Convois des Libertés : la police est-elle au service de l’État ou du citoyen ?

Il est temps de remettre la police au service des citoyens plutôt qu’au service des dirigeants de l’État.

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Convois des Libertés : la police est-elle au service de l’État ou du citoyen ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 février 2022
- A +

Président d’un petit collectif « Les Citoyens Avec la Police », ancien policier auxiliaire au temps du service militaire, je n’ai jamais caché ma sympathie et mon admiration pour les forces de l’ordre de notre pays. Mais là encore, Emmanuel Macron a réussi à monter une grande partie des citoyens contre leur police (leur car ce sont eux qui payent).

Nous sommes loin (et pourtant la blessure est encore vive) des gestes de solidarité à l’égard de ceux qui étaient des héros de la lutte contre le terrorisme islamique. Même le chanteur anarchiste Renaud « embrassait un flic », lui qui avait si souvent craché dans leur képi.

Une police indéniablement au service de l’État

Jeudi 10 février, le Préfet de Paris présentait son plan d’action visant à faire appliquer l’arrêté d’interdiction de manifestations des « convois de la liberté ». Alors que vendredi 11, selon CNews, on décomptait 3800 manifestants pour 1700 véhicules dans la capitale, la préfecture a mobilisé pour le week-end 7200 policiers et gendarmes !

Les objectifs : sécuriser et éviter un blocage de la capitale, multiplier les contrôles et verbaliser les contrevenants. Résultats : le déploiement de forces aux entrées de l’Île-de-France, et dès vendredi soir, le blocage de la région était le fruit des contrôles de police. Il y a un peu plus de 150 ans, le siège de Paris était mené par les ennemis prussiens, aujourd’hui il est mené par ceux qui doivent la défendre !

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, ce n’est pas la première fois que le président de la République confond « police et gendarmerie nationale » avec « service d’ordre LREM ».

La crise des Gilets jaunes en a été la première démonstration. L’amateurisme du ministère de l’Intérieur de l’époque avait montré qu’à mal utiliser les forces de l’ordre on créait le chaos. Ainsi, des lampistes étaient condamnés pour dégradations et violences ou étaient blessés suite à des ordres (ou absence d’ordres) de la hiérarchie policière, alors que les véritables casseurs (ou Antifa ou plus exactement « fascistes d’extrême gauche ») poursuivaient tranquillement le pillage des magasins et la mise à sac de Paris.

La crise des Gilets jaunes passée, victime première de la covid, depuis le deuxième trimestre 2020 on allait assister à une violation historique de l’État de droit. Du contrôle du pass sanitaire au pass vaccinal, sans oublier les mesures de couvre-feu et même de confinement (forme de mise en résidence surveillée), les forces de l’ordre obtenaient le pouvoir illibéral de contrôler tout citoyen paraissant violer une des mesures de la lutte contre la covid. Pouvoir exorbitant puisque, dans un État de droit, un tel contrôle est limité à la commission ou tentative de commission d’un délit grave !

Un bilan sécuritaire catastrophique

Mobilisés contre les Gilets jaunes, puis dans la lutte contre la covid, enfin dans ce « combat » contre le « convoi des libertés » ; épuisés par les heures supplémentaires et les permissions supprimées à la dernière heure ; lassés par une justice qui paraît laxiste ; méprisés par nombre de leurs concitoyens ; la police n’apparaît plus dans son rôle de « sécurité publique ».

On peut débattre tant qu’on voudra des chiffres de la délinquance en France, bien que ceux-ci soient têtus on peut leur faire dire ce que l’on voudra. Il n’en reste pas moins que la multiplication des actes de violence gratuite (c’est-à-dire hors actes crapuleux), des cambriolages et, dans toutes les couches de la population d’un sentiment d’insécurité existent bien. Certes, on m’objectera que pour ce qui est du sentiment d’insécurité, ce n’est qu’un ressenti.

Peut-être. Je ferai simplement la remarque suivante : en météorologie existent les températures constatées et celles ressenties. Le froid ressenti est plus violent que le froid constaté ! La caste dirigeante n’a certainement jamais (pour M. Macron entre autres) ou a oublié (dans le cas de M. Darmanin par exemple) ce froid ressenti comme ce sentiment de peur lié à l’insécurité.

