Face à la Covid-19, un cap libéral

Cap Libéral Covid-19 - création de Guillaume Périgois — Guillaume Périgois,

La crise sanitaire montre l’échec d’une certaine conception de l’État. Santé, instruction, emploi : et si on redonnait l’initiative à la société ?

Par Guillaume Périgois.

Depuis le début de la pandémie, l’échec de notre ordre social-démocrate est manifeste.

Certains cas particuliers sont révélateurs. Est-il normal qu’un État qui incite la population à vivre normalement en mars décrète un état de guerre sanitaire une semaine après ?

Est-il sérieux de mettre en quarantaine la quasi-totalité du pays au lieu de faciliter les dépistages et d’isoler les cas avérés ?

Est-il conséquent de simplement répondre aux écoles vétérinaires qui proposaient de conduire des milliers de dépistages chaque jour que cela est interdit par la loi n°2013-442 ?

L’orgueil et la frénésie de notre gouvernement ne peuvent cacher les dysfonctionnements de la réponse politique à la crise sanitaire et ne font qu’accélérer la venue d’une grave crise économique.

Une autre politique est possible.

Quel cap libéral ?

La critique est facile. Gouverner ne l’est pas.

Quelle serait alors une réponse libérale à cette crise sanitaire et économique ?

Avant tout, un gouvernement libéral aborderait la crise avec calme et humilité.

Avec calme, car la panique – qui ne peut rien résoudre – est elle-même contagieuse.

Avec humilité, car s’il y a une chose que l’échec de l’amoncellement de plans gouvernementaux indique, c’est que l’État n’a pas réponse à tout.

Un mot sur le ton. Certains ont vanté la communication pleine d’empathie du président de la République lors de fréquents discours télévisés.

Outre le fait que nous devons être le seul pays où le président sert de porte-parole au Premier ministre, un gouvernement libéral se soumettrait plutôt à des conférences de presse où, comme en Allemagne ou aux Pays-Bas, loin d’assumer un rôle parental infantilisant le corps civil, il ferait le point sur les résultats de son administration.

Le rôle de l’exécutif n’est en effet pas de panser les plaies de l’âme du pays ; il a en revanche le devoir de rendre des comptes sur son action auprès de ses supérieurs, les citoyens.

Il s’agirait ensuite d’avoir le courage d’aborder chacun des problèmes auquel le pays est confronté avec un respect pour les libertés civiles, une méthode claire et un esprit ouvert.

Un respect renouvelé des libertés civiles pour ne pas se trouver à menacer de 3000 euros d’amende ceux qui osent franchir le pas de leur porte.

Une méthode claire pour identifier d’où viennent les pénuries dans chaque secteur, issues d’un déséquilibre entre une demande de biens et de services qui s’accroît et une offre qui s’effondre.

Un esprit ouvert pour oser réformer les réglementations excessives qui aggravent et ossifient le déséquilibre actuel. Et là où l’incompétence de l’État est manifeste, rendre l’initiative à la société.

Rendre l’initiative à une société active

  • La santé, d’abord.

Dans cet esprit, un décideur politique libéral devrait d’abord se débarrasser des réglementations excessives qui empêchent les professionnels de la santé de réagir à la pandémie.

La réponse inefficace du gouvernement social-démocrate est en grande partie due à des réglementations lourdes, rigides et dépassées contrôlant le développement et la distribution des médicaments et des tests.

Un gouvernement libéral réformerait les obstacles réglementaires qui se sont accumulés au fil des ans et qui rendent notre système moins agile pour répondre à des événements inattendus.

  • Les mesures de confinement, ensuite.

Un gouvernement libéral ne supposerait pas qu’il peut mieux évaluer les avantages et les coûts des couvre-feux ou des confinements que les citoyens eux-mêmes.

Il ne partirait pas non plus du principe erroné que des décideurs parisiens peuvent prendre des décisions plus adaptées que les décideurs des échelons locaux. Bordeaux en Gironde n’est pas Boussac dans la Creuse. On y vit différemment. Dès lors, imposer le même confinement dans ces deux communes sans point commun n’a guère de sens.

Il s’agirait aussi d’être proportionnel et prévisible.

Pour garantir que les efforts d’endiguement soient proportionnés et ne causent que des dommages minimes à la société, des décideurs libéraux devraient fonder leurs mesures sur des informations épidémiologiques solides et s’engager à y mettre fin dès qu’elles atteignent des objectifs prédéfinis.

  • Passons à l’instruction.

La pandémie modifie considérablement la façon dont l’instruction des enfants et des étudiants se déroule. Des millions de familles sont déjà accoutumées avec l’instruction hors les murs.

Une politique libérale consisterait à enlever les freins actuels à l’enseignement à domicile et aux solutions d’instruction collective issues de la société, qu’elles soient d’origine privée, associative ou ad hoc.

Ici aussi, c’est aux parents et à la société civile de prendre le relai pour s’assurer que l’apprentissage se poursuit, et l’autonomie locale du système éducatif doit être la règle.

  • L’économie et l’emploi, enfin.

Un gouvernement libéral prendrait la mesure de la vulnérabilité financière des entreprises et associations du pays. Les fermetures administratives sont-elles vraiment nécessaires ?

Avec des déficits budgétaires publics déjà hors de contrôle, quel degré de relance l’État pourrait-il se permettre de fournir, et cette relance serait-elle efficace ?

L’économie subit des chocs tant au niveau de l’offre que de la demande. Des réglementations inefficaces exacerbent ces chocs, limitant la production et augmentant les prix. Le gouvernement devrait saisir cette occasion pour assouplir les exigences réglementaires imposées aux employeurs, tout en suspendant les réglementations qui entravent la production des biens nécessaires pendant cette période.

On le voit, face aux manquement de l’administration, le rôle d’un gouvernement libéral consisterait à faire face à ses responsabilités : laisser le personnel de santé organiser son travail et ses priorités, ne pas freiner le déploiement des outils de dépistage, privilégier des mesures proportionnelles et locales aux problèmes locaux, décentraliser et libérer l’instruction et laisser l’économie être plus résiliente et agile.

En d’autres termes, réformer pour redonner l’initiative à la société active.

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