Pour sauver l’industrie française, réduisons les impôts

Si on veut aider l'industrie aujourd’hui, il faut restaurer la compétitivité en gommer les impôts de production.
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Pour sauver l’industrie française, réduisons les impôts

Publié le 29 novembre 2021
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Par Loik Le Floch-Prigent.

Le 23 novembre 2021, en visite dans sa bonne ville d’Amiens, le président de la République a rencontré les derniers salariés de l’usine Whirpool qui n’ont pas pu retrouver du travail puisque les projets de reprise du site ont échoué : ainsi les bonnes intentions exprimées par le chef de l’État n’ont pas suffi, la reconversion industrielle comme la relocalisation ne dépendant pas de la volonté d’un homme. C’est plus compliqué que cela.

Échec du sauvetage de l’industrie à Amiens

Avant de se précipiter au chevet d’une entreprise qui délocalise il est nécessaire de bien comprendre pourquoi depuis trente ans au moins les sites industriels disparaissent un à un vers d’autres pays ayant un environnement plus clément.

À force de faire des discours sur l’attractivité de la France on finit par y croire et ne plus voir la réalité : quelle qu’elle soit, la production industrielle française est plus chère que dans tous les autres pays, même en Europe, en Allemagne ou en Suisse : la rentabilité structurelle du pays est plombée par son environnement fiscal, normatif, règlementaire et administratif.

Ceux qui peuvent encore rester en France sont de deux catégories :

  1. Les sociétés internationales qui installent à l’étranger une partie plus ou moins importante de leur production.
  2. Les propriétaires d’entreprises de « niches » basées sur l’innovation, la qualité ou la proximité.

En trente ans l’industrie française a décru de moitié. Sommes-nous arrivés au socle ? Hélas non, chaque semaine nous observons des disparitions, des départs de pépites ou des ventes d’activités à des capitaux étrangers qui pourront valoriser le savoir-faire français dans des pays plus attractifs.

Le problème d’un chef d’État c’est d’essayer de comprendre les causes d’un sinistre et d’y remédier pour en éviter d’autres, ce n’est pas de veiller au reclassement des employés. Son impuissance à satisfaire les salariés de Whirpool est avant tout celle de ne pas avoir pu réunir les conditions de compétitivité de cette entreprise pour lui permettre de rester à Amiens. Ce sont ces raisons qui doivent donc être sur sa feuille de route. S’il souhaite que la France soit de nouveau un pays industriel comme dans les années 1970, il faut agir sur les causes et non pas pleurer sur les effets.

L’industrie se développe avec des entrepreneurs attachés à leurs produits et à leur personnel. Ils savent ce qu’il faut faire pour réussir et ont besoin avant tout de rester compétitifs.

Supprimer les impôts de production pour aider l’industrie

Pour cela, il faut d’abord restaurer la compétitivité du pays :

  • Supprimer les 70 milliards d’impôts de production qui à ce niveau n’existent qu’en France.
  • Revenir à un prix de l’énergie électrique correspondant aux investissements nationaux dans le nucléaire et l’hydraulique.
  • Rétablir la fluidité du crédit impôt recherche et innovation.
  • Ne pas aller au-delà des directives européennes concernant l’environnement en  ajoutant des contraintes nationales supplémentaires…

Et bien d’autres choses encore.

À titre d’exemple nous produisons notre énergie électrique d’origine nucléaire autour de 32 euros le MWh, nous la vendons à nos concurrents à 42 euros, et les industriels français la rachètent au marché artificiel inventé par la Commission européenne entre 120 et jusqu’à 240 euros le MWh.

Donc si l’État veut être efficace pour son industrie, la première chose à faire est de diminuer les prélèvements divers et supprimer les mesures qui l’affaiblissent par rapport à la concurrence.

À cet égard, quelle que soit la bonne volonté des uns et des autres, continuer à faire payer des impôts injustes aux entreprises et communiquer pour expliquer que 30 milliards sur cinq ans seront restitués à certaines d’entre elles parait absurde même si cela semble plaire aux commentateurs.

