Indépendance des médias : faisons comme Mediapart

Pour assurer l’indépendance des médias, l’absence de subventions est nécessaire. Les exemples de Médiapart, de Contrepoints et de Valeurs actuelles le prouvent.

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Edwy Plenel credits Parti socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

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Indépendance des médias : faisons comme Mediapart

Publié le 4 avril 2022
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La contribution à l’audiovisuel public, plus connue sous son petit nom de redevance télé, est sur la sellette. Les candidats présidentiels Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour ont prévu de la supprimer, les deux derniers envisageant en outre de privatiser certains éléments de notre audiovisuel public. Parmi les motivations avancées, la question du pouvoir d’achat des Français et celle du pluralisme et de l’indépendance des médias.


Marine Le Pen


Éric Zemmour


Valérie Pécresse


Emmanuel Macron

S’agissant du pouvoir d’achat, il serait donc question de mettre fin à la taxe annuelle de 138 euros payée par tous les contribuables possédant une télévision ou tout autre dispositif assimilé, qu’ils regardent ou non les programmes. Au total, une recette de 3,7 milliards d’euros serait ainsi restituée chaque année aux Français. Ou pas.

Le cas de la suppression de la redevance privée

En effet, si l’on s’en tient au projet de suppression de la redevance sans modification du périmètre de l’audiovisuel public, se pose évidemment la question de son financement. Très pudiquement, Valérie Pécresse évoque un financement budgétaire et Emmanuel Macron parle d’un budget dédié. Ce qui signifie ni plus ni moins que l’audiovisuel public ne sera plus financé directement par une taxe spécifique bien isolée dans les comptes publics mais qu’il deviendra une dépense publique des plus classiques, à couvrir de toute façon par de l’impôt ou de la dette. On voit mal le gain du contribuable qui reste ainsi redevable de ce financement.

Le contribuable n’y gagnera qu’à partir du moment où les différentes chaînes radio ou télé relevant de l’audiovisuel public quitteront le giron de l’État via la privatisation. Il se peut d’ailleurs que d’anciens assujettis à la redevance deviennent clients de l’une ou l’autre des nouvelles entreprises audiovisuelles privées ainsi créées – mais du moins les auront-ils choisies en fonction de leurs préférences et au vu des prestations offertes.

Il est fort dommage qu’Éric Zemmour, le plus précis sur son programme de privatisation (photo ci-dessous), enveloppe cette opération d’une composante punitive virulente à l’égard de chaînes publiques pas assez en phase avec ses goûts et ses opinions. Décrivant avec une gourmandise tout électorale des « machines de propagande inouïe, au service d’une idéologie qui déteste la France et les Français », il déclare en effet agir « pour que le service public cesse de nous racketter, puis de nous cracher au visage. »

Il est également assez significatif d’apprendre que dans son projet, les chaînes culturelles, à commencer par France Culture, seront conservées « pour ne pas laisser la culture au privé ». On ne saurait mieux exprimer le mépris monumental dans lequel Éric Zemmour tient en réalité le secteur privé.

Indépendance Médias
Zemmour – Programme de privatisation de l’audiovisuel public

Pourtant, il pourrait y avoir une privatisation heureuse, positive pour le pouvoir d’achat des citoyens et la qualité des contenus comme pour l’indépendance et le pluralisme des médias. Ne nous limitons pas à l’audiovisuel public, mais ajoutons-y l’ensemble des médias dont beaucoup, la presse dite mainstream notamment, perçoivent abondance de subventions et autres aides postales.

Il faut dire qu’en France, du moins dans la bouche de la plupart des hommes politiques et des hommes des médias traditionnels, pluralisme ne signifie nullement multiplicité des opinions diffusées via des entreprises de presse indépendantes dans leur financement et innovantes pour attirer les lecteurs, mais recours constant à la puissance publique pour obtenir des aides afin de compenser un lectorat en chute libre.

