Astrazeneca : le principe de précaution, cancer d’une société européenne en perdition

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Appliqué sans discernement, comme c’est le cas avec le vaccin Astrazeneca, le principe de précaution ne protège pas, il tue !

Par Philippe Charlez.

Un évènement, un acte, une décision ne sont pas seulement risqués par la gravité de leurs conséquences mais aussi par leur probabilité plus ou moins grande d’avoir lieu.

Ainsi, la gravité d’un accident d’avion est bien plus importante que celle d’un accident de voiture, de moto, de vélo ou de piéton. Dans le premier cas votre chance de survie est mince alors que dans le second vous vous en tirerez dans la plupart des cas avec un bras ou une jambe cassée voire moins. En revanche, la probabilité d’un accident d’avion est infime par rapport à celle d’un accident terrestre.

Aussi, en termes de risques, voyager en avion est 50 fois moins risqué que de conduire sa voiture et 500 fois moins risqué que de se déplacer dans Paris à pied, à moto, à vélo ou en trottinette électrique.

La perception et la maîtrise du risque avec le principe de précaution

Pourtant notre ressenti est bien souvent aux antipodes de la réalité. Nous percevons le risque en nous basant sur la seule composante gravité, ignorant la plupart du temps la probabilité d’occurrence.

Cette perception erronée est aujourd’hui largement renforcée par la communication numérique : chiffres erronés, jugements hâtifs et dénués de preuves, témoignages émotionnels, images choc, déclarations alarmistes et allégations mensongères sont autant de leviers donnant à l’opinion publique une version tronquée et fausse du risque réel.

La maîtrise du risque se complète d’une décision exceptionnelle qui doit faire exception : le principe de précaution. La France l’a inscrit dans sa Constitution en 1995 à la suite d’un certain nombre de crises sanitaires : sang contaminé, vache folle, grippe aviaire.

Dans sa version initiale, l’article énonce :

Tout déficit de connaissances scientifiques doit conduire à des mesures effectives mais proportionnées visant à prévenir le risque.

Le principe de précaution s’inscrit clairement dans une conception d’évaluation et de maîtrise du risque. Il est destiné à restaurer la confiance des citoyens.

Mais, sous la pression de groupes écologistes, la Charte de l’environnement de 2005 promulguée par Jacques Chirac a profondément modifié l’esprit de l’article de 1995. Elle a octroyé aux pouvoirs publics le droit d’appliquer ce principe face à toute incertitude scientifique.

D’un principe d’évaluation du risque, le principe de précaution a progressivement évolué vers un principe de démonstration du risque zéro. D’un principe d’action (décider de faire en toute lucidité), il est progressivement devenu un principe d’inaction (ne pas faire). Il a transformé une « liberté responsable » en « une liberté présumée coupable ».

Astrazeneca et le principe de précaution en France

La décision des principaux pays européens de suspendre le vaccin Astrazeneca s’inscrit typiquement dans cette stratégie de délire idéologique déconnecté de toute considération scientifique.

Le Covid a tué en Europe à ce jour 800 000 personnes sur 750 millions d’habitants soit 0,1 % de la population. Parallèlement, sur les 13 millions de personnes vaccinées avec Astrazeneca, 33 personnes auraient succombé à une thrombose.

En supposant (ce qui est loin d’être le cas) que la relation vaccin-thrombose soit établie, le risque en se faisant vacciner avec Astrazeneca est donc 400 fois inférieur au risque lié à la Covid-19.

En appliquant le principe de précaution et en suspendant le vaccin Astrazeneca même quelques jours, les autorités européennes l’ont transformé implicitement en présumé coupable. Une décision irresponsable qui a de facto accru de façon substantielle le risque de morbidité Covid-19 pour des millions d’Européens. Appliqué sans discernement, le principe de précaution ne protège pas, il tue !

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