Les cadeaux fiscaux empoisonnés de Macron

Contrairement à ce que colportent les médias subventionnés, Emmanuel Macron n’a pas fait de cadeaux fiscaux. Les dépenses publiques ne cessent d’augmenter.
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Les cadeaux fiscaux empoisonnés de Macron

Publié le 19 août 2021
- A +

Par Simone Wapler.

L’urgence sanitaire est à peine terminée que voici l’urgence climatique qui pavera la voie de l’enfer fiscal.

Nous sommes déjà en période pré-électorale et les journalistes, peu portés au recul ou à la critique, nous vantent les baisses d’impôts du quinquennat Macron. Oui, cher camarade contribuable, Macron fut grand et généreux avec nous, jugez-en un peu : baisse des impôts sur les sociétés, suppression de la taxe d’habitation, transformation de l’ISF. Que de baumes sur nos cœurs meurtris de contribuables !

Bruno Le Maire s’autofélicite :

Nous sommes le gouvernement qui a le plus baissé les impôts en France depuis vingt ans.

Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas…

L’impôt sur les sociétés ?

Certes et tant mieux.

Mais dans les cartons de Bercy, il y a le projet d’appliquer aux SAS la règle fiscale introduite sous Hollande pour les SARL, selon laquelle les dividendes versés sont taxés comme de la rémunération s’ils dépassent les 10 % du capital social de l’entreprise. Il est probable qu’au 1er janvier 2022, les dividendes des petits entrepreneurs qui ont choisi ce statut seront requalifiés en revenu imposable au taux marginal dès lors qu’ils dépassent 10 % de leur capital social.

Suppression de la taxe d’habitation ?

Il faut être bien naïf pour croire que les propriétaires fonciers n’endosseront pas la perte de recette des collectivités. Déjà des municipalités sont tentées, probablement dans un premier temps au détriment des non-résidents qui ont l’avantage de ne pas être électeurs. Selon une étude de l’Association des maires de France (AMF), une municipalité sur trois envisage d’augmenter la taxe foncière, les maires prévoyant déjà que l’État ne compenserait pas la taxe d’habitation.

Philippe Laurent, coprésident de la commission finances et fiscalité de l’AMF et maire (UDI) de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine l’annonce :

Nous estimons que l’augmentation du taux de la taxe foncière sera en moyenne sur l’ensemble des communes de 2 à 3 % », […] Une commune sur six ne sera pas intégralement compensée pour la perte de la taxe d’habitation à partir de 2021.

Autre effet pervers de cette fausse baisse d’impôt, les communes ont de moins en moins de marge de manœuvre et dépendent de plus en plus de l’État. C’est donc une recentralisation masquée.

La douceur fiscale d’Emmanuel Macron n’est qu’un peu d’esbroufe. Si Pierre qui ne paie plus sa taxe d’habitation est grisé, il aura très vite la gueule de bois en payant ses taxes foncières et ses impôts sur ses revenus immobiliers.

Transformation de l’ISF en IFI ?

La belle affaire pour les nombreux propriétaires immobiliers dont le rendement locatif s’effrite sous l’effet de multiples exigences normatives les contraignant à des travaux inutiles et des mesures de blocage de loyer dans les zones dites tendues.

Mais, vous dites-vous peut-être, la flat tax, le prélèvement forfaitaire unique (le PFU) sur les revenus et plus-values des valeurs mobilières, voilà une chose positive. Il ne faut pas bouder une telle avancée.

Le PFU est de 30 %, exactement le taux de prélèvement de miel d’un apiculteur prudent. Oui, les apiculteurs savent depuis l’Antiquité qu’il vaut mieux ne pas se servir trop largement pour ne pas mettre l’essaim en danger lorsque la bise sera venue… Hélas, les taxateurs n’ont pas la délicatesse des apiculteurs. Les dépenses publiques excèdent 55 % du PIB depuis 2010. Ce qui n’est pas financé par l’impôt est financé par le déficit (et donc par la dette) depuis 45 ans.

Source INSEE

Vous noterez, cher lecteur, avec ce graphique édité par l’INSEE, que le taux de prélèvement d’un apiculteur de gauche ou de droite est beaucoup plus modeste que celui que les gouvernements français de gauche ou de droite appliquent depuis un demi-siècle.

Quand croire à une vraie baisse d’impôts ?

Il ne peut pas y avoir de baisse d’impôts sans baisse préalable des dépenses publiques. Il ne peut pas y avoir de baisse des dépenses publiques initiées par tous ceux qui ont été élus et portent une part de responsabilité dans cette dérive.

Nous vivons dans un pays où les partis, les syndicats, les associations, la presse, l’enseignement sont subventionnés et entendent bien conserver leurs avantages.

N’avons-nous pas vu le président du syndicat patronal MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, appeler l’État à nationaliser en mars 2020, en pleine crise sanitaire ?

Il ne faut pas avoir de tabou en la matière.

Aujourd’hui encore, le discours n’est pas à la baisse des dépenses publiques. Du bout des lèvres, la France subventionnée et ses fonctionnaires admettent seulement que les dépenses publiques pourraient être plus efficaces. Bref, en l’absence de candidat à la présidentielle portant un vrai programme crédible de recul de l’État sur tous les fronts, votre avenir de contribuable est sombre.

Le déficit, la dette, on s’en moque : place à l’urgence climatique

Une urgence chasse l’autre.

À peine le Covid et l’urgence sanitaire se sont-ils banalisés que nous voilà face à l’urgence climatique.

Ça tombe bien.

L’urgence climatique va permettre à la Banque centrale européenne de créer des milliers de milliards d’euros pour subventionner des énergies intermittentes et beaucoup d’autres choses selon madame Lagarde.

L’urgence climatique va permettre de taxer des pans entiers d’activité jaugées à l’aune des émissions de carbone.

On va vous demander de changer de chaudière, de voiture, d’isoler toujours plus votre maison, on va taxer vos billets d’avion, vos déplacements, votre consommation d’électricité. Ce sera l’enfumage fiscal au CO2.

Voici ce que j’écrivais dans La rage de l’impôt :

La facture de la lutte contre le changement climatique sera pour la France de 60 milliards d’euros en 2019. Ce montant représente presque la moitié des recettes 2018 de la TVA (129 milliards d’euros) ou plus des trois quarts de l’impôt sur le revenu (70,4 milliards d’euros). Une multitude de prélèvements divers entrant dans cette rubrique alourdissent considérablement notre facture fiscale. Influencer le climat de notre planète est beaucoup plus coûteux que la conquête spatiale.

Depuis, ces montants sont déjà largement dépassés et s’alourdissent compte-tenu des objectifs irréalistes désormais fixés : fin des moteurs à explosion, montée en puissance des énergies intermittentes, etc.

« Scellons un accord à la hauteur de l’urgence ! » a fébrilement twitté Emmanuel Macron réagissant à la publication du GIEC. « Le rapport du GIEC est sans appel. À nouveau. Le temps de l’indignation est derrière nous. Accord de Paris, neutralité carbone au niveau européen, loi climat… La France restera du côté de ceux qui agissent ».

 

De vraies baisses d’impôts ? N’y croyez pas une seconde ! La rage de l’impôt et la planche à billets de la BCE financeront les dépenses publiques les plus idiotes. Jusqu’à ce que la décroissance voulue par les écologistes annonce la fin du jeu.

Voir les commentaires (15)

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  • Merde c’est démoralisant cet article… et pourtant tellement réaliste. Je pense également que les solutions consistant à la suppression de niches fiscales / subventions , de ministères en dehors du régalien, de tous ces comités inutiles n’est pas pour demain ni après demain. Pour la BCE c’est l’horreur, comment une institution qui est censée garantir la stabilité monétaire commence à se mêler d’écologie !!?
    Déjà qu’à l’heure actuelle, il y a tellement d’argent déversé dans le système que le prix des actifs est complètement bidons.
    *Les actions ne reflètent plus l’espérance future de gain (cf Tesla ) !
    * Certains biens de consommation sont de ensues des actifs à part entière horlogerie ( Rolex, Audemar P, Patek) idem pour les sacs à main de grandes maisons.
    * L’immobilier ne reflète plus la capacité d’achat des clients

    Bref, quand ça va corriger, l’état français sera emporté avec, ne serait-ce que de payer notre dette à des taux à 2,5%

    • « comment une institution qui est censée garantir la stabilité monétaire commence à se mêler d’écologie !!? »
      Comme vous avez raison !

  • Dans ma commune d’origine, un conseiller s’est vanté de dire qu’ils n’avaient pas augmenté la taxe foncière… Le pire c’est qu’il avait raison : ils n’avaient pas augmenté le taux de la taxe foncière, mais le prix de base du calcul… Malin… ^^

  • M. Macron a-t-il vraiment lu dès le 9 août le très gros rapport du GIEC ou seulement le minable « résumé » trafiqué pour les décideurs?
    Ne craint-il pas le ridicule quand la réalité révèlera à tous l’évidence du canular que l’ONU et ses complices nous recuisent depuis quarante ans?
    Cela mérite un bon coup de crosse de hockey sur la tête.

    • Tout à fait, j’ai tiqué aussi, le rapport n’est pas encore rendu, étant prévu pour 2022. Et « sans appel » ça veut dire quoi au juste ? De toute façon ils ont réussi leur coup : n’importe quel incendie, n’importe quel événement météo est désormais du au dérèglement climatique. C’est pourtant totalement faux et parfaitement grotesque, mais la jeune génération y croit maintenant dur comme fer, lequel est semble-t-il, forgé avec les meilleures attentions…

    • macron n’a pas les moyens intellectuels (c’est un littéraire pur) de juger de la véracité de tout élément de ce rapport et je crains que tout article scientifique venant peu ou prou des « climatosceptiques » soit qualifié de fake…
      Ces conseillers sortent du même moule.

      De plus l’idée « planète » est porteuse, notamment auprès de nos jeunes (le plus souvent incapables de faire le tri dans les notions que l’éducation nationale leur a inculqué pendant des années), donc fort impact électoral prévu à court terme.

      L’affaire est « pliée ».

  • Rien à redire sur votre analyse des impôts et taxes, je vous fait entièrement confiance.

    Cependant la 2ème partie de l’article est pathétique et partisane…
    Votre analyse uniparamétrique (l’urgence climatique coûte cher –> donc est déraisonnable) aborde sous un aspect strictement économique le problème environnemental.
    La vraie question n’est pas « est-ce que çà coûte trop cher ou pas? », mais plutôt « est-ce que c’est indispensable d’aller aussi vite ou pas? ». Et vu la réponse à la 2ème question dépasse votre champs de compétence, comment pouvez-vous vous prononcer sur la 1ère question?

    Il faudra un jour que l’on comprenne enfin que la science économique est un outil, et non un fin en soi.
    Vous mettez sur le même plan une question de survie ou non de l’espère humaine avec une question de possibilité ou non d’y mettre les moyens.
    C’est comme si je vous demandais (sans possiblité de transmission d’un héritage) « vous préférez mourir demain et garder votre fortune, ou ne pas mourir et perdre la moitié de votre fortune » et que vous me répondiez « je ne peux pas me permettre de perdre la moitié de ma fortune, je choisis de mourir ». C’est absurde en fait… La vraies question à se poser serait plutôt « suis-je certain que je vais mourir ou non, et si oui évidemment que je peux tout perdre »

    • « la réponse à la 2ème question dépasse votre champs de compétence »

      Qu’en savez-vous ?
      L’auteur a une solide formation scientifique et nous a abondamment montré qu’on ne lui fait pas prendre des vessies pour des lanternes.
      Et vue la pauvreté des démonstrations du RCA (réchauffement climatique anthropique) elle est parfaitement capable de se faire une opinion rationnelle sur la question sans sombrer dans le psittacisme ordinaire.

    • Vous avez entièrement raison et comme dirait Greta Thunberg (grande montagne de thunes en français) :
      – On va tous mourir !!!

  • Ce pass existe déjà pour les voitures, avec la Crit’air qui chassera petit à petit certains, dont les plus défavorisés en premier. C’est beau le socialisme, cette horrible machine à créer toujours plus de la pauvreté !

  • J’avoue ne pas bien comprendre votre commentaire :
    – « en augmentant la part locale de la taxe d’habitation »
    Oui, sauf que la taxe d’habitation a été supprimée.
    – « la part nationale de la TH »
    Euh quesaco ?
    Je suppose que vous évoquez la base taxable, dont l’augmentation est fixée par l’Etat.

  • La France ne sait pas baisser les impôts : nos chers fonctionnaires de l’ENA n’ont pas appris comment faire. À partir de là, toute annonce de baisse des impôts n’est qu’enfumage des politiciens.
    Qui peut croire à une telle escroquerie ? Car les politiciens français sont tous des escrocs.
    Mais continuez à voter pour eux brave gens, ils s’occupent de l’avenir de vos enfants !!!

  • Jusqu’à quand?

  • PIB de la France 2020
    2 302 860 000 000 euro (-7,9% par rapport à 2019).
    Dépenses publiques :
    1 422 917 000 000 euro.
    soit 61,7%.

    PIB de la Suisse 2020 :
    655 978 000 000 euro.
    Dépenses publiques :
    213 791 600 000 euro.
    soit 32,59%.

    Nous sommes 7,8 fois plus nombreux que les Suisses.
    Notre PIB est 3,5 fois plus élevé.
    Notre PIB par habitant est 2,23 fois inférieur.
    Nos dépenses publiques sont 6,65 fois plus élevées.
    Notre taux d’imposition est 1,89 fois de points plus haut.
    En 2017, nous avons dépensé 8,77 fois plus en dépenses en santé. Dépenses qui représentaient 15,47% des dépenses totales, contre 11,02% pour la Suisse.
    Nous avons 10,349 fois plus de décès « Covid ».
    Nous avons 8,47 fois plus de cas « Covid » confirmés.
    … CPEF !

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