La crise des urgences s’étend dans les hôpitaux français

Les drames aux urgences hospitalières rebondissent avec le retour massif des malades non covid. La crise de l’hôpital dépasse le covid.

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Hôpital by BrotherM (CC BY-NC-ND 2.0)

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La crise des urgences s’étend dans les hôpitaux français

Publié le 20 mai 2022
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Les drames aux urgences hospitalières rebondissent avec le retour massif des malades non covid. En 2019 les services d’urgences connaissaient déjà la crise la plus grave depuis ces 10 dernières années, avec plus de 25 000 000 passages par an.

Il n’était pas rare de rester 12 heures sur un brancard avant d’être pris en charge. Désertées par les malades paniqués par le covid pendant la pandémie elles connaissent un nouvel afflux alors que 20 % des lits sont fermés faute de personnels.

La liste des hôpitaux en difficultés est longue

Au CHU de Bordeaux

Gilbert Mouden, infirmier anesthésiste et représentant du personnel Sud Santé Sociaux a expliqué :

« Les patients seront accueillis par deux bénévoles de la Protection civile » et « un agent de sûreté »

Par manque de personnels soignants, l’hôpital de Bordeaux a décidé de fonctionner en mode dégradé le soir et la nuit car « environ 40 % des médecins urgentistes qui sont sur le départ ou en arrêt de travail en lien avec des burn out« .

Comment va fonctionner ce mode dégradé ?

« Quand vous allez arriver aux urgences adultes du CHU de Bordeaux, entre 17 heures et 22 heures, vous serez accueillis par deux bénévoles de la Protection civile. Ils seront accompagnés d’un agent de sûreté parce ce qu’il y aura des situations assez tendues au niveau des urgences. »

Les autres services d’urgences hospitalières

L’hôpital d’Arles accueille environ 36 000 patients par an, fonctionne avec 40 % d’intérimaires pour combler les postes vacants.

Dans le Puy-de-Dôme, le Rhône, la Sarthe, la Corse, la Mayenne, la Vendée… les services d’urgence s’organisent en conséquence entre fermetures complètes ou uniquement la nuit.

À l’hôpital de Laval la situation est décrite comme effrayante. Les urgences ont fermé depuis mars par tranches de 12 heures après 18 h 30. Seules les urgences vitales sont prises en charge sur cette période horaire. Mais comment poser le diagnostic d’urgence vitale ? Passer par le 15 comme à Bordeaux semble être la solution.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Les raisons sont anciennes. Je les ai décrites dans Blouses Blanches colère noire.

Les cliniques privées et les médecins libéraux participaient à leur prise en charge. Beaucoup ont fermé, les contraintes liées à une tarification insuffisante les en ont détournés. Cinq millions de Français n’ont plus de médecin traitant et affluent aux urgences pour le moindre bobo. La quasi-gratuité fait le reste.

La complémentarité public/privé a été détruite depuis 1996. Les cliniques regroupées dans des chaines ne sont plus intéressées par les urgences à cause d’une tarification en moyenne quatre fois inférieure pour les actes non-programmés par rapport à l’hôpital. Elles s’orientent vers les soins les plus rentables pour ne pas disparaitre.

En conséquence, les urgences affluaient de plus en plus à l’hôpital, leur nombre avait doublé en 10 ans. Il a dépassé en 2019 le chiffre effarant de plus de 25 000 000 passages. Les cliniques de taille humaine qui les assurent ont disparu, étouffées par les normes et les agences de santé. Compte tenu d’un numerus clausus trop serré, les médecins ne sont plus assez nombreux en ville pour assurer les urgences.

Le rôle des médecins de ville est pourtant fondamental. L’avalanche de normes et la sous rémunération des actes les en ont détournés. Le défaut de formation participe à cette crise car les médecins généralistes ne sont plus formés à la petite chirurgie, comme les sutures, et ne veulent plus garder ouvert des cabinets le soir pour accueillir les urgences pour des consultations non-programmées et mal rémunérées.

La réorganisation des services hospitaliers et leur modernisation n’ont pas été entreprises. Il n’y a eu aucune réorganisation des services d’urgences et trop peu d’adaptations des locaux.

Les directeurs étaient trop heureux de la manne financière qu’elles rapportaient, soit plus de 5 milliards d’euros par an. En effet, une urgence aussi bénigne soit-elle rapporte plus de 200 euros à chaque passage.

Elles ont quasiment disparu avec la pandémie, ce qui démontre les abus. Pourtant des solutions existent. Un premier pas sera fait avec le PLFS de 2021 en exigeant un reste à charge d’un peu moins de 20 euros pour toute urgence non suivie d’hospitalisation et en révisant la tarification en ville des soins non programmés.

Ce n’est pas à l’hôpital, avec la création des bed managers (ou gestionnaire de lits) que viendra le salut.

Quelles solutions ?

Tout devrait commencer par la formation des médecins lors du deuxième cycle. La culture de l’urgence s’apprend. Elle ne doit pas reposer sur les seuls urgentistes. Les médecins généralistes devraient savoir suturer et traiter une fracture.

Comme c’était le cas pour les générations précédentes, les internes devraient être formés à leur prise en charge.

Les docteurs Junior ne seront en effet en responsabilité qu’en quatrième année ; quel retard ! Leur formation aurait du être densifiée sans attendre l’internat. Le deuxième cycle des études médicales devra être réformé dans ce sens pour raccourcir la durée pour les médecins généralistes, ce qui augmenterait d’autant le nombre de médecins à la sortie. Dès lors la garde en ville pourrait reprendre, ce qui soulagerait d’autant l’hôpital. Pour y retrouver l’équilibre, le monopole des urgentistes doit cesser avec un retour des médecins et des internes pour les assurer.

Quel ministre de la Santé saura le faire ?

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