Et tous les livres blancs sur la sécurité, les lois de sécurité globale et autres mesures budgétaires exceptionnelles ne pourront rien tant que nos dirigeants éloigneront la police des citoyens que les premiers sont supposés servir et les seconds respecter.

Il faut plus d’autorité et moins d’autoritarisme

Dans un livre éclairant, le général Soubelet expliquait comment sans autorité il n’existait pas de liberté. Dans ces colonnes, j’ai mainte fois exprimé ma conviction selon laquelle la sécurité était la première des libertés. Je paraphrasais ainsi l’idée selon laquelle celui qui était prêt à sacrifier un peu de sa liberté contre sa sécurité ne méritait ni l’un ni l’autre.

C’est la difficulté, la beauté et aussi la faiblesse des régimes démocratiques. Aujourd’hui, nous basculons dans un régime autoritariste car nous sacrifions (volontairement, c’est pourquoi on ne peut parler de dictature) une partie de nos libertés pour de la sécurité. Un citoyen libre doit exprimer sa volonté d’un retour à un régime démocratique et libéral. Régime composé d’un droit fondamental (la liberté) et d’un devoir essentiel (le respect de l’autorité)…

Voir les commentaires (18)

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  • en météorologie existent les températures constatées et celles ressenties.

    mais seulement en météorologie, en pratique pas vraiment la temperature ressentie n’est pas celle que vous ressentez c’est celle que vous ressentiriez si si et si..

    on ne ressent pas la temperature de l’air extérieur mais CELLES de notre corps..
    et celles ci sont influencées par les échange de CHALEUR ( mais aussi radiatifs) avec l’air extérieur..

    alors certs si on est à poil.. si l’air est humide si il ya du vent.. eh bien les échanges de chaleurs sont plus grands..

    ce que les pseudo vulgarisateurs ont voulu gloubiboulgater sous le vocable stupide de temperature ressentie..

    on donne l’humidité de l »air et la vitesse du vent..!!!!!

    -1
  • détail en france dans les médias en guerre convoi des libertés est mis entre parenthèses
    mais pas antifas ou défenseurs de l environment..

    il faut dire que convoi des libertés est mal choisi, la preuve meluche est pour..

    moi je suis désolé c’est une manifestation contre l’obligationn vaccinale déguisée.. parce que il ne faut pas me la faire..
    je doute que ce soit un convoi « libéral »..

    je ne soutiens pas « le convoi des libertés  » mais je suis contre cette obligation vaccinale déguisée..

    je ne veux pas jouer à ces jeux de cons.. grave pas grave… grippette pas grippette.. morts du covid morts avec vovid.. marre…

    -1
    • Pour sûr la seule chose sur laquelle ils sont d’accord dans ce convoi est la suppression des mesures covid. Cela va dans la bonne direction, ils réclament bien une liberté (liberté pour tous, sans contrepartie négative pour les autres). Probablement que la plupart ont aussi d’autres revendications, possiblement d’extrême gauche, veulent extorquer de l’argent par l’impôt sur les autres mais ce n’est pas ce qui définit le mouvement.
      Quant aux politiques, les lignes sont brouillées, il faut piocher de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par le centre pour trouver des idées libérales. Normal, nos politiques ne savent même pas ce qu’est le libéralisme, et ne savent plus trop eux mêmes où ils se situent hors radoter toujours les même expressions…

      • mais j’ai le même reflexe qu’avec les gilets jaunes..

        moi une manif pour baisser les taxes SURTOUT « climatiques  » je suis pour..

        mais ..ensuite..

  • « Il y a un peu plus de 150 ans, le siège de Paris était mené par les ennemis prussiens, aujourd’hui il est mené par ceux qui doivent la défendre ! »
    Les Versaillais avec Thiers aux commandes ont pris le relais…

  • « nous sacrifions (volontairement, c’est pourquoi on ne peut parler de dictature) une partie de nos libertés pour de la sécurité »
    Je crois que le choix, dans aucun domaine, ne nous a pas été donné.
    De plus l’absence de contre-pouvoir, et l’abstention qui fait que le roitelet a été élu avec moins de 20% des inscrits, fait que depuis cinq ans (au moins) l’absence de choix est la norme au profit d’une caste, auto-proclamée « élite », qu’il convient de licencier.

