Danone, une illustration des fragilités du statut d’entreprise à mission

Le cas Danone fait ressortir les impasses et les angles morts de la loi Pacte, promulguée en 2019, qui officialise ce statut d’entreprise à mission.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Danone by Etiart, etiquetas tejidas on Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Danone, une illustration des fragilités du statut d’entreprise à mission

Publié le 13 mars 2021
- A +

Par Bertrand Valiorgue1.
Un article de The Conversation

Le lundi 1er mars, le géant français de l’agroalimentaire, Danone, a annoncé l’éviction de la direction générale de son PDG, Emmanuel Faber, qui conserve néanmoins la présidence du groupe. Cette décision, réclamée par des fonds activistes récemment entrés au capital, semble aujourd’hui révéler les fragilités du statut d’« entreprise à mission » dont Danone fut la première entreprise cotée à se doter, en mai 2020.

Le cas Danone fait en effet ressortir les impasses et les angles morts de la loi Pacte, promulguée en 2019, qui officialise ce statut d’entreprise à mission et prévoit que l’entreprise puisse également se doter d’une « raison d’être », validée en assemblée générale par les actionnaires.

Ces dispositifs permettent à une entreprise d’affirmer son engagement dans la poursuite d’objectifs qui ne sont pas exclusivement centrés sur une performance économique et financière et visent à répondre aux grands défis qui traversent nos sociétés (mobilité durable, transition alimentaire, énergie propre, etc.). Ils ouvrent la voie vers un capitalisme responsable.

La menace des fonds activistes sur Danone et les entreprises à mission

Comme l’ont très bien montré les chercheurs Rodolphe Durand, Mark Desjardine et Emilio Marti, les fonds spéculatifs activistes compromettent la responsabilité sociale des entreprises. Ces fonds interprètent les engagements en faveur de la responsabilité sociale et du développement durable comme des dépenses inutiles qui se font au détriment d’une maximisation des bénéfices pour les actionnaires.

Les chercheurs montrent également qu’une entreprise cotée qui s’engage sur le chemin de la RSE a deux fois plus de probabilité d’être ciblée par un fonds activiste. Telle une proie sans défense, les fonds activistes se jettent sur l’entreprise responsable en demandant des changements de stratégie et de gouvernance.

C’est exactement ce qui vient d’arriver à Danone.

Il y a à peine trois mois, les fonds activistes qui ont poussé Emmanuel Faber vers la sortie étaient absents du capital de Danone. Ils n’étaient pas actionnaires. À l’approche de l’assemblée générale, ils sont progressivement montés dans le capital en mettant la pression sur le PDG et le conseil d’administration en mobilisant savamment la presse et les réseaux sociaux. Dans quelques mois, ils auront déserté pour se concentrer sur une nouvelle cible.

Mieux protéger les entreprises à mission

Le cas Danone confirme que, malgré la loi Pacte, certains actionnaires peuvent toujours grandement déstabiliser le projet de durabilité et compromettre les projets des dirigeants comme nous l’avions souligné dans un essai consacré à la raison d’être de l’entreprise. Trois propositions sont susceptibles de mieux protéger les entreprises à mission cotées.

Tout d’abord, abaisser les seuils de déclaration. Quand un actionnaire franchit un certain niveau dans le capital d’une entreprise cotée (5 % aujourd’hui), il doit faire une déclaration pour indiquer sa présence. Ce seuil doit être abaissé à 1,5 % pour que les dirigeants et le conseil d’administration prennent très tôt la mesure du danger qui les guette avec l’arrivée de fonds activistes.

La deuxième proposition consiste à rendre le droit de vote proportionnel au temps passé. Un fonds activiste présent dans le capital pour quelques semaines a actuellement les mêmes droits de vote qu’un actionnaire engagé depuis plusieurs années dans l’entreprise. On pourrait stipuler que les nouveaux actionnaires d’une entreprise à mission obtiendront la « citoyenneté actionnariale » au bout d’un certain temps.

Dans le cas de Danone, les fonds, entrés en début d’année (et qui, étant donné leur mode de fonctionnement habituel, auront probablement déserté dans quelques mois), n’auraient ainsi pas pu contrarier les équipes de Danone dans la poursuite d’objectifs non financiers.

Il s’agit enfin de changer nos critères d’évaluation de la performance. Les ambitions d’une entreprise à mission doivent faire l’objet d’une évaluation d’ensemble avec d’autres indicateurs que le cours de bourse ou le rendement du capital, comme c’est le cas aujourd’hui. De nouvelles normes d’évaluations plus larges doivent s’imposer et en particulier de nouvelles normes comptables.

Un nouveau chapitre législatif ?

Le cas Danone pointe certaines lacunes de la loi Pacte et un nouveau chapitre législatif doit s’ouvrir si nous ne voulons pas que les entreprises à mission et la raison d’être ne constituent la dernière ruse d’un capitalisme qui semble à bout de souffle.

Si nous n’aménageons pas la loi Pacte, il y a toutes les chances pour que Danone soit la première et la dernière entreprise cotée à mission.

En effet, cette loi a laissé en friche la question des droits et devoirs des actionnaires. Or, nous savons, comme le dit très justement le chercheur Pierre-Yves Gomez, qu’il ne peut pas y avoir d’entreprises responsables sans actionnaires responsables.

L’ouverture d’une nouvelle réflexion législative devient donc urgente, d’autant plus que, comme le montre le premier baromètre des entreprises à mission, on observe un réel engouement pour cette nouvelle conception de l’entreprise. Les enjeux de « citoyenneté actionnariale » devraient donc devenir de plus en plus essentiels dans les toutes prochaines années.

Sur le web

The Conversation

  1. Bertrand Valiorgue est professeur de stratégie et gouvernance des entreprises, Université Clermont Auvergne (UCA)
Voir les commentaires (30)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (30)
  • Vite, créons de nouvelles lois pour contrer les effets délétères mais prévisibles d’une loi qui dénature la notion même d’entreprise et d’actionnaires.
    Le meilleur aménagement à faire, pour cette loi comme pour ce texte, c’est de les mettre à leur place : la poubelle.

    • Et dire que ce type est prof, on imagine à peine les dégâts qu’il va commettre sur des générations d’étudiants…

      • the conversation : L’expertise universitaire, l’exigence journalistique.
        l’alliance des gauches expertes en sophismes et réécritures de l’histoire et puis de ceux qui appliquent l’injonction de Salvador Alliende « Pour un journaliste de gauche le devoir suprême est de servir non pas la Vérité mais la Révolution »

  • Oh purée, des articles marxistes sur Contrepoints.
    Rassurez-vous M. Valiorgue, ici ce n’est pas Mediapart, on ne vous appliquera pas la cancel culture dont vos corréligionaires sont si friands.
    Mais cette article démontre jusqu’à la caricature trois points :
    -la pensée unique marxiste régnant dans l’enseignement supérieur français
    – l’incompréhension crasse des mécanismes économiques de base de profs n’ayant jamais bossé dans le privé de leur vie
    – le réflexe de cette engeance de répondre aux conséquences d’une loi stupide par une loi débile.
    Fascinant cette incapacité totale à se remettre en cause, à analyser, à tirer des conclusions.
    La devise de ces clowns tristes : si la température n’est pas bonne, tordons l’aiguille du thermomètre…

    • @lucdioc- C’est encore le triste ministre de l’économie Bruno Le Maire agrégé de lettres modernes qui est à la manœuvre de cette loi Pacte. C’est lui aussi qui veut refonder le capitalisme qui n’a jamais eu de date de fondation et qui s’est imposé de lui même face aux nécessités. BLM a une intelligence qui le dessert qu’il prenne donc le large et nous laisse prendre nos risques sans être contraint au socialisme pour satisfaire son ambition de pouvoir

  • Une entreprise bien gérée à long terme a naturellement une mission: produire des biens et des services utiles à ses clients, dans le respect des lois du pays où elle opère.
    Il en résulte des retombées pour le bien public: augmentation de la richesse collective, et donc possibilité de redistribution, progrès social et technologique etc.. La « mission » telle que définie par la loi confond les conséquences de la « vraie » mission avec la mission elle même.
    Mises à part les sociétés purement financières comme les hedge funds, si vous demandez à un chef d’entreprise quelle est la mission de son entreprise, il ne répondra pas gagner de l’argent, il dira fournir ses clients et durer en se développant.
    Le bénéfice financier et l’argent des actionnaires sont des outils pour pouvoir continuer, pas une fin en soi.

    Ce qui pollue et distord ces fondamentaux, ce sont les règles (et surtout absence de règles) de la finance internationale qui font que tous les objectifs deviennent à court terme.
    Cela est démontré clairement par le comportement des entreprises familiales, en général beaucoup plus soucieuses du long terme.

    La loi des entreprises à mission essaie de corriger artificiellement ce qui n’est qu’une conséquence de règles financières qui défient l’entendement, sans s’attaquer au fond du problème, et pour cause: les milieux politiques sont intimement liés aux milieux financiers.
    Un vrai système libéral de capitalisme d’entreprise, avec les règles adaptées, ne nécessiterait aucunement de définir des « missions ».

    • « les règles (et surtout absence de règles) de la finance internationale qui font que tous les objectifs deviennent à court terme. »
      ??
      On dirait du gauchisme qui met tout le monde dans le même sac sous le tampon honni « Finance Internationale ».

      Il y a de tout dans la finance internationale: des financières investissant sur le long terme pour des projets pérennes jusqu’aux financières prédatrices visant le bénéfice rapide en se payant sur la bête qqfois en démantelant l’entreprise capturée. Néanmoins, même pour ces prédatrices, est-ce que leur rôle n’est que négatif? Une partie des gains obtenus sont aussi réinvestis dans du moyen-long terme.
      Donc jeter l’anathème sur la Finance est un peu facile.

      Par ailleurs, pourquoi ces fonds spéculatifs ont pu mettre la main sur Danone?
      Après la volonté annoncé par Danone de sauter à pieds joints dans le RSE, le cours de l’action a chuté: il est passé d’un max à 81E en Septembre 2019 à un mini à 47E un an plus tard. Cela a fragilisé l’actionnariat de l’entreprise avec des ventes régulières d’actions de la part d’actionnaires en désaccord avec cette politique. Cela a laissé le champ libre à un fond un minimum agressif mettant la main sur la boite pour une somme modérée avec une recette facile pour faire un joli bénéfice: virer les tenants du RSE pour remettre la boite sur une gestion classique mais efficace sans délires sociétaux. Le cours remontera automatiquement sans bcp d’effort.

      Cela montre qu’en matière de gestion d’entreprise, les délires type RSE se paient très rapidement quand une boite joue dans le cadre du marché et de la concurrence. Seules des entreprises non (ou peu) soumises à la concurrence càd protégées par l’Etat peuvent s’y risquer.

      • cyde a dit:

        « Il y a de tout dans la finance internationale: des financières investissant sur le long terme pour des projets pérennes jusqu’aux financières prédatrices visant le bénéfice rapide en se payant sur la bête qqfois en démantelant l’entreprise capturée. Néanmoins, même pour ces prédatrices, est-ce que leur rôle n’est que négatif? Une partie des gains obtenus sont aussi réinvestis dans du moyen-long terme. »
        Mon oeil, les gains sont investis pour rémunérer un max les actionnaires… pour qu’ils continuent sur la même ligne.
        Et en attendant, des entreprises sont détruites.

        Pour le reste, ce que vous dites n’est pas en contradiction avec ce que j’ai écrit. Ne me mettez pas dans le même sac que l’auteur de l’article.

        • « les gains sont investis pour rémunérer un max les actionnaires… »
          Certes.
          Et ces actionnaires, ils en font quoi de cet argent?

          « Et en attendant, des entreprises sont détruites. »
          Non sinon le prédateur ne retirerait aucun gain.
          Elles sont en général découpées et revendues pour les parties les plus rentables. Les parties les moins rentables sont fermées. S’il y a des brevets ou autres, ils sont revendus à d’autres entreprises qui les utiliseront…etc
          Donc il n’y a pas de disparition de l’entreprise mais une transformation voire une réutilisation de ses meilleurs éléments sous une autre forme dans le même pays ou un autre.
          Un autre aspect de la destruction-créatrice…

          On peut tjrs deviser sur l’aspect moral ou éthique mais quand on creuse un peu ces opérations de prédation d’entreprise, il y a très souvent au départ un point faible dans l’entreprise rachetée soit au niveau de l’actionnariat, soit au niveau de la réglementation/fiscalité du pays qui l’héberge empêchant les propriétaires ou actionnaires de gérer les choses comme ils le souhaitent ou plombant les performance de l’entreprise/concurrence…etc Sans parler des problèmes de gestion de l’entreprise elle-même.
          On parle souvent de fonds « vautours » pour parler de ces fonds prédateurs, mais les vautours ne s’attaquent que très rarement aux animaux en bonne santé. Ils ont un rôle salutaire de nettoyage dans la nature…

          « Ne me mettez pas dans le même sac que l’auteur de l’article. »
          Je n’y pensais pas.
          Mais reconnaissez que votre saillie sur la Finance Internationale et au-dessus sur les « entreprises détruites » laisserait penser une analyse économique plus émotionnelle que libérale, similaire à celle des médias classiques. 🙂 🙂

          • On peut être libéral, trouver la loi pacte ridicule , et ne pas apprécier le trading à la microseconde, les produits dérivés bidon, les fonds qui achètent des entreprises en se payant sur la bête, en suçant tout ce qu’ils peuvent et partant au bout de 3 ans…

            • Si seulement vous saviez à quel point les produits dérivés « bidon » ont permis d’améliorer la gestions des risques pour les entreprises et les investisseurs, qui peuvent ne prendre que ceux qu’ils souhaitent et comprennent et payer un juste prix pour être débarassé des autres… Et le trading « à la microseconde » en augmentant la liquidité et la vitesse à laquelle les prix s’ajustent (à la hausse comme à la baisse) aux nouvelles et à leurs interprétations par les spécialistes, il permet surtout aux petits porteurs, à la « veuve de Carpentras » d’acheter ou vendre quasiment toujours « au prix qui reflètent correctement l’information détenue par tous, y compris les plus informés » alors que pendant longtemps cette veuve de Carpentras (et sa copine la « Scottish widow ») ont acheté trop cher, vendu trop peu cher, du fait des délais d’ajustement des cours…
              Finalement une entreprise qu’un fond peut acheter, se payer sur la bête et revendre, n’optimisait pas du tout sa valeur. Et si les actionnaires ont accepté de vendre à ce fond, c’est très probablement qu’ils trouvaient aussi que la valeur que l’équipe en place dégageait n’était pas suffisante et ils y ont gagné : si je vends à 12 à un « méchant hedge fund » un titre qui s’échangeait à 8, je gagne 4. Si le « méchant hedge fund » arrive à dégager une valeur de 13 ou 14 tant mieux pour eux, mais tout ça montre que l’équipe en place ne valait pas tripette (du moins ne fonctionnait pas bien) et c’est bien pour tout le monde qu’elle ait été dégagée…

  • C’est un fabricant de produits laitiers et particulièrement de Yaourts qu’il s’en tienne à cela ,c’est sa mission originale .Ne plus en acheter le fera revenir rapidement à ses origines.
    Yaourts devenus infâmes et dont pleins de petites marques font bien mieux .

    • c’est un peu plus qu’un fabriquant de yaourts quand-même, même si les produits laitiers sont les seuls produits vendus en marque propre. En pratique, Danone est avec Nestlé un des géants présents sur toute la chaîne de l’alimentation industrielle (celle qu’on trouve en grande surface). Regardez bien vos emballages, vous risquez d’être surpris.

      • C’est bien ce que je fais et évite ces « grands groupes » dans la mesure du possible…

        • Et je vous rassure les enfants ont droit au Nutella,le vrai bien plein de je ne sais quoi et je n’ai pas de PQ marron recyclé qui gratte …mouarff!

  • le principe de nécessité d’exprimer sa raison d’etre… et que par dessus le marché elle soit jugée par les autres…

    appliquez à ça à un être humain..
    l’idée est bien d’accepter que les autres ont de facto le droit de vous faire mourir..

    folie.

  • Chaque publication de ce genre d’absurdité interventionniste me félicite d’avoir cessé de faire des dons à Contrepoints.
    Mais pourquoi ne pas nationaliser Danone et rétablir l’ISF sur les yaourts ?

    • Je comprends votre réaction mais je pense, en toute modestie, que vous faites fausse route : Contrepoints n’est pas Mediapart ou l’Huma et publie donc des articles que l’on peut qualifier de « lunaires » pondus par des gens qui ne partagent pas le point de vue libéral. C’est sain car ça nous permet d’avoir accès à ces arguments (pour mieux les démonter) et nous permet de garder le contact avec la (triste) réalité : l’enseignement français est marxiste et dépassé. Cela doit renforcer notre conviction et notre patience à faire circuler les idées libérales. Au contraire, je pense que la publication de tels articles devrait renforcer notre engagement et notre financement de Contrepoints, financement libre et non contraint.

      • Financement libre et non contraint : encore heureux et d’où mon abstinence.

        Cet article est antilibéral et n’inclut aucun point de vue contradictoire. Il ne sert que marginalement à « avoir accès à ces arguments » sur des détails techniques sans intérêt puisque tout le monde connait la monomanie des étatistes : toujours plus de législation.
        Même si un autre article surgit pour contrecarrer celui-ci, un lecteur épisodique et non averti risque de prendre celui-ci pour un point de vue « libéral ». Je ne vois pas bien l’intérêt de polluer l’eau du puits. Ce n’est pas sain du tout.

    • je dois dire que je ne contribue pas essentiellement car nous avons affaire à des articles qui ne nécessitent que peu « de boulot » .. plus certains qui en effet font la promotion de l’etatisme et les commentateurs font le boulot..

      H16 est drôle je pourrais payer pour ça.. mais sinon..

      j’ai vu passer dans des appels à contribuer la volonté de faire des enquêtes.. mais bon on verra..

  • Un fabricant de yaourts ne doit avoir qu’une obsession: faire les meilleurs yaourts. Le reste est du domaine de la collectivité representée par l’etat. Cette notion d’entreprise a mission est une stupidité . Plutot que de s’occuper de yaourts, l’actuel management veut se donner une bonne image. Les marchés le sanctionnent. C’est bien la preuve que les marchés ont souvent raison

  • Les commentaires des contrepointeurs sont désolants . Ils pourraient se jauger par rapport aux commentaires https://theconversation.com/danone-une-illustration-des-fragilites-du-statut-dentreprise-a-mission-156544

    1/. Les activistes ont investi, mais ce sont les admin existants qui ont lâché FABER. Malgré le vote quasi unanime des actionnaires en juin 2020 .
    2/. Le 2ème sujet : la société à mission produit elle autant ou plus de valeur que les classiques ? Il suffirait d’augmenter les prix (clients montrant qu’ils préfèrent l’entreprise à mission) ou de modérer les rémunérations (salariés recruté de plus grande valeur et fiers et heureux de l’atmosphère créée) ou de ne pas être en bourse financière (trouver des investisseurs identifiés stables pro mission… ce qui semblait le cas en 2020 ). Bourse ou Mission il faut choisir. Le pb de Danone est depuis longtemps la faiblesse du pacte actionnaire de fait. Ce qui ne veut pas dire que Faber a été assez bon, y compris dans la mission.

    • « mais ce sont les admin existants qui ont lâché FABER. »
      Rien d’étonnant: voir le cours de l’action divisé par 2 en un an calme un peu les volontés socialisantes surtout quand c’est de votre propre argent qu’il s’agit.

      « suffirait d’augmenter les prix (clients montrant qu’ils préfèrent l’entreprise à mission) ou de modérer les rémunérations (salariés recruté de plus grande valeur et fiers et heureux de l’atmosphère créée)  »
      🙂 🙂 🙂
      Ben voyons. Dites vous travaillez où? 🙂

      « de ne pas être en bourse financière (trouver des investisseurs identifiés stables pro mission »
      C’est sûr que trouver un investisseur prêt à investir son argent dans une entreprise qui va faire du social, est facile. D’autant l’évolution du cours de l’action confirme le grand succès d’une telle politique entrepreneuriale.
      Cela dit, n’hésitez pas à y mettre votre propre argent si vous y croyez. 🙂

      « ce qui semblait le cas en 2020  »
      Et oui mais le principe de réalité est revenu en force. Quand il s’agit de votre propre argent et que vous en perdez, vous changez vite votre fusil d’épaule. Il n’y a que l’Etat qui peut se permettre de claquer de l’argent sans complexe dans ce genre de projet puisque c’est l’argent des contribuables et non celui des gouvernants.

      « Le socialisme s’arrête quand se termine l’argent des autres » M.Tatcher
      Dans le cas de Danone, cela a été rapide. 🙂

  • Je me souviens de l’admiration des médias et bobos pour E Faber qui allait transformer Danone en entreprise « citoyenne »…
    Oups

    • Ca y est dehors le génie du yaourt , encore un bon socialiste qui a voulu faire du social et du citoyen avec l’argent des autres,en l’occurrence celui des actionnaires qui ont dit stop!
      Qu’il entre au gouvernement c’est plus facile avec les contribuables!

  • On met tout sur le dos du fond activiste, mais vu sa petite participation, clairement minoritaire, la décision a forcément été prise par un ensemble d’autres actionnaires qui n’étaient pas d’accord avec la stratégie de Faber et ont donc profité de cet épisode pour faire entendre leur voix…
    Et au vu de l’augmentation en bourse d’aujourd’hui, on peut supposer que ces mêmes actionnaires ont confiance dans le nouveau président, qui (d’après la radio) a multiplié par 2 la rentabilité de son ancienne boîte ; de quoi permettre une plus grande flexibilité pour sa mission bobo secondaire 😉

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le 30 avril 2022 à la salle Gaveau (Paris) a eu lieu la cérémonie de remise des diplômes AgroParisTech 2022. Un groupe de huit étudiants a fait une déclaration fracassante qui aurait dû rester un incident de parcours. Largement médiatisée, elle est devenue un événement quasi national. De quoi s'interroger sur l'avenir de notre société.

 

Une intervention programmée

La cérémonie de remise des diplômes AgroParisTech 2022 était organisée par AgroParisTech Alumni – l'association des anciens élèves – et a fait l'objet d'une vidé... Poursuivre la lecture

Dans la mythologie grecque, Cassandre était la prêtresse troyenne qui avait reçu la malédiction de prononcer de vraies prophéties, mais de ne jamais être crue.

L'environnementalisme idéologique comporte une cohorte de Cassandre inversées : ils font de fausses prophéties qui sont largement crues. Le biologiste de Stanford Paul Ehrlich, dans son classique de 1968, The Population Bomb, a prophétisé :

"La bataille pour nourrir toute l'humanité est terminée. Dans les années 1970, des centaines de millions de personnes mourront de fai... Poursuivre la lecture

L’émergence régulière de nouvelles normes illustre combien la question de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) prend de plus en plus de place dans le monde des affaires, tant à l’échelle nationale, qu’au niveau européen voire international. Longtemps considérée comme un argument commercial plus que comme un véritable objectif de conduite, la RSE pourrait cependant se muer en une contrainte règlementée pour les entreprises. Gageons que les États et les institutions se saisissant de la question le feront de manière raisonnable tout... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles