Les Français : moins jacobins, mais toujours étatistes

Les Français attendent toujours beaucoup de l’État, que ce soit sous la forme de l’État central ou des régions.

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Les Français : moins jacobins, mais toujours étatistes

Publié le 3 octobre 2021
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Par Francis Richard.

Le sondage IFOP commandité par Régions de France et la Fondation Jean-Jaurès et publié le 29 septembre 2021, montre qu’une majorité de 74 % des Français interrogés font davantage confiance aux régions qu’à l’État, sous-entendu central. Ces Français ne sont décidément plus trop jacobins, s’ils ne l’ont jamais été, mais, bien formatés, ils restent néanmoins étatistes.

À leur décharge, ils ne peuvent comparer l’État aux régions qu’à l’aune des quelques pouvoirs concédés à ces dernières en matière de développement économique, d’aménagement du territoire, de transports non urbains, de gestion des lycées, de formation professionnelle, que, dans l’ensemble, ils connaissent assez bien et dont ils semblent plutôt satisfaits.

Ce sont déjà autant de pouvoirs qui permettent aux régions d’intervenir et de s’immiscer dans leur vie quotidienne. Elles ne font en effet que se substituer partiellement à l’État dans des domaines où, si on leur laissait entière liberté, ils prendraient leur destin en main et, parce que ce serait moral, seraient plus efficaces que n’importe quelle structure étatique.

Confiance accrue des Français envers les régions plutôt qu’envers l’État

Dans le contexte de la prétendue crise sanitaire, où le pouvoir  politique s’est arrogé indûment le pouvoir médical, il n’est toutefois pas surprenant que 57 % aient plus confiance dans les régions pour assurer un accès aux soins équitable sur le territoire. Ils ont pu constater à quel point des mesures nationales uniformes avaient été néfastes localement.

Ces Français interrogés comprennent que les décisions bureaucratiques et technocratiques prises par l’État central, parce qu’il est éloigné d’eux, ne tiennent pas compte des réalités du terrain. Ils aimeraient donc que les régions, parce qu’au moins elles sont plus proches d’eux, aient davantage de pouvoirs que ceux qui leur sont actuellement concédés.

Mais, curieusement, il ne semble pas qu’on leur ait demandé quels autres pouvoirs ils souhaitaient voir attribuer aux régions. Ainsi, du sondage IFOP, il ne ressort pas de question posée sur la sécurité ni sur les impôts et taxes, alors que les Français devraient pourtant, bien légitimement, avoir leur mot à dire sur ces sujets qui les touchent directement.

Dans ce sondage, 45 % des Français déclarent que, parmi toutes les collectivités du mille-feuilles territorial, ils s’identifient avant tout à leur commune, 34 % à leur pays, 11 % à leur région, 10 % à leur département. C’est à la fois réconfortant et rassurant, parce qu’après tout les régions et les départements ne sont que des constructions sans réels fondements.

Le rôle de l’État reste présent

Les Français attendent toujours beaucoup de l’État, que ce soit sous la forme de l’État central ou des régions. Le quoi qu’il en coûte présidentiel, qui est une manière de les acheter, donc de les asservir, n’est pas de nature à les en guérir. D’aucuns croient même qu’ils n’auront jamais à en assumer le coût. Ils déchanteront d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard.

S’il leur prenait l’envie de vouloir contrôler l’État à tous les échelons cela ne leur serait possible que par un renversement de la pyramide des pouvoirs. Car seul l’individu doit détenir le pouvoir s’il veut être libre et il ne doit le déléguer que du bas vers le haut, avec la possibilité de le reprendre quand il n’est pas satisfait. C’est la subsidiarité ascendante.

Le modèle suisse

La Suisse, où est instaurée imparfaitement cette subsidiarité est l’un des pays où les libertés individuelles sont les mieux garanties. En multipliant les lois nationales, en bafouant le droit, la Confédération a récemment eu tendance à les piétiner. S’il n’existait pas de contre-pouvoirs en Suisse, un totalitarisme mou adviendrait très vite, accompagné de ses effets de ruine.

