur quand un fonctionnaire nous dit qu’il va nous apprendre à gérer.

 

Une autre contradiction française

Nous voulons notre indépendance énergétique alors pourquoi s’enfermer dans l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste ? Notre consommation actuelle est de 40 milliards de m3 par an. Or, selon des études sérieuses nous disposerions d’une capacité estimée entre 4000 et 5000 milliards de m3, soit dans l’hypothèse basse une centaine d’année de consommation.

Comme toute source d’énergie ce n’est pas sans danger, mais les Américains y ont recours et ce n’est pas le chaos annoncé. D’ailleurs, la France ne se prive pas de leur en acheter.

Ce ne serait pas plus dévastateur qu’une guerre qui dure, ni d’un recours de plus en plus fréquent et important au charbon dont la nocivité est démontrée.

En cas de force majeure comme c’est le cas actuellement, il serait envisageable d’en limiter le forage à une dizaine d’années, le temps de retrouver une production nucléaire qui est déjà plus ou moins actée.

 

Conclusion

La France pourrait être autosuffisante en matière énergétique à condition de conserver, entretenir et moderniser son parc nucléaire.

Faute d’avoir anticipé le gouvernement préfère mettre la pression sur les chefs d’entreprises que de prendre, pour une fois, ses responsabilités. Les solutions existent, seul le courage manque.

Ne vaut-il pas mieux affronter les écolos que des super Gilets jaunes et ainsi laisser tranquilles les chefs d’entreprise ?

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    The Real Franky Bee
    2 septembre 2022 at 7 h 10 min

    Conclusion : une caste de hauts fonctionnaires a le monopole sur l’ensemble des pouvoirs de ce pays et c’est bien là le problème. Le secteur privé (c’est à dire nous) est totalement et injustement écrasé par ces incompétents.

    • On s’aperçoit qu’en système de quinquennat, le poste de premier ministre n’existe plus. Borne n’est que la secrétaire du gouvernement mais elle s’évertue à faire croire que c’est elle qui gère… N’a-t-elle pas déclaré d’un premier abord, que les coupures d’électricité épargneraient les particuliers pour se concentrer sur les entreprises ! Il est vrai que pour certains politiques, pour gagner un salaire, on n’a pas besoin de travailler.

  • bonne question, la réponse est dans la question.

  • Un bel état des lieux .
    Avec comme cerise sur le gâteau, l’administration bruxelloise, un solide parapluie pour se conforter dans l’impuissance et se ménager de belles sinécures.

    • Certes. Mais en toute logique, la perception de la corruption en France devrait monter en flèche et rejoindre celle des pays du tiers-monde. Etrangement, elle ne le fait pas, les citoyens français n’assimilent pas les avantages et passe-droits de leurs dirigeants à de la corruption. Pour eux, seul le secteur privé est susceptible d’être corrompu…

  • Il faut que le privé prenne exemple sur EDF et SNCF pour la gestion des entreprises. Voilà ce que dit le gouvernement. Il est vrai que gérer une entreprise en ordonnant qui paye ses dépenses est très facile pour nos pentouflards de fonctionnaires : après eux, le déluge.
    Et n’oublions pas le silence de nos hypocrites écolos soviétiques : le gaz de schiste américain est non polluant en Europe.

  • J’ai du mal à comprendre qu’en cas de pénurie d’électricité, ce serait les entreprises les premières touchées. Au contraire, il faut tout faire pourv préserver l’activité économique, seule source de revenu pour tous, y compris l’état.

    • Je crains que ce genre de raisonnement soit hors de portée pour nos politiciens… Ou plus exactement pour être honnête, ils préfèrent anéantir le pays plutôt que de révéler aux électeurs l’ampleur de leur incompétence…

      10
    • L’avantage de taper sur les entreprises privées, c’est que d’une le privé, c’est le mal. De deux, le privé, c’est sale. Et de trois, les entreprises privées, elles ne vont pas descendre dans la rue et tout casser si on leur coupe le courant. Le grand public… c’est moins sûr !
      Ceci dit, il y a une vraie raison, rationnelle, à demander aux entreprises qui le peuvent de « faire des efforts » : l’échelle. Si un gros site industriel réduit sa consommation d’énergie primaire de 10%, ça se verra tout de suite. Si on demande la même chose au grand public, entre ceux qui joueront le jeu et ceux qui ne feront rien (ou pire), les résultats seront beaucoup plus dilués.

      • Sûr que si au lieu d’un gros industriel, c’est une grande administration qui réduit son activité de 10%, ça ne se voit pas tout de suite.

  • SI l’état était en entreprise privée, il aurait été mis en faillite et liquidé depuis longtemps. Il n’y a rien d’autre à ajouter…

    • Si. Leurs dirigeants seraient en prison.

