Suisse : la démocratie plus forte que le virus. Et en France ?

C’est en commençant par prendre part aux décisions les plus locales qu’en 800 ans d’exercice de la démocratie directe la Suisse a développé cette capacité à prendre son destin en main.

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Suisse : la démocratie plus forte que le virus. Et en France ?

Publié le 23 septembre 2020
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Par Jean-Baptiste Vigouroux.

Ce 27 septembre, les Suisses reprennent le chemin de l’isoloir. La pandémie Covid-19 aura réussi à interrompre provisoirement l’exercice de la démocratie participative à la Suisse, mais pas pour longtemps ! Et la démocratie revient en force : pas moins de cinq sujets au niveau fédéral, auxquels s’ajoutent les sujets proposés aux niveaux cantonal et communal.

Cet épisode aura été l’occasion pour les Suisses de nous administrer trois leçons de démocratie.

Première leçon de démocratie : le processus ne s’arrête pas

Que s’est-il passé pendant ces deux mois où les Suisses, ce peuple si peu enclin à la panique, ont été forcés par la pandémie à suspendre les votations du 17 mai ?
Le 13 mars, la confédération annonçait des mesures de restriction des libertés – fermeture des écoles, interdiction des rassemblements supérieurs à cent personnes, introduction de contrôles aux frontières – avant de fermer, le 16 mars, les commerces non essentiels. Deux mois après, le 27 mai, le conseil fédéral introduisait des aménagements progressifs et annonçait la fin du lockdown pour le 19 juin.

Pour rappel, les Suisses sont appelés à voter 3 ou 4 fois par an, selon un calendrier réglé en temps ordinaire comme du papier à musique (ou comme une horloge suisse). Les objets sont mis à l’agenda en fonction de leur avancement dans le processus, qui peut aller jusqu’à quatre ans. Le 17 mai, trois objets fédéraux étaient initialement au programme, ainsi que toute une série d’objets cantonaux et communaux.

Dans cet intervalle de mi mars à fin mai, les collectes de signatures pour les référendums et les initiatives populaires ont été suspendues. Dès l’annonce de cette suspension, le 21 mars, la date prévue pour la reprise des collectes de signatures était annoncée pour le 31 mai. Sans surprise, elles ont pu effectivement reprendre dès le 1er juin et ne se sont pas interrompues depuis.

Cette machine bien huilée s’était trouvée grippée pendant deux mois, mais aucun des rouages n’étaient atteint. Elle fonctionne à nouveau à plein régime, comme si rien ne s’était passé. Seules des mesures sanitaires sont venues s’ajouter aux procédures à suivre. Et donc, tout naturellement, les objets arrivés au terme de leur parcours législatif se sont retrouvés à l’agenda de la votation du 27 septembre.

Ce sont donc cinq objets fédéraux sur lesquels les Suisses vont devoir porter un jugement. Dans le canton de Zürich s’y ajoutent deux objets cantonaux, un objet communal dans ma commune de résidence, deux objets de district (subdivision d’un canton), ainsi qu’un objet concernant un groupement de communes. Rien que ca !

Les Suisses sont habitués à ces marathons démocratiques. Le 18 mai 2003 ce ne sont pas moins de neuf objets fédéraux qui ont été soumis à référendum (le précédent record date de 1866). Chacun se forgeant une opinion au fil des ans, faire son choix à chaque échéance devient presque facile. Quand on n’a pas d’opinion, on lit la presse, on se renseigne sur les recommandations des partis, on consulte la recommandation du conseil fédéral ou du parlement, et si on ne trouve vraiment pas l’inspiration, on s’abstient. Environ la moitié des suffrages sont exprimés en moyenne sur chaque objet, mais cela ne signifie pas que 50 % des Suisses s’abstiennent. Vous votez sur les sujets qui vous tiennent à cœur, sans vous sentir obligés de vous prononcer sur tous les sujets.

Cantonnons-nous à l’examen des cinq objets fédéraux du 27 septembre. Leur parcours d’approbation constitue la deuxième leçon de démocratie.