Peu importe le talent des bureaucrates, ils ne sont pas les mieux placés pour demander des dossiers, les étudier, en juger et contrôler les programmes de travail. L’efficacité de l’argent public dans le secteur de l’industrie est clairement de remettre d’abord les entreprises en état de compétitivité. Elles n’auront ainsi pas besoin de subventions ou d’aides.

Le pouvoir politique préfère choisir de prendre de l’argent aux entreprises et d’en restituer une partie à seulement quelques-unes d’entre elles. Il montre ainsi aux électeurs qu’il est utile, mais cette pratique assez habituelle devrait être précédée d’une efficace modération des prélèvements.

Il n’est pas sûr que le public, les électeurs, le comprennent. Les salariés des entreprises continueront à se plaindre des échecs et des abandons, les parlementaires défileront avec eux pour exprimer leur colère et les présidents de la République successifs regretteront leur impuissance !

Mais les faits sont têtus, résister à la concurrence suppose de bénéficier de conditions au moins semblables à celles de nos voisins, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en France. La plupart du temps cela conduit à la disparition et au déménagement. Il faut retrouver le chemin de la raison.

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  • Pour moi c’ets toujours le petit pas constructivisme de trop..
    réduire les impots bien sûr, mais « sauver l’industrie » posé en but indiscutable, non…

    la liberté est une fin en soi..
    l’industrie est un moyen..

    quelles industries d’ailleurs ? toutes?

    que l’état ne se mêle pas d’économie…sauf pour un cadre réglementaire..

    beaucoup de gens sont industrieux par nature..

    on pourrait d’ailleurs commencer à réhabiliter le mot industrie..

    vous avez fréquemment le type qui défend ‘l’industrie automobile mais qui déteste l’agriculture dite industrielle…et non pour les qualités intrinsèques des produits…
    comme si les agriculteurs n’etait pas industrieux par necessité!

    le mot est au centre d’un débat foireux..
    Industrie est un terme polysémique recouvrant originellement la plupart des travaux humains. Il s’agit à présent de la production de biens grâce à la transformation des matières premières ou des matières ayant déjà subi une ou plusieurs transformations et de l’exploitation des sources d’énergie.

    • On a un gros problème en France. Nous avions il y a 2-3 décennies un secteur industriel qui pesait plus de 20 % du PIB. Comme nos voisins. Eux se sont maintenus à peu près à ce niveau, pas nous. On a dévissé. On doit être à 11 % aujourd’hui.
      Je partage l’analyse de LLFP. Et ses premiers remèdes.

  • J aime bien les articles qui parlent de supprimer les impots. C est sur que tout le monde est d accord la dessus. Mais l auteur sait il que le budget de la secu ou de l etat est lourdement deficitaire (de memoire l etat depense avant le covid 30 % de plus qu il gagne)

    Autrement dit, oui il faut supprimer des impots, oui il faut supprimer en priorite les impots sur la production (et pas par ex les droits de succession comme le proposent certains LR). Mais il faut clairement mettre en face au moins autant d economie (voire lus si on veut resorber le deficit)
    Autrement dit qu est ce que l auteur pense supprimer comme depense ? quelle prestation sociale va t il couper ? V a til augmenter d autre impots pour compenser le manque a gagner ?

    Il parle ici de 70 milliards, c est pas avec des bouts de chandelle qu on va y arriver. ca represente pas loin de 10 % du budget

    • Je me faisais la même réflexion. Les impots ne sont que la consèquence des dépenses et un choc lafferien ne sera pas suffisant pour compenser.

      Moralité il n’y a rien à faire sinon attendre la faillite. Doit-on espérer qu’elle arrive rapidement ? Peut être pour sauver ce qui reste, la faillite de l’état ne voulant pas forcément dire celle du pays.

    • Les impôts sur les successions sont aussi sur les successions d’entreprises.
      En effet il faut d’urgence baisser les dépenses de l’état, dans le social aussi, et préserver le régalien.

