2022 : découvrez le manège enchanté de M. Mélenchon

Que propose Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle ?

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Screenshot 2022-02-21 at 13-36-03 Mélenchon à « La France dans les yeux » sur BFMTV - Replay - YouTube https://www.youtube.com/watch?v=J5-VjTRGGe0

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2022 : découvrez le manège enchanté de M. Mélenchon

Publié le 22 février 2022
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Cette fois-ci, c’est vraiment parti : avant-hier, j’ai reçu le premier tract électoral de la présidentielle 2022 dans ma boîte aux lettres ! C’était un petit mot de notre insoumis national Jean-Luc Mélenchon. Enfin, insoumis… À la façon particulière des politiciens incrustés depuis toujours dans le système. Il fut quand même vingt ans sénateur, ministre de Lionel Jospin (PS), député européen pendant huit ans, et il est actuellement député français depuis 2017. Mais bref. J’avais cinq minutes, j’ai lu.

Et puis il ne faudrait pas oublier que pour Ségolène Royal, « le vote utile à gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon ». Or Ségolène Royal n’est pas tout à fait n’importe qui. « Première femme de l’histoire de France à accéder au second tour de l’élection présidentielle », modèle du Président américain Barack Obama pour sa campagne de 2008 (du moins le croit-elle), spécialiste des Pôles, grande admiratrice de Fidel Castro et lanceuse d’alerte sur les dangers du string à l’école, elle a évidemment beaucoup de conseils avisés à donner aux Français.

On passera sur l’incroyable cirage de pompes qu’elle a servi à Mélenchon en direct – sa grande culture, son expérience politique, sa brillante campagne, etc. Mais il faut reconnaître que si l’on s’en tient aux chiffres des sondages, elle n’a pas tort. Après tout, il surnage à 10 ou 11 % dans un camp où ses nombreux concurrents, les Jadot, Hidalgo, Taubira, Roussel, Poutou et Arthaud s’échelonnent de 0 à 5 %. Les espoirs de l’union derrière Taubira étant complètement retombés, il reste le seul et unique candidat de gauche à quelques points de l’accès au second tour.

Et très honnêtement, chers lecteurs, avec le programme qu’il porte, on se demande vraiment pourquoi il ne parvient pas à percer davantage. C’est en tête de tous les candidats qu’il devrait trôner, loin devant Macron et loin devant tous les « austéritaires » qui ne pensent que réduction des dépenses, baisse des impôts et casse du service public ! Car après lecture de son tract électoral, je dois vous le dire : ce n’était pas seulement un petit mot comme je l’écrivais pour commencer, mais un véritable mot doux, un billet doux, calibré spécialement pour rassurer et séduire (voir ci-dessous, recto à gauche, et surtout, verso à droite) :

 Mélenchon

Le programme de M. Mélenchon

Résumons : Jean-Luc Mélenchon se propose de faire passer le salaire minimum mensuel net de 1269 euros actuellement à 1400 euros. Les retraites aussi, d’ailleurs, et ce dès 60 ans. Le retour des charges sociales atténuées via le CICE de François Hollande y pourvoira. Dans le même temps, certains prix seront bloqués, le temps de travail sera ramené à 32 heures par semaine, les congés payés passeront à six semaines et une garantie d’emploi sera instaurée.

Mais oui, à la fin, pourquoi seuls les fonctionnaires devraient-ils bénéficier de la garantie de l’emploi alors qu’il serait si simple de décréter l’emploi pour tous ! C’est cela, la justice sociale selon Jean-Luc Mélenchon : harmoniser les régimes du privé et du public en calquant les premiers sur les seconds. Le paradis, ni plus ni moins ! Le grand rêve de Gérard Filoche enfin réalisé !

Pour ce dernier, pour Jean-Luc Mélenchon et pour tous ceux qui veulent régir a priori la vie de leurs concitoyens, l’économie ne saurait être une activité vivante et évolutive pratiquée par des individus libres et créatifs. Pas du tout. L’économie ne doit rien laisser au hasard. Vous vous rendez compte de l’horreur absolue si certaines personnes parvenaient à s’enrichir ? Et créer des emplois pour d’autres ? Etc. Non, personne ne doit dépasser. Alors pour bien faire, autant tout planifier à l’avance.

