La démagogie égalitariste et vénéneuse

Le cheval de bataille de l’égalité est celui que préfère M. Macron car il est aussi gratifiant politiquement que dangereux humainement, économiquement et philosophiquement.

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La démagogie égalitariste et vénéneuse

Publié le 1 octobre 2020
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Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Il n’y a plus d’argent, mais l’équipe qui dirige la France a encore de mauvaises idées pour occuper le terrain politique sans dépenser, du moins directement. Il suffit de trouver des réformes peu coûteuses et/ou à faire payer par d’autres. Le cheval de bataille de l’égalité est celui que préfère M. Macron car il est aussi gratifiant politiquement que dangereux humainement, économiquement et philosophiquement.

Un haut commissaire sans commissariat

Après 34 jours au ministère de la Justice, en 2017, M. Bayrou avait dû quitter le gouvernement à la suite de l’ouverture d’une enquête pour des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen.

Nommé haut commissaire au Plan début septembre, il a dû accepter ses fonctions sans être rémunéré pour éviter les critiques liées à la procédure judiciaire en cours. Il n’a pas d’administration non plus et il est rattaché au secrétariat général du gouvernement. Il lui est suggéré d’en utiliser les services et de se reposer sur l’assistance de France Stratégie, ce faux think tank émanant de l’ancien commissariat au plan qui, avec ses 80 chercheurs, produit laborieusement des rapports tous orientés à gauche ou à l’extrême gauche sur le futur de notre économie.

M. Bayrou en fera sûrement bon usage, d’autant plus facilement que M. Macron lui a demandé de ne pas imaginer de plan, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, mais plutôt « d’éclairer les choix des pouvoirs publics au regard des enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels » en mettant « les inégalités au centre de son action ». Bien entendu, ça résout tout.

Mais qu’est-ce que l’égalité ?

L’égalité réduite à l’indifférenciation

En réalité, l’égalité que veut instaurer la politique contemporaine est une égalité dénaturée. L’égalité en droit qui assure à tous la possibilité de se réaliser dans le respect des autres est préhistorique. Il s’agit maintenant d’indifférencier, de niveler. Il faut gommer les genres et c’est pourquoi il est question d’admettre Verlaine et Rimbaud au Panthéon parce qu’ils ont été amants quelque temps.

Leur poésie n’a guère de liens, mais l’idée d’en faire un symbole au pinacle permet d’occuper le terrain médiatique à peu de frais et de consacrer la confusion des genres dans la société. Curieusement, il s’agirait d’institutionnaliser une forme de communautarisme au moment où on en stigmatise d’autres !

C’est aussi la vocation de cette mesurette symbolique consistant à porter le congé paternité de 14 à 28 jours, qui sera inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021. La prise de ce congé serait pour partie obligatoire, comme si les hommes n’étaient pas suffisamment adultes pour choisir leurs congés. Mais peut-être est-il question non seulement de les infantiliser, mais aussi de les forcer à se « mamaniser » ! Il ne s’agit pas de rabaisser le travail ou la fonction des mères, tout au contraire, mais de rappeler que chacun fonctionne différemment et a son propre rôle : on n’a jamais vu un papa enceint !

D’ailleurs, les jeunes papas n’identifient pas cet aspect et bien entendu se disent majoritairement favorables à l’idée d’avoir des congés supplémentaires. La soviétisation en marche de la société est aussi une « boboisation » et se fait en douceur.

L’intrusion sociale… et financière

C’est un fait, l’État entre désormais délibérément dans nos vies. Il veut changer nos modes de pensée et nos comportements. Il veut aussi nous soumettre, sans bruit mais toujours plus, à son joug fiscal. Car l’extension du congé paternité coûtera à terme 500 millions par an que prendront en charge nos cotisations sociales à la branche famille, et directement les entreprises qui auront à supporter le coût d’une partie de ces nouveaux congés, notamment pour les cadres.

Une goutte d’eau bien sûr par rapport au déficit annoncé de la Sécu pour 50 milliards d’euros cette année.

Dans le même esprit, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale intégrera au nom de l’égalité sans doute et malgré les promesses du chef de l’État et du Premier ministre, de nouvelles taxes sur le chiffre d’affaires des compagnies d’assurance et mutuelles, qui auraient économisé 2,2 milliards d’euros durant le confinement du fait de la baisse des consultations et actes chirurgicaux hors la Covid prise en charge à 100 % par la Sécu.

Le gouvernement veut donc récupérer d’une main ce qu’il a donné de l’autre. La nouvelle taxe devrait représenter 1,5 milliard d’euros perçus en 2021 et 2022. Donc désormais, le gouvernement scrute les résultats des entreprises et module ses impôts, du moins à la hausse, en fonction de leur niveau ! Quand les assureurs et mutuelles auront plus de charges au titre des effets post-Covid – dépressions, effets secondaires… il est peu probable que l’État les compensera. Le patronat s’en inquiétait peu tant que seuls les GAFA étaient dans le collimateur.

Il serait avisé de s’opposer sans attendre à cette tendance à l’intrusion qui se généralise et qui sans doute frappera bientôt toutes les entreprises.

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Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • Macron est aux abois, reste la démagogie … mais l’hallali est proche car l’illusionniste est démasqué (même caché derrière).

