Pourquoi la décroissance n’est pas la solution

La décroissance n’a jamais et ne sera jamais une solution sérieuse pour résoudre nos problèmes environnementaux. Pire, elle les aggraverait.

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Pourquoi la décroissance n’est pas la solution

Publié le 9 septembre 2021
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Par Damien Conzelmann.

Sur les ondes de France Inter, Olivier Blanchard, ex-chef économiste du FMI, déclarait qu’il n’y a pas à sacrifier la croissance pour éviter le réchauffement climatique :

 

Il n’en fallait pas plus pour réveiller et indigner tous les partisans de l’idée de décroissance économique. Les insultes ont fusé. Gilles Raveaud a même parlé de « naufrage intellectuel ». Récemment, la publication d’un brouillon du GIEC a également relancé de nombreux débats.

En effet, le sujet que nous allons ici aborder est épineux, clivant et sujet à de nombreuses polémiques : il s’agit de la décroissance. Omniprésente dans les milieux écologiques, la décroissance est une idée qui gagne du terrain jours après jours et qui séduit de plus en plus, notamment parmi ceux qui voient en elle la seule solution viable pour échapper à un effondrement de notre civilisation. Mais qu’en est-il vraiment ?

Les limites de la décroissance

Popularisée dans les années 1970, sous l’impulsion d’auteurs comme Nicholas Georgescu-Roegen et surtout du très médiatisé rapport Meadows, ou The Limits To Growth (Les Limites de la Croissance), la décroissance souffre de nombreuses limites.

Des problèmes se posent dès le début : comment pourrions-nous décroître ? La croissance n’est en effet pas un levier magique que l’on actionne. Basiquement, décroître c’est baisser le pouvoir d’achat de manière substantielle.

Pour ce faire, il n’y a pas des milliards de solutions.

Augmenter les impôts sur les ménages

Cette mesure ne semble pas réaliste du point de vue de l’acceptabilité sociale.

Augmenter les impôts sur les entreprises

De sorte à diminuer leur capacité productive et donc, in fine, à augmenter le prix de leurs productions, diminuant de fait le pouvoir d’achat des ménages. Là encore, cette solution semble peu réaliste. Cette mesure étant très coercitive, il serait très compliqué de la faire accepter et elle s’accompagnerait de nombreuses faillites, d’une hausse du chômage et d’une hausse de la pauvreté.

Rationner la consommation

Il s’agit d’une mesure autoritaire difficilement envisageable qui, là encore, se heurterait à de graves répercussions sociétales.

On le voit, la décroissance serait dans le cadre de notre système économique une catastrophe, s’accompagnant d’une hausse du chômage, de la pauvreté, de mouvements sociaux importants et de nombreuses faillites d’entreprises.

Des économistes ont essayé de bâtir des scénarios dans lesquels nous pourrions décroître tout en réduisant le chômage et la pauvreté. Ce fut notamment le cas de Peter Victor de l’université York au Canada dans une étude publiée dans la revue Ecological Economics. Ainsi l’auteur préconisait-il une réduction du temps de travail de 75 % en 2035.

Néanmoins, son modèle se heurte vite à de nombreuses impasses.

Tout d’abord, cette décroissance aurait pour impact une diminution drastique des dépenses gouvernementales. L’auteur n’explique pas comment cela pourrait se faire et pas davantage non plus à quoi, concrètement, un tel système ressemblerait.

Une économie en décroissance ne pourrait investir ni dans les services publics, ni dans la transition énergétique. Où donc se feraient ces coupes budgétaires ? Sur la santé ? La police ? La défense ? En parlant de santé, comment pourrions-nous maintenir notre système de sécurité sociale déjà hautement déficitaire que défendent pourtant tous les adeptes de la décroissance ? Notre modèle social très redistributif est massivement dépendant des rentrées fiscales.

Et pourtant, la transition énergétique va nécessiter de nombreux investissements publics : développement de notre infrastructure ferroviaire, de l’industrie du recyclage, électrification de notre industrie, développement des transports en commun, électrification de notre parc automobile, construction/entretien de centrales nucléaires, rénovation massive des logements, etc.