    • La faillite on y arrive doucement ( mais de plus en plus vite) et en général, à moins d’avoir de bonnes raisons de se déclarer elle-même en faillite, une entreprise essaie par tous les moyens d’échapper à la faillite, en général décrétée par le tribunal administratif, quand les défauts de paiement deviennent trop criant ( notamment vis à vis des organismes sociaux).
      Dans le cas de la France , tant que Bruxelles, la BCE, ou le FMI toléreront les acrobaties financières de nos gouvernants, tout ira bien, mais dans le cas contraire, viendra un moment ou ça cassera.

    • Mais pourtant, on nous a expliqué que seul l’État avait conscience du « long terme »…? Est-ce qu’on nous aurait menti ?

  • C’est dommage que Nicolas Hulot et François Hollande soient introuvables, ils ont certainement quelques explications à nous donner.
    Nicolas Hulot a fait un coup de force en 2007 en obligeant presque tous les candidats à signer son fameux pacte. S’ils ne le faisaient pas , il serait lui même candidat.
    Dix ans après, il a obtenu la fermeture de Fessenheim. C’était la condition à son entrée au gouvernement.
    Puis il a disparu. En langage populaire, on appelle ça « chier dans le ventilo »
    Mais le véritable coupable n’est pas Nicolas Hulot, ni même EELV qui dépasse à peine 3% dans les urnes.
    Les vrais coupables sont les candidats dits du « cercle de la raison » qui sont prêts à n’importe quelle compromission pour gagner quelques voix, fût-ce au prix de la destruction de notre pays !

  • Le problème vient de la sélection de l’ENA. La sélection est massivement faite sur une base littéraire, dans un monde qui depuis 50 ans est devenu de plus en plus complexe. Le bon sens de Pompidou fonctionnait parce qu’à son époque les X Mines n’avaient pas perdu la guerre d’influence contre les Sce Po/ENA.
    Nous sommes un des rares pays ou on peut trouver un Bruno Lemaire qui avoue être nul en mathématiques à la tête d’un ministère comme l’economie. Précédé d’un Sapin de même formation …
    Il est clair que l’armée, l’industrie, l’environnement, l’économie, ont besoin de ministres ayant un minimum de culture mathématico/scientifique leur permettant d’appréhender des situations complexes.
    Franchement, ou va ce pays dirigé par des gens qui non seulement n’ont pas d’expérience en gestion , mais qui en plus sont largués des que ça devient complexe…

    • L’incompétence n’excuse pas tout !
      Quand Nono le neuneu proclame le quoi qu’il en coûte, il sait très bien qu’il va ruiner nos finances.
      Quand Macron brade Alstom, il sait très bien que c’est de la haute trahison.
      Quand Véran vire les soignants non vaccinés, il sait très bien que c’est illégal et immoral.
      Quand Borne ose critiquer publiquement EDF, elle sait très bien que elle en partie responsable de ce fiasco.
      Le problème n’est pas l’ENA mais le sentiment d’irresponsabilité de nos gouvernants.

    • Si seulement il y avait une opposition X-Mines / ScePo-ENA !
      Mais non, il y a eu une grande bascule vers 1980, entre la réussite par le savoir-faire et celle par le savoir-plaire. Les X-Mines ou X-Ponts ont basculé (cf. notre Première Ministre) d’enthousiasme.
      L’Etat a besoin de grands serviteurs, dotés de l’autorité que confère(conférait ?) l’expertise et la rapidité de compréhension des choses complexes. Mais aujourd’hui, ce sont les bonnes intentions, la bien-pensance, l’entregent et la tchatche qui mènent au pouvoir. 30 ans plus tôt, un X-ponts avec la carrière de Mme Borne se serait fait hara-kiri de honte.

      • Je pense qu’il ne faut pas surestimer les grandes écoles : on peut avoir été très brillant et réussi ses concours et être un couard sans aucun caractère qui subit la pensée dominante sans jamais faire preuve du moindre esprit critique.
        La pensée dominante climatique en est le parfait exemple.

        • Alors c’est peut-être la fin du service militaire, ou autre chose, mais je persiste à voir une bascule vers 1980, avec pas du tout les mêmes caractères chez les ingénieurs des grandes écoles avant et après.

        • Certes mais quand vous regardez le pedigree de Pompili, c’est une science-Po…Lille.!
          Et vous savez quoi, même en master finance SCe Po Paris le niveau est bas. Il y a 3 ans l’épreuve finale était…un devoir de premiere annee d’HEC. A pleurer !

        • Certes, avoir la connaissance et la compétence ne pourront jamais empêcher la lâcheté intellectuelle. Mais ils ont tous peur des medias…Même selection que sce PO. du verbiage.

  • Borne qui donne des consignes très stricts d’économies aux entreprise c’est l’hôpital qui se moque de la charité, dés que les chefs d’entreprises seront saturés des directives douteuses, ils fermerons boutiques et s’en iront

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