Pass sanitaire : le bilan

Le bilan du pass sanitaire est très discutable : il n’empêche pas la survenue de nouvelles vagues et n’améliore pas la couverture vaccinale des plus à risque.

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Screenshot 2021-08-10 at 14-15-01 Pour obtenir un pass sanitaire, certains sont prêts à attraper le Covid - YouTube

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Pass sanitaire : le bilan

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 janvier 2022
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Par Nicolas Hague.

Le 12 juillet 2021, le président Emmanuel Macron a annoncé un renforcement du pass sanitaire afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19 avec notamment son extension dans lieux de loisir et de culture dès le 21 juillet de la même année.

Alors que le gouvernement envisage de le transformer en pass vaccinal pour le début de l’année 2022, un premier bilan s’impose.

L’instauration de ce pass sanitaire renforcé visait en premier lieu à lutter contre les contaminations et à stopper l’apparition de vagues épidémiques successives. Force est de constater que sur ce point le pass sanitaire n’a pas rempli son rôle puisqu’il n’a pas permis d’enrayer les contaminations. Cet hiver, à l’occasion de la « cinquième vague », le nombre de cas positifs par jour n’a jamais été aussi important et dépasse les records de l’année 2020.

Le véritable but du pass sanitaire

Le gouvernement a depuis changé son fusil d’épaule et a admis que le véritable but du pass sanitaire était d’inciter à la vaccination. Pour vérifier si cela a fonctionné, remettons-nous dans le contexte de l’époque. La vaccination avait commencé timidement en décembre 2020 avant de s’amplifier progressivement en 2021, sur fond de pénuries de vaccins. Pendant longtemps le taux de vaccination a été dépendant des doses disponibles et non de la motivation des Français, chaque dose trouvant rapidement preneur.

Le gouvernement avait d’ailleurs décidé à l’époque de gérer cette pénurie via un calendrier élargissant progressivement le public autorisé à se faire vacciner. Ces restrictions n’ont cessé que le 31 mai pour les plus de 18 ans (et le 12 juin pour les 12-17 ans) et même alors il était très compliqué de se faire vacciner, des applications comme Vite Ma Dose permettaient d’être à l’affut de chaque créneau disponible et les plus motivés n’hésitaient pas à faire plusieurs dizaines (voir centaines) de kilomètres.

Donc, si on considère qu’il fallait 35 jours entre deux injections de vaccin à ARN messager (réduit depuis à 21), une personne lambda vaccinée le plus tôt possible, c’est-à-dire dès le 31 mai, pouvait avoir deuxième injection le 5 juin et un pass actif le 12 juillet (7 jours plus tard), soit le jour de l’allocution d’Emmanuel Macron. Celle-ci apparait donc pour le moins prématurée.

Même si on avait pu constater un léger ralentissement des premières injections début juillet, celui-ci semble être plutôt lié à un problème d’organisation pendant cette période de vacances qu’à une défiance des Français envers le vaccin.

Quoi qu’il en soit, presque six mois plus tard, il est intéressant de comparer le taux de vaccination en France avec celui d’autres pays européens ayant adopté une stratégie plus libérale, laissant la population d’avantage libre de son choix : l’Espagne (pass seulement au niveau local), la Finlande (pass optionnel), la Norvège (pass seulement au niveau local) et la Suède (pass optionnel pour les évènements de plus de 100 personnes)

Pays + de 60 ans 50-59 ans 25-49 ans 18-24 ans < 18 ans Tous
France 88,8 85,1 79,7 80,3 24 72,4
Espagne 98 89 76,7 71,6 26,7 74,9
Finlande 94,6 87 80,1 74,2 25,9 74,4
Norvège 98,6 93,7 83,5 81,9 9,5 72,8
Suède 93,6 89,2 78,7 72 11,2 69
Europe des 28 89,5 83,3 76,4 71,6 17,4 67,8

 

Source : ECDC – vaccinetracker.ecdc.europa.eu, schéma vaccinal complet au 22/12/2021

 

On constate que la France a un taux de vaccination comparativement plus faible pour les plus de 50 ans mais plutôt élevé pour les moins de 24 ans. Le pass sanitaire a donc eu un effet notable sur la vaccination des plus jeunes mais son effet semble limité, voire contre-productif pour les plus anciens. La France accuse d’ailleurs un retard sur la vaccination des plus de 60 ans (les plus à risque) y compris par rapport à la moyenne européenne.