Dans ces conditions, il semble inconscient d’opter pour un système qui nous pousserait à diminuer drastiquement les dépenses publiques (presque de moitié, à en croire la simulation de Peter Victor). Freinant l’innovation et empêchant les investissements nécessaires, la décroissance nous empêcherait de développer une industrie bas-carbone.

Outre la question de la transition énergétique, se pose également la question de l’adaptation aux effets du réchauffement climatique. En effet, la protection des villes et cultures face aux catastrophes climatiques nécessitera de la croissance.

Il en est de même pour la construction de digues, nécessaires à la protection des côtes face à la montée des eaux. Enfin, l’adaptation des cultures au réchauffement climatique (irrigation, intrants, gestion de la sécheresse, de l’aridification…) là encore supposera que nous ayons de quoi investir et produire. La décroissance serait alors une mise à nu dans un monde qui deviendrait de plus en plus dangereux.

Un changement autoritaire de système, irréaliste et liberticide

Les partisans de la décroissance objecteront que, bien sûr, rechercher la décroissance au sein de notre modèle économique actuel est une hérésie. Pour cette raison, ils préconisent un changement de système.

La décroissance serait donc à traiter dans le cadre d’un système totalement différent du nôtre. Évidemment, ils sont également partisans d’une économie massivement planifiée qui concentrerait les ressources sur les biens considérés comme essentiels, délaissant les biens non nécessaires, ou inutiles.

Se pose alors une autre question, celle de décider de ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Là encore, ce genre de calculs risque de se heurter à de sérieuses levées de boucliers. Comment différencier ce qui est une production essentielle de ce qui n’en est pas ? Un vote ? Cela ne semble guère réaliste.

Adopter la décroissance ne nécessiterait pas seulement un changement complet et radical de notre modèle économique, mais également un changement de culture. Ce qui, assurément, semble plus relever de l’utopie… et à l’heure où 74% des Français se déclarent opposés à la limitation de vitesse à 110km/h sur toutes les autoroutes, autant dire que le jour où ils accepteraient de baisser massivement leur niveau de vie et leur confort est encore loin (et heureusement)…

Enfin, imposer une réduction de son niveau de vie à toute la population serait terriblement liberticide : de nombreux commerçants devraient mettre la clé sous la porte, de nombreuses personnes ne pourraient plus consommer les biens qu’elles souhaitent si tant est que ces derniers soient considérés comme inutiles…

Enfin, pour être efficace, la décroissance devrait se faire à un niveau mondial. Or, les pays pauvres et en développement aspirent à des horizons radicalement différents. Ils rêvent justement d’accéder à un confort de vie comparable au nôtre. Et qui pourrait le leur reprocher ?

Les partisans de la décroissance répondent que cette dernière pourrait justement être vue comme un facteur d’équilibrage des rapports de forces géopolitiques. Ainsi, les pays riches pourraient décroître tandis que les pays pauvres auraient la liberté de continuer à se développer.

Cela semble recevable sur le papier, mais c’est omettre un élément majeur : la plupart des pays pauvres tirent une grande partie de leur croissance de leurs exportations vers les pays riches. La décroissance des pays riches entraînerait une crise majeure au niveau mondial et, in fine, la décroissance subie des pays pauvres.

Pour toutes ces raisons, on ne peut pas croire que la décroissance puisse être sérieusement envisagée comme une solution crédible et durable aux problèmes environnementaux.

Si elle était mise en œuvre elle ne permettrait même pas de réellement diminuer nos émissions. Au contraire, elle aggraverait notre situation tout en poussant les populations les plus pauvres de la planète vers une misère totale. Plus que jamais, il serait temps d’en finir avec ce mythe.

Publié initialement 27 juin 2021.

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  • Il n’y a jamais de solution à un non problème, à part l’oubli et passer à autre chose… Sauvez la couche d’ozone, sauvez les baleines .. Se sauvez vite loin de ce cafarnaum d’idées idiotes, Afrique Asie. A part dans l’ue et la Californie hollywoodienne , le monde entier s’en fout de ces histoires

  • La décroissance n’est pas la solution,
    non, elle est inéluctable !
    (Au sens de « Croissance » telle qu’elle se manifestait il y a un siècle.)
    Le Problème n’est pas le climat, mais la démographie.
    ‘on ne prends pas en compte ces deux données fondamentales, factuelles, on ne raconte que des débilitudes.

    • La démographie n’est pas un problème quand elle est positive, on manque de bras partout, et oui on n’est pas assez nombreux ici et trop nombreux là, d’où la politique migratoire…. Vous êtes vraiment tous obsédé par la population mondiale, certains pensent même qu’il y a trop de vaches…. mais pas assez d’oiseaux…

    • Cessez avec cette fable inventée par les écolos. En quoi la démographie pose problème? Les démographes prévoit un max de population à 9 ou 10 milliards, puis la population mondiale baissera comme en occident. C’est la pauvreté africaine qui la fait croitre actuellement.

      •  » max de population à 9 ou 10 milliards »
        On est deja a presque 8 et on a double depuis ma naissance (annees 60). vous pensez serieusement qu on va pas depasser les 10 a moins d une epidemie carabinee (pas le covid qui tue peu et que des vieux) ?

  • Il existe une méthode simple pour obtenir la décroissance, c’est d’arrêter l’état providence qui entraine explosion des impôts et dérive nataliste. Si les incitations natalistes n’existaient pas la population diminuerait lentement. Au lieu de cela on a des allocations familiales, des ayant droit pour l’assurance maladie, et le quotient familial pour l’impôt sur le revenu. Que les familles payent le vrai prix.
    PS je vais me prendre plein de downvote 🙂

    • Amusant: Je fais le diagnostic inverse: l’arrêt de la redistribution (retraites incluses) entraînerait une hausse limitée de natalité, car les gens ne compteraient plus sur les autres pour assurer leur futur et pourraient choisir d’investir dans leurs familles.
      Dommage, on ne saura sans doute jamais qui avait raison.

      • Curieux raisonnement !
        Les enfants coûtent cher; si on ne peut plus compter sur les autres pour les financer on évite de trop en pondre.
        Arrêter la redistribution à outrance me paraît l’approche la plus écologique avec à terme décroissance du PIB marchand mais croissance du PIB marchand par habitant: moins de monde, plus d’espace et de prospérité, moins d’impact sur la planète. On n’en prend pas le chemin, surtout avec les pastèques.

        • Si l’on en croit le classement des pays par taux de natalité, les premiers sont aussi les pays les plus pauvres. Comme le dit justement Pangzi, les enfants sont souvent vu comme une « assurance » pour le futur, sans compter le fait que la contraception y est moins accessible. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_natalit%C3%A9

          • oui, dans beaucoup de pays pauvres, où la redistribution sociale est faible ou inexistante, des enfants nombreux remplacent la sécurité sociale te la retraite.

            • en fait tout depend du type de pays dans lequel vous etes
              Un pays agricole arriere : faire beaucoup d enfants vous assure des bras et un futur
              Un pays developpé: un enfant coute cher et il vaut mieux avoir un fils polytechnicien que 10 au RSA pour vos vieux jour

  • Il suffit que les écolos demandent à leurs amis de lfi comment se passe la décroissance au Venezuela, ils en verront vite tous les bienfaits.

    • La décroissance au Venezuela n’est pas due au régime progressiste en place à Caracas mais aux mesures de rétorsions américaines.

      Voilà comment LFI répond en une phrase. Il n’est pire aveugle… Le plus navrant est que nombreux sont ceux qui croient à ces balivernes.

      • LFI continue de nous sortir ces conneries communistes digne d’un type dont l’ignorance économique crasse frise la débilité! Les USA continuent d’acheter le peu de pétrole que ces deniers réussissent à extraire de leurs puits en mauvais états car pas entretenus. Ce qui a ruiné le Venezuela sont le socialisme, Chavez a tout nationalisé, et la corruption, le même a légué à sa fille 5 milliards de dollars sur sa paye de colonel de l’armée (plutôt du fric du pétrole détourné) et il a d’autres enfants dont on ignore la fortune!

  • Il faudrait conseiller à Olivier Blanchard de lire le livre de Christian Gerondeau qui démontre de façon imparable que les pays occidentaux ne peuvent rien faire , absolument RIEN pour modifier le climat à court, moyen et sans doute aussi long terme. Cela lui évitera de dire des bêtises.
    Quant à la décroissancce, que ce soit celle du PIB ou du nombre d’humains sur terre, c’est une nouvelle religion. Aussi justifiée que celle des grecs anciens.

  • C’est exactement l’inverse, la décroissance provoquerait la chute de notre civilisation! Au profit de la Chine.

  • Tout à fait exact. Ce n’est pas pour rien que EELV sympathise et s’allie avec LFI. Communiste un jour communiste toujours!

  • Cette mise au point souligne à quel point les écolos sont des tarés dangereux pour l’humanité et la planète!

  • Mais on a vu à quoi pouvait ressembler la décroissance : il s’agit tout simplement des mesures covid.

    -Contrôle des déplacements.
    -Rationnement en matière d’accessibilité des commerces : certains ne s’en relèveront pas.
    -Fermeture de ce qui n’était pas considéré comme essentiel, en fonction de critères parfois délirants, comme en Belgique les coiffeurs qui ont eu le droit d’ouvrir à nouveau et pas les barbiers.

    On a vu les marxistes du PTB réclamer au printemps 2020 la fermeture de tout ce qui n’était pas essentiel, puis retourner leur veste fin 2020 voyant la « popularité » de ce genre de mesure.

    J’ai vu quelqu’un que je connais se lamenter que les levées de fonds pour les projets collectivistes-culpabilisants se tarissaient. Forcément, les endroits pour collecter étaient vides : pas essentiels disait le gouvernement.

    Mais cela n’empêchera pas tous ces adeptes de la décroissance d’oublier les leçons des mesures covid aux conséquences décroissantes dès que celles-ci s’éloigneront.

    A désespérer !

    • on l’a aussi vu de 1940 à 1944 : l’Occupation Allemande a été un très puissant facteur de décroissance. Peu de gens en ont gardé un bon souvenir, sauf quelques opportunistes.
      Mais je ne suis pas sûr que l’environnement s’en soit mieux porté.

  • On peut même facilement démontrer que ce but ne pourrait qu’être atteint avec leur solution : l’auteur écarte ici des hypothèses qui ne les dérangeront pas comme augmenter les impôts, ce qui est possible en fait, avec la coercition qui va avec, et qui entraînera une fuite des agents productifs, soit vers des pays plus accueillants, soit dans la procrastination, ce que l’on a pu voir en URSS…

  • Mis a part une réserve sur le réchauffement, qui peut partiellement avoir pour cause nos émissions, pour le reste je suis d’accord avec vous.

    J’airais même plus loin: les mesures prises par les écolos génèrent plus de problèmes écologiques et dans le meilleur des cas sont sans grande efficacité sur leur cible directe…

  • Décroissant ? D’accord !…… Mais seulement au petit déjeuner !

  • bah…

    la décroissance..concept à préciser.. c’est à dire à qualifier.

    la décroissance forcée c’est comme la croissance forcée… c’est un problème pour la liberté individuelle..

    rencontrez un «  »décroissant », ou un « croissant!!! c’est en fait un adepte de la décroissance obligatoire, il ne la pratique pas…. , c’est une personne qui veut contrôler votre vie..qui veut même contrôler la vie de tous… rien de nouveau ici.

    l’effet du CO2 fossile sur le climat, la biosphère est une question de nature scientifique , le jugement porté dessus ne l’est pas.

    tout « scientifique » qui porte un jugement de valeur, perd en le faisant la distance necessaire pour analyser ce genre de problème complexe et incertain.

    ce n ‘est PAS un point de détail..peut on faire confiance aux climatologues ?? oui, à la condition qu’ils prouvent qu’il échappent à plusieurs biais…

    le biais politique ( la solution me plait) , et le biais professionnel ( la solution me donne du boulot).

    on voit exactement l’inverse..

  • à population et niveau de vie donné.. sinon une personne qui vit chichement a moins d’impact…et une personne de moins encore moins..

    mais justement les décroissants veulent faire décroitre..les autres..

  • A la prochaine diminution de leur instinct de survie, ils se précipiteront en masse du haut d’une falaise en nous expliquant que l’homme peut voler comme une linotte.

  • A l’auteur qui devrait voir les vidéos de JANCOVICI, BIHOUIX, PITRON, Nous utilisons des stocks de matières premières qui un jour s’épuiseront, principalement le pétrole qui a déjà passé son pic dans le conventionnel e diminue de 5 % par an. E avec les 3/4 des investissements nécessaires pour maintenir la production, il manquera 10 millions de barils en 2025 .
    « Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Kenneth Boulding (1910-1993), président de l’American Economic Association.

  • Le malthusianisme est un grand malheur qui conduit au socialisme.
    On interdit la réussite, la croissance, en pensant que la richesse des uns est un appauvrissement des autres.

  • il faut pas mettre la charrue avant les boeufs. l idee de decroissance est une suite logique du constat de la finitude des ressources.
    Par ex si on exploite une matiere premiere (petrole, cuivre, bauxite …) a un moment elle va se rarefier puis disparaitre
    donc on va avoir une flambee des prix qui fait que plus personne ne pourra se la payer avant qu elle ne soit plus dispo pour de bon
    a partir de la le systeme actuel s effondre (par ex plus de cuivre = plus d appareils electriques)
    La decroissance est donc une reponse a ce probleme en voulant reduire la consommation de facon ordonnee avant d avoir des penuries et une effondrement systemique
    Evidement on peut dire que ces penuries n arriveront jamais (par ex on trouvera d autres ressources ou un ersatz)
    Mais si on considere que les ressources sont finies, il y a forcement un moment ou ca va coincer

    Personnellement je pense comme l auteur qu il est illusoire d essayer de limiter la consommation des gens car ils ne le supporteront pas. donc si vous pensez que les ressources naturelles sont finies et qu un jour on arrivera a leur limite, vous aurez un monde a la mad max.

  • La décroissance ne peut voir le jour que dans un système totalitaire.
    Il existe déjà des pays où elle existe, Cuba, Corée du Nord…
    Je suggère aux tenants de cette doctrine d’aller vivre dans ces paradis quelque temps et de revenir nous expliquer comment ça marche…

  • Cet article semble faire une confusion entre la décroissance comme réalité physique et la décroissance comme projet politique.
    Historiquement l’homme a commencé à exploiter les ressources en matières premières et énergies fossiles en commençant par extraire ce qui était le plus facile. Et au fur et à mesure on passe à des filons en teneur plus faibles, moins accessibles, qui demandent au final plus d’énergie pour l’extraction ; et comme l’énergie nécessaire pour cette extraction est aussi concernée, il y a le risque d’un cercle vicieux.
    Pour les énergies, un concept très utile est celui d’EROI (terminologie US) ou de taux de retour énergétique. Un EROI de 10/1 signifie que pour obtenir 10 litres d’essence ou équivalent il faut en consommer 1.
    Par exemple, pour les sables bitumineux du Canada, l’EROI varie très grossièrement entre 2 (si vous respectez l’environnement) et 3 (si vous le salopez avec frénésie). Or historiquement, les sociétés avec un EROI de 2 à 3 sont les sociétés préindustrielles. Nous sommes actuellement à 10 ou plus.
    Cela concerne aussi partiellement des ressources comme l’hydroélectricité, puisque nous avons déjà équipé en Europe tous les sites faciles à équiper, ou le recyclage, puisqu’à chaque phase du recyclage, le taux baisse et/ou l’énergie nécessaire croit.
    L’auteur parle du concept politique de décroissance, mais il cite le Rapport Meadows et Nicholas Georgescu-Roegen. Donc je vois quatre possibilités :
    1. Il ne les a pas lu.
    2. Il les a lu mais ne les a pas compris. Il serait urgent d’ajouter au cursus des écoles d’économie, des notions de base de thermodynamique, de géologie et un cours complet d’histoire de l‘énergie ou équivalent. Cela pourrait concerner aussi les écoles de Science Politique, l’ENA… si notre président a effectivement tablé sur un retour d’une croissance à deux chiffres !
    3. Ses œillères idéologiques l’ont empêché d’avoir une approche globale du phénomène.
    4. Pour la 4e, je préfère ne pas l’évoquer
    Donc je conseillerais à tous de lire les auteurs qu’il cite, et ceux donnés dans d’autres commentaires et d’autres auteurs US en particulier comme Charles Hall. Vous pouvez en trouver les références dans mes articles… et ailleurs aussi. Et vous faire votre propre jugement !
    Cornegidouille

  • Et pur les références, j’ai oublié de préciser mon site : chronique de Rhea (cordpress.com)

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