  • Diversions coûteuses ! Comme Ségolène Royale, qui avait été nommée ambassadrice des pingouins bénévole mais percevait une « indemnité de frais » forfaitaire de 100 000 euros par an (à dépenser sans justificatif et non imposable…), Bayrou profitera des avantages attachés à une fonction très discutable, France stratégies, en quête d’idées novatrices à tout prix, est farfelu et dangereux pour le pays.

  • C’est comme cela que les dictatures s’installent notamment grâce à l’organisation de la déresponsabilisation des responsables et en les gratifiant sous des formes diverses, postes, argent,décorations, et confiseries du même acabit…

  • Vous remarquerez que le simple fait, maintenant de parler de « Papa et de Maman » et non plus d « Père et Mère » est une dérive infantilisante dont personne ne semble prendre conscience…..
    Une étape de plus vers notre déresponsabilisation totale.
    C’est insupportable.

  • constat effrayant, mais ces dérives sont cours depuis tant de décennies et il est maintenant, je le crains, trop tard.

    Dans le passé, toutes les étapes vers la servitude ont chaque fois été acceptées par la frange rationnelle de la population avec la phrase: acceptons cela, et nous aurons la paix pour quelques années.

    Par exemple, en matière fiscale, on a peu à peu accepté que ce qui était un instrument destiné à assurer les recettes de l’état devienne aussi un instrument de redistribution au nom de « l’égalité ».

    Cette dérive aurait dû être repoussée dès le début comme contraire aux principes constitutionnels d’un état moderne.

    Par la suite, l’inévitable et pourtant prévisible s’est produit: la fiscalité sert maintenant à l’état pour exercer un pouvoir quasi total sur la propriété des citoyens, c’est à dire sur l’économie et la vie des gens, ici au nom de l’égalité (?), là au nom du climat (?), ou du corona (??), partout au nom d’un intérêt général que personne ne connait, en favorisant certains, qui se rendent complices du système, et en punissant d’autres, qui étaient peut-être les favoris des années précédentes, dans un caroussel diabolique, de plus en plus fou, que plus aucun électeur ne peut contrôler.

    • Vous avez bien analysé cette funeste évolution vers la servitude.

    • « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » -J.J. Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité.

      « Afin que ce pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement, qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale, y sera contraint par tout le corps; ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera à être libre. » – J.J. Rousseau, Du contrat social.

      « Loin de vouloir que l’État soit pauvre, je voudrais, au contraire, qu’il eût tout, et que chacun n’eût sa part aux biens communs qu’en proportion de ses services. » – Rousseau, Projet de constitution pour la Corse.

      « Les clauses du contrat social se réduisent à une seule, savoir l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à la communauté » – J.J. Rousseau, Du contrat social.

      Jean-Jacques Rousseau est l’inspirateur de la République en France. Et aussi longtemps que nous serons sous l’empire des « valeurs républicaines », nous serons assujettis à la philosophie Rousseauiste, et donc, à ses rejetons idéologique : jacobinisme, socialisme, communisme etc…

      Jean-Luc Mélenchon est le seul VRAI républicain ! https://www.youtube.com/watch?v=4nNP1g5_6-M

      Bienvenue en RDSF, la République Démocratique et Sociale Française ! (article 1 de notre constitution).

    • C’est exactement ce que vous décrivez et c’est franchement inquiétant!

  • ben l’égalité prôné par macron se joue déjà à l’éducation nationale ; on donne le BAC à tout le monde , même aux glandeurs , comme ça pas de jaloux ;

    • C’est plutôt de l’équité dans ce cas… « Tu es glandeur, donc je te donne des points en plus par défaut » 🙂

  • Ce petit asexué de Ma…on sait très bien que le « haut commissaire au plan » ne sert à rien, mais à rien du tout.
    Cette habile manoeuvre n’a que pour objectif de donner au bennet à grandes oreilles, un os à sucer, histoire qu’il ne vienne pas em… l’asexué du début au moment des présidentielles.

  • C’est fatiguant de causer et disséquer les propos de ces gens, on est en dictature, la seule chose à discuter est comment renverser le tyran.

  • S’opposer… comment?

    • vous avez la voie démocratique créer un parti qui explique que l’egalitarisme total exige une dictature totale..

      • Cela me parait compliqué parce que l’égalitarisme est un effet de la démocratie décrit par Tocqueville, la solution résiderait donc dans le maintien d’un certain niveau de décentralisation :

        «..parce que la démocratie brise les liens sociaux naturels et isole les individus, parce qu’elle produit un citoyen oublieux de ses devoirs et consommateur de ses droits, la liberté politique en démocratie est toujours en sursis. À nouveau, l’égalité menace la liberté. D’autant plus que le désaveu politique [l’égalité provoque l’isolement des individus] est relayé par un pouvoir tendanciellement centralisé en démocratie. Pourquoi centralisé ? 
        Parce que seul un tel pouvoir pourra être le garant institutionnel d’une réalisation de l’égalité dans la société : il pourra endosser l’image du tout de la société et former une «communauté de sentiments» réuni autour de la réalisation de l’égalité..»

        Le parti à créer est donc celui de la décentralisation.

        • ce n’est pas déplacer leproblème?

          • C’est vraiment bizarre cette idée en France sur la décentralisation, pour la plupart de nos voisins européens c’est le coeur d’une démocratie équilibrée. Pas étonnant qu’on ne s’en sorte pas, même le logiciel des conservateurs libéraux est corrompus. L’entresoi sur CP ramollit les esprits, le dégagisme étoilé règne..

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