Le bilan du pass sanitaire est donc très discutable : il n’empêche pas la survenue de nouvelles vagues et n’améliore pas la couverture vaccinale des personnes les plus fragiles. Son seul effet est d’augmenter le taux de vaccination des enfants et des plus jeunes au prix d’une pression maximale sur eux et leurs parents.

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  • Avatar
    Laurent Lenormand
    3 janvier 2022 at 7 h 06 min

    En revanche, ce qui est indiscutable, c’est que le « pass sanitaire » a donné au pouvoir un outil de contrôle total sur la vie sociale des citoyens. Si on considère que c’était le but dès le départ, c’est une grande réussite: la majorité du troupeau a accepté sans broncher de vivre sous bracelet numérique à obsolescence programmée.

  • Bah, allez savoir ce qu’il en est, Israël en est à la quatrième dose, ce qui signifie que 3 doses, ça ne marche pas très longtemps…. Sur les personnes à risques… Ce pass n’a qu’un but, justifier le confinement du début de l’epidemie et ne plus arrêter l’économie….. Et la encore, ça ne marche pas, d’où, 3 doses, 4 doses etc…. Le gvt ferait mieux de jeter l’éponge, le match contre le virus est perdu… On le sait les epidemistes le savent depuis le debut… Mais quoi de plus têtu qu’un âne ? Un homme politique…. Ha si on avait soigné et laissé les médecins faire leur job…. Un doliprane pour des personnes âgées, non, définitivement, non, un vaccin pour les jeunes , et puis quoi encore, les bébés avec des vaccins étudiés pour la souche d’origine et hors course avec les variants ?

    • « les epidemistes le savent depuis le debut »

      Mais combien y a-t’il d’épidémiologistes en France ? On nous en sort du chapeau en permanence sur les plateaux TV – qui comme le « Professeur Rollin » ont toujours quelque-chose à dire.
      Y a-t’il une « spécialité » médicale d’épidémiologiste ? Il peut être médecin mais surement pas un « soignant ». C’est avant tout un « chercheur » et on a besoin au plus de quelques-uns pour un type de maladie.

      Est-ce que les chaînes infos pourraient rechercher et indiquer les diplômes de leurs intervenants et dans le cas de chercheurs les références de leur publications ?

      • En effet, les épidémiologistes sont des médecins qui font de la recherche et ne soignent pas. Ce sont aussi des statisticiens de seconde (pour être très aimable) zone, qui ne savent pas traiter les données correctement ou modéliser.

        On demanderait à trois économistes, deux physiciens ou mieux encore un spécialiste des marchés financiers de modéliser les épidémies et de valider l’efficacité des trucs médicaux au lieu d’avoir ces trois millions d’ « épidémiologistes » qui ne font que se tromper, on n’en serait pas là !

        Le seul avantage de ces clowns : Macron se prend pour un génie quand il arrive à vaguement comprendre leurs modèles (qui ne passeraient pas en L1 de pratiquement ‘n’importe quelle discipline, exception faite, peut-être, de « climatologie »).

      • Un épidémiologiste : Toubiana. Mais il doit être considéré comme complotiste, alors on ne l’entend pas à la télé. Il utilise pourtant les chiffres du réseau Sentinelle et de sos-medecin.

  • Vous avez tort, le bilan du passe sanitaire n’est pas discutable !
    Ce sont les journalistes, députés, médecins macroniens qui vous le disent.
    Et si vous doutez encore, on vous dira que si on ne l’avait pas mis en place, ce serait pire…
    Votre démarche de réflexion, basée sur des faits, vous classe irrémédiablement dans la catégorie des complotistes.
    Attention, l’heure est à la délation, votre crédit social va se voir amputer de quelques points…
    Je vous souhaite quand même une bonne année 2022.

    10
  • C’est tout de même frappant de constater que plus le vaccin se révèle ne pas être la solution- il n’empêche ni d’attraper ni de répandre le virus, sa durée de sa soit disant efficacité diminue régulièrement: six mois, trois mois, dix semaines- plus le gouvernement est prêt a des mesures drastiques pour l’imposer.
    Ce quii pose la question. Si le gouvernement se soucie de santé publique, son comportement n’est pas très logique.Ils en seraient depuis longtemps a explorer des solutions alternatives, traitements précoces, etc.
    Si en revanche, le président, ses ministres et les médecins qui les entourent sont un ballet de VRP pour fabricants de vaccins, prêts a utiliser n’importe quelle contrainte pour assurer leur commission, leur comportement est tout a fait cohérent. Mais tout ces gens sont l’élite de la France, c’est donc inconcevable.
    On reste donc perplexe, mais pas forcement totalement confiant.

    • « Si le gouvernement se soucie de santé publique, son comportement n’est pas très logique.Ils en seraient  »

      Très honnêtement, y a t il des sujets ou ce gouvernement aurait eu un comportement logique ?

    • S’ils voulaient vraiment que la plupart soient vaccinées il feraient deux choses dont on n’entend pourtant parler nulle part:
      – Ils autoriseraient des vaccins à virus inactivé, chinois ou autre, puisque nombre de non vaccinés sont surtout méfiants des effets à long terme de la production de spike par ARNm.
      – Ils mettraient en place des systèmes prenant en charge les « candidats au vaccin » surtout âgés, pour qu’on aille les vacciner chez eux ou qu’on les transporte dans un centre où ils n’attendraient pas des plombes.

      Le gouvernement ne fait pas ce qu’il faudrait pour obtenir une forte vaccination (des gens à risque) mais fait encore une fois trinquer les jeunes « pour protéger les vieux » et surtout écouler des tonnes de doses de produits issus de labos plus ou moins véreux… Limite ils semblent préférer 80% de vaccinés dont 100% de jeunes, et 150 millions de doses quitte à ce que ce soit 10 millions de gens à 10 doses et 50 millions à une dose.

      Je serais de nature suspicieuse, j’en viendrais presque à penser qu’ils ne veulent qu’écouler des doses et s’en foutent de la santé publique…

  • Le pass vaccinal comme sanitaire ne sont-ils pas le tour de pass-pass pour la réélection, les brebis obéissantes votant pour leur Berger ?

  • Tout a été dit, pensé, vérifié, contredit, reformulé, dénoncé….que d’argent, que de temps perdu, de discrimination, de tricherie, d’aigreurs, de rancune! Tous ceux qui n’ont pas connu la période de l’Occupation ont pu ainsi en avoir une idée. La guerre du Codid est devenue la guerre du Vaccin. Les résistants sont épuisés, les collabos bientôt aussi. Les milliards glanés par les politiques vaccinales vont-ils infiltrer la politique électorale?

  • Sauf erreur improbable de la part, le seul procédé qui immunise est le variant Xi (alias Omicron) et selon toute vraisemblance, le seul traitement qui évite ou minimise les formes sérieuses de cette grippe est l’ivermectine.
    Concrètement, comment fait-on pour se procurer de l’ivermectine authentique?

    • Il faut soit avoir des connaissances qui pratiquent la médecine vétérinaire, soit des médecins qui vous prescriraient un traitement contre la gale…

  • Moins de vaccinés chez les personnes à risque par rapport aux meilleurs de la classe. Et plus de vaccinés chez ceux qui ne risquent (presque) rien.
    Voilà qui s’appelle pisser à côté de ses pompes.

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