Tesla, Paypal, SpaceX : Elon Musk, l’entrepreneur qui veut changer le monde

Entrepreneur de génie ou gourou gavé aux subventions publiques ? La personnalité d’Elon Musk ne laisse pas indifférent, et mérite d’être explorée. Décryptage.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Tesla, Paypal, SpaceX : Elon Musk, l’entrepreneur qui veut changer le monde

Publié le 2 août 2018
- A +

Par Farid Gueham.
Un article de Trop Libre

« Elon Musk fait partie de ceux qui changent les règles du jeu. Largement considéré comme le plus grand industriel du moment, […] à 44 ans, il a monté en quelques années une entreprise, Tesla, qui révolutionne l’industrie automobile, une autre, SpaceX qui concurrence Arianespace. Il a auparavant bouleversé le marché des paiements avec Paypal. Son objectif ultime : coloniser Mars« . Ashlee Vance, journaliste et spécialiste des technologies de la Silicon Valley est fasciné par le parcours et le génie, reconnu ou non, du businessman dont l’ascension est aussi fulgurante que mouvementée.

Le monde d’Elon

Lorsqu’Ashlee Vance rencontre Elon Musk pour la première fois, ce dernier lui exprime clairement son souhait de ne pas collaborer à la réalisation d’un ouvrage biographique. « Il était prêt à coopérer à condition de lire le livre avant publication et de pouvoir y ajouter des annotations. Il ne toucherait pas à mon texte mais voulait faire valoir sa position immédiatement si quoi que ce soit lui paraissait inexacte. J’avais compris d’où cela venait. Musk réclamait un droit de regard sur l’histoire de sa vie ». 

Mais toute enquête sur Elon Musk devait nécessairement commencer au siège de SpaceX à Haythorne en Californie. Deux photos géantes de Mars décorent un bureau plutôt étroit : l’une représente la planète rouge telle qu’elle est aujourd’hui, l’autre la version rêvée d’Elon Musk, une planète réchauffée, recouverte d’un épais tapis végétal, d’océans, un pense-bête « pour échapper au scénario du pire et à l’extinction de la conscience humaine » confesse l’entrepreneur. 

La première startup d’Elon

Lors d’un roadtrip à travers les États-Unis avec son frère Kimbal, Elon Musk a une idée : un réseau médical en ligne. « Son ambition n’allait pas jusqu’aux dossiers électroniques, il servirait plutôt à la collaboration et aux échanges d’informations entre médecins ». 

Le secteur médical paraissait être de ceux où une innovation de rupture était possible, « mais ça n’a pas marché », regrette Kimbal. Les frères allaient créer leur startup, Global Link Information Network, rebaptisée Zip2 « pour expliquer le concept, Musk disait souvent que tout le monde a le droit de savoir où se trouve la pizzeria la plus proche et comment s’y rendre. Cela peut sembler évident de nos jours – pensez à Yelp conjugué à Google Maps– mais à l’époque, même les fanatiques n’avaient pas encore rêvé d’un tel service », rapporte Ashlee Vance.

Mais voilà, le management et la gestion des ressources les humaines ne sont pas le fort de Musk. S’il voulait être un leader, les gens avaient du mal à l’imaginer dans le costume de PDG. Déterminé, il avait décidé de prouver à tous qu’ils avaient tort.

Le boss de la mafia PayPal

 Après la vente de Zip2, Musk avait gagné en confiance, « il avait dompté la Silicon Valley, il était un de ceux que tout le monde voulait être à l’époque : un dotcom millionnaire ». 

Avant l’avènement de PayPal, deux startups, X.com et Confinity étaient engagées dans une concurrence féroce pour la conquête du secteur des paiements par le web et par courrier électronique. Cette rivalité fut pour Musk une opportunité de taille. PayPal en était à ses balbutiements et sa trésorerie aux abois, du fait des primes versées aux nouveaux clients.

Après la fusion de X.com et Confinity sous la bannière PayPal, Musk est débarqué du poste de PDG par son conseil d’administration. « En juin 2001, l’influence d’Elon sur l’entreprise s’évaporait rapidement. Musk laisse rarement un affront impuni. Mais dans tout ce calvaire, il montra une retenue incroyable ». 

L’épisode PayPal eut du bon et du mauvais pour Musk qui empochait 250 millions de dollars, lorsqu’en 2012, Ebay propose de racheter l’entreprise. Mais au lendemain de la cession, sa réputation de leader avait clairement été mise à mal. Son pécule en poche, il comptait néanmoins réaliser ses rêves les plus fous.