Telle entreprise, dûment surveillée par des instances autorisées, s’engagera à embaucher tant de personnes et à produire tant de parapluies de telle date à telle date. Il n’est nullement question d’adapter les horaires et la charge de travail à la demande spontanée des clients. La semaine travaillée doit impérativement se limiter à 32 heures réparties sur 4 jours. C’est ainsi que l’on pourra lutter contre la subordination au travail, et c’est ainsi que l’on pourra combattre le chômage, en partageant solidairement le travail entre tous.

On retrouve ici cette croyance bien ancrée à gauche qui veut que le travail soit un gâteau fini que l’on doit partager entre tous ceux qui veulent travailler pour assurer le plein emploi. C’est exactement l’idée qui présidait à la mise en place des 35 heures par Martine Aubry à partir de l’année 2000. Sans même parler de science économique, l’expérience a montré que non seulement cette loi ne favorisait pas l’emploi, mais qu’elle avait en plus l’énorme inconvénient de désorganiser nombre d’entreprises et de services. Les hôpitaux par exemple.

Le seul gâteau qu’il est possible de partager, c’est la richesse produite. En langage socialiste, ce partage s’appelle la redistribution. Mais encore faudrait-il qu’il y eût quelque chose à partager. Or le programme de M. Mélenchon réussit le tour de force de limiter autoritairement le chiffre d’affaires des entreprises tout en augmentant considérablement leurs charges et en accroissant l’impôt sur ce qui restera.

Les « austéritaires » vous diraient qu’il y a du souci à se faire pour la création de richesse. Mélenchon va casser l’économie, s’exclament-t-ils ! Il va casser les marges, casser l’investissement et réaliser la performance de plonger le secteur marchand dans le marasme et le chômage.

Vous êtes déçus ? Pas de panique, mes amis, notre insoumis a tout prévu.

D’abord, il va chasser impitoyablement les évadés fiscaux. « Jusqu’en enfer », a-t-il confié cet automne aux étudiants de l’université de Lille. Et puis il va taxer les riches. Autrement dit, ISF, le retour. Mais attention, pas le petit ISF à 3 milliards annuels qu’on a connu avant que le « président des riches » ne le supprime. Un ISF digne de ce nom qui rapportera 8 milliards d’euros par an. N’oublions pas non plus les… 14 tranches (!) de son barème super progressif pour l’impôt sur le revenu. Ouf, le financement du programme est assuré.

Quant au chômage, il n’y en aura pas. En ce domaine, rien ne vaut la bonne vieille martingale à la grecque qui consiste à ajuster l’emploi par des embauches de fonctionnaires. Jean-Luc Mélenchon prévoit justement de créer 1 000 000 de postes dans la fonction publique.

Oh certes, notre école, notre hôpital, sont en grande déshérence, nous sommes d’accord. Mais quand on connait les sommes et les effectifs qu’on y consacre pour des résultats indiscutablement médiocres comparativement à d’autres pays moins dépensiers, un « austéritaire » se pose évidemment la question de l’organisation et de l’allocation des ressources. Mais M. Mélenchon n’est pas du genre à mégoter ainsi sur l’emploi public :

Du reste, pourquoi s’inquiéter ? Si les impôts ne suffisent pas à l’affaire malgré le recrutement de 18 000 fonctionnaires pour traquer l’évasion fiscale, il restera toujours la dette publique. Elle atteint déjà 116 % du PIB ? Aucune importance. Il suffira de demander à la Banque centrale européenne (BCE) de convertir la part de dette des États qu’elle détient dans son bilan en dette perpétuelle à taux zéro. L’annuler, autrement dit. Si on le fait une fois, pourquoi ne pas le refaire un peu plus tard, quand la première fois sera oubliée ? Problem solved.

Comme vous voyez, avec Jean-Luc Mélenchon, la vie est simple. Tout se passe comme s’il existait quelque part une réserve permanente et magique de croissance, de richesse et d’emploi. Comme s’il n’y avait plus qu’à se servir et distribuer le tout à parts scrupuleusement égales.

