Un troisième confinement politiquement risqué pour Emmanuel Macron

Rencontre du Président Emmanuel Macron avec M. Viktor ORBAN, Premier ministre de Hongrie BY Francediplomatie — CC-BY

Faudra-t-il, à chaque fois qu’apparaît une nouvelle édition du virus, appliquer le principe de précaution en politique, et restreindre les libertés publiques jusqu’au collectivisme total ?

Par Frédéric Mas.

Les Français seront-ils reconfinés cette semaine ? C’est la question à laquelle Emmanuel Macron répondra ce mercredi 27 janvier à l’issue d’un conseil de défense. Dimanche soir, le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy a sonné l’alarme : les variants du virus, en particulier celui britannique, pourraient être « l’équivalent d’une deuxième pandémie ». C’est au politique de décider, mais pour M. Delfraissy les indicateurs sont suffisamment inquiétants pour envisager de nouvelles mesures sanitaires.

La pression sur le gouvernement est à son comble : les sondages montrent que les Français estiment que la gestion de la crise sanitaire est mauvaise, et que la communication du gouvernement n’a rien arrangé. Pire, l’élection présidentielle 2022 se profile à l’horizon, et dans tous les cas de figure, Emmanuel Macron serait devancé par Marine Le Pen au premier tour, selon un sondage CommStrat/L’opinion.

La défiance grandit

L’épisode catastrophique de la campagne vaccinale n’a rien arrangé. Après la lenteur et la désorganisation de l’État pour vacciner les catégories de population à risque, c’est la pénurie de vaccins qui réapparaît. Elle rappelle pour beaucoup la pénurie de masques, de gel et de tests du début de la crise sanitaire : les mêmes méthodes et la même organisation bureaucratique centralisée engendrent les mêmes résultats sur le terrain. Et la défiance grandit.

Face au retour de la menace sanitaire, les Français semblent résignés à un nouveau confinement, même s’ils ne le souhaitent pas, toujours selon les sondages. Ils préfèrent même le confinement au couvre-feu, qui désorganise les vies et appauvrit les commerces autorisés à rouvrir pour des résultats totalement aléatoires.

Faudra-t-il, à chaque fois qu’apparaît une nouvelle édition du virus, appliquer le principe de précaution en politique, et restreindre les libertés publiques jusqu’au collectivisme total ? Le gouvernement, réduit aujourd’hui à un dialogue entre conseil scientifique et conseil de défense, s’est enfermé dans une chambre d’écho totalement hermétique.

Après avoir sacrifié la démocratie libérale sur l’autel de l’état d’urgence sanitaire éternel, l’avenir de la jeunesse sur celui de la protection des plus vulnérables « quoiqu’il en coûte », l’économie nationale sur celui des exigences de la bureaucratie sanitaire, peut-on espérer que l’État change de logiciel ? C’est aux citoyens de lui signifier maintenant que sa politique verticale, infantilisante et anxiogène doit changer.

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