Covid : la France peut-elle accueillir des patients étrangers en réa ?

Photo by US Pacific Fleet(CC BY-NC 2.0) — US Pacific Fleet, CC-BY

Selon des infos du Parisien, la France se serait déclarée prête à accueillir en réanimation des patients d’autres pays européens.

Par Gérard Maudrux.

Selon des infos du Parisien, la France se serait déclarée prête à accueillir en réanimation des patients d’autres pays européens.

Cette décision est cohérente sur le plan européen. Le pays ayant pu se décharger en mars avril sur ses voisins, il est normal de renvoyer l’ascenseur. La solidarité doit fonctionner dans les deux sens.

Toutefois je me demande si cette proposition est cohérente avec la politique actuelle, et correcte vis-à-vis des Français et du personnel hospitalier.

En effet, rappelez-vous que la seule justification du confinement était de ne pas saturer les lits de réanimation afin de ne pas avoir à refuser d’accueillir des patients, ce qui est arrivé en mars dans certains centres.

Mais alors que nous sommes toujours confinés, est-il logique d’annoncer aux Français qu’ils doivent continuer à faire des efforts, que de nombreuses mesures soient prolongées, parfois jusqu’à mi-janvier, et le même jour, proposer des lits à des patients d’autres pays ? Les restaurateurs apprécieront d’être ruinés pour pouvoir jouer les grands généreux à côté.

N’est-ce pas quelque part faire de la solidarité au détriment de certaines catégories ? Comme toujours, nos politiques sont dispendieux avec l’argent des autres. Ainsi dans ces pays, les restaurants pourront rester ouverts, car en cas de problème la France aura fait ce qu’il fallait pour eux si nécessaire ! Et si on s’occupait des Français d’abord, et ensuite des voisins, si cela se passe bien ?

Et le personnel des hôpitaux, essentiellement en Île-de-France, va-t-il apprécier ? A-t-il été consulté ? Avant la seconde vague, épuisés, écœurés par ce qui se passait en coulisses depuis mars, beaucoup envisageaient d’abandonner le métier. Taillables et corvéables à volonté.

Certes la décrue est bien amorcée. Nous sommes passés d’un pic à 4900 hospitalisés en réanimation à 4000 ; pas assez pour desserrer plus la vis, mais assez pour remplir avec d’autres patients ?

Il est évident que sur le plan humain, annonce ou pas, décrue ou pas, si un voisin ne peut plus accepter un seul patient en réanimation, et si nous avons un lit de disponible, nous répondrons présent.

Mais ici, nous sommes dans la communication, pas dans le domaine médical et la solidarité. Il est probable qu’il y aura des transferts, mais probablement pas dans une situation désespérée des pays concernés, qui logiquement devraient aussi voir leur courbe épidémique décroître.

C’est un bon coup de pub pour les dirigeants de chaque côté. Personnellement, je n’invite pas la presse chaque fois que je fais quelque chose d’évident.

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