Les enfants rêvent-ils de subventions publiques ?

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Le libéralisme prônant la liberté, un maire libéral devrait supprimer toute forme de subvention.

Par Christophe Didier.

C’est la polémique écolo de la semaine. Après les sapins de Noël, les repas végétariens à la cantine, voici venu le temps de l’île aux enfants, du rêve des enfants.

Laissons de côté la polémique inexistante, toutes les mairies ayant toujours orienté les subventions en fonction d’intérêts plus ou moins clairs. Et dans le cas d’une mairie écologiste, la décision de la maire de Poitiers n’a rien de scandaleux. Elle a au moins le mérite de la cohérence.

Contrôle des rêves et des libertés

Si vous cherchez la polémique, allumez n’importe quelle chaîne d’infos en continu, ce sera le sujet de toute la semaine. La discussion portera d’ailleurs davantage sur cette phrase malheureuse que sur le fond. Le fantasme (ou la peur tout à fait justifiée ?) d’une secte verte ayant pour objectif de contrôler l’ensemble des désirs et libertés d’une population tout entière sera âprement débattu.

D’ailleurs, quitte à débattre de ce genre de sujet, il me semble que c’est le traitement que nous subissons de la part de notre gouvernement depuis un an… Pour ce qui est de contrôler les rêves et les libertés…

Laissons aussi de côté l’absence de vision d’avenir, qui laisserait penser que l’avion est définitivement condamné. Si la possibilité de voitures zéro émission devient crédible, palpable, alors pourquoi un avion  zéro émission ne le serait-il pas ?

En condamnant l’avion, Mme Moncond’huy n’envisage aucun progrès technologique dans ce domaine. Jamais. Ou alors ce sont les voyages qui lui posent problème et nous voici revenus à cette histoire de secte verte… Mais je ne suis pas complotiste.

Essayons donc de rêver par nous-mêmes et imaginons qu’au lieu d’une vague verte, un libéral ait été élu maire d’une grande ville de l’ouest de la France. Une ville proche de rien mais finalement pas éloignée non plus. Tiens Poitiers. Au hasard.

Que devrait faire un libéral dans ce genre de situation ?

Bon. Décider d’attribuer les subventions selon des critères libéraux… Quels seraient ces critères d’ailleurs ? L’association la plus libérale ? C’est forcément déclencher des frustrations. La drogue subventionniste est très addictive et les associations locales sont accros. Sauf que dans ce cas-là, le dealer ne tient pas commerce derrière la mairie, mais dedans.

Si nous voulons désintoxiquer les gens à la subvention, si nous voulons effectivement les libérer de cette laisse qui les tient bien proches de leur maître… Non, en fait ce n’est pas une laisse car dans la majeure partie des cas, on fait ce que l’on veut de l’argent alors qu’une laisse donne la possibilité à celui qui la tient de diriger celui qui la tire.

Disons que la subvention, c’est un adolescent qui reçoit l’argent de poche de ses parents. Il croit qu’il vient de gagner sa liberté alors qu’en fait il est tributaire de ses parents qui peuvent faire varier le montant selon leur humeur. Et ils ne vont pas s’en priver. Sur des critères de réussite (les notes), de comportement (l’aide à la maison) ou carrément en contrôlant les achats, l’ado va vite s’apercevoir que sa nouvelle liberté est extrêmement restreinte.

Le libéralisme prônant la liberté, un maire libéral devrait plutôt supprimer toute forme de subvention. Cela coupe le lien malsain entre celui qui donne et celui qui reçoit. Cela libère les associations de leur addiction, et leur permet de vivre leur vie. Et pour vivre sa vie, comme vous ont dit vos parents quand vous leur faisiez remarquer que la somme était trop faible : « Quand tu auras un salaire, tu feras ce que tu voudras. Pour le moment c’est moi qui décide ».

C’est toujours celui qui détient l’argent qui décide.

Alors j’ai bien conscience qu’une telle proposition nous ferait revenir au début de cette histoire : une semaine de débats acharnés sur LCI et les autres, des tweets incendiaires (vous avez remarqué comme twitter s’enflamme plus facilement qu’un bush australien ?). La Une des journaux télévisés. On se demande d’ailleurs pourquoi tous ces gens discuteraient puisqu’ils seraient tous d’accord pour hurler à l’assassinat programmé de l’assosphère française.

L’idée étant que si l’on suit le principe libéral, ces associations se débrouillent pour générer leurs propres revenus. En théorie. Dans la pratique, c’est possible mais pas toujours simple, voire très compliqué selon la mission que remplit l’association.

Pour compenser nous pourrions réduire les impôts en conséquence, du montant de la somme globale versée annuellement et divisée par le nombre d’habitants.
Et on va me dire (c’est dingue, je suis un peu devin) : et ceux qui ne payent pas d’impôts ? Et avec raison, puisqu’impôt est un mot à géométrie variable en France.

Puisque quand on dit que les impôts n’augmenteront pas, c’est en général pour inventer une taxe ou modifier son assiette (on appelle ça un impôt indolore, c’est un peu technique, il faut avoir fait l’ENA). Hé bien nous pourrions réduire le montant de l’une de ces taxes ; au hasard, celle pesant sur les factures d’eau ou d’électricité (en cherchant un peu, on devrait bien trouver) du montant de la somme globale économisée rapportée à l’individu. Double avantage : les taxes sont réduites dont l’une est parfaitement non sociale puisqu’elle s’applique à tous quel que soit le niveau de revenus.

Libre à chacun ensuite de donner son argent à l’association de son choix. Ou de le dépenser librement.

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