Deuxième leçon de démocratie : la loi est faite par le peuple

Les cinq objets couvrent une variété de sujets tels que immigration, impôts, dépenses, droits sociaux, et protection des animaux :

  • contrôle de l’immigration
  • modification de la loi sur la chasse
  • relèvement des déductions pour enfants et pour garde d’enfants
  • congé paternité
  • acquisition d’avions militaires

Les trois derniers objets touchent à la levée de l’impôt et/ou à l’utilisation qui en est faite. On touche là à l’essence même de la démocratie : le contrôle de l’impôt et de la dépense par le peuple. Dans quel autre pays au monde trouve-t-on un tel mécanisme ?

Trois objets touchent à des enjeux de société : l’équilibre entre droit des éleveurs et protection des animaux ; l’octroi d’un congé paternité ; enfin, la question de savoir si l’État doit aider à supporter la charge des familles avec enfants.

Deux objets touchent au domaine régalien de l’État : la défense nationale et le contrôle de l’immigration, auxquels sont liés des enjeux de diplomatie internationale, en particulier avec l’Union européenne.

Mais plus riche d’enseignement encore, pour nous autres Européens qui ne connaissons pas la démocratie participative, est la manière dont les citoyens sont à l’initiative directe de ces votations.

Prenons l’exemple de l’initiative sur la chasse.

Le parlement, selon son rôle, a pris l’initiative de modifier la loi existante réglementant la chasse. Ces modifications sont monnaie courante : elles participent du toilettage nécessaire de l’arsenal législatif. Mais dans certains cas, comme dans celui-ci, ces modifications sont suffisamment importantes pour ouvrir la voie à un recours. Plusieurs associations de protection des animaux ont saisi l’opportunité, arguant que ces modifications affaiblissent la protection des espèces menacées. Elles ont récolté 50 000 signatures en moins de cent jours et déposé un recours, ce qui a entraîné une procédure nommée référendum facultatif.

Voilà comment la démocratie représentative se trouve contrôlée par la démocratie participative : un groupe de citoyens conteste une loi établie par le parlement, et le sujet est tranché par un vote de l’ensemble de la population.

Prenons un deuxième exemple : le congé paternité.

Un groupe de citoyens récolte 100 000 signatures et dépose une initiative populaire de référendum obligatoire pour octroyer quatre semaines de congé paternité aux heureux nouveaux papas. Le parlement propose un contre-projet de deux semaines. Le comité d’initiative a pris la décision de retirer son projet initial, mais avec une condition, que la loi autorise : si le peuple vote Non au contre-projet, le comité d’initiative pourra proposer à nouveau son projet de quatre semaines de congé à une date ultérieure.

La première de ces deux initiatives a débuté son parcours il y a un an, ce qui est le chemin court. La voie longue, pour aboutir au référendum d’initiative populaire, prend typiquement trois ans, et peut durer plus de quatre ans. Un comité se constitue, écrit un projet d’initiative, collecte les 100 000 signatures requises, les dépose ; le gouvernement fédéral étudie le projet, donne son avis, le transmet au parlement ; celui-ci à son tour étudie le projet, donne son avis, et le renvoie au conseil fédéral, qui le met à l’agenda des votations.

Un troisième exemple pourra nous éclairer sur certains des enjeux de ces votations, dont les sujets peuvent parfois revenir à l’agenda sous des formes diverses.

Troisième leçon de démocratie : il n’y a pas de sujet tabou

Après avoir rejeté en 1991 l’adhésion à l’Espace économique européen, considérée alors comme une première étape vers l’Union européenne, les Suisses plébiscitent à 67 % une première série d’accords bilatéraux avec l’Union européenne en 2000, dit Bilatéraux I, qui incluent un accord sur la libre circulation des personnes. Quatre ans plus tard, en 2004, l’Union européenne s’agrandit de dix nouveaux membres. Les Suisses votent alors également Oui en 2005 à l’extension de cet accord aux dix nouveaux pays membres. En 2009, en pleine crise économique, les Suisses votent à nouveau pour la reconduction de l’accord, ainsi que son extension à la Bulgarie et à la Roumanie, qui entretemps avaient rejoint l’Union européenne.