Exemple typique, L’Humanité. En dépit de subventions rondelettes et de multiples opérations de sauvetage réalisées aux frais du contribuable, le journal s’est retrouvé en cessation de paiement au début de l’année 2019 du fait de charges de personnel très élevées par rapport à une diffusion en dégringolade régulière. Là où il aurait fallu procéder à des restructurations et à une refonte complète du modèle pour redevenir attractif et profitable, la direction de L’Humanité préféra de beaucoup nous faire pleurer sur la démocratie et le pluralisme qui risquaient de disparaître avec la fin d’une publication d’une telle envergure culturelle et historique. Par ici, les aides et subventions !

Finalement, L’Humanité a pu poursuivre ses activités grâce à un plan d’économies (excellente idée), une campagne de dons (excellente idée) mais surtout, l’annulation tranquille de 75 % de ses dettes auprès de créanciers publics et privés (spoliation pure et simple). Il était aussi question de rebondir en élargissant l’audience auprès de publics plus variés et en capitalisant sur la version numérique. Autrement dit, sans renoncer le moins du monde à bénéficier des aides étatiques, faussement jugées garantes de qualité et de pluralisme, le titre semble avoir commencé à comprendre que ce sont en fait ses contenus et les services associés qui sont les seuls à même d’assurer son avenir.

Il est vrai qu’il trimballe depuis toujours un communisme criard qui peut rebuter. Mais en réalité, ce qu’il raconte n’a pas à être le critère de son droit à l’existence : si L’Huma, ou tout autre entreprise de presse, est capable de développer un modèle profitable, payant ou pas, financé par des abonnements, des dons ou de la publicité, il est en capacité de vivre, quelle que soit sa ligne éditoriale. Sinon, il ne lui reste qu’à évoluer ou disparaître.

C’est l’appel obligé à l’argent des autres qui pose problème, ou la dépendance extrême à l’égard d’un financeur public ou privé possiblement générateur de conflit d’intérêt – et il faut bien dire que de ce point de vue, tout l’audiovisuel public et la vaste majorité de la presse sont concernés.

Mediapart, Valeurs Actuelles et Contrepoints : des exemples de journaux sans subventions

Enfin, pas tout à fait. Car il existe par exemple le site Mediapart, fondé en 2008 par le célèbre journaliste moustachu Edwy Plenel. Issu du trotskisme, ce dernier défend à longueur d’articles des positions politiques d’extrême gauche qui n’ont que peu de rapport avec la façon dont il gère son entreprise.

Il est vrai qu’à ses débuts, Mediapart a reçu une subvention étatique de 200 000 euros. Il est vrai également que Plenel n’a pas hésité à appliquer une TVA de 2,1 % à une époque où ce taux était limité à la presse papier, au lieu des 20 % prévus pour la presse en ligne. Comme je l’écrivais il y a quelques années, la lutte finale n’empêche manifestement pas la lutte fiscale… Mais disons que tout ceci est de l’histoire ancienne.

Depuis plusieurs années, Mediapart affirme ne recevoir aucune subvention publique ni aucune aide privée susceptible de compromettre son indépendance (de la part des fonds Google ou Facebook par exemple). Résultat, le mois dernier, Plenel ouvrait son compte-rendu d’activité 2021 par un triomphant « L’indépendance est rentable », et il enchaînait (en écriture inclusive, mais à ses frais) sur la croissance des abonnements, des effectifs, du chiffre d’affaires, composé à 98 % des abonnements des lecteurs, et du bénéfice net :

Avec un chiffre d’affaires en légère hausse (21,3 millions d’euros contre 20,4 en 2020), Mediapart obtient un résultat courant avant impôts de près de 6,3 millions d’euros […] et un résultat après impôt et participation de 4 millions.