Alors, quelle que soit la forme que revêt l’État, pour ce qui est de la France, qu’il s’agisse de la commune, du département, de la région ou de l’État central, pour ce qui est de la Suisse, qu’il s’agisse de la commune, du canton ou de la Confédération, il est impératif d’avoir présent à l’esprit ce que disait Frédéric Bastiatdans Les harmonies économiques :

Il ne faut attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité, et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième.

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  • Enfin une bonne nouvelle.
    Ce ne sera malheureusement pas pour demain.

  • ah ben si ils font confiance aux régions…

    donc au lieu du nutritionniste ecolo ethico climatiste payé par l’etat pour décider d’un repas vegan bio par semaine à l’école du petit , c’est quand même mieux si il est payé par la région..

    en général quand on ne comprend pas exactement la question , mieux vaut cocher »je ne sais pas , ça dépend de quoi vous voulez parler. »

    • Poser de vraies questions est un risque pour l’état et pour les grandes régions que la population rejette.
      En Alsace 75% de la population rejette le centralisme imposé ou la pseudo région.
      Le président de conseil général ne parvient pas à faire fonctionner une politique de proximité qui serait bénéfique connaissant le mieux le terrain.
      Donc non on ne pose pas les bonnes questions.
      Les résidents des régions sont dégoûtés par une politique irresponsable pour ne plus aller voter.
      Ce qui aggrave encore la situation

      • en effet confiance pour quoi et qu’entend pas « région »… c’ets qui ou quoi la région? et d’où tire t elle ses sous?

        le fait est que souvent on voit des folies au niveau local… du simple fait que celui qui profite n’ets pas celui qui paye….

        il faut peu s’éloigner du principe qui paye décide et bénéficie.

  • La France est le paradis des assistés. L’État doit tout mais personne ne veut payer d’impôts. Quand à la gestion onéreuse des régions, non merci!

    • La gestion onéreuses des régions ?
      C’est l’état qui pilote en siphonnant les ressources et en ne décentralisant pas.
      La gestion des ARS c’est l’état.
      Être à la tête d’un département et gérer le social et les collèges c’est sur qu’on n’ira pas loin.
      Diminuer les strates et décentraliser. Donner au président des départements plus de pouvoir n’est pas dans l’intérêt de l’état.

    • Pour paraphraser Bastiat cf. fin de l’article lorsque les français ont demandé l’égalité et la fraternité ils ont perdu la liberté et la sécurité, merci la révolution et la terreur de 1793 qui ont marqué l’avenement des jacobins (les montagnards).

  • Quand les français auront compris que la plupart de nos maux viennent de l’État qui s’occupe au détriment de sa mission première, la sécurité extérieure, intérieure, sanitaire et des libertés, on aura fait un grand pas en réalisme!

  • L’éducation nationale a formaté les esprits des français à être accros à l’état providence. Et ce n’est pas près de changer.
    S’ils font plus confiance à la région qu’à l’état c’est parce-que 80% d’entre eux ne sais pas qui fait quoi.
    Comment faire confiance à une région qui construit des rond-points tous les km alors que les routes sont en mauvais état ?
    Comment faire confiance à une région qui embauche à tout va pour travailler 10h par semaine ?
    Comment faire confiance à une région qui vote des budgets pour des lignes des chemin de fer qui restent vides et en doublon avec des lignes de car maintenues ?
    Comment faire confiance à des régions qui veulent supprimer le transport individuel alors que leur président ne se déplace qu’en voiture de fonction ?
    Etc, etc

  • Pour conjurer l’extension de l’Etat central, il faudrait supprimer l’élection centrale c’est à dire la présidentielle. Car ces élections sont devenues un supermarché de promesses d’aides en tous genres qui tentent l’électeur-client avec sa carte de vote qui se répercute ensuite sur la forme et sur le fond à tous les niveaux inférieurs. Acceptons un chef d’Etat et non un chef de l’Etat.

  • L’auteur nous apprends que les départements ne sont qu’une construction sans réel fondement : les départements correspondent à plus de 80 % aux anciennes provinces de l’Ancien Régime, lesquelles étaient découpées sur la base des diocèses romains du Bas-Empire, diocèses eux-mêmes calqués sur les territoires des tribus celtes qui nous avaient envahies durant 5 ou 6 siècles à partir du VIIIè siècle avant JC…
    Bref, pour une construction sans fondement, on fait mieux.

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