La Suisse signe ensuite une deuxième série d’accords bilatéraux avec l’Union européenne en 2005, les Bilatéraux II, dont un seulement sera remis en cause dans les urnes, pour être confirmé à 55 %. Après avoir résolument tourné le dos à l’Europe, la Suisse s’est donc lancée dans la voie bilatérale avec le soutien de sa population, et avec beaucoup de succès.

Un parti, l’UDC, tente régulièrement de torpiller ces accords bilatéraux, notamment l’accord sur la libre circulation. En février 2014 il parvient à faire accepter une initiative imposant des quotas d’immigration, mais échoue en novembre de la même année à imposer une limitation de la croissance de la population à 0,2 % par an. Il échoue à nouveau en 2018 à imposer la prévalence du droit suisse sur le droit international.

Cette fois-ci, l’initiative de l’UDC attaque directement l’accord de libre circulation, considérant que l’initiative de 2014 n’a pas été correctement mise en œuvre par le gouvernement et le parlement. Si elle était acceptée, elle forcerait le conseil fédéral à renégocier l’accord dans un délai d’un an au maximum. En cas d’échec des négociations, la Suisse devrait dénoncer l’accord dans un délai de 30 jours.

C’est ainsi que les citoyens ont régulièrement la possibilité de se prononcer sur le maintien ou non d’une politique qui touche tout autant à l’immigration qu’aux relations complexes mais essentielles avec l’Union européenne. Faut-il rappeler que la Suisse est complètement encerclée par l’Union ? La nature des relations entre la Suisse et l’Union européenne est un sujet éminemment important qui ne saurait être laissé à la discrétion de l’administration ou même de la représentation nationale. Seul le peuple souverain peut décider !

Conclusion

Un tel processus démocratique pourrait-il fonctionner dans un autre pays ? Il est difficile de répondre à cette question. La réponse est peut-être à aller chercher dans la foule des sujets soumis au vote aux niveaux cantonal et communal. C’est en commençant par prendre part aux décisions les plus locales, parfois encore de nos jours à main levée sur la place du village, que les Suisses ont développé en 800 ans d’exercice de la démocratie directe cette capacité à prendre leur destin en main.

Et si on commençait en France par associer les Français aux décisions locales ? Peut-être serions-nous prêts dans 800 ans pour la démocratie participative ?

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  • Merci de ces précisions. J’ai pu vérifier pendant cette période du Covid que beaucoup de voix raisonnables venaient de Suisse (certaines d’ailleurs très critiques quant à ce qui se passait dans leur pays). Nul doute qu’il faut y voir le résultat de ces pratiques de démocratie quotidienne : les gens ont l’habitude qu’on les consulte et n’acceptent pas la tutelle d’une administration toute-puissante.

    • pour commencer le contrôle des élus qui une fois en poste font tout et n’importe quoi, une dizaine de retraités désignés par le sort pourraient assister ces élus y compris les sanctionner en cas de dérives ou de fautes avérées; le nombre de députés par exemple doit impérieusement être réduit des 2/3 ainsi que la totalité des autres représentants des électeurs.

  • On en est malheureusement là: le modèle français est en échec sur tous les plans:
    -crédit des Politiques: plus personne ne leur fait confiance et les maires sont élus avec 17% des voix (Strasbourg)
    -la gestapo administrative et syndicale est devenue un véritable frein à l’entreprise. Par exemple l’Autriche (petit pays classé dans les fachistes par la bien-pensances parisienne) possède 250 entreprises de toutes tailles qui sont leaders mondiaux ou dans les top 3 de leur spécialité. Ces entreprises ne sont pas en permanence contrôlées par le fisc, la sécu, l’inspection du travail, les douanes, la TVA, les normes etc… L’entreprise est -comme en Allemagne, considérée comme source de richesse pour le pays et ses habitants et non comme la vache qu’on peut traire sans fin.
    -les services de l’Etat sont visiblement déficients notamment dans ce que le consommateur peut vérifier quotidiennement: les routes, le téléphone, les hôpitaux, la poste, la SNCF etc.
    La déconnection entre Etat et citoyen est tellement flagrante que ce dernier ne pense plus qu’à préserver ce qu’il lui reste de jardin secret et à profiter des passe-droits et autres petites faveurs.
    -la démocratie est devenue le règne des minorités et ultra-minorités devant lesquels les Politiques se couchent. Et comme la majorité a abandonné tout espoir que ça change, notre pays va à la dérive, les industriels prennent la fuite quand ils le peuvent, la production de richesse bat de l’aile et tout le monde s’appauvrit…
    C’est aussi ça la démocratie à la suisse (ou Autriche, ou Hollande, ou Danemark….)
    Macron n’y changera. rien: avec 6 millions de fonctionnaires syndiqués, ce pays est foutu…
    Il faut inventer un nouveau modèle qui ne peut être que fédéral afin de redonner un sens démocratique à une 6ième république.
    Faute de quoi tout cela finira en guerre civile suivie d’une prise de pouvoir par un cinglé…