      • il faut savoir faire des choix. il est clair qu on ne peut pas tout baisser d un coup et que si on veut redresser la france il faut mettre le paquet sur un domaine et pas saupoudrer.

        De toute facon, combien de succession concerne des entreprises industrielles ? 0.5 % ?

    • Il donne quand même quelques pistes. Arrêter les dérives dans la politique énergétique en particulier. Profiter de notre nucléaire (et le développer), arrêter le gaspillage en éoliennes, ne pas brader notre production électrique, arrêter la fuite en avant vers le véhicule électrique..Par ailleurs il ne faut pas oublier que le gros morceau de la dépense publique n’est pas tant de financer des fonctionnaires que de faire un arrosage social gigantesque. Repousser l’âge de la retraite, et réduire SMIC et indemnités de chômage aurait un effet gigantesque. Enfin, il faut arrêter toute générosité pour d’autres que nos nationaux. Le cout des chômeurs importés (en santé, éducation, indemnités diverses…) est considérable.

      • @JCB.
        je sais pas si les chiffres donné par l auteur sont exact (vendre 6 fois son cout de production me semble enorme) mais admettons. Est ce que ca resoudra le probleme ?
        Certainement pas !
        a part dans certaines industries (aluminium, siderurgie) le cout de l electricite est marginal (pensez par ex pour fabriquer une voiture)

        Vous avez raison pour dire que le principal poste de depense c est pas de payer des fonctionnaires mais le social. Mais la ca coince, car le premier poste et de loin c est le paiement des pensions. Les baisser c est mettre 13 millions de retraites dans la rue

        PS:
        – repousser l age de la retraite n a aucun effet a court terme, a moins de l appliquer aux retraités actuels (minoration de la pension) et ceux partant a la retraites dans quelques mois
        – reduire le smic: peu de fonctionnaires sont payés au smic. si en plus on ne reduit pas les autres aides, ca va juste augmenter les depenses (la personne gagnera moins a s on travail et touchera plus d APL, ou d alloc diverses). ca risque meme de les demotiver encore plus
        – indemnites chomages : la c est une chose facile a faire: mettre tous les chomeurs au smic-10 %, comme ca n importe quel travail paie. par contre il faudra baisser les cotisations pour que ca puisse passer

        • Si vous parlez du prix de vente du MWh, il a raison sur le principe. Ce prix est indexé au niveau européen sur le prix du gaz. Pour ne pas désavantager ceux qui y ont recours. Contrainte européenne mais aberration économique.
          Une flambée du prix du gaz, et le prix de l’électricité s’envole…

        • Je crois que LLFP a fait une petite erreur, le coût tout compris du nucléaire existant (amortissement, frais financiers, provisions pour démantèlement, etc….) est plutôt de 49,5€ par MWh. EDF vend donc à perte à ses concurrents car le tarif ARENH n’a pas été revalorisé depuis 11 ans.

        • Décidément chez cd, c’est une obsession, les pensions des retraités! Vous n’avez pas encore compris que le système est effectivement à bout de souffle et aurait du être réformé dès les premières années de son existence pour migrer en douceur vers la capitalisation ( à un moment où le nombre des retraités, la durée des retraites et le montant des pensions étaient encore gérables! Que proposez vous pour les 13 millions de retraiter? Les euthanasier?

          • disons que je ne vois pas comment on peut baisser les impots sans baisser le montant du premier poste de depense. La france est le second pays de l UE si on compte les % du PIB englouti dans les retraites (le premier c est l italie)

            Sinon je ne propose pas de mettre les pensions a 0 ni de gazer les retraités. Personellement je proposerait les mesures suivantes:
            – toute reforme des retraites n est pas applicable qu aux jeunes. On recalcule aussi les pensions (par ex si l age passe a 65 ans, on recalcule les pensions de ceux qui comme juppe sont parti a 58)
            – obligation d equilibrer le systeme sur 5 ans (on peut avoir un deficit sur un an mais il doit y avoir un excedent l annee d apres). referendum obligatoire pour savoir si on doit augmenter les impots ou baisser les pensions (impossible de faire de la dette)
            – majoration pour ceux qui ont reconstruit la france apres 45 (en gros né avant 1930), voire sont alle en algerie (ne avant 42) mais minoration pour les electeurs de Mitterrand (ne avant 63) chirac … La difference sera utilisee pour payer les dettes de ces nuisibles et ca responsabilisera l electeur
            – suppression de l abattement pour frais pro des retraites
            – introduction d une retraite par capitalisation

    • Supprimer les impôts de production i.e. les charges sociales, interdire les subvention et supprimer les aides sociales, abolir le monopole de la SS et pôle emploi, salaire complet et flat tax pour tous, élaguer le maquis juridique et règlementaire, abolir le statut de la fonction publique.

    • Justement LLFP, a parfaitement compris que le niveau exorbitant des prélèvements obligatoires français, surtout sociaux, est justement dû à l’assassinat fiscal de l’industrie et que pour sortir du cycle infernal, il faut *commencer* par reculer pour ramener cette surfiscalité au niveau de la concurrence étrangère. On ne gagne pas une compétition vitale avec des boulets aux pieds.
      Et si on le fait les dépenses sociales fondront comme neige au soleil.

  • Ça fait longtemps, très longtemps, qu’on répète que trop d’impôt tue l’impot….. Y a surment d’autres raisons qu’economiques pour perdre nos industries comme l’état n’aime pas l’industrie ou l’état ne roule pas pour la France mais pour sa destruction en acceptant n’importe quoi de l’ue et en faisant de la surenchère.

  • Pour diminuer les impôts en France, il faut d’abord diminuer les dépenses. Mais c’est impossible dans un pays où chacun est accro à sa subvention.
    Tant que les dépenses sociales ne seront pas ramenées à leurs minima, le pays continuera sa descente rapidement et sûrement. Et les écolos vont permettre d’accélérer cette descente.

    • Vous avez raison mais j’ajouterais que moins d’impôt équivaut à moins de pouvoirs pour la bureaucratie qui n’est pas suicidaire.

    • Mais, si on diminue les dépenses, on diminue en retour les impôts…. Cercle vicieux. Ce n’est donc pas la solution. Il faut faire rentrer d’avantage d’impôts en augmentant le nombre d’entreprises..et ainsi diminuer l’impôt des sociétés, C’est tout.

      • Ah, cela me rappelle ma jeunesse. Je me disais, on a 3% de déficit, on nous saoule tous les ans avec ça, et l’UE aussi etc. Pourquoi ne pas augmenter les impôts de 3%, et hop on aurait plus jamais à en parler?
        La réalité est autre: si les rentrées fiscales augmentent, l’état augmentera les dépenses. S’il y a plus d’entreprises, l’impôt des sociétés ne baissera pas, voire même augmentera car cela signifierait à Bercy que la France est de nouveau attractive et que c’est le moment de tabasser.
        La seule solution avec l’environnement politique actuel pour faire baisser l’impôt sur l’industrie, c’est qu’il n’y en ait plus. C’est en cours.

      • Je me suis mal exprimé je suppose, en baissant ses dépenses l’état se prive d’impôts en retour, c’est une faillite encore plus rapide.

      • Le nombre d’entreprises ne pourra augmenter que si leurs conditions d’existence sont favorables et pérennes. Or dans un pays à l’instabilité fiscale permanente et débridée, remettre à plat la fiscalité de tous les acteurs ( entreprises et particuliers), et repartir sur des bases saines, allégées et justes me semble un préalable incontournable. Bien sûr, l’augmentation du nombre d’entreprises ne se fera pas du jour au lendemain, mais cette augmentation nous placera sur la bonne pente des rentrées fiscales. Le hic, c’est qu’il y aura une passe difficile à équilibrer entre baisse des dépenses immédiate et augmentation des ressources fiscales. Et vu le poids de l’industrie en France ( 11% du PIB), sa mauvaise image auprès des salariés, et la difficulté à recruter des employés motivés, correctement formés aux emplois proposés, ça risque de coincer un max vu que l’on a certainement déjà dépassé le point de non retour!

