Battery Day : Tesla, « from well to wheel »

Elon Musk pense clairement la confection de ses électromobiles du puits à la roue (From well to wheel comme l’évoquent les anglo-saxons en termes de cycle de vie).

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Battery Day : Tesla, « from well to wheel »

Publié le 2 octobre 2020
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Par Yannick Harrel.

Sous ses dehors fantasques et ses frasques à répétition, souvent exposés dans la presse à sensation toujours friande de ce type de clientèle, Elon Musk continue de se projeter vers l’avenir, qu’il soit terrestre, extra-atmosphérique ou neuronal.

Troisième fortune mondiale (115,4 milliards de dollars estimés), moqué ou adulé au gré de ses passages devant les médias, l’entrepreneur américain d’origine sud-africaine Elon Musk multiplie les annonces détonantes. La conquête de Mars, la fusion des intelligences humaine et artificielle ou les trajets intercités en tube hyper-pressurisé sont quelques-unes de ses prédictions ne manquant jamais de faire réagir, la sphère médiatique ayant souvent tendance à céder à la moquerie facile.

Or, le natif de Pretoria est un entrepreneur à succès ayant toujours réinvesti le fruit de ses succès en de nouveaux projets comme dans la recherche et l’innovation des structures existantes, un profil fort éloigné du prédateur financier.

Et c’est précisément fort du succès de sa compagnie Tesla, constructeur d’électromobiles premium, qu’il a dévoilé ses ambitions pour le futur lors de la Battery Day (Jour de la Batterie) du 22 septembre.

Initialement prévu la troisième semaine de mai 2020 et reporté pour cause de crise sanitaire aux États-Unis, cette assemblée générale des actionnaires était particulièrement attendue quant aux annonces impactant le futur de la société.

Ce grand barnum, où les spectateurs étaient cloisonnés dans des Tesla stationnées sur le parking de l’entreprise et tournées vers le devant de la scène (le sens du spectacle comme toujours chez Elon Musk), a déçu certains commentateurs qui espéraient des proclamations révolutionnaires.

Pourtant, pour qui prend bien la peine de suivre l’intégralité du discours (près de deux heures en incluant les questions/réponses), les informations et confirmations ne manquent pas.

Une ambitieuse stratégie globale

Tout d’abord, Tesla se présente comme un futur conglomérat où les électromobiles ne sont qu’une partie de l’offre de l’entreprise. Production et conservation énergétiques sont ainsi clairement identifiées comme les deux autres piliers d’une stratégie globale.

La production et commercialisation de ses PowerPack et PowerWall en tant qu’unités de stockage couplées à la pose de ses panneaux photovoltaïques Solar Roof démontrent que l’entreprise a déjà matérialisé ses velléités en la matière.

Elon Musk impose aussi son rythme dans l’industrie automobile en voie d’électrification : ainsi ne souhaite-t-il plus mentionner une capacité de production annuelle de batteries en Gigawatts mais dorénavant en Térawatts (soit 1000 Gigawatts) pour la prochaine décennie.

Comme le préfixe Téra le signifie : il s’agit bien d’une perspective « monstrueuse » qu’il sera compliqué d’approcher pour les compétiteurs européens et une sérieuse menace pour les concurrents asiatiques.

Pour rappel, la production électrique annuelle a été de 570 Térawatts/heure pour la France, 618 Térawatts/heure pour l’Allemagne, 323 Térawatts/heure pour le Royaume-Uni et 4 336 Térawatts/heure pour les États-Unis en 2019 (source : Agence Internationale de l’Énergie).

Et pour avoir un ordre de grandeur de la croissance de l’outil industriel que cette perspective réclamerait, une Gigafactory Tesla produit actuellement 0,15 Térawatts/heure.

Irréalisable le projet par conséquent ? Pas si l’on écoute attentivement le patron de Tesla et son ingénieur en chef : ils proposent de revoir l’architecture de fabrication et d’assemblage de leurs véhicules tout en y intégrant quelques procédés innovants qui améliorent le temps de production, les transferts logistiques et l’efficacité intrinsèque des produits le composant.

Ce qui aurait pour conséquence concomitante de diminuer le coût unitaire des batteries tout en augmentant leur densité énergétique.

Tesla va sortir les pioches

Autre point d’importance, guère souligné dans la presse généraliste malheureusement, c’est le souhait officialisé pour Tesla de diriger et d’exploiter directement une mine de lithium située dans le territoire du Nevada. Cette appétence pour le secteur minier est un signe du renouveau qui pourrait bien sourdre rapidement dans les autres pays clients de la Chine.

La crise du coronavirus ayant démontré la fragilité de la chaîne logistique pour les industries américaine et européenne en raison d’une dépendance cruelle vis-à-vis de l’Empire du Milieu.

Sans que cela ne soit une coïncidence, la Commission Européenne s’est par ailleurs empressée de publier son plan d’action le 3 septembre 2020 en faveur d’une sécurisation des approvisionnements en métaux stratégiques tout en reconnaissant la nécessité de préserver l’expérience extractive des régions minières encore en activité tout en prospectant de nouvelles zones de ressources minérales.

Le remplacement programmé du cobalt par le nickel dans la cathode et l’utilisation repensée du silicium dans l’anode en lieu et place du graphite est aussi en ligne de mire, de même que l’extension du processus de recyclage des différents matériaux favorise un moindre recours à des fournisseurs externes.

Elon Musk pense clairement la confection de ses électromobiles du puits à la roue (From well to wheel comme l’évoquent les anglo-saxons en termes de cycle de vie).

Tesla : mieux que la révolution technologique, l’approche stratégique

L’approche de Tesla est ainsi moins d’ordre disruptive (l’innovation majeure qui va bouleverser tout le secteur) que d’ordre stratégique (intégrer une somme d’améliorations techniques et organisationnelles dans un circuit rationalisé) : pour prendre l’analogie des sports mécaniques, il s’agit bien plus d’une course d’endurance que d’une course de Formule 1.

Ainsi, à l’inverse de certains gouvernements qui entendent promouvoir le véhicule électrique au détriment du véhicule thermique en créant une distorsion de concurrence par une fiscalité exorbitante et inique, Tesla souhaite abaisser le coût de ses batteries (qui compte généralement pour un tiers dans le coût global du véhicule) en agissant tant sur les composants que sur l’environnement de production.

En somme, Tesla veut prouver que l’électromobilité peut séduire des utilisateurs par l’attrait de produits plus accessibles et plus efficients et non par des mesures fiscales faussement incitatives car prioritairement punitives, voire confiscatoires pour les autres possesseurs de véhicules.

Par conséquent, c’est une véritable stratégie globale que Tesla met en place pour sa chaîne de valeur en recourant à l’internalisation progressive d’un bout à l’autre de celle-ci tout en poursuivant une intégration verticale.

Certes, Tesla pèse peu sur le marché automobile en termes de volume mais sur le plan de l’innovation, de l’influence médiatique et de la capitalisation boursière, sa position est dorénavant incontournable.

Retransmission officielle du keynote Battery Day

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  • « que veut dire « sa position est maintenant incontournable? »
    ainsi ne souhaite-t-il plus mentionner une capacité de production annuelle de batteries en Mégawatts mais dorénavant en Térawatts (soit 1000 Mégawatts) pour la prochaine décennie. »
    on parle puissance puis on enchaine en parlant énergie (avec pour unité des terawatt/h !!???).. la belle affaire de parler en terawatt..
    on fait un constat sur l’enregi on embraye sur les couts..
    je ne sais pas trop quoi penser de ça sinon que musk continue sont truc..

    ce qui est toujours reproché à musk n ‘est pas ses projets, c’estdans le cas de la voiture électrique d’avoir été une pompe à argent public..
    voiture éclectique qui par ailleurs est sujet d’un débat de nature environnementale est ce mieux qu’une voiture thermique..

    • même réflexion pour ma part.
      sans compter que 1 000 méga, c’est 1 giga, et il faut 1 000 giga pour faire 1 tera…
      l’auteur de l’article ne connait pas ce dont il parle.

      • en fait, l’auteur est un sociologue… qui se croit parfaitement qualifié pour manier des concepts de sciences dures…

    • « avoir été une pompe à argent public. »
      argent public, mais surtout privé.
      Si ça ne marche pas, beaucoup d’investisseurs perdront, mais c’est le jeu. Quand c’est public, tout le monde y perd.

  • Un jour il donnera ses bagnoles et louera ses batteries… Mais la concurrence n’est pas loin.

  • beaucoup de vent et de concept creux car à aucun moment les problèmes de la realité ne sont abordés : comment recharcher une telle masse / quantité de batterie (qui installe, paie l’infrastructure, ici le wifi ne marche pas, il faut de bon gros cable en cuivre) 2 ) quelle technologie pour la batterie qui n’ explose pas et garde son rendement (il y a eu certe des progrès mais on est loin cu compte; la batterie de mon smartphone est toujours aussi pitoyable, il faut le recharger tous les jours) comment produit on l’éléctricité complémentaire ( des éoliennes ?…. ou du nuc !) avec en toile de fond quel gain pour quel cout

    • Depuis la., « jamais contente » on sait que la traction électrique n’a aucun intérêt. L’avenir est à un carburant synthétique de forte puissance concentrée et pourquoi pas des moteurs à fusion…

  • Pour ma part, je préfère une bonne grosse voiture avec un bon V8 voire, soyons fou, un V12 qui « chante » jusqu’à 8500 tours!
    Et plus cela dégage de CO2, plus c’est bon pour la planète.

  • ça ne vaut pas que pour Tesla, l’électricité qui regonflera les millions de batteries à venir sortira (au niveau mondial) pour beaucoup de centrales thermiques. Quand à nous Français, compte tenu du démantèlement nucléaire en cours et à venir nous faisant craindre des « délestages » prochains, on fait quoi ? Gaz ? Charbon ? Ah j’oubliais, les moulins à vent … Pfffff.
    Vive donc les véhicules électriques qui tournent à l’énergie fossile.

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