    • Non il ne faut pas inventer un nouveau modèle, c’est impossible ou trop risqué.
      Dans tout système il existe de petits détails qui modifiés provoquent de grandes conséquences de façon presque anodine politiquement. C’est ce que dit l’article suivant :
      https://www.contrepoints.org/2020/03/26/367394-pourquoi-la-decentralisation-a-la-francaise-ne-marche-pas

      En outre, l’article avec ces références légales montre à quel points la France est tiraillée entre liberté et contrôle, ce que nous observons chaque jour. Est-ce parce que la France est historiquement un pays de conquêtes (lui-même et pour les autres) ?

    • Les valeurs républicaine, rousseauiste et jacobine, sont incompatibles avec le fédéralisme !

    • Remarque: les fonctionnaires ne sont syndiqués qu’à 19.1%.
      Mais ça n’a aucune importance, le pouvoir des syndicats est essentiellement indépendant de ce taux. Même non syndiqué, ils vous représentent, et défendent vos (leurs) « droits ».
      Le France est une « république sociale », c’est marqué dans la constitution, pas une « démocratie participative ». Tant que la constitution de 1946 n’est pas abolie, rien ne bougera.

  • Et si on commençait en France par associer les Français aux décisions locales ? oui ce serait bien. Mais il y a du boulot car la machine jacobine tourne à plein régime.

    • On a bien vu comment ça fonctionne avec les 80 kmh. 1/ Des types qui n’ont jamais mis les pieds (roues) sur nos routes imposent une limitation de vitesse de Paris, 2/ de nombreuses régions, en accord avec leurs habitants et connaissant le contexte, décident de revenir aux 90 kmh, 3/ Paris fait tout ce qu’il peut pour empêcher ce retour via notamment les préfets.
      Bref oui, la machine jacobine tourne à plein régime.

  • démocratie participative ? pas demain la veille en France ;vous savez bien que nous avons des dirigeants qui savent mieux que nous ce qui est bon ( ou mauvais ) pour nous ;

  • A tradition,

    Plutôt que « gestapo administrative et syndicale » je dirai compte tenue de leur couleur politique « NKVD administrative et syndicale »

  • Merci pour avoir pris le temps de coucher sur le papier des faits/exemples qui me trottaient en tête sans pouvoir les coordonner.

    Aux partisans du ‘RIC’, j’ai l’habitude d’utiliser votre propos:
     » il vous manque 800 ans de recul pour l’appliquer  » !

    Car contrairement aux franchouillards, les Suisses votent pour leur propre avenir, pas pour décider de quelle manière doivent vivre les ‘autres’…

  • J’adore les Suisses, certes pas très drolets !
    Mais quelle belle démocratie, quel bel état d’esprit, des citoyens responsables.
    En bref, un pays où vraiment il fait bon y vivre…à condition d’être Suisse.

    • J’ai travaillé des années en Suisse et c’est vrai qu’il fait bon y vivre, même et surtout pour un français.
      On a l’impression d’être dans une bulle, pour la grand majorité les gens sont civilisés, propres, respectueux, ne cherchent pas à biaiser.
      Les gens sont payés pour faire leur travail et non pas pour commencer la journée en parlant du match ou du film de la veille, ne prennent pas des pauses cigarettes ou cafés à répétition.
      Il y a de la rigueur et de la discipline et la France et les français feraient bien de s’en inspirer.

  • Certes mais voilà : comment nos polytocards pourraient-ils continuer à mettre la main dans le pot de confiture ❓
    Comment oser leur restreindre l’accès à la mangeoire ❓

  • La démocratie n’est qu’un système qui permet d’éviter la guerre civile dans un pays partagé par des tendances opposées. En l’occurrence, depuis que la Réforme a divisé le monde en catholiques et protestants, la démocratie devenait une bonne solution pour mettre fin aux guerres de religion.

    Mais dès lors que l’on a une forte pensée dominante, comme par exemple dans les pays musulmans, la démocratie ne sert plus à rien, car tout le monde vote pareil puisque tout le monde pense pareil.

    Le succès de la Suisse n’est pas dû à sa démocratie directe, mais à sa forte séparation des pouvoirs, à la concurrence fiscale entre les cantons, qui obligent même les cantons très socialistes à freiner leurs ardeurs dépensières, et à une vraie droite libérale protestante (PLR + UDC) qui arrive régulièrement à avoir une majorité.

    • Le succès de la Suisse n’est pas dû à sa démocratie directe, mais à sa forte séparation des pouvoirs

      La démocratie est essentielle. ( j’entends la démocratie directe, la représentative est une escroquerie qui ne mérite pas ce nom de « pouvoir du peuple »)
      .
      Sondage après sondage, on voit que ce que font les soi-disant « représentants » français n’est pas du tout ce que veut la majorité, entre autres sur la justice, l’immigration, les privilèges et retraites des fonctionnaires, le cumuls des mandats, et même les dépenses de l’état.
      .
      Avec une démocratie directe, des minorités cancéreuse comme la CGT ou l’EDNAT ne pourraient pas faire du lobbying politique en s’appuyant sur une minorité pour s’octroyer des prébendes, des privilèges ou bloquer des réformes qui les concernent.
      Au contraire, les Suisses ont voté pour la fin du statut de fonctionnaire, contre l’entrée dans l’Europe, contre l’immigration entre autres, malgré d’intenses campagnes de presse aussi virulentes qu’en France.
      .
      Dernier avantage : la démocratie directe ralenti considérablement la diarrhée législative effectuée de plus en plus en catimini par quelques dizaines de politiques en France. Philippe Pascot explique dans son livre « Pilleurs de voix » comment parfois moins d’une cinquantaine « d’élus » d’accord pour être présent au même moment dans l’hémicycle peuvent voter des lois en toute discrétion et ils en votent ainsi plus d’une centaine chaque année.

      • @ Guillaume P

        D’un point de vue libéral, ce qui est fondamental, c’est l’application du droit naturel. Une dictature qui ferait respecter le droit naturel serait ainsi bien plus souhaitable qu’une démocratie qui le violerait systématiquement.

        La démocratie directe peut instaurer des lois liberticides et augmenter terriblement la législation, cela arrive aussi malheureusement régulièrement en Suisse, c’est une arme à deux tranchants.

        Les Français veulent majoritairement plus d’implication de l’Etat, je ne pense donc pas que la seule application de la démocratie directe pourrait améliorer les choses dans ce pays. La démocratie directe en Suisse n’a mis fin ni au lobbying, ni aux privilèges des fonctionnaires, qui ont même tendance à augmenter. Quant à l’UE, elle aurait été néfaste à la Suisse, mais elle est plutôt bénéfique à la France.

        Je pense que le vrai problème de la France est bien plus la centralisation et l’uniformisation, tout se décide à Paris pour Paris, il faudrait rediviser la France en petits états selon leur Histoire et leur culture, pour redonner le pouvoir à des gens de proximité, et surtout permettre une concurrence fiscale entre régions. Cette concurrence permettrait de montrer que le choix de la liberté donne toujours de meilleurs résultats, et cela reformerait gentiment les gens au libéralisme, bien plus que la démocratie directe.

        • la Suisse a supprimé le statut de ses fonctionnaires il me semble ?

          pour l’UE bénéfique à la France, pourriez-vous préciser ?

          • @ breizh

            Le statut des fonctionnaires est supprimé, mais dans les faits, ils ont encore bien des avantages de toutes sortes et sont rarement licenciés.

            L’influence des pays d’Europe du Nord a obligé la France et les pays d’Europe du Sud à une certaine rigueur budgétaire qu’ils n’auraient certainement pas eu en étant en-dehors. Je pense donc que la situation des pays d’Europe du Sud aurait été pire hors UE, alors que celle des pays d’Europe du Nord aurait été meilleure.

            • influence des pays d’Europe du Nord a obligé la France et les pays d’Europe du Sud à une certaine rigueur budgétaire

              2002: 832 milliards de dépenses
              2019: 1290 milliards de dépenses.
              .
              Désolé mais vous ne maitrisez absolument pas le sujet économique.
              Les dirigeants Français ont été aussi dépensiers qu’avant mais avec l’euro ils n’ont pas pu dévaluer la monnaie et faire payer indirectement leur inconséquence aux français pour rester compétitif comme dans le passé.
              L’euro a été une catastrophe pour les pays du Sud ce que tous les indicateurs économiques montrent.
              .
              Vous devriez prendre quelques cours d’économie chez Charles Gave, lui avait prédit exactement ce qui arrive maintenant.

              • @ Guillaume P

                C’est difficile de prédire ce qu’il se serait passé, si la France était restée hors UE. Pour ma part, j’ai l’impression que quand on voit que tous les partis politiques français veulent des dépenses, ils se seraient encore plus lâchés hors US, mais je peux me tromper.

        • La démocratie directe peut instaurer des lois liberticides et augmenter terriblement la législation

          C’est très exactement le discours des élites et corporations françaises qui ne veulent surtout pas perdre leur pouvoir. Tous les médias, le Monde en tête expliquent avec force d’exemples très imaginatifs et surtout très surréalistes comment le peuple est fasciste et stupide dans son essence alors qu’eux ont la vérité.
          .
          D’une ça ne résiste pas à l’examen de la réalité: dans l’interminable liste des exactions humaines ou des trajectoires funestes à l’échelle d’un pays il n’y a pas d’exemple où c’est le peuple dans son ensemble qui a eu le pouvoir décisionnaire, bien au contraire: ça a toujours été à la pointe des baïonnettes de minorités agressives.
          .
          De deux, quand les lois d’un état sont détournées, c’est forcément au profit d’une minorité… qui ne peut pas le faire si elle n’a pas le droit de décider les lois en petit comité… comme en France.
          .
          De trois, la justesse de jugement (à froid) des foules est démontrée scientifiquement depuis Francis Galton (1822-1911) et on peut dire que malgré quelques contre-exemples évidents, les 700 référendums votés en 30 ans en Suisse sont un exemple de sagesse tandis que les 11’200 lois et 273’000 décrets français sont n’ont fait qu’empirer la situation quand elles n’étaient pas carrément mafieuses ou à l’origine de la chute du pays.

          • @ Guillaume P

            La démocratie directe n’enlève pas le pouvoir aux élites, elle ne fait qu’ajouter un contre-pouvoir, avec lequel les élites savent très bien manœuvrer. D’ailleurs la dernière initiative populaire gagnée en Suisse par l’UDC a été contournée par les politiciens et elle n’a servi strictement à rien.

            Quel examen de la réalité? Depuis l’ère des démocraties, les décisions de faire la guerre ont toujours rencontré une forte adhésion populaire, la démocratie directe n’y aurait rien changé. D’ailleurs sur ce sujet, les Suisses ont voté pour maintenir le service militaire obligatoire, ce qui est une totale violation du droit individuel et spécialement celui des hommes suisses. Sur ce point, un Jacques Chirac a été bien plus éclairé de le supprimer en France.

            Je pense que sur les 700 référendums suisses, plus de la moitié furent de mauvaises décisions, en rapport au libéralisme. Preuve en est que le niveau de vie en Suisse a tendance aussi à baisser. Les foules font également de mauvais choix à froid. Le libéralisme ne fait aucune confiance aux foules, puisqu’il prône la prédominance du droit individuel et dénonce le droit collectif.

            Après, l’accumulation de nombreuses lois est une spécificité du système français, plusieurs pays anglo-saxons, germaniques ou scandinaves ont un niveau de vie comparable à la Suisse, sans avoir eu besoin d’une démocratie directe.

            • Je trouve assez ironique de parler de « mauvaises décisions » concernant les référendums quand on voit l’état de la Suisse et l’état de la France.
              .
              Bon, c’est votre avis, mais ayant vécu dans trois pays dont la France et l’Allemagne je n’ai jamais vu un seul français qui comprenait vraiment la démocratie directe.

              • @ Guillaume P

                Ce n’est nullement de l’ironie: avec votre raisonnement, si on compare la France à la Corée du Nord, la France ne prend pas non plus de « mauvaises décisions ». Pour moi, je raisonne par rapport aux libertés individuelles, et je constate qu’il y a une régression tant en France, qu’en Suisse. Et en Suisse, la démocratie directe est responsable de nombreuses de ces régressions, ce qui prouve bien qu’elle n’est pas beaucoup plus éclairée que la démocratie représentative.

                La comparaison Suisse et France ne tourne pas toujours en faveur de la Suisse. Pour les obligations militaires, la France est plus libre. Pour l’immobilier, le Français est en général mieux loti que le Suisse, qui est majoritairement locataire et qui vit dans des espaces bien plus petits qu’en France, la viande est également bien plus chère en Suisse, au point que beaucoup de Suisses vont faire leurs commissions en France. Au niveau des impôts, il ne faut pas oublier que seul un Français sur deux en paye, alors qu’en Suisse, même un faible revenu n’y échappe pas.

                Il ne suffit pas de vivre dans les pays concernés pour en avoir une idée objective, car dans un même pays, la vie est très différente d’une région à l’autre. Certaines personnes vivent très bien en France et ne rencontrent que peu de problèmes, là où d’autres galèrent en Suisse, et inversement.

                Sachez aussi qu’il y a plus de 50’000 Suisses qui vivent en France et dont une bonne partie a la double nationalité, il y a donc bien des Français qui comprennent la démocratie directe…

                • « ce qui prouve bien qu’elle n’est pas beaucoup plus éclairée que la démocratie représentative. »

                  Ce que je ne comprends absolument pas, c’est votre manière de raisonner.
                  ‘A’ fait des erreurs mais arrive premier, ‘B’ fait des erreurs mais arrive dernier et vous dites qu’ils sont plus ou moins équivalents.
                  Vous n’avez pas l’air de bien connaître les statistiques socio-économiques des deux pays.
                  .
                  « La comparaison Suisse et France ne tourne pas toujours en faveur de la Suisse. »

                  Là encore je ne comprends pas. Que ce ne soit pas 100% mieux pour 100% des personnes est un argument ?
                  .
                  « Sachez aussi qu’il y a plus de 50’000 Suisses qui vivent en France et dont une bonne partie a la double nationalité, il y a donc bien des Français qui comprennent la démocratie directe… »

                  Hein ?

                  • @ Guillaume P

                    Votre affirmation est: la Suisse se porte beaucoup mieux que la France grâce à la démocratie directe.

                    Si on regarde les statistiques, elles penchent en faveur de la Suisse, mais une statistique ne peut pas transcrire toute la réalité. Dans la réalité, beaucoup de Français ne manquent de rien, vivent en sécurité, ont un grand logement, des soins convenables, une bonne alimentation, et travaillent moins que les Suisses. Vous ne pouvez pas transcrire cela par une statistique.

                    Ensuite, si c’était la seule démocratie directe qui améliorait considérablement la situation, on devrait voir un rejet systématique de mesures liberticides proposées par les élites. Mais ce n’est pas le cas, la démocratie directe prend régulièrement des mesures plus liberticides que celles que proposent les élites.

                    J’en conclus, que la démocratie directe ne joue qu’un rôle mineur dans le succès statistique helvétique.

  • Des citoyens responