La belle histoire des vaccins anti-COVID à ARN messager

Les vaccins contre le covid sont imparfaits pour le stopper complètement mais témoignent des avancées formidables de la science moderne.

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vaccine by The Focal Project ( creative commons CC BY-NC 2.0)

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La belle histoire des vaccins anti-COVID à ARN messager

Publié le 21 septembre 2021
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Par Josh Bloom1.

Je comprends : les gens en ont assez du Covid-19 et n’en peuvent plus de devoir composer avec des faits et des règles en constante évolution. Une partie de ce mécontentement s’exprime par une insatisfaction à l’égard des vaccins. Si cette frustration est compréhensible, elle est exagérée. Les vaccins ne sont rien de moins qu’un miracle médical. Ne tirez pas sur l’ARN messager, accusez plutôt le virus.

Comme tous, j’ai entendu beaucoup d’inquiétude autour des vaccins ces derniers mois. À l’évidence, une partie d’entre eux provient de la foule anti-vax-pro-hydroxychloroquine-vitamine D-immunité naturelle-anti-micropuce, mais une quantité surprenante provient de personnes rationnelles qui en veulent aux vaccins de ne pas « faire assez bien ».

Comme si nous avions un droit inaliénable à être entièrement protégés d’un nouvel agent pathogène mortel par deux injections, voire une seule. Et maintenant les autorités sanitaires (selon le jour de la semaine où vous posez la question !) recommandent une troisième injection – ou non… Il n’est pas surprenant que je constate une franche hostilité envers les autorités, mais aussi à l’égard des vaccins. Une telle indignation parce que nous sommes toujours aux prises avec ce problème du covid, un an et demi après l’irruption de la pandémie dans nos vies.

Un grand public qui s’interroge

Voici ce que l’on peut entendre fréquemment :

« Peut-être devrions-nous discuter de thérapies au lieu de vaccins qui, de l’avis général, perdent leur magie ».

« Une trosième dose, c’est prendre un vaccin pour rien et se soumettre aux 24-48 heures d’effets secondaires, et donner un faux espoir que ça va augmenter l’efficacité du vaccin alors qu’on sait déjà que ce n’est pas le cas. »

« En quoi le fait d’injecter davantage de vaccins fondés sur la mauvaise protéine spiculaire peut-il aider, alors que nous savons que le vaccin ordinaire ne confère pas une protection complète ? Cela n’a aucun sens. »

Ne tirez pas sur l’ARN messager

Peut-être qu’une brève rétrospective scientifique encouragera les grincheux d’entre nous à rediriger leur animosité là où elle devrait être – vers le virus2. En effet, la science et la médecine nécessaires pour nous amener à ce point en si peu de temps ne sont rien moins que spectaculaires. Jetons un coup d’œil au chemin parcouru.

Chapitre un : faire de bonnes nouvelles à partir de très mauvaises nouvelles

Décembre 2019 – Quelqu’un, presque certainement à Wuhan, en Chine, sort d’un marché humide, d’un laboratoire ou d’un Burger King – on ne s’accordera probablement jamais sur ce point – infecté par un virus qui deviendra plus tard le SARS-CoV-2. Environ 19 mois plus tard, cette personne aura infecté environ 219 millions d’autres personnes dans le monde3.

31 décembre 2019 – L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) obtient un communiqué de la Commission municipale de la santé de Wuhan concernant des cas de « pneumonie virale » à Wuhan.

9 janvier 2020 – Les autorités sanitaires chinoises confirment une épidémie d’un « nouveau coronavirus », nom que le virus gardera jusqu’en février.

11 janvier – L’Organisation Mondiale de la Santé annonce que la séquence génétique du virus est révélée dans un tweet des Chinois. Le premier décès dû au coronavirus est annoncé par les médias chinois ce même jour.

13 janvier – Moderna, une biotech américaine, sélectionne la séquence à utiliser dans son vaccin expérimental mRNA-1273, en vue de sa fabrication.

Temps mort

Faisons une pause et évaluons ce qui s’est passé jusqu’à présent. Deux semaines après la première mention du « coronavirus » et deux jours après la publication de la séquence génétique du virus, Moderna a déterminé la séquence précise de l’ARNm qui deviendra l’ARNm-1273 de son vaccin. Il s’agit d’un jalon médical sans précédent.

14 janvier – La République Populaire de Chine, dans ce qui restera comme l’un des plus grands euphémismes de l’histoire, reconnaît : « Il est certainement possible qu’il y ait une transmission interhumaine limitée ». L’OMS ajoute à cela un tweet aux (mauvaises) proportions historiques :

Le premier tweet de l’OMS sur la transmission de la covid est une véritable bombe. Et pas spécialement prémonitoire.

25 janvier – BioNtech, une société de biotechnologie allemande, propose la première série de 20 vaccins potentiels à ARNm basés sur le code génétique de la protéine spiculaire. Cette série sera réduite à un seul, qui sera plus tard appelé BNT162b2, le « vaccin Pfizer » (alias Comirnaty).

11 mars – L’OMS utilise le mot pandémie pour la première fois.

16 mars – Moderna commence les essais cliniques de l’ARNm-1273 sur des volontaires sains, trois mois après que la structure de l’ARNm du vaccin a été couchée sur papier.

30 mars – BioNtech, déjà associée à Pfizer pour rechercher de meilleurs vaccins contre la grippe, accepte un partenariat sur le Covid.

5 mai – Pfizer commence les essais cliniques du BNT162b2 sur des volontaires sains.

9 novembre – Alors que le monde est sur le qui-vive, Pfizer annonce une efficacité de plus de 90 % dans les essais de phase 3. Certains experts avaient considéré que 50+ % était acceptable. Le Dow Jones clôture en hausse de 835 points.

20 novembre – Moderna annonce que l’efficacité du vaccin contre l’infection par le SARS-Cov-2 est de 94 % et que l’efficacité du vaccin contre les formes sévères du Covid-19 est de 100 % dans les essais de phase 3.

11 décembre – La FDA accorde une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) à Pfizer.

14 décembre – Sandra Lindsay, infirmière en soins intensifs au Long Island Jewish Medical Center de Queens, dans l’État de New York, devient la première personne à être vaccinée aux États-Unis.

18 décembre – La FDA accorde une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) au mRNA-1273 de Moderna. Les deux vaccins seront pleinement approuvés par la FDA en août 2021.

Chapitre deux : les bonnes nouvelles durent environ un jour

18 décembre – Le variant Alpha (B.1.1.7), initialement trouvé en Grande-Bretagne, est nommé Variant of Concern (VOC), variant préoccupant.

14 janvier 2021 – Le variant Beta (B.1.351), originaire d’Afrique du Sud, est désigné comme un VOC.

15 janvier – Le variant Gamma (P.1), originaire du Brésil, est désigné comme un VOC.

6 mai – Le variant Delta (B.1.617.2), originaire d’Inde en décembre 2020, est désigné comme un VOC. On ne plaisantait pas, c’est pourquoi nous sommes à nouveau confrontés à un ennemi que nous pensions avoir déjà vaincu. Pour l’instant, le variant Delta est majoritaire dans les infections covid dans la majeure partie du monde.

Source : CDC Covid data tracker. Le variant Alpha (bleu) du Royaume-Uni représentait la plupart des cas de covid aux États-Unis à la fin du mois de mai. Ni le variant Beta (Afrique du Sud), ni le variant Gamma (Brésil) ne se sont implantés aux États-Unis. Le Delta, qui n’était qu’un contributeur mineur à l’époque, a pris le dessus en trois mois. Il est maintenant à l’origine de près de 100 % des infections par le SARS-Cov-2. Peut-on vraiment être surpris que les vaccins de première génération soient moins efficaces aujourd’hui ?

Regardons les faits

Le désormais célèbre variant Delta a été isolé pour la première fois en Inde en décembre 2020, près d’un an après la conception des vaccins à ARNm. Considérez les questions suivantes :

1. Auriez-vous pu prédire qu’un variant émergerait en si peu de temps et qu’il serait si redoutable que les vaccins approuvés pourraient ne pas le gérer aussi bien et que des injections supplémentaires seraient nécessaires ? Non, vous ne pouviez pas. Et personne d’autre non plus. C’est la faute du virus.

2. Le Delta a frappé les États-Unis aux alentours de mai. Les infections ont démarré vers le mois de mai. C’est une coïncidence ? Non, pas du tout. Le Delta est sorti de l’enfer et a pris le pouvoir. C’est la faute du virus.

Source : CDC

3. Devrons-nous nous faire vacciner chaque année ? Ou plus souvent ? Peut-être. Pfizer vient de fabriquer le premier lot d’ARNm qui code pour la protéine spiculaire Delta. Comme je l’ai écrit, les spicules du Delta et du virus original ne diffèrent que par un seul des 1372 acides aminés qui composent la protéine. Mais ce changement apparemment minime a produit un effet très important.

4. Est-ce que ce sera la fin de ce cauchemar ? Qui sait ? Il est probable qu’un vaccin à base de Delta sera aussi facile à fabriquer que l’original, qu’il aura probablement le même profil de sécurité et qu’il sera également plus efficace pour neutraliser le Delta. Ou alors, il est possible que le Delta s’épuise tout seul. Mais il y a beaucoup d’autres lettres dans l’alphabet grec, et il est possible que nous voyions un Delta Deluxe. Personne ne le sait. En fait, le Los Angeles Times vient d’annoncer que 167 personnes ont été infectées à L.A. par le variant mu.

Ce chapitre dynamique de l’histoire de la médecine n’a pas encore été écrit, mais il le sera un jour et nous lirons l’histoire d’une propagation mondiale sans précédent d’un nouvel agent pathogène mortel, d’un effort massif pour tenter de le contrôler et d’un exemple classique de l’utilisation d’une technologie là où elle n’a jamais fonctionné auparavant. Et, malgré tout cela, une incertitude exaspérante à chaque tournant. La science médicale a accompli l’impossible, mais ce n’est peut-être pas encore suffisant.

Ne tirez pas sur l’ARN messager, accusez le virus.

Article original en anglaisTraduction André Heitz

Notes :

  1. Josh Bloom est le directeur de l’American Council on Science and Health en charge de la recherche pharmaceutique et chimique. Il a obtenu son Ph.D en chimie organique à l’université de Virginie et un post-doc à l’université de Pennsylvanie.
  2. Réserver une part de responsabilité à ceux qui ont refusé de se faire vacciner, bien que l’émergence des multiples variants auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui se serait presque certainement produite de toute façon.
  3. Il s’agit de cas confirmés. Le nombre d’infections est certainement beaucoup plus important.
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  • « À l’évidence, une partie d’entre eux provient de la foule anti-vax-pro-hydroxychloroquine-vitamine D-immunité naturelle-anti-micropuce,… »

    … et les platistes
    Pourquoi s’arrêter en si bon chemin…
    Encore un qui n’a rien compris à la méfiance des gens vis-à-vis des politiciens: décisions politiques, méfiance politique

  • Les commentaires sont fermés.

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