Indépendance Médias

Selon la vulgate gauchiste que Plenel diffuse volontiers dans ses publications, rien n’est plus suspect qu’un bénéfice, surtout lorsqu’il représente près de 20 % du chiffre d’affaires. Chacun sait qu’il ne peut avoir été obtenu qu’au détriment des travailleurs et des pauvres consommateurs obligés de se saigner aux quatre veines pour accéder aux douces lectures de Mediapart tandis que les capitalistes du journal se gavent de profit. Mais l’Edwy Plenel chef d’entreprise a une autre vision des choses :

Loin de se faire au détriment de son développement, cette remarquable profitabilité de Mediapart s’est accompagnée de nombreux développements en 2021.

Autrement dit, Mediapart a réinvesti ses bénéfices afin de se développer et renforcer son attractivité : nouvelle application mobile, nouvelle formule du site, nouveaux bureaux, renforcement des équipes, partenariats avec d’autres médias, podcasts, etc. (Signalons quand même à M. Plenel qu’il n’est pas le seul chef d’entreprise à agir ainsi.)

À noter que toutes proportions gardées, le modèle économique du site libéral en ligne Contrepoints n’est pas très différent. Pas d’abonnements en l’occurrence – l’accès aux articles est entièrement libre – mais un financement farouchement indépendant composé à 75 % d’une multitude de dons des lecteurs et à 25 % de recettes publicitaires.

Citons également l’hebdo de la droite conservatrice Valeurs Actuelles. Après avoir encaissé des aides postales conséquentes, de l’ordre d’un million d’euros par an jusqu’en 2014, il fonctionne dorénavant sans subventions, quoiqu’avec l’assistance d’un riche actionnaire.

On peut ne pas aimer son parti pris idéologique. On peut ne pas aimer le parti pris idéologique de Mediapart. On peut ne pas aimer non plus celui de Contrepoints. Il n’empêche que leur modèle économique bien vivant est la preuve qu’il est possible de faire émerger des offres médiatiques attractives, diversifiées, indépendantes et profitables.

Variez le thème pour l’appliquer aussi à la radio et la télévision, ajoutez de la concurrence et c’est ainsi que vous obtiendrez un paysage médiatique réellement qualitatif et pluriel. Pourquoi France Culture, France Inter et les autres ne seraient-ils pas capables de se lancer dans le grand bain médiatique sans la bouée des subventions, avec leurs seuls contenus pour avancer, pour la plus grande satisfaction de leurs publics respectifs ?

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  • On peut faire 2 lectures du projet de Zemmour sur les medias, aussi vraies l’une que l’autre :
    – la revanche (contre France Inter par exemple, dont le vrai-faux pluralisme est questionnable, a fortiori quand financée avec l’argent du contribuable, cette radio censure certaines lignes politiques)
    – la cohérence.
    Il privatise en effet tous les medias généralistes. Mais conserve dans le giron de l’Etat les medias estampillés culturels, ceux pour lesquels on peut soupçonner une rentabilité incertaine, compte tenu d’une part du coût des reportages, et d’autre part des niveaux d’audience.

  • Rien à faire, même quand il a une excellente proposition, il faut qu’Eric Zemmour soit critiqué ! Sa critique des nombre de chaînes publiques n’est pas de l’idéologie : c’est une constatation qu’un peu d’honnêteté intellectuelle vous ferait admettre. Donc qu’il s’exprime ainsi est juste le reflet de son honnêteté à lui : il ne va pas inventer une raison autre que la réalité : ils nous crachent dessus avec notre argent, nous ne leur donnerons plus notre argent. Juste normal.
    Ensuite, parce qu’il dit que la culture restera dans le giron public, alors Zemmour prouve son « mépris monumental » pour le privé, alors qu’il n’arrête pas de défendre l’indépendance des entreprises privées, la baisse extrêmement significative des impôts de production, etc. En quoi garder la culture dans le public est-il un marqueur de mépris pour le privé ? Il a été mis en cause par tous les journalistes sur cette privatisation, soit-disant ce serait la fin de nombre de sujets culturels parce que n’intéressant pas assez le grand public. Sa position se tient. Et même si on peut déplorer celui-ci, l’attaquer sur un mépris « monumental » du privé prouve juste votre rejet « monumental » de Zemmour, quoiqu’il dise. Dommage, il est pourtant le plus libéral des candidats, bien sûr pas assez loin s’en faut, mais vous savez bien qu’en France un libéral pur jus ne sera pas élu, voyons !

