Troisième vague de restrictions à venir

Wave by F Mira(CC BY-SA 2.0) — F Mira, CC-BY

Troisième vague ? Pourquoi tout n’a pas été fait, tout, quoiqu’il en coûte, pour éviter le confinement et l’arrêt du pays ?

Par Olivier Maurice.

Le pays tout entier semble s’être transformé en Kelly Slater, en Bodhi Salver ou plutôt en Brice de Nice : la France attend la vague. En l’occurrence, la troisième vague.

Mais pas la troisième vague de SARS-COV2, celle-là on s’en moque, on sait tous qu’une maladie épidémique, c’est comme la pluie : ça finit toujours par tomber et par mouiller ceux qui se trouvent dessous.

Non la troisième vague qu’attendent les Français, c’est la troisième vague de mesures infantilisantes et autoritaires que vont encore nous pondre ceux qui dirigent nos vies à la virgule près depuis 10 mois.

Parce que depuis quelques jours, ça remonte. Ou plutôt, ça ne descend pas assez vite. Pas comme le gouvernement le voulait. Et un peu partout commence à sonner la petite musique de la valse en confinement.

Le gouvernement devrait donc nous annoncer sous peu l’annulation du maintien de la suppression des mesures dont l’abandon de la confirmation avait pourtant été abrogé.

Bref, on va nous re-dé-re-post-confiner encore une fois. Ou pas…

Qui dirige l’épidémie ?

Si quasiment plus personne n’y croit, nos responsables politiques sont semble-t-il toujours persuadés qu’ils tiennent dans leurs mains le volant qui conduit la voiture Covid et que la courbe des cas est une fonction inversement proportionnelle au nombre de pages parues dans le journal officiel.

Si c’était vraiment le cas, il faudrait quand même être capable de répondre à quelques questions, du genre : comment se fait-il que la Belgique, la France, l’Italie, l’Angleterre et l’Espagne, qui imposent les mesures prophylactiques parmi les plus strictes au monde se trouvent dans la liste des pays où le nombre de morts est le plus élevé par million d’habitants et comment se fait-il que dans ces 5 pays, la seconde vague se soit produite en même temps que dans les pays n’ayant imposé que des mesures plus légères, voire inexistantes ?

Il y a quand même de quoi se poser une question, à la fois scientifique, politique et psychologique : est-ce que ce sont les mesures prophylactiques qui ont une influence sur l’épidémie, ou l’épidémie et la peur qu’elle génère qui a une influence sur les mesures prophylactiques ?

Et c’est bien sûr sans parler des conséquences, des dégâts collatéraux de la guerre contre le virus, car ceux-ci commencent à sacrément s’additionner : perte de libertés, de travail, de relations sociales, dépressions, faillites, etc, etc, etc.

Mais nous sommes en France, le pays de Lumières, le pays de la laïcité et de la République triomphante, et on ne remet pas en question la parole officielle quand elle nous explique qu’en sacrifiant quelques enfants et quelques vierges en haut des pyramides, on va atténuer la colère des Dieux et qu’après la sécheresse reviendra la pluie.

Les effets du confinement

Une rapide recherche parmi les articles universitaires en cherchant les articles décrivant les effets du confinement dans le cas du Covid-19 est assez explicite.

On peut ainsi facilement trouver nombre d’études détaillées constatant les effets du confinement sur la pollution de l’air,  les addictions, les relations socio-économiques, les suicides, le bien-être, la mobilité, les inégalités, le marché du travail, la sécurité alimentaire, l’éducation…

Mais la première étude qui apparait finalement dans la liste et qui se pose la question de l’effet du confinement sur l’épidémie elle-même date d’août 2020 et se base sur le nombre de cas détectés pendant la première vague, alors que l’on sait très bien que les pays ayant confiné au printemps sont justement ceux qui n’ont pas testé la population… bref, passons…

La bouteille à l’encre

Dans de nombreux pays, la question du confinement est devenue éminemment politique. Il n’est d’ailleurs pas certain que ce pluralisme d’opinion débouche sur davantage de résultats d’un point de vue sanitaire, mais au moins il soulève bien plus qu’en France la question de savoir quelle corrélation il peut y avoir antre le virus et les interdictions.

Ce manque de liens prouvés entretient d’ailleurs toutes les opinions et toutes les théories, même les plus fantaisistes. Et ce alors que les effets collatéraux du confinement sont eux plus qu’évidents.

