Covid-19 : Macron serre la vis pour « sauver les fêtes »

Le gouvernement veut « sauver les fêtes de fin d’année » et « traverser l’hiver le mieux possible » sans dévier de son agenda bureaucratique et autoritaire.

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Covid-19 : Macron serre la vis pour « sauver les fêtes »

Publié le 24 novembre 2021
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Par Frédéric Mas.

La nouvelle saison du feuilleton élyséen « Macron nous protège du virus » repose sur les mêmes ficelles infantilisantes, autoritaires et liberticides que la saison dernière. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a présenté à la presse les grandes orientations du conseil de défense qui s’est tenu ce mercredi matin pour faire face à la reprise épidémique de covid-19.

L’intention du gouvernement serait de « sauver les fêtes de fin d’année » et de « traverser l’hiver le mieux possible ». Avec pour objectif de ne pas avoir à en revenir à « des mesures de jauge, de fermeture, de couvre-feu de confinement dans [le] pays », les pouvoirs publics s’attacheraient à suivre trois directions.

Les trois orientations du gouvernement

La première porterait sur le renforcement des mesures barrières, et notamment du port du masque en intérieur comme en extérieur.

La seconde orientation repose sur le renforcement du pass sanitaire « pour mettre davantage de contraintes sur les non vaccinés ».

Enfin, la troisième orientation portera sur « l’accélération de la campagne de rappel vaccinal ».

Sans surprise, ce sont des mesures politiciennes qui ne prétendent même plus à la rationalité scientifique pour rassurer une population infantilisée et terrorisée à dessein.

Le chantage comportemental à la suspension des libertés de commercer, de circuler ou de se réunir serait inadmissible au sein d’un État de droit fonctionnel, et apparaît comme le « nouveau normal » d’un pays où est désormais normalisé l’état d’exception et le transfert exorbitant de pouvoirs qu’il implique auprès d’un exécutif qui fonctionne en roue libre. Dans un pays libre, les citoyens n’ont pas à négocier leurs libertés avec des bureaucrates qui ne semblent avoir de compte à rendre qu’à eux-mêmes.

« Sauver les fêtes de fin d’année » rappelle le vocable infantilisant de l’année dernière sur la nécessité de « sauver papy et mamie » en les consignant à la cuisine. On fait miroiter aux Français la possibilité de vivre leur vie normalement à condition d’adhérer aux propositions coercitives du moment, le tout présenté comme une faveur du Prince à ses sujets. Le paternalisme bureaucratique est donc toujours le même.

Le fameux retour du masque en extérieur

Le retour du masque en extérieur face au variant Delta, qui fait suite aux initiatives d’une trentaine de préfets partout sur le territoire, interroge profondément sur la nature sanitaire de cette mesure… sanitaire. Il n’y a pas de consensus scientifique sur son utilité dans les espaces aérés, et certains experts ont pu exprimer de grandes réserves à son endroit, que ce soit dans les colonnes du New York Times ou de Slate, de leur véritable utilité.

D’ailleurs, assez comiquement, en évoquant les gestes barrières, Gabriel Attal juxtapose la nécessité de revenir au masque en plein air et celle d’aérer les lieux fermés. Il faudra donc choisir : soit aérer les lieux atténue la circulation du virus et le masque est pratiquement inutile, soit ce n’est pas le cas et le masque en extérieur est utile, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas.

Enfin le pass sanitaire « étendu » est décrété « utile » pour organiser la société à deux vitesses dessinées par une macronie qui ne jure que par l’efficacité bureaucratique pour pousser à la vaccination. Peu importe si ce dispositif de planification de surveillance sanitaire extrêmement coûteux et liberticide s’est construit sur les mensonges successifs de l’exécutif face aux Français et à leurs représentants.

Peu importe si son utilité repose sur le viol constant de l’égalité en droits des citoyens, la fragilisation de la vie privée, la braderie des données de santé, la criminalisation loufoque des non vaccinés -confinés de fait- et la surestimation de l’efficacité des vaccins, en particulier en termes de contamination. Si on suit la nouvelle nomenklatura macronienne, le refuser équivaut à souhaiter le chaos, l’anarchie, l’ultralibéralisme et l’égoïsme.

Le vaccin protège les populations à risque

Bien entendu, le vaccin préserve des formes graves du covid et les populations à risque ont tout intérêt à se faire vacciner. Mais restent ouvertes les questions du rappel des vaccins -l’utilité de la fameuse troisième dose– comme de l’extension de la vaccination aux populations, en particulier les enfants, qui ne sont pas à risque en matière épidémique.

Pour conclure, à quelques mois de la présidentielle Emmanuel Macron choisit d’incarner son rôle le plus populaire, celui de chef de guerre et de protecteur des Français contre le covid. Et comme dans tout film hollywoodien, le méchant doit être très méchant pour que le gentil apparaisse comme très gentil, c’est à cette condition qu’il emportera les faveurs d’un public qui ne demande qu’à être délivré du mal et des vacances de Noel gâchées.

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  • Le gouvernement trouve de nombreux alliés dans son délire, des journalistes d’une complaisance écoeurante, des médecins attirés par la lumière des plateaux TV, qui ont intérêt à dramatiser à outrance, des élus LR aussi lâches que ceux de LREM.
    Entre ceux qui essaient de raisonner calmement et le rouleau compresseur des alarmistes, le combat est inégal.
    Le lavage de cerveaux a parfaitement fonctionné et la majorité des Français approuve cette politique.

    • Il n’y a qu’à voir encore hier : le porte-parole annonce que Véran va annoncer des choses aujourd’hui, et hop plus de 300 000 moutons courent à l’étable Doctolib pour réclamer une troisième dose.
      Voir un tel conditionnement, c’est flippant.

  • Si vraiment les hôpitaux sont menacés de surcharge, comment se fait-il qu’après UN AN ET DEMI, on n’ait toujours pas pris de mesures pour réorganiser le système ?

    Sabrer dans les contraintes administratives pour donner plus de temps aux médecins, équiper d’oxymètres les hospitalisés covid les moins graves et confier leur surveillance à des stagiaires, réquisitionner les étudiants en dernière année de médecine… Un médecin sur Sud Radio expliquait que c’était parfaitement faisable.

    Je croyais que nous étions en guerre ?

    Pourquoi, après plus d’UN AN ET DEMI,n’a-t-on toujours pas réorganisé le service public pour l’adapter aux besoins de la population ?

    Comment, après tout ce temps, est-il encore acceptable de demander à la population de s’adapter pour ménager le service public ?

  • Le service public est irréformable et tout ce qu’on peut faire c’est « le ménager » en effet.
    De plus les Français ont évolué depuis les années 80 (« nous savons mieux que vous ce qui est bon pour vous ») et sont restés très attachés à leur système de protection social. De toute son œuvre, le jeune homme en fin de stage de président retient l’épisode sanitaire comme celui qui le fait passer pour le Grand Protecteur de la Nation (quoique mauvais terme « la nation » sauf dernier revirement récent), et lui évite d’aborder d’autres thèmes de campagne moins favorables. Électoralement c’est le meilleur calcul.

  • Euh, je ne suis pas sur que les virus font des calculs politiques dans leurs reproduction et leur mutation. Mais je ne suis pas médecin pour en juger.

    Ou alors peut-être que les modélisateurs sont encore plus fous que je ne le pensais ?

  • Un excellent titre mais à ne pas lire à toute vitesse quand même

  • Encore de l’alarmisme pour visser les Français (qui en redemandent apparemment). Le réseau Sentinelle ne signale qu’une « activité modérée » du virus.

  • C’est une contrepèterie ? « Macron serre les fesses pour sauter la vive » ?

  • Le projet est totalitaire..et pas santaire..tant que vous n’acceptez pas cela..vous ne comprendrez rien aux mesures prisent…question subsidiaire…Comment fait le royaume Uni qui n’a plus aucunes restrictions..ni passe sanitaire.?(on est pas à l’abris de surprises et je reste prudent)..mais…comment fait-il?.. j’aimerais avoir une réponse..

    • A mon avis, les anglais ont compris qu’on pouvait facilement soigner cette maladie alors que soigner l’économie était perdu d’avance. Quand l’outil est cassé…

  • On pourrait penser qu’après presque deux ans d’echecs lamentables et un premier ministre preuve vivante de la stupidité de leur politique, on se pencherait enfin sur la réalité de soins précoces pour rendre cette maladie gérable comme tant d’autres.
    Mais non. Ce ramassis de petites frappes arrogantes persiste et signe.

    Ce n’est pas a Zemmour que mme vankefroker devrait dessiner des petites moustaches.