        • « a mauvaise image auprès des salariés, et la difficulté à recruter des employés motivés »
          c est sur qu offrir le smic pour travailler en 3*8 ca motive peu
          Si on commencait par reduire drastiquement les charges sociales ca motiverait deja plus (mais C2MR va encore me dire que je fais une fixette sur les retraités qui sont les gros beneficiaires de ces taxes)

          « correctement formés aux emplois proposés » Il faut arreter de penser qu une machinerie etatique ou non pourra former ce dont l economie aura besoin. c est impossible de prevoir ce qui sera necessaire dans 5 ou 10 ans
          C est la aux entreprises de se prendre en charge et de ne pas attendre de maman education nationale la personne qui sera formee pile a ce dont il ont besoin sans que ca leur coute un centime. regardez en suisse, ils ont un systeme qui marche

          • « mais C2MR va encore me dire que je fais une fixette sur les retraités qui sont les gros bénéficiaires de ces taxes »
            Déjà, taxes et charges sociales, ce n’est pas la même chose ( ou alors c’est que leur destination n’est pas clairement établie, donc l’Etat noie le poisson!).
            Les pensions des retraités sont calculées d’après un nombre de points acquis par leurs cotisations professionnelles, avec une valeur du point calculée de façon obscure qui plus est par les services du gvt.
            Que le service des pensions soit un gros consommateur des recettes fiscales de l’Etat (si les cotisations des actifs ne suffisent pas) c’est bien que le système a été mal conçu dès le départ, mal adapté aux évolutions économiques et démographiques de l’après-guerre, évolution en partie favorisées par les politiques des différents gouvernements ( natalistes, égalitaristes, etc…) et les mesures fiscales entravant le développement et l’expansion des entreprises, seules capables de fournir des emplois aux nouvelles générations. D’où le chômage endémique élevé de notre beau pays!
            Et bien évidemment, comme vous dites, c’est aux entreprises de se prendre en charge, ce qu’elles font plutôt bien quand l’Etat ne vient pas mettre ses gros doigts crochus dans les rouages! Pour le système suisse, on le regarde plutôt de loin et avec mépris et on évite bien de le copier en remplacement de notre système tout pourri que le monde entier ne nous envie pas!

  • Dans l’article comme dans les commentaires, il manque un point fondamental : le droit du travail. N’importe quel investisseur, à la seule vue des milliers de pages du Code du Travail s’enfuit en courant. Créer ou faire perdurer une entreprise, c’est se positionner en esclave sinon des salariés du moins de leurs droits qu’ils ne manqueront pas de rappeler à la moindre occasion.

  • 1980 = 2,6 millions de fonctionnaires ?, 2021 = 6,5 millions ! Est-ce bien nécessaire ?

    • Ce qui est nécessaire, c’est de comparer ce qui est comparable.
      Votre premier chiffre semble correspondre à la seule fonction publique d’Etat. Le second à l’ensemble des 3 fonctions publiques (Etat, Territoires, Hôpital). Et le second me paraît bien optimiste ou pessimiste, c’est selon. On est plus proche des 5 millions (en ETP) que de 6,5.
      On n’a certainement pas multiplié par 3 le nombre de fonctionnaires.
      L’augmentation réelle est de l’ordre de 30 à 40 %.

      • Oui mais concrètement avec l’augmentation de la productivité et l’informatisation on aurait du voir réduire le nombre de foncitonnaires. ce serait le cas si l’efficacité éait l’objectif. Sauf que la France n’a pas pour but d’avoir une administration efficace. Il faut une administration cliente, une administration avec plein de fonctionnaires qui votent pour qu’on augmente leurs salaires, leurs effectifs leurs budgets et leur capacité de nuisance.

        • Hum ! Vous raisonnez comme si l’administration se votait ses crédits elle-même.
          L’augmentation de 30 à 40 % des effectifs est la résultante de plusieurs phénomènes :
          – réduction de la fonction publique d’Etat au profit de la territoriale due à des transferts de compétences
          – embauche dans la fonction publique d’Etat pour certains secteurs prioritaires (environnement, police,…) mais débauche dans d’autres où de gros efforts de productivité ont été fait (Bercy)
          – nouvelles missions de service public liées à l’inflation législative (nationale et européenne)
          – augmentation importante à l’hôpital
          – etc.
          Au global, les effectifs de la fonction publique d’Etat se sont à peu près stabilisés. Ce n’est pas le cas de la territoriale, où la gestion est plus « souple » que celle de l’Etat. Ni à l’hôpital, dont une partie de l’augmentation des effectifs peut s’expliquer par l’augmentation de la population française (et de son vieillissement), de 53 à 67 millions…

    • Je crois que le nombre de fonctionnaires en 80 était de l’ordre de 3,9 millions, sous Mitterrand il a été porté à 5,6 millions, une valeur à peu près stable depuis bien que l’informatisation aurait dû faire diminuer ce nombre. Seul Bercy a baissé le nombre de ses fonctionnaires, comme par hasard c’est le ministère où l’informatique marche le mieux.

  • Excellent article de LLFP, mais comme il se concentre ici sur l’industrie, il est forcément incomplet quant à la panoplie de solutions possibles, il insiste ici sur les impôts de production, mais la base de tout c’est, comme il le dit, que « la rentabilité structurelle du pays est plombée par son environnement fiscal, normatif, règlementaire et administratif ». Le rôle d’un gouvernement, c’est de créer l’environnement dans lequel chacun pourra agir au mieux, et pas d’agir à la place des gens, entrepreneurs ou simple citoyens. Si le gouvernement était compris comme cela, la baisse des dépenses suivrait ipso-facto : arrêt de toute forme de subvention, baisse du nombre de fonctionnaires, sauf ceux qui restent nécessaires pour maintenir la sécurité de tous et de chacun (le « régalien »). Malheureusement, avec le développement hypertrophié de l’Etat-Providence, la camisole de force des Etats nations vers laquelle à évolué l’Union Européenne, le manque de courage généralisé des hommes politiques, je suis très pessimiste sur l’évolution de l’Europe et de la France. Reste à comprendre pourquoi la situation est pire en France (poids démesuré d’un Etat hyper-centralisé ?).

    • Il semblerait, de fait, que le poids de l’Etat soit un paramètre décisif. Le projet d’une grande Secu le démontre, sans pour autant, que les mutuelles soient angéliques, mais ce n’est pas la question.
      Sociologiquement, la France souffre aussi de la constitution de la « caste » des hauts fonctionnaires, constitués en réseau, qui sont d’opinions diverses, mais de réseau unique. Ceci ne peut pas être supprimé car il y a là-dedans des compétences indispensables, mais c’est la conception même du serviteur de ‘Etat qui pourrait être repensée. Il semblerait que le pouvoir y songe mais c’est une longue course. Entre temps, on peut avancer que la France aura été balayée par ses largesses aberrantes, mais aussi pâr la montée en puissance des pays producteurs qui toucheraient, je crois, une part faible des produits exploités La aussi, la France pourrait être balayée par la Chine par exemple, qui ne sera pas plus généreuse, mais beaucoup plus coercitive. Bonne chance à toute l’Afrique, mais M.Le Floch Prigent en sait plus là-dessus que moi. Ce risque, l’UNESCO le signale depuis près de 50 ans, apparemment sans résultat. Le poids de l’opportunité immédiate ou à court terme occulte souvent la stratégie à long terme. On peut repenser à l’emprunt Pinay qui a obéré largement les finances françaises sans profiter à d’autres que les spéculateurs.

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