Mais bon, tout le monde aurait à gagner, le gouvernement en premier, à mettre en place une stratégie plus… disons… populaire.

On aurait tort cependant de penser que les opposants au confinement ne sont qu’une minorité d’illuminés, de libertariens, de trumpistes ou de complotistes. Près de la moitié des Français est persuadée que les informations auxquelles elle a accès sont non seulement fausses, mais qu’elles le sont volontairement !

En tout état de cause le plébiscite quasiment bolchévique obtenu face à la question « pensez-vous que les informations données sur l’état de l’épidémie en France et son évolution sont… » chez les personnes se réclamant du parti au pouvoir laisse sérieusement à penser que le jugement ne porte pas sur l’état de l’épidémie, ni même sur la qualité de la communication de l’équipe aux manettes, mais bien sur la nécessité de serrer les rangs et d’encourager ses joueurs tout en conspuant abondamment l’équipe adverse.

Sourds et bavards

Loin de rassurer, l’avalanche de conférences de presse et de prises de parole ne fait qu’augmenter l’écart entre ceux qui soutiennent et ceux qui subissent les vagues successives de mesures politiques et sanitaires, ou sanitaires et politiques, on ne sait plus trop.

Il reste qu’en plus de l’éclaircissement sur l’efficacité réelle des mesures imposées, débat sans cesse repoussé à plus tard ou balayé à grands coups d’anathèmes, deux questions encore plus fondamentales demandent à être posées :

Quel est le coût total de cette politique, et que peut-on faire ?

Parce que c’est quand même incroyable de constater qu’aucune vague d’annonce gouvernementale n’a frappé, ni même ne serait-ce qu’effleuré ceux qui sont entièrement responsables de la situation dramatique dans laquelle l’économie, la santé mentale et la cohésion sociale de notre pays se trouve actuellement, à savoir le nombre loin d’être ridicule de responsables administratifs et sanitaires.

Pourquoi n’a-t-on pas ouvert 10 000 lits de réanimations supplémentaires ou n’importe quel chiffre, 100 000 s’il fallait ? Vu le prix que toute cette histoire va coûter, il est loin d’être certain que le compte n’aurait pas été le bon.

Pourquoi n’a-t-on pas viré ou mis au placard ces responsables hospitaliers ou administratifs qui nous expliquent à longueur de journée que rien n’est possible, que la seule solution est de mettre toute la population en prison ?

Pourquoi n’a-t-on toujours aucune thérapie, ne serait-ce que de confort pour diminuer la souffrance que provoque la maladie ? Pourquoi ne parle-t-on jamais des malades, mais uniquement des restrictions que doivent absolument subir les bien-portants ?

Pourquoi maintient-on toujours en confinement les 10 %, 20 %, 30 % quel que soit le nombre de personnes ayant contracté le virus et qui ne peuvent plus ni l’attraper, ni le transmettre ?

Paralysie et excuses

Mais surtout, pourquoi n’a-t-on pas tout fait, quoiqu’il en coûte, pour que le système de santé soit enfin perçu comme autre chose qu’une machine à gaspiller et partager l’argent du contribuable ?

Pourquoi tout n’a pas été fait, tout, quoiqu’il en coûte, pour éviter le confinement et l’arrêt du pays ?

Pourquoi depuis 10 mois, avons-nous cette vigoureuse conviction que l’État ne fait pas son travail ?

Mais surtout pourquoi depuis 10 mois, les mandataires du peuple, ceux qui sont élus et payés pour contrôler et diriger l’État, pour s’assurer que celui-ci soit totalement au meilleur coût, avec les meilleurs résultats possibles, entièrement dévoué au seul service des citoyens, pourquoi ces élus qui ont quasiment tous les pouvoirs, nous demandent à nous citoyens de payer le prix exorbitant de la gabegie d’un État obèse qui prétend savoir tout faire mieux que personne et qui depuis 10 mois est clairement défaillant ?

Jamais, au grand jamais, personne n’aurait toléré ne serait-ce qu’une infime partie des manquements des services de l’État, si ceux-ci avaient été opérés par des entreprises privées.

Pourquoi règne-t-il une telle omerta sur l’évaluation de mesures autres que la politique autoritaire actuelle ?

La menace de la troisième vague n’a peut-être qu’un seul but : empêcher ce débat d’avoir lieu.

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