La revanche de la voiture électrique

Tesla ne s’est pas contenté de devenir une des stars de l’industrie américaine moderne, elle a aussi anéanti ses rivaux les plus proches. « Fisker automotive déposa le bilan et fut acheté par un équipementier chinois en 2014. [… ] Better Place, une autre start-up qui avait attiré encore plus de superlatifs que Fisker et Tesla réunis, avait levé près d’un milliard de dollars pour construire des voitures électriques et des stations d’échange de batteries. Elle fit faillite en 2013 sans avoir presque rien produit ». La voiture électrique n’était pas l’eldorado ni le secteur le plus prisé du capital-risque. Mais dans la marée des nouveaux constructeurs, la force et la spécificité de Tesla résidaient dans « sa volonté de réaliser sa vision sans compromis, sa détermination à concrétiser les exigences de Musk », affirme Ashlee Vance.

La théorie du champ unifié d’Elon Musk

À l’occasion du festival Burning Man accompagné de ses deux cousins, les frères Rives, Elon Musk commence à envisager les opportunités de l’industrie solaire, mais ce fut lors de la conférence Solar Power International qu’ils mirent le doigt sur ce à quoi pouvait ressemblait réellement leur modèle économique. Avant toute chose, il fallait rendre l’achat de panneaux solaires plus accessible, même pour le grand public.

En 2006, les frères Rives lancent Solar City. Six ans plus tard, l’entreprise était le premier installateur de panneaux solaires des États-Unis. « SolarCity, comme les autres initiatives d’Elon, ne représentait pas tant une opportunité commerciale qu’une vision du monde. [… ] SolarCity était en outre une pièce capitale de ce que l’on pourrait appeler la théorie du champ unifié de Musk. Toutes les entreprises de celui-ci sont interconnectées à courts et moyens termes. Tesla fabrique des batteries que SolarCity peut vendre à ses clients. SolarCity fournit les panneaux solaires des stations de recharge où les conducteurs de Tesla peuvent s’approvisionner gratuitement, etc… ». 

SolarCity a acheté un nouveau laboratoire de recherche et développement près de l’usine Tesla dans la Silicon Valley et Tesla continu la construction de sa Gigafactory dans le Nevada, doté d’un réseau de superchargeurs qui a fait économiser près de quinze millions de litres d’essence au groupe. Elon Musk se réinvente continuellement, à l’image de son personnage de dessin animé, dans un épisode des Simpson intitulé « The Musk Who fell to Earth ». Ses projets fantasques sont devenus son moteur, son addiction « au point qu’il ne puisse s’empêcher d’annoncer des engins comme l’hyperloop et l’internet spatial ». Dur et distant en apparence, il nourrit une préoccupation sincère pour l’avenir de l’espèce humaine selon Ashlee Vance, « sans toujours admettre les désirs et les besoins des individus. Et il se pourrait que cela en fasse exactement le type de personne capable de concrétiser l’internet spatial ». 

Pour aller plus loin :

–       « Elon Musk reportedly gave his assistant a 2-week test when she asked for a big raise — what happened to her is an important career lesson », businessinsider.fr

–      « Les suites en avant d’Elon Musk », libération.fr

–       Présentation du projet « hyperloop »spacex.com

–       « Internet par satellite : SpaceX se prépare pour 2019 »futura-sciences.com

Sur le web

Voir les commentaires (7)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (7)
  • Musk a bien changé le monde : c’est le premier entrepreneur US a être devenu un modèle en n’ayant fait à peu près que des pertes !

    • @ MichelO
      Oui, mais le génie est celui qui a l’idée et assez de conviction pour en persuader les autres, sinon, c’est un génie méconnu!
      Après, il faut convaincre le client, ce qui n’est pas immédiat avec les Tesla; maintenant, à 35 K€, c’est déjà plus raisonnable!
      Alors, Elon Musk, un génie? Il est en bonne voie, en tout cas, comme Steve Job qui a réussi!

      • Entre le génie méconnu et le génie du mal qui gaspille l’argent du contribuable, mon choix est vite fait !

  • Il faudrait cesser d’attribuer le terme de génie à des entrepreneurs comme Musk ou Steve Jobs. Ce sont leurs ingénieurs qui sont géniaux, eux sont tout simplement avisés.

