La démagogie égalitariste et vénéneuse

Screenshot_2020-09-30 Nous allons allonger le congé paternité à un mois - YouTube — YouTube,

Le cheval de bataille de l’égalité est celui que préfère M. Macron car il est aussi gratifiant politiquement que dangereux humainement, économiquement et philosophiquement.

Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Il n’y a plus d’argent, mais l’équipe qui dirige la France a encore de mauvaises idées pour occuper le terrain politique sans dépenser, du moins directement. Il suffit de trouver des réformes peu coûteuses et/ou à faire payer par d’autres. Le cheval de bataille de l’égalité est celui que préfère M. Macron car il est aussi gratifiant politiquement que dangereux humainement, économiquement et philosophiquement.

Un haut commissaire sans commissariat

Après 34 jours au ministère de la Justice, en 2017, M. Bayrou avait dû quitter le gouvernement à la suite de l’ouverture d’une enquête pour des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen.

Nommé haut commissaire au Plan début septembre, il a dû accepter ses fonctions sans être rémunéré pour éviter les critiques liées à la procédure judiciaire en cours. Il n’a pas d’administration non plus et il est rattaché au secrétariat général du gouvernement. Il lui est suggéré d’en utiliser les services et de se reposer sur l’assistance de France Stratégie, ce faux think tank émanant de l’ancien commissariat au plan qui, avec ses 80 chercheurs, produit laborieusement des rapports tous orientés à gauche ou à l’extrême gauche sur le futur de notre économie.

M. Bayrou en fera sûrement bon usage, d’autant plus facilement que M. Macron lui a demandé de ne pas imaginer de plan, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, mais plutôt « d’éclairer les choix des pouvoirs publics au regard des enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels » en mettant « les inégalités au centre de son action ». Bien entendu, ça résout tout.

Mais qu’est-ce que l’égalité ?

L’égalité réduite à l’indifférenciation

En réalité, l’égalité que veut instaurer la politique contemporaine est une égalité dénaturée. L’égalité en droit qui assure à tous la possibilité de se réaliser dans le respect des autres est préhistorique. Il s’agit maintenant d’indifférencier, de niveler. Il faut gommer les genres et c’est pourquoi il est question d’admettre Verlaine et Rimbaud au Panthéon parce qu’ils ont été amants quelque temps.

Leur poésie n’a guère de liens, mais l’idée d’en faire un symbole au pinacle permet d’occuper le terrain médiatique à peu de frais et de consacrer la confusion des genres dans la société. Curieusement, il s’agirait d’institutionnaliser une forme de communautarisme au moment où on en stigmatise d’autres !

C’est aussi la vocation de cette mesurette symbolique consistant à porter le congé paternité de 14 à 28 jours, qui sera inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021. La prise de ce congé serait pour partie obligatoire, comme si les hommes n’étaient pas suffisamment adultes pour choisir leurs congés. Mais peut-être est-il question non seulement de les infantiliser, mais aussi de les forcer à se « mamaniser » ! Il ne s’agit pas de rabaisser le travail ou la fonction des mères, tout au contraire, mais de rappeler que chacun fonctionne différemment et a son propre rôle : on n’a jamais vu un papa enceint !

D’ailleurs, les jeunes papas n’identifient pas cet aspect et bien entendu se disent majoritairement favorables à l’idée d’avoir des congés supplémentaires. La soviétisation en marche de la société est aussi une « boboisation » et se fait en douceur.

L’intrusion sociale… et financière

C’est un fait, l’État entre désormais délibérément dans nos vies. Il veut changer nos modes de pensée et nos comportements. Il veut aussi nous soumettre, sans bruit mais toujours plus, à son joug fiscal. Car l’extension du congé paternité coûtera à terme 500 millions par an que prendront en charge nos cotisations sociales à la branche famille, et directement les entreprises qui auront à supporter le coût d’une partie de ces nouveaux congés, notamment pour les cadres.

Une goutte d’eau bien sûr par rapport au déficit annoncé de la Sécu pour 50 milliards d’euros cette année.

Dans le même esprit, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale intégrera au nom de l’égalité sans doute et malgré les promesses du chef de l’État et du Premier ministre, de nouvelles taxes sur le chiffre d’affaires des compagnies d’assurance et mutuelles, qui auraient économisé 2,2 milliards d’euros durant le confinement du fait de la baisse des consultations et actes chirurgicaux hors la Covid prise en charge à 100 % par la Sécu.

Le gouvernement veut donc récupérer d’une main ce qu’il a donné de l’autre. La nouvelle taxe devrait représenter 1,5 milliard d’euros perçus en 2021 et 2022. Donc désormais, le gouvernement scrute les résultats des entreprises et module ses impôts, du moins à la hausse, en fonction de leur niveau ! Quand les assureurs et mutuelles auront plus de charges au titre des effets post-Covid – dépressions, effets secondaires… il est peu probable que l’État les compensera. Le patronat s’en inquiétait peu tant que seuls les GAFA étaient dans le collimateur.

Il serait avisé de s’opposer sans attendre à cette tendance à l’intrusion qui se généralise et qui sans doute frappera bientôt toutes les entreprises.

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