Levons l’obligation du port du masque en extérieur !

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À quoi peut donc servir cette interdiction de se promener sans masque ? À rendre la pandémie visible pour que les Français ne baissent pas leur garde.

Par Adnan Valibhay.

Souvenez-vous, c’était au printemps. Les pharmaciens n’avaient pas le droit de vendre des masques. Pire, ceux qui ne respectaient pas cette interdiction pouvaient s’exposer à six mois de prison et à 10 000 euros d’amende. Le 20 mars 2020, à Annecy, le gérant d’une officine pharmaceutique a ainsi été poursuivi pour avoir vendu 230 masques à prix coûtant et avoir simplement fait ce qu’il estimait relever de son devoir.

Aujourd’hui, le port du masque en extérieur peut être obligatoire. Tout contrevenant s’expose même à 135 euros d’amende à moins qu’il fasse du vélo, court, fume ou mange. Toutefois, les forces de l’ordre se montrent bien souvent compréhensives en ne verbalisant pas les personnes dont la bonne foi est manifeste, ce qui est tout à leur honneur.

Prudence excessive

Dans l’inconscient collectif, le port du masque sert à freiner la diffusion du SARS-CoV-2  et son efficacité est démontrée. C’est vrai en intérieur, mais discutable à l’extérieur. Le 11 mai dernier, le New York Times a publié un article dans lequel il est affirmé que le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, soit la plus haute autorité de santé américaine, a déclaré que moins de 10 % des contaminations au Covid advenaient en extérieur.

Cet article, décidément très critique, indique que cette statistique se fonde en partie sur une mauvaise classification de certaines contaminations qui ont en réalité eu lieu dans des lieux clos. La part des contaminations en extérieur, selon la même source, se situerait sous la barre des 1 %.

Accréditant cette thèse, une étude chinoise, publiée pour la première fois le 31 octobre 2020 par les chercheurs Hua Qian, Te Miao et Yuguo Li, a conclu que sur 7324 cas de contaminations, seulement une seule était survenue en plein air, dans le cadre d’une conversation entre deux personnes.

Oui à l’intérieur, non à l’extérieur

En conséquence, même en admettant que certains variants se transmettent plus aisément en plein air, le port du masque ne saurait être justifié tant les chiffres tendent à démontrer que les cas de contaminations en extérieur, hors de tout lieu clos, sont résiduels et manifestement négligeables.

Que cette obligation vaille dans le métro, ou dans les lieux de travail, soit. Mais qu’elle cesse dans les jardins ou les trottoirs où elle ne fait qu’accroître le mal-être des Français dont le moral est déjà au plus bas.

À quoi peut donc servir cette interdiction de se promener sans masque ? À rendre la pandémie visible pour que les Français ne baissent pas leur garde. Le problème est que dans une démocratie libérale, le principe est censé être la liberté, pas la sécurité. L’État doit donc impérativement cesser de jouer au Diafoirus, célèbres médecins du Malade imaginaire en levant cette interdiction au plus vite.

Un article publié une première fois dans Les Échos.

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