  • Aux USA de nombreuses personnes, dont ma famille quittent les banques mouillées chez Musk….
    Ce type n’est rien qu’un ramasseur de subventions et un bonimenteur de foire…Le goudron et les plumes ne sont pas loin….

  • Elon Musk, c’est des pertes colossales par véhicule produit alors qu’il pompe au moins autant de subventions publiques parce qu’il le vaut bien. Il ambitionne de sauver le monde : ce n’est pas rien, tout de même. Voilà qui mérite bien quelques sacrifices avec l’argent gratuit des autres. Elon mériterait presque d’être un Etat obèse à lui tout seul. Il en possède toutes les caractéristiques.

    Elon Musk, c’est une perte de 1,5 milliard sur les 6 premiers mois de 2018 pour un écrasant résultat de 53000 voitures produites au dernier trimestre et 40000 péniblement livrées. Après avoir viré le responsable qualité un peu trop pointilleux, combien prendront feu dans les prochaines années ? Peu importe ! Dans la foulée de l’annonce des merveilleux résultats, l’action Tesla prend +8% après-bourse, au sein d’un marché décérébré purement directionnel, un bête marché de flux qui dépend totalement du gavage monétaire de la Fed et des autres BC. Les commentateurs ne s’y trompent pas, experts BFM en première ligne : « c’est comme ça et pas autrement, il n’y a pas à réfléchir » assènent-ils sentencieusement, l’air sérieux et déterminé derrière leurs sourcils dûment froncés (l’apparence de la compétence l’emporte sur la compétence réelle).

    Il a tout compris, il est parfaitement adapté à son époque, le Elon, une époque déjà perdue mais qui l’ignore obstinément parce qu’elle ne veut rien savoir, gavée de faux prix, emplie de faux semblants, obsédée de promesses fumeuses et se croyant soutenue pour l’éternité par un abysse de dettes irrécouvrables. Ni pire ni meilleur, Elon est typique de son époque. Le moment venu, il disparaîtra avec la caisse, se fera rattraper et finira dans la même cellule que Bernie. A moins qu’il ne soit déjà en orbite, là où il n’a pas fini de tourner.

  • Incroyable parallélisme entre Elon Musk et Staline ou Mao: changer le monde, s’appuyer d’abord sur la propagande et des propagandistes politiques, reconstruire la réalité, qui doit d’abord s’appuyer sur le discours, les faits ayant tort (on appelle cela l’idéologie). Les commentaires que je lis ici sont très sains. Nous sommes certes tous humains. Mais avons une culture, européenne et française: pourquoi devrions nous nous aplatir devant un escogriffe qui foule au pied nos valeurs, un escroc totalement perdu dans son rêve égotiste ? Reprenons-nous. ,

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L'ESA souhaite plus d'argent. Développons plutôt une industrie spatiale et des partenariats comme aux USA. Et si on s'inspirait du modèle capitaliste américain, plutôt que d'attendre tout de l’État ?

 

La dépense publique pour l’espace, un geste sans possibilité de résultat

Dans un article daté du 13 septembre La Tribune rapporte que le directeur de l’ESA (Agence Spatiale Européenne), Joseph Aschbacher, veut obtenir des états membres[1. L’ESA, European Space Agency est financée par ses 22 États membres (et quelques États co... Poursuivre la lecture

Le fabricant de véhicules électriques Tesla a indiqué vouloir réaliser une division du nominal de son action (stock split) de 3 pour 1. La résolution sera proposée lors de l’assemblée générale des actionnaires du 4 août.

Dans le document remis à la SEC le 10 juin, on peut lire que :

Le succès de Tesla dépend de sa capacité à attirer et retenir des talents grâce à un système de rémunération attractif. À la différence de ses concurrents, Tesla offre la possibilité à ses salariés de percevoir des actions. Depuis le dernier split de ... Poursuivre la lecture

Par Peter Jacobsen.

Après l'acceptation de l'offre d'achat de Twitter par Elon Musk, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a dévoilé des plans pour adopter un conseil de gouvernance de la « désinformation ». L'achat par Musk n'est pas définitif, et ledit conseil de gouvernance est maintenant en pause, mais la réaction à ces événements a été révélatrice.

On pourrait s'attendre à ce que les professionnels du marché des idées s'inquiètent de voir une autorité étatique contrôler la parole. Curieusement, de nombreux... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles