Invasion du Capitole : plus qu’un crime, une faute

Capitole Wahington BY Clément Cousin (CC BY-NC-ND 2.0) — Clément Cousin, CC-BY

La moitié du pays qui refuse de souscrire au nouvel agenda progressiste n’a plus rien pour se défendre sauf… des armes, beaucoup d’armes. Cela pourrait mal se terminer.

Par Matthieu Vasseur.

Au commencement était l’élection présidentielle, le 3 novembre 2020. Joe Biden gagne avec une marge infime : il eut suffi à Donald Trump de 43 000 votes de plus en Arizona, en Géorgie et au Wisconsin pour remporter une majorité des votes du collège électoral. Et d’ailleurs, Joe Biden a-t-il réellement gagné ?

Pour la droite : l’élection a été volée. Au nom du Covid, les États démocrates ont bouleversé les procédures de vote, instaurant notamment le vote par correspondance, porte ouverte à toutes les fraudes ; en France, le vote par correspondance a été interdit en 1975, justement en raison des fraudes qu’il permettait.

Après les élections, des dizaines d’observateurs ont raconté sous serment pendant des heures les irrégularités dont ils disent avoir été témoins. Enfin, des analystes de données pensent avoir identifié plusieurs red flags (improbabilités statistiques) dans les résultats annoncés.

À gauche : l’élection a été « propre », quelques erreurs isolées ne sont pas en mesure de remettre en question le résultat final. Tous les procès intentés par l’équipe d’avocats de Donald Trump ont échoué devant les tribunaux, y compris face à des juges nommés par Donald Trump lui-même.

En arbitre : les médias qui ont déclaré dès le lendemain de l’élection que les résultats étaient légitimes et que seuls des complotistes illuminés pouvaient les remettre en question. Problème : pendant quatre ans, ces même médias ont fait feu de tout bois et ont sacrifié toute intégrité afin d’attaquer les Républicains.

Au nom du père, et du fils

En octobre, catastrophe pour les Démocrates : on trouve un ordinateur ayant appartenu à Hunter Biden, le fils de Joe Biden, confirmant ce qui n’était qu’un secret de Polichinelle à Washington D.C. Hunter Biden (cocaïnomane et crackomane, grand amateur de prostituées) a bâti toute sa « carrière » et a gagné des millions en Ukraine, en Russie, en Chine… grâce à l’influence de son père.

L’ordinateur, puis un témoin assermenté (ex-partenaire de Hunter Biden) confirment que Joe Biden est complice de ce trafic d’influence. On voit mal d’ailleurs comment il aurait pu en être autrement : si Joe Biden avait refusé de se mettre au service des clients de son fils, ceux-ci se seraient peut-être laissés avoir une fois ou deux, mais ils auraient ensuite abandonné une collaboration infructueuse et coûteuse pour eux en termes financier et d’image, la réputation de Hunter Biden étant calamiteuse.

Pire : en révélant les trafics ukrainiens de Hunter Biden, l’ordinateur confirme que la procédure de destitution entamée en 2019 par les démocrates à l’encontre de Donald Trump, pour avoir eu l’audace de demander au président ukrainien d’enquêter sur ces trafics, avait bel et bien pour but d’empêcher qu’ils ne soient révélés au peuple américain.

Procédure inhabituelle, Joe Biden, alors vice-Président, avait exercé un chantage financier en 2016 sur le gouvernement ukrainien pour remplacer le procureur général qui, ô coincidence, était justement en train d’enquêter sur la société Burisma, « l’employeur » de son fils.

Explication officielle : Joe Biden avait jugé que ce procureur était corrompu, raison pour laquelle il avait fait pression sur le gouvernement ukrainien. L’enquête sur Burisma n’était qu’une coïncidence. Le remplaçant choisi par Joe Biden, Youri Lutsenko, était un modèle de rectitude, mis à part ses quatre ans de prison pour fraude et abus de pouvoir, et son arrestation à l’aéroport de Francfort pour troubles à l’ordre public en état d’ivresse.

Si un tel parangon de vertu s’est empressé de clore les enquêtes sur Burisma et Hunter Biden par un non-lieu, on peut lui faire confiance. Il restera quelques esprits sceptiques pour remarquer que deux plus deux font quatre, et que tout cela pue la corruption et l’abus de pouvoir à plein nez. Bref, il fallait au moins une procédure de destitution d’urgence pour étouffer tout cela.

Face à ces révélations catastrophiques survenant quelques semaines avant les élections, le parti démocrate et les media ont réagi comme un seul corps : il fallait étouffer l’affaire. Mot d’ordre : tout cela n’était que « désinformation russe », un vulgaire « complot de la droite ».

