Masques, couvre-feu, grève SNCF : la vie reprend son cours, ou presque

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À quelques jours des élections, le gouvernement nous fait une faveur. Il nous offre « une saveur de la vie d’avant », un ersatz de liberté, pour mieux préparer à un éventuel retour à l’anormal.

Par Frédéric Mas.

À quelques jours du premier tour des élections régionales, la vie semble un peu reprendre son cours d’avant la crise sanitaire. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé la fin du port du masque en extérieur ce jeudi et du couvre-feu dimanche, deux mesures phares de l’Absurdistan français.

De son côté, comme d’habitude, la CGT a prévu de bloquer le pays pour les départs en vacances. Elle a appelé les cheminots à la grève le 1er juillet pour obtenir hausses de salaires, embauches et revalorisation du statut social.

Après la réouverture des magasins et des terrasses, on en oublierait presque l’année de folie sanitaire que nous venons de vivre.

Beaucoup tentent de profiter de leurs libertés retrouvées l’espace d’un été, oubliant qu’elles restent amoindries, surveillées et conditionnées à l’arbitraire d’un État qui renâcle devant la perspective de devoir lâcher tout le pouvoir qu’il a accumulé durant la crise.

Ce n’est pas un retour à la vie d’avant

« Vous l’avez compris ce 9 juin, n’est pas un avant-goût mais une saveur de la vie d’avant » nous avait pourtant prévenu Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, au moment de l’annonce de la phase 3 du déconfinement.

Ne vous emballez pas, le retour à la normale pourrait être ajourné avec l’arrivée du nouveau variant Delta sur le sol national. La quatrième vague s’annoncerait pour la rentrée, et les mesures d’exception qui l’accompagnent.

Regardez le Royaume-Uni, qui a également choisi de différer le déconfinement. Oui mais en France comme au Royaume-Uni, l’état d’urgence a tellement profité aux gouvernants qu’ils ont du mal à revenir en arrière.

Fondamentalement, rien n’a changé : c’est toujours la bureaucratie sanitaire qui restreint, suspend et concède certaines libertés publiques en s’appuyant sur les mêmes experts et les mêmes solutions inefficaces qu’en mars de l’année dernière. L’état d’urgence sanitaire n’a pas été levée en Guyane, et la « période transitoire » qui lui succède en est une version soft.

Des solutions inefficaces ? Oui, car l’État bureaucratique n’a pas convaincu. Sa direction a réussi à jeter le discrédit sur sa propre campagne vaccinale, et vend le tracking des citoyens comme une porte de sortie acceptable pour tout le monde.

De plus, depuis quelques temps, la petite musique de la vaccination obligatoire réapparait sur les lèvres de certains commentateurs.

Et ce serait là un aveu d’échec, un de plus. Quand l’État use de la coercition, c’est que tous les autres moyens ont échoué pour convaincre rationnellement les citoyens. Mais l’État s’est-il adressé à un moment ou à un autre aux Français comme à des adultes ? Toute sa communication, quand elle ne fut pas mensongère, fut paternaliste et autoritaire.

En un an, l’État bureaucratique aura-t-il appris à adapter sa stratégie sanitaire pour la concilier avec l’État de droit ? On peut en douter.

Les confinements, attestations stupides et autres mesures sécuritaires de type couvre-feu ou drones de surveillance n’ont pas disparu de l’esprit des technocrates en quelques mois, et le gouvernement n’a jamais proposer de plan B pour protéger les libertés publiques contre la panique sanitaire qui s’est emparée des esprits. Et le coût matériel et humain de ce barnum liberticide qui n’en finit pas reste encore à déterminer avec précision.

À quelques jours des élections, le gouvernement nous fait une faveur. Il nous offre « une saveur de la vie d’avant », un ersatz de liberté, pour mieux préparer à un éventuel retour à l’anormal.

Mais peut-être qu’entretemps, les Français auront repris goût à la liberté, et qu’ils se feront moins dociles face à la servitude sanitaire ? L’avenir nous le dira.

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