  • Tout cela est bien la preuve que le vaccin Pfizer ne marche pas pour limiter la circulation du virus, spécialement parce qu’il a été conçu pour la première version du virus et pas pour le variant Delta. Faire la troisième dose, à part faire plaisir au gouvernement c’est-à-dire l’adouber en vue des prochaines élections, c’est exactement comme se vacciner contre la grippe avec le vaccin de l’année dernière. Il faudra se rendre à l’évidence que les vaccins à ARN ne sont pas la panacée et que de se faire vacciner avec un vaccin classique comme le vaccin chinois est beaucoup plus efficace. Et en plus, il y aurait beaucoup moins de réticences car on connaît les effets à long terme des vaccins classique puisqu’ils font appel à une mécanique naturelle de défense de l’organisme.

    • Oui. Je n’exclus pas une 3eme dose (ce sera malheureusement nécessaire pour continuer à vivre à peu près normalement et sans doute pour pouvoir voter, ce qui serait vraiment scandaleux) mais je ne veux plus des vaccins actuels qui s’avèrent insuffisamment efficaces (et plus envie non plus d’enrichir les labos américains vu comment les américains se plaisent à torpiller nos contrats à l’exportation). J’espère que Sanofi va réussir à faire valider son vaccin assez vite.

      • Si vous tenez à vous faire picouser, attendez plutôt le Valneva, à capside virale inactivée. Il doit sortir courant avril en masse. L’un des gros avantage de la capside virale inactivée par rapport à une production incontrôlée de protéine spike induite, c’est que les anticorps auront plus d’une protéine pour reconnaitre le virus…et donc si la protéine spike mute, ce vaccin a de grandes chances d’être plus efficace. Bonus, c’est une technologie très ancienne et très sûre…au contraire de la « vaccination à ARN messager », dont il convient de rappeler qu’elle est expérimentale (pas d’AMM définitive avant 2027 d’après les documents de la FDA) et qu’il existe de gros doutes sur sa sécurité…

        • Oui le valneva me va bien aussi ?.
          Mais s’il n’arrive qu’en avril c’est trop tard.
          Le sanofi pourrait arriver en janvier/février ce qui reste jouable en terme de délai.

  • Je dirais plutôt: « Macron serre la vis pour sauver sa tête ».

  • Y en marre, les vaccins ne marchent qu’à 50% au maximum voir zero pour les vieux donc, c’est sans issue. Mais, ils sont têtus, ils ne veulent toujours pas les soins precoses… Ils vont nous em…. der encore longtemps, ils semblent apprécier cette situation où tous les français, vaccinés, sont avec eux jusqu’à oublier que la France va bientôt faire faillite… Derniere trouvaille, 4 milliards donnés pour l’inflation à coup de 100 euros, une fois. Personne n’avait demandé une telle générosité !

    • la guerre contre le covid permet de cacher le reste du désastre.

    • Je ne suis pas un spécialiste évidemment, mais il y a quelque chose qui m’étonne.
      Comment une bureaucratie centrale peut-elle décider du nombre de doses à administrer à chaque citoyen ? Cela devrait être le rôle du médecin d’évaluer l’état de santé général de la personne, les facteurs de comorbidités, les facteurs qui augmentent le risque de certains effets secondaires, si la personne a déjà contracter le covid et vérifier le taux d’anticorps pour déterminer si le vaccin est nécessaire ainsi que le nombre de doses à administrer…

      • Avant, le médecin prescrivait le traitement qu’il trouvait le mieux adapté, en fonction de son expérience et ses longues études.
        Mais ça, c’était (dans le monde d’) avant.
        Quand le président n’était pas encore le plus grand épidémiologiste du monde.

      • L’administration est sous les ordres du ministre, le ministre sous les ordres du président, le président est en campagne électorale et a besoin de riches sponsors comme les pharmaciens…. Je délire, nous sommes dans un pays où le pouvoir est entre les mains de gentils….j’en doute mais ça me rassure, il a un beau sourire le président le premier ministre.. Veran un peu moins.

  • Paternalisme bureaucratique ?
    Non, tout simplement du despotisme qui se croit éclairé, alors qu’il ne fait que plonger un peu plus chaque jour le pays des lumières dans l’obscurité.

  • Le méchant peut être très méchant mais dans les meilleurs films, on a quand même de l’empathie pour lui, voire plus que pour le décrété gentil. Qui préférez-vous à l’écran? Batman ou le Joker ?

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