Confinement, pass sanitaire : surprise, le gouvernement a encore menti

Pinocchio by Jean-Etienne Minh-Duy(CC BY-SA 2.0)

Aujourd’hui, ça sera donc fromage et dessert : non seulement la ségrégation sanitaire généralisée s’est mise en place sans trop de heurts, mais les mesures de privation de liberté plus classiques risquent de revenir.

Par Frédéric Mas.

C’était pass ou reconfinement, ça pourrait être pass et reconfinement, en fonction de l’humeur du Prince. Interrogé ce samedi 13 novembre 2021 dans l’émission « On est en direct », le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s’est exprimé sur la « cinquième vague » de coronavirus. Expliquant que face à la nouveauté de la menace, « rien n’était à exclure », Gabriel Attal n’a pas écarté la possibilité d’un reconfinement.

Rappelons qu’en août dernier, Emmanuel Macron nous jurait que l’adoption à marche forcée du pass sanitaire était la seule alternative face au reconfinement. Aujourd’hui, ce sera donc fromage et dessert : non seulement la ségrégation sanitaire généralisée s’est mise en place sans trop de heurts, mais les mesures de privation de liberté plus classiques risquent de revenir, et cela au gré du jugement d’un gouvernement qui navigue à vue.

Nous sommes le 15 novembre, et le pass sanitaire devait cesser d’être utilisé. Bien entendu, mardi dernier, le locataire de l’Élysée a confirmé la prolongation du dispositif. Avec la loi « Vigilance sanitaire », il faudra attendre jusqu’au 31 juillet 2022.

Le prétexte de la panique sanitaire

La panique sanitaire a bon dos et permet à nos gouvernements de ne pas prendre d’engagements trop contraignants auprès d’une population largement tétanisée par une menace covidesque qui, comme l’a rappelé Nathalie MP Meyer, n’a concerné que 2 % de l’activité hospitalière en France en 2020.

C’est pour ces 2 % que le pays a été mis à l’arrêt, et qu’une partie de son économie a été détruite (ce qu’on ne verra qu’après l’élection présidentielle, quand les torrents d’argent public visant à maintenir artificiellement l’activité économique zombifiée se tariront). Mais cela ne semble embarrasser absolument personne.

Au nom d’une situation exceptionnelle qui n’en finit pas, les gouvernements ont transformé les états de droit en états d’exception à géométrie variable. C’est le règne de l’arbitraire au sens le plus pur du terme, c’est-à-dire l’émancipation du Politique des contraintes éthiques de la Rule of law, avec l’approbation de larges secteurs de l’opinion publique et des médias. Nous assistons un peu au triomphe final de Thomas Hobbes contre John Locke : la peur de la mort violente précipite les individus dans les bras du Léviathan, ce « Dieu mortel » qui leur promet la sécurité et la santé là où le gouvernement civil lockéen protégeait la liberté individuelle et les droits naturels.

Isoler les personnes à risque était immoral au début de la crise, plus tellement maintenant. Certains se souviennent qu’en mai 2020, le chef de l’État n’avait pas suivi les recommandations de Jean-François Delfraissy quand il s’agissait de confiner uniquement les personnes âgées. « Le chef de l’État ne souhaite pas de discrimination entre nos concitoyens après le 11 mai ».

Aujourd’hui, tout a changé, et la discrimination est devenue morale, à partir du moment où elle s’abat sur les non-vaccinés, les Goldstein du nouvel ordre sanitaire. Le principe d’isonomie, si cher aux libéraux, c’est-à-dire d’égalité des citoyens devant le droit, s’est évaporé dans un océan d’irrationalité et de paranoïa entretenue par les pouvoirs publics. Et puis après tout, nos maîtres partenaires européens montrent la voie.

Le non-vacciné dans le viseur

L’Allemagne subit une pandémie massive de « non vaccinés », et l’Autriche vient d’ordonner leur confinement exclusif.

Peu importe si les vaccinés contaminent autant que les non-vaccinés, peu importe si on assiste à un début de rebond épidémique comparable à ceux de l’Autriche ou de l’Allemagne aux Pays-Bas ou en Islande, où le taux de vaccination est comparable au français.

Les faits n’importent plus face à la tyrannie émotionnelle qui fascine nos élites.

Emmanuel Macron a pris la parole la semaine dernière, et veut remettre la crise sanitaire au milieu de la campagne : il n’a jamais été aussi populaire qu’en tant que chef de cette guerre improbable qui a mis à terre le pays politiquement, économiquement et socialement.

Comme à la parade, il est prêt à rejouer sa partition de Grand protecteur des Français face au Péril covidien, ce qui lui permettra de mettre sous le tapis son bilan totalement abominable dans un pays où les institutions régaliennes se dégradent de jour en jour, où la liberté d’expression est menacée et qui n’a plus aucune maîtrise des dépenses publiques depuis bien longtemps. Qui pour reprendre le flambeau de la liberté avant qu’il ne soit trop tard ?

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.