    • Maintenir la culture dans le public, c’est faire preuve d’un mépris monumental pour le contribuable en lui imposant de financer des activités qui ne correspondent en rien à ses goûts, mais permettent de faire vivre les petits copains bien pensants. Point barre.

      • Votre réponse est parfaite MichelO, et si cela avait été formulé ainsi dans l’article je ne l’aurais pas critiqué. En effet, le principe du « financement anonyme » parce que contribuable est indéfendable, sauf à se dire que certains reportages n’existeraient pas par manque de financement. Mais maintenant que je connais Mme Borrel (journaliste indépendante dans le Donbass) j’ai conscience que toutes les causes trouvent leur financement et leur voix médiatique.
        Vous devriez juste éviter le « point barre » qui exprime votre mépris monumental pour votre « opposant », lui signifiant que tout argument de sa part contraire au vôtre sera ignoré (heureusement je vous connais depuis longtemps et je sais que vous ne fonctionnez pas ainsi).

        • Oui, je sais, je ne devrais pas être aussi tranchant. Mais soyez assurée qu’il ne s’agit pas de mépris pour mes contradicteurs, dont je peux très bien apprécier grandement les interventions à d’autres propos, mais du refus du long « marchandage sur les idées » devenu trop courant dans les commentaires. Pour moi, ça ne se discute pas, mes impôts ne doivent pas financer la culture et seules les contributions individuelles, volontaires et délibérées doivent le faire (et d’ailleurs, j’augmenterais probablement les miennes si j’avais la garantie de la non-intervention publique).

      • « Maintenir la culture dans le public, c’est faire preuve d’un mépris monumental pour le contribuable en lui imposant de financer des activités qui ne correspondent en rien à ses goûts »
        Bien moins qu’en maintenant tout dans le public. C’est un moindre mal.
        Maintenir uniquement certains medias « culturels » dans le public, ce n’est pas mépriser le contribuable, c’est surtout mépriser le niveau culturel du Français moyen. Qui le mérite bien, soyons honnête. Ni Arte, ni France musique ne sont les premiers medias en terme d’audience. Loin s’en faut.
        Quant à prétendre que passer du Stravinski ou du Messiaen à la radio, c’est faire vivre les petits copains bien pensants, souffrez que ce soit moi qui fasse preuve du plus profond mépris pour votre mauvaise foi !
        Vous me faites penser à ces c.ns idéologues infoutus de se départir de leur c.nne d’idéologie. Et qu’il se trouve 5 c.ns à liker votre commentaire me fait douter que jamais l’humanité pourra s’élever au dessus de sa triste condition de pourceaux incultes, qui préfèrent se vautrer dans leur fange que de remercier le fermier qui parfois leur donne un peu de confiture.

        • J’ai acquis une certaine culture. Il est vrai que pour une part, c’était aux USA, avec des radios qui passaient plus les Beattles et les Stones que Stravinski ou Messiaen, encore que… Je n’ai pas l’impression que KJR Seattle (Channel 95, je peux encore vous chanter le jingle) et Pat O’Day, aient touché les subsides de l’Etat pour apporter aux auditeurs ce qui leur plaisait, ou que « Shy Warne », mon professeur principal en Junior High, aujourd’hui Croix de Saint-Olav pour son émission de radio, ait obtenu un supplément de traitement pour avoir éveillé en moi le goût de la culture norvégienne. Alors, si ce n’est pour les copinages, pourquoi faudrait-il que l’Etat se mêle de financer, en FRance, la culture qui se diffuse très bien toute seule aux USA ? Sans doute parce qu’il y reste des incultes plus prompts à insulter qu’à se comporter en hommes du monde cultivés….

  • « ne pas laisser la culture au privé » : Dieu merci, la fondation Vuitton nous a offert ces dernières années les deux plus extraordinaires expositions que Paris ait connues ( Collection Chtchoukine et les collections Morozov ), avec des horaires que seul le privé peut offrir. – Par contre, le musée Dapper – extraordinaire collection d’art africain – a dû fermer ses portes et ses pièces ne sont plus qu’exceptionnellement et très partiellement prêtées pour des expos temporaires au musée du quai Branly-Jacques Chirac

  • On ne peut pas traiter France TV, France Inter et France Culture de la même manière.
    France TV produit des fictions d’une grande médiocrité, entretient des rentiers comme Naguy ou Drucker avec notre pognon, use et abuse de coupures pub et n’apporte aucune plus-value par rapport aux chaines privées. Le cyclisme sur « l’équipe 21″ est largement aussi intéressant que sur France TV.
    France Inter, dont j’ai été un fervent auditeur pendant 40 ans, est devenue une radio pire que les autres, avec un parti pris idéologique insupportable et peuplée d' »humoristes » à qui je suggère d’écouter « le tribunal des flagrants délires », émission culte des années 80 animée par de vrais humoristes talentueux.
    France Culture, c’est différent. Les rediffusions nocturnes sont de grande qualité et permettent un accès à la culture pour ceux, qui comme moi, n’en possèdent pas tous les codes.
    De plus sa faible audience ne pourra jamais attirer des capitaux privés.

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    • Il y a deux modes bien distincts de financement privé, l’abonnement et les dons à une fondation. L’abonnement a un petit côté à prendre ou à laisser qui peut décourager, mais le don à une fondation permet que l’accès soit offert à tous, sans contrepartie d’engagement, par ceux qui apprécient.

  • Pour ce qui est de France Inter et A2 on ne peux nier leur engagement politique et leur sectarisme qui n’ont rein a faire dans le service public. Pourquoi opposer dans le domaine de la culture secteur public et privé? On ne peux effectivement laisser la culture au seul service privé, de grandes grandes oeuvres n’ont vu le jour que grace aux deniers public et le secteur prive à laissé dans la misere ou cloué au pilori de grands artistes et l’inverse est vrais. Ce n’est pas parce qu’une idée viens de Zemmour qu’elle est forcement mauvaise.

  • Encore un de ces multiples exemples de pseudo-cadeaux pour faire semblant de protéger notre « pouvoir d’achat ».
    Le budget de la Culture publique ne va pas diminuer donc il s’agit bien comme toujours d’un jeu à somme nulle consistant à ne plus faire les mêmes poches pour financer les mêmes gabegies. Autrement dit aggraver la redistribution en tapant dans le budget général alimenté essentiellement par les salauds de riches ou les « patrons ».

  • Propositions électorales sans intérêt, que ceux ayant encore une télé paient 138 euros… Bien sûr que la pire solution est de faire passer ça dans les impôts… Quoique y a tellement peu de contribuables.. C’est bien aussi.
    En fait, on privatisé tout ça et on en parle plus. Quant aux contenus… Privés ou pas…..

    • Avantage de la budgétisation : cela étend la contribution à tous ceux qui regardent des émissions de TV sur un ordi. Vieux rêve de Bercy.
      Eh non, il n’y a pas « tellement peu de contribuables ». Les recettes fiscales ne se limitent pas à l’impôt sur le revenu. Tout le monde paie ne serait-ce que de la TVA.

      -1
  • Maintenir une chaine, une radio publiques Oui certainement. Sur le fond, l’Etat doit pouvoir disposer de canaux d’informations et inversement les citoyens accès à l’info d’Etat (dirons-nous) au sens officielle. Il faut un point de repère. A l’Etat de les gérer afin qu’il reste suffisamment d’auditeurs dans la limite d’un budget à définir en fonction de l’audience justement (par exemple). Pour le reste (les autres) c’est finalement beaucoup plus compliqué. Arrêt des subventions ? Oui certainement mais à manier quand même avec prudence. Les médias d’audience demandent des moyens et les moyens sont concentrés entre quelques mains. Vous citez Mediapart comme succès. Certes mais pour moi ce n’est pas un média d’informations. C’est le « Gala » de la Politique qui fait ses choux gras de scandales juteux dont raffolent les foules et surtout qu’il sort quand ca l’arrange et sous l’angle qui l’arrange. Il en faut un peut-être mais Bon!

    -3
  • Monsieur Moustache n’est jamais rien de plus
    qu’un petit indic de police.

  • Moi je ne paye pas la redevance, je n’ai pas de télé. Ma question est simple: est ce qu’avec la « suppression » de la redevance, je vais devoir payer la redevance sous une autre forme? Je pense bien que oui… La suppression de la redevance est donc une mesure collectiviste, elle supprime un choix possible auparavant.
    A moins bien sûr que le service audiovisuel public ne soit totalement privatisé, mais bon on est en France je vous rappelle…

    • Vous n’avez jamais regardé une émission de TV en replay sur votre ordi ?
      Autre question : combien coute le « Service de la redevance » ? Calcul du montant, vote, administration et gestion, envoi des papiers, etc. Tout ça pour que 2 % des foyers allergiques à la TV (dont certains la regardent sur ordi) échappent à cette cotiz. L’un dans l’autre, il n’est pas impossible que votre positionnement coûte à la collectivité.

      -5
      • Non!, je n’ai jamais regardé une émission en replay sur mon ordi ! Désolée et comme de toutes les façons je ne sais pas ce qui passe à la Télé …. sauf peut-être les interviews politiques pour la Présidentielle que pour le coup je ne veux surtout pas regarder.

  • Avoir une « chaîne d’état » n’est pas en soit un problème. Car cette chaîne peut servir à informer le public de manière factuel sur ce qu’il se passe en France au niveau des institutions (lois, réformes, changements de fonctionnement divers). Par contre, cette chaîne ne doit en aucun donner une quelconque analyse de l’information.
    Alors seulement une « redevance tv » pourrait être envisagée. En attendant, il faut en effet la supprimer, et supprimer TOUTES les subventions des médias.
    Et que ceux qui doivent couler coulent…

  • Il convient bien évidemment de privatiser totalement les médias. Mais ce n’est que le début.
    Il faut également interdire aux administrations, collectivités territoriales, associations et autres institutions recevant ou vivant d’argent public de financer de quelque façon que ce soit les médias.

    La dépendance des médias « mainstream » aux pouvoir publics n’est pas tant le fait des subventions que parce que les grandes administrations centrales sont les consommateurs numéro 1 de nombre de ces médias. Le Monde ou le Figaro ou Libé vivraient sans doute encore sans trop de mal sans subventions directes. Mais leurs ventes aux administrations centrales, aux ministères etc. sont une part massive de leurs revenus. Supprimez les abonnements de Bercy, des universités etc. et là les « journalistes » mainstream se retrouvent soit à faire la manche sous le Pont Neuf, soit à changer de position et de démarche.

  • Avatar
    LasciatemiCantare
    4 avril 2022 at 23 h 50 min

    Quid du Canard Enchaîné ? Bien que sous forme exclusivement papier, il ne bénéficie sauf erreur d’aucune subvention, et n’affiche même aucune publicité non plus. Tout en se « payant le luxe » d’être bénéficiaire en rémunérant bien ses journalistes.

    • Ma fac en achète un paquet d’exemplaires… C’est une forme de subvention publique déguisée.

    • En contrepartie de la mission de service public de transport et de distribution de la presse, La Poste reçoit de l’Etat une compensation.
      Le montant de cette compensation est en baisse, mais n’est passé sous les 100M€ que depuis 2020.

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