Curieusement, ce conte de fée n’attire plus autant les électeurs qu’auparavant. Si l’on tient compte des éléments plus généraux qui existent aussi dans le vote Mélenchon comme les qualités tribunitiennes du personnage, l’opposition à la personne d’Emmanuel Macron et la révolte contre le pass vaccinal, on ne peut pas dire qu’un score de 10 à 11 % des intentions de vote constitue une grande performance.

Mais peut-être les Français se souviennent-ils ou, pour les plus jeunes, ont-ils entendu dire qu’il y a 41 ans, un programme très similaire, un programme qui devait faire passer la France « de l’ombre à la lumière », s’est fracassé en deux ans sur les réalités du monde. Il n’est jamais inutile de connaître l’histoire. La vraie bien sûr, pas celle fantasmée par les marchands d’illusion lyrique.

Et pour ceux qui l’auraient oublié, c’est le moment d’y penser, et pas seulement dans le contexte de la candidature Mélenchon. Le « quoi qu’il en coûte » qui dure et perdure, les promesses de salaires augmentés comme par magie, les allocations mirobolantes distribuées sur les populations méritantes – tout ceci relève aussi du joli conte électoral, mais c’est tout.

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  • Merci pour cet article, j’oserai ajouter que Mr Mélenchon manque d’imagination. Au nom de la salubrité publique et de l’écologie, interdire l’alcool (plus de fermentation qui dégage du CO2) et surtout la limitation de vitesse généralisée à 30Km/h en ville, 50 sur route et 80 sur autoroute, pour la sécurité de tous… bien évidement. Vive le monde des irréalistes! Ce qui est toujours surprenant c’est que certains y croient… (idéologie quand tu nous tiens)

  • des tas de gens éduqués votent pour melenchon..

  • « On retrouve ici cette croyance bien ancrée à gauche qui veut que le travail soit un gâteau fini  »

    Heureusement que nos ancêtres, aux époques préhistoriques, qui taillaient des silex et fabriquaient des lances et des arcs, n’ont pas cru leur Mélenchon local. Imaginez s’ils avaient continué de plus en plus nombreux, à ne tailler qu’un nombre imposé de silex, nous serions encore dans les cavernes. Mélenchon c’est « back to the trees » façon 21° siècle!

    • Si il n’y avait que le travail qu’ils voient comme un gâteau.
      C’est le fondement de leur dogme. Il y a quelque part un stock de travail, un stock de richesse, un stock de ressources, et il n’y a qu’à les partager à chacun selon ses besoins, suffit de bien planifier tout ça, cette fois ci sera la bonne.
      Ils ne savent pas que tout cela n’est que création des hommes de bonnes volontés – comment le sauraient-ils ?

      • « Il n’y a que deux moyens de se procurer les choses nécessaires à la conservation, à l’embellissement et au perfectionnement de la vie : la PRODUCTION et la SPOLIATION. » Fred Bastiat

        • @aero une bonne partie des gens de gauche sont clairement pour la spoliation de ceux qui produisent. Comme ce n’est pas trop étique comme posture intellectuelle et que ça coince à leur morale -eh oui les gens de gauche aiment être bons « je suis bon » disait Haroun El Poussah, ils ont donc besoin de faire passer les « producteurs » pour des sal*uds et hop le tour est joué : je ne spolie pas , je prends les biens de sal*pards de riches qui ont volé les pauvres . Et ça passe crème .

          • Je sais bien ?, les riches le sont car ils volent les pauvres lol.
            Je demande régulièrement à mes amis de gauche ( forcément, il y en a ) de me raconter la dernière fois où un capitaliste apatride avide de profit leur a pris de l’argent sans aucun échange et sans leur consentement, en précisant que si ils en trouvent même un seul, je deviens communiste.
            Comme il est amusant de les voir gesticuler pour tenter de résoudre leur dissonance cognitive correctement. Mais ils échouent et moi je ne suis toujours pas communiste.

            • Alors qu’il en a : les capitalistes de connivences.

              • La dénonciation du capitalisme de connivence est partagé entre les libéraux et les Insoumis. Oui, je sais, ils ne font pas la distinction entre les deux, mais je la fais et j’avoue être parfois d’accord avec certaines de leurs colères même si ils se gourent de diagnostic.

  • C’est ce qu’on appelle le nivellement par le bas, cependant il se trouve encore 10/11% de la population prête à voter pour lui ce qui est encore trop.
    Ce bateleur de foire est trop dangereux et ne sait en aucune circonstance garder son sang-froid.

    • bonjour, vous touchez du doigt les limites de la démocratie : la charisme doit être accompagné de la compétence.

      • @nanard
        Bonjour,
        Melenchon a obtenu 11 912 voix sur 59 685, soit 19,96% des voix des citoyens inscrits de la 4eme circonscription des Bouches-du-Rhône, au second tour, avec une abstention de 64,22%… après 14,17% et 57,86% d’abstention au premier tour. Ce n’est pas de la démocratie. En démocratie, au premier tour, il lui auraiit été signifie : « Bravo ! Vous avez le meilleur score, mais 85% des citoyens ne veulent pas de vous. A dans 5 ans… peut-être. A vous tous, vous atteignez 42%. L’abstention l’emporte. »

        • bonjour, c’est le problème de la représentativité…. quel type de scrutin ? majoritaire à 1 ou deux tour ? proportionnel ? rien n’est parfait. Malheureusement, en général, l’élu ne sert que ses idées (ou celles de son camp) et non pas l’intérêt collectif . (dans tous les cas il est dépassé par son égo…)

        • bonjour, c’est le problème de la représentativité…. quel type de scrutin ? majoritaire à 1 ou deux tours ? proportionnel ? rien n’est parfait. Malheureusement, en général, l’élu ne sert que ses idées (ou celles de son camp) et non pas l’intérêt collectif . (dans tous les cas il est dépassé par son égo…)

    • @jeloag J’ai un cousin qui vote Méluche , c’est l’idéologue trotskiste qui n’a jamais changé de vue . Il est contre la propriété privée et pour le salaire universel. Ca ne l’empêche pas d’avoir sa maison de ville et sa coquette résidence secondaire. Un de ses enfants vivait encore à ses crochets à 40 ans . Et bizarrement ça l’embête . C’est peut être parce que ça lui coûte cher , peut être aussi que ça fait foirer sa fumeuse théorie du salaire universel . Perso je trouvais ça tres intéressant le salaire au frais des parents ,mais c’est finalement ça qui doit le gêner , il aurait sans doute préféré que cela soit « la société » et non lui qui assume son môme .

    • Entre ceux qui veulent défendre les sapins maltraités, celles qui veulent bouter le string hors de France et celui qui veut explique à Poupou que c’est pas bien … le choix est difficile.

  • Proposition 7 : « garantir un emploi a tout chômeur qui souhaite travailler »…
    Sans commentaires. Et la Ségolène qui trouve des vertus à M. Mélenchon, sans doute dans l’espoir d’avoir un poste de ministre? Au moins ils ont en commun leur admiration pour Castro. Quand au programme commun de Miterrand,s’il a mis 2 ans à s’effondrer c’est parce que les finances étaient encore saines, et la France industrieuse. avec Melanchon, compte tenu de notre dette et l’état de déliquescence, ca ne tiendrait pas 1 semaine.

  • « On passera sur l’incroyable cirage de pompes qu’elle a servi à Mélenchon en direct – sa grande culture, son expérience politique, sa brillante campagne, etc. »
    = Asinus asinum fricat !

  • Il est amusant que Mélenchon critique les idées racistes et xénophobes qui divisent le peuple.
    Si la droite dure fait de l’immigré musulman son bouc émissaire, Mélenchon, lui, son bouc émissaire, c’est le riche. C’est lui qui fragmente le pays. Celui par lui que toutes les plaies d’Egypte se déversent sur notre pauvre société.
    Chaque parti, chaque idéologie a son bouc émissaire.
    Saurez-vous attribuer à chacun le bouc suivant :
    – l’automobiliste
    – l’assisté
    – le non-vacciné ?

    • Ça ne fonctionne pas votre petit jeu de « quelle homme va dans quel tas », notamment avec moi. Va falloir créer un autre tas où je serai tout seul, merci.

  • S’il n’est qu’à 11% dans les sondages, ce n’est pas parce que les gens n’achètent pas ses promesses magiques. Mais parce que tous les autres candidats proposent aussi monts et merveilles payés avec l’argent magique et des promesses réalisables par la simple volonté.

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