Reconfinement des non-vaccinés : vers un monde de suppression des droits

Lock down BY ViNo G (CC BY 2.0) — CC-BY

Si les élites politiques distillent le poison d’un apartheid au sein de leur propre population, que serons-nous prêts à accepter ensuite ?

Par Margot Arold.

Valérie Pécresse ne s’en cache pas : « S’il y a une recrudescence de la pandémie qui met en danger des vies, je ne reconfinerai pas tous les Français. Les Français qui se sont fait vacciner ont pris leur responsabilité, j’envisagerais le reconfinement uniquement des non-vaccinés. »

Même son de cloche chez Xavier Bertrand. L’ancien ministre de la Santé a lui aussi surfé sur la responsabilité et les « efforts » (sic) de ceux qui ont accepté d’être vaccinés. La suppression des droits élémentaires d’une partie de leurs concitoyens ne semble pas les effrayer.

Ils proposent donc de confiner des non-vaccinés pour éviter qu’ils contaminent des personnes vaccinées. Cherchez l’erreur…

Premier problème : donner des droits aux uns et pas aux autres n’est ni égalitaire ni respectueux de la Constitution

Curieusement, en mars 2020, lorsqu’il a été établi que les plus vulnérables face au covid étaient les personnes âgées de plus de 75 ans, il n’a pas été envisagé qu’elles soient les seules confinées, même pas pour laisser travailler la population active. Non : tout le monde a été confiné, à risque ou pas à risque, sans distinction d’âge. À ce moment-là, un seul mot d’ordre : on ne peut pas enfreindre la Constitution en attribuant des droits aux uns et pas aux autres.

Aujourd’hui, ces scrupules ont disparu : et si les non-vaccinés étaient confinés ? En jetant au passage un petit coup d’opprobre sur eux, ce qui permet de ratisser quelques électeurs en plus…

Deuxième problème : le glissement vers un monde de suppression des droits

Accepter la suppression des droits d’une partie de la population pour (en vrac) protéger la population (ce qui est sujet à caution), forcer les gens à être vaccinés (contre un virus qui n’est plus guère mortel), ou éviter l’engorgement des hôpitaux (qui se vident progressivement de leur personnel soignant) : tout cela risque de glisser vers un totalitarisme qui ne dit pas son nom.

Interdire à une partie de la population de circuler ? Et ensuite ? De quoi d’autre les Français non-vaccinés seront-ils privés ? D’accès aux soins au motif qu’ils n’ont pas accepté une deux trois injections ? On n’en est pas si éloignés…

Si les élites politiques distillent le poison d’un apartheid au sein de leur propre population, que serons-nous prêts à accepter ensuite ? Là est le vrai danger : que l’on cautionne au nom d’un prétendu bien-être sanitaire général l’exclusion sociale de tout un pan de la population, quelle qu’elle soit.

Remplaçons « les non-vaccinés » par d’autres termes, pour mesurer le champ des possibles : « J’envisagerais le reconfinement uniquement des non-vaccinés »,  « j’envisagerais le reconfinement uniquement de ceux qui ont un véhicule diesel » ? « Uniquement de ceux qui ont la peau noire » ? « uniquement des homosexuels » ?

Tous les totalitarismes ont pu se mettre en place avec l’argument du bien commun. Aujourd’hui c’est au nom de votre santé.  C’est toujours pour votre bien.

Écouter ceux qui disaient tout et son contraire ?

Après « les masques sont inutiles » puis « si vous ne portez pas votre masque vous serez passible d’une amende », après « les vaccins ne seront jamais obligatoires » puis « si vous n’êtes pas vacciné vous n’aurez pas de pass sanitaire », après « vous avez votre pass sanitaire » puis « vous ne l’aurez plus si vous n’avez pas reçu votre troisième dose », pourquoi faudrait-il admettre comme vérité suprême ce qui sort de la bouche de ceux qui ont menti plusieurs fois auparavant ? Comment croire qu’on en restera là, que la situation ne va pas continuer à se dégrader ?

Réveillons-nous.

«  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.  »1

  1. Citation du pasteur Martin Niemöller, dont plusieurs versions existent, l’une figurant au musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis.
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