Facebook et Twitter se sont mis de la partie, bloquant tous les comptes associés au New York Post, qui avait pris le devant dans la dénonciation de ce scandale. Les journalistes décidèrent de ne pas interroger Joe Biden à ce sujet, afin de ne pas le mettre en porte-à-faux.

Tout intervenant osant soulever Le Tabou à la télévision était vertement rabroué. N’écoutant que son courage, CNN choisit d’enquêter sur la passion de Joe Biden pour les glaces. Il ne sera pas dit qu’ils ont abandonné le journalisme d’investigation. Objectif : tenir jusqu’à l’élection.

La stratégie a réussi : une majorité des électeurs est restée ignorante du scandale jusqu’au 3 novembre. Ce n’est qu’après l’élection que, surprise, les media ont reconnu que tout était vrai, que le FBI avait validé l’ordinateur et que la Russie n’avait rien à voir avec tout cela. Il était désormais trop tard pour que les électeurs y puissent quoi que ce soit.

On comprendra que, quand ces parangons d’intégrité et de démocratie décidèrent, dès le 4 novembre, que les élections avaient été propres et que seuls des agents russes et des complotistes de droite pouvaient avoir l’outrecuidance de soulever des questions, il soit permis d’en douter.

Élections volées ou pas, quand, le 14 décembre 2020, le collège électoral se réunit pour certifier l’élection de Joe Biden à la présidence, la sagesse eût été de s’incliner et de reconnaître le résultat.

Malheureusement, ce n’est pas une révélation, Donald Trump est tout sauf sage. Une majorité de ses soutiens a choisi d’ignorer, les dents serrées, ses incartades, son ego fragile et démesuré et ses tweets fantasques pour se concentrer sur son action, dont le bilan est solide. Une minorité l’adore jusque dans ses excès, à proportion de l’exécration que lui vouent ses adversaires.

À cette minorité-là, Donald Trump a fait croire que la procédure de validation du vote du collège électoral le 6 janvier par le Congrès pourrait être autre chose qu’une simple formalité, et que le vice-Président avait le pouvoir de renverser ce vote : hérésie constitutionnelle.

On en arrive donc à la manifestation du 6 janvier, qui a dégénéré en invasion du Capitole par une minorité de manifestants.

De la violence en politique : pas uniquement au Capitole

On pourrait prétendre que la violence n’a jamais de place en politique, et on serait hypocrite. Depuis que Cain a tué Abel, on sait que la civilisation est fondée sur la violence. 1789 n’était pas un pique-nique à la campagne, et les deux plus grands présidents américains, Washington et Lincoln, puisent leur légitimité dans le sang.

Plus proche de nous : pendant tout l’été 2020, dans la plupart des grandes villes, des émeutes meurtrières (une trentaine de morts) ont secoué l’Amérique. Toute l’élite a mis genou à terre en soutien à Black Lives Matter et aux antifas.

Kamala Harris a soutenu la création d’un fonds de soutien pour libérer les émeutiers arrêtés par la police. Par ailleurs, dès 2018, Nancy Pelosi appelait au « soulèvement » contre Donald Trump.

En 2011, des protestataires démocrates occupèrent le Capitole du Wisconsin pendant plusieurs semaines pour bloquer le vote du budget présenté par le gouverneur républicain. Les sénateurs républicains durent être évacués par un tunnel. Ni Barack Obama, ni Joe Biden ne trouvèrent à l’époque quoi que ce soit à dire à cette « profanation » du « temple de la démocratie ».

Enfin, notons que Hillary Clinton a toujours refusé de reconnaître la légitimité de Donald Trump. Illégitimité des élections, émeutes, morts, occupation du Capitole : rien dans les événements du 6 janvier n’est tout à fait pareil, mais rien non plus n’est vraiment différent.

Apprenant l’assassinat du Duc d’Enghien par Napoléon, Fouché aurait dit : « C’est pire qu’un crime, c’est une faute ». L’invasion du Capitole le 6 janvier était un crime, certes. C’était surtout une faute, et une faute grave. Les démocrates ont désormais leur « Incendie du Reichstag ». Ils n’ont pas tardé à en profiter.

Joe Biden, « l’unificateur », aurait pu profiter de la réprobation unanime de cette émeute pour entamer un processus de réconciliation nationale. Certes, et le renard aurait pu s’allonger auprès de la poule, et le loup gambader avec la chèvre. Sans grande surprise, c’est le contraire qui s’est passé : comme dit l’adage, il ne faut jamais gaspiller une bonne crise.

Profitant de la condamnation des émeutiers, Joe Biden a élargi l’infamie à Donald Trump lui-même, bien sûr, mais aussi, par extension, à toute l’action de Donald Trump au cours des quatre dernières années, puis à tous ses électeurs.

Rien de surprenant à cela : Michelle Obama (Sainte Michelle !) avait déjà analysé les résultats électoraux ainsi : « Souvenons-nous que des dizaines de millions de gens ont voté pour le statu quo, alors même que cela signifiait soutenir les mensonges, la haine le chaos, et la division ».

Même les chiens de Joe Biden s’y mettent : en décembre, ils publiaient sur leur compte Instagram une photo les montrant en train de déchiqueter une effigie de Donald Trump. Rien de tel pour appeler à la réconciliation nationale.

Les objectifs à court terme des démocrates, des media et des milliardaires qui contrôlent les réseaux sociaux sont simples : noyer sous l’indignation suscitée par l’émeute le scandale de la famille Biden et interdire toute remise en cause de la légitimité des élections de 2020. « To the victors, the spoils » : aux vainqueurs, le butin.

Le crédit social à la chinoise débarque en Amérique

Beaucoup plus ambitieux est l’objectif à long terme : l’instauration, via un système de crédit social similaire à ce qui a été mis en place en Chine, d’un totalitarisme d’abord mou, mais qui se durcit progressivement.

Au nom d’abord de la lutte contre un virus, puis de la lutte contre le racisme et la « suprématie blanche », 2020 a permis une attaque sans précédent contre les libertés individuelles. Libertés de se déplacer, d’entreprendre, de se rassembler, et de s’exprimer.

Certaines de ces libertés reviendront avec la disparition du virus, mais pour la liberté d’expression, l’attaque ne fait que commencer. Les événements de 6 janvier ont permis une accélération spectaculaire. Suppression des comptes Twitter et Facebook de Donald Trump et de milliers de ses partisans. Interdiction de remettre en cause la légitimité des élections. Cerise sur le gâteau, on censure ceux qui dénoncent la censure

Il y a longtemps que les conservateurs sont chassés des universités et de Hollywood. Désormais, toutes les professions sont sur la sellette. L’association des agents immobiliers a annoncé qu’ils expulseraient tous les membres qui seraient reconnus coupables de « discours de haine », que ce soit en public ou en privé.

Abolition de la distinction entre espace privé et espace public : c’est précisément la marque du totalitarisme. Ce qui vient d’être instauré pour les agents immobiliers va être étendu à tous les corps de métier. Pour pouvoir gagner sa vie, il va devenir impératif d’afficher, même en privé, des opinions parfaitement lisses.

Afin de fournir un espace de liberté pour ceux qui ne supportaient plus la censure de Facebook, un réseau social libre, parler.com, avait été créé. Peine perdue : Google et Apple ont désormais bloqué l’accès à l’application sur leur plateforme de téléphone mobile.

Parler.com restait accessible sur ordinateur : échec et mat, Amazon vient de l’expulser de ses serveurs. Personne ne doit pouvoir échapper au contrôle des maîtres de Facebook et de Twitter.

Un autre réseau social alternatif, Gab, s’est vu refuser l’accès à Paypal, système de paiement en ligne. Désormais, pour se faire rémunérer, il faut avoir les bonnes opinions.

Alexandria Occasio-Cortez (AOC), congresswoman, pasonaria de la gauche radicale et icône médiatique, exige la création de « listes » des supporters de Trump. Un Directeur d’ABC (grande chaîne par câble) exige qu’on les « purge ».

Partout désormais, on traque les « déviants », on leur coupe les moyens de vivre et de s’exprimer, on les chasse des lieux publics, et la présidence démocrate n’a même pas encore commencé.

La gauche va contrôler désormais tous les pouvoirs : politique, finance, media, Big Tech. Elle ne cache plus son intention : écraser cette moitié du pays qui lui résiste. On dirait presque qu’elle vient de tomber les masques, si elle n’exigeait pas que tout le monde porte un masque jusqu’à la fin des temps.

Les opposants de Trump aimaient se qualifier de résistance. Celle-ci est finie maintenant, le moment de l’épuration est venu. Les États-Unis étaient un phare de la liberté d’expression. Le phare s’éteint, une longue nuit commence.

La moitié du pays qui refuse de souscrire au nouvel agenda progressiste n’a plus rien pour se défendre, même plus le rempart foutraque qu’était Donald Trump. Rien, sauf… des armes, beaucoup d’armes, achetées notamment lors des émeutes de l’été.

Un pouvoir sans pitié contre une population armée jusqu’aux dents : tout cela ne peut que bien se terminer, n’est-ce pas ?

Cet article a été édité le 12 janvier 2021 pour amender une affirmation sur les médias proches des Républicains. Ceux-ci (WSJ, Fox News, New York Post) ont bien affirmé la régularité des régularité de l’élection présidentielle, malgré les accusations de Donald Trump, selon un calendrier variant selon chaque média.

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