    • « nous sacrifions … une partie de nos libertés pour de la sécurité »

      On dirait le film Marvel (Captain America) de ce soir. Et effectivement les méchants n’ont donné le choix à personne.

      Mais rassurons nous, c’est juste de la fiction et toute ressemblance avec une situation ou une tendance actuelle serait purement fortuite.

  • Bah moi je ne respecte que les autorités que je me suis moi-même choisi et dont je peux me détacher lorsque je n’y consens plus. Les autres je les combats.
    Et désolé, je n’ai aucun autre devoir que ceux que je m’impose à moi-même
    Bon, ok ce n’est pas donné à tout le monde, seulement les personnes respectant les droits naturels d’autrui peuvent procéder ainsi, ça ne fonctionne pas si on est un socialiste, c’est la limite de ma réflexion.

  • « Dans ces colonnes, j’ai mainte fois exprimé ma conviction selon laquelle la sécurité était la première des libertés. Je paraphrasais ainsi l’idée selon laquelle celui qui était prêt à sacrifier un peu de sa liberté contre sa sécurité ne méritait ni l’un ni l’autre. »
    Et moi qui pensais que c’était la Propriété.
    C’est drôle, je suis d’ accord avec «  celui qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté contre la sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre » mais je la trouve en totale désaccord avec «  la sécurité est la première des libertés ».
    Ça va me donner à réfléchir, il y quelque chose qui m’échappe certainement.

  • Tenant beaucoup à la liberté de se déplacer, je suis autant opposé aux « convois de la liberté » qui prétendent nous barrer la route qu’aux maniaques des confinements qui nous interdisent de déambuler en toute sécurité.
    Quand on résiste il faut résister à ceux qui nous emmerdent, pas à ceux qui ne nous ont rien fait!

    • oui… ils ne sont pas là pour manifester.. mais disent que si..et la manifestation politique est un concept que j’ai toujours eu du mal à comprendre..
      j’ai l’mpression que la manif en france c’est jouer à la révolution et on rentre à la maison.

      mais bon procès d’intention..
      mais jusque lors … je n’ai jamais trouvé les gens en groupe particulièrement soucieux de ma liberté..

      -1
  • Je conteste l’idée que nous sacrifierions volontairement notre liberté pour une sécurité illusoire. Je n’ai eu l’occasion de voter pour aucune des lois, règlements ou décrets qui limitent ma liberté. J’ai eu à de multiples reprises l’occasion de voter pour des outres conniventes mutuellement co-optées. Nuance.

  • Il est parfaitement clair que la Macronie a transformé les « forces de l’ordre » en une milice à son service. La violence étatique n’est plus utilisée contre les voyous qui contreviennent à l’ordre public, mais contre les opposants au régime. L’intimidation, par de la verbalisation arbitraire, et le bastonnage gratuit quand ça ne suffit pas, sont devenus la norme.

  • D’après les opinions de l’auteur, il apparait clairement que si E. Macron rajoute 7200 policiers, 12000 militaires Paris et ses arrondissements serait enfin un secteur géographique sécurisé.

  • Il faut plus d’autorité et moins d’autoritarisme, dites-vous. Je suis entièrement d’accord avec vous.
    Le problème est que l’autorité ne se décrète pas : elle se mérite par son charisme, sa compétence ou son exemplarité.
    Le pouvoir n’ayant aucune de ces qualités, il fait preuve d’autoritarisme en utilisant des blindés contre des manifestants tout à fait pacifiques.
    Le plus grave, c’est qu’il est prêt au chaos pour ne pas avouer que le passe vaccinal était inutile et injuste.
    Dès demain, nous serons nombreux à perdre notre passe et à nous retrouver dans le camp des mauvais Français.
    Un mauvais Français ne mérite un aussi bon président. Pensons-y le 10 avril prochain !

  • La police en France est depuis longtemps chargée de protéger les gouvernants et l’État des citoyens.
    Accessoirement, elle est autorisée à protéger les citoyens des délinquants.
    Et sous Macron, c’est encore plus vrai. Il suffit de constater la « mansuétude » dont bénéficient les casseurs dans les manifestations.

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