Covid-19 : Macron serre la vis pour « sauver les fêtes »

Le gouvernement veut « sauver les fêtes de fin d’année » et « traverser l’hiver le mieux possible » sans dévier de son agenda bureaucratique et autoritaire.

Par Frédéric Mas.

La nouvelle saison du feuilleton élyséen « Macron nous protège du virus » repose sur les mêmes ficelles infantilisantes, autoritaires et liberticides que la saison dernière. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a présenté à la presse les grandes orientations du conseil de défense qui s’est tenu ce mercredi matin pour faire face à la reprise épidémique de covid-19.

L’intention du gouvernement serait de « sauver les fêtes de fin d’année » et de « traverser l’hiver le mieux possible ». Avec pour objectif de ne pas avoir à en revenir à « des mesures de jauge, de fermeture, de couvre-feu de confinement dans [le] pays », les pouvoirs publics s’attacheraient à suivre trois directions.

Les trois orientations du gouvernement

La première porterait sur le renforcement des mesures barrières, et notamment du port du masque en intérieur comme en extérieur.

La seconde orientation repose sur le renforcement du pass sanitaire « pour mettre davantage de contraintes sur les non vaccinés ».

Enfin, la troisième orientation portera sur « l’accélération de la campagne de rappel vaccinal ».

Sans surprise, ce sont des mesures politiciennes qui ne prétendent même plus à la rationalité scientifique pour rassurer une population infantilisée et terrorisée à dessein.

Le chantage comportemental à la suspension des libertés de commercer, de circuler ou de se réunir serait inadmissible au sein d’un État de droit fonctionnel, et apparaît comme le « nouveau normal » d’un pays où est désormais normalisé l’état d’exception et le transfert exorbitant de pouvoirs qu’il implique auprès d’un exécutif qui fonctionne en roue libre. Dans un pays libre, les citoyens n’ont pas à négocier leurs libertés avec des bureaucrates qui ne semblent avoir de compte à rendre qu’à eux-mêmes.

« Sauver les fêtes de fin d’année » rappelle le vocable infantilisant de l’année dernière sur la nécessité de « sauver papy et mamie » en les consignant à la cuisine. On fait miroiter aux Français la possibilité de vivre leur vie normalement à condition d’adhérer aux propositions coercitives du moment, le tout présenté comme une faveur du Prince à ses sujets. Le paternalisme bureaucratique est donc toujours le même.

Le fameux retour du masque en extérieur

Le retour du masque en extérieur face au variant Delta, qui fait suite aux initiatives d’une trentaine de préfets partout sur le territoire, interroge profondément sur la nature sanitaire de cette mesure… sanitaire. Il n’y a pas de consensus scientifique sur son utilité dans les espaces aérés, et certains experts ont pu exprimer de grandes réserves à son endroit, que ce soit dans les colonnes du New York Times ou de Slate, de leur véritable utilité.

D’ailleurs, assez comiquement, en évoquant les gestes barrières, Gabriel Attal juxtapose la nécessité de revenir au masque en plein air et celle d’aérer les lieux fermés. Il faudra donc choisir : soit aérer les lieux atténue la circulation du virus et le masque est pratiquement inutile, soit ce n’est pas le cas et le masque en extérieur est utile, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas.

Enfin le pass sanitaire « étendu » est décrété « utile » pour organiser la société à deux vitesses dessinées par une macronie qui ne jure que par l’efficacité bureaucratique pour pousser à la vaccination. Peu importe si ce dispositif de planification de surveillance sanitaire extrêmement coûteux et liberticide s’est construit sur les mensonges successifs de l’exécutif face aux Français et à leurs représentants.

Peu importe si son utilité repose sur le viol constant de l’égalité en droits des citoyens, la fragilisation de la vie privée, la braderie des données de santé, la criminalisation loufoque des non vaccinés -confinés de fait- et la surestimation de l’efficacité des vaccins, en particulier en termes de contamination. Si on suit la nouvelle nomenklatura macronienne, le refuser équivaut à souhaiter le chaos, l’anarchie, l’ultralibéralisme et l’égoïsme.

Le vaccin protège les populations à risque

Bien entendu, le vaccin préserve des formes graves du covid et les populations à risque ont tout intérêt à se faire vacciner. Mais restent ouvertes les questions du rappel des vaccins -l’utilité de la fameuse troisième dose– comme de l’extension de la vaccination aux populations, en particulier les enfants, qui ne sont pas à risque en matière épidémique.

Pour conclure, à quelques mois de la présidentielle Emmanuel Macron choisit d’incarner son rôle le plus populaire, celui de chef de guerre et de protecteur des Français contre le covid. Et comme dans tout film hollywoodien, le méchant doit être très méchant pour que le gentil apparaisse comme très gentil, c’est à cette condition qu’il emportera les faveurs d’un public qui ne demande qu’à être délivré du mal et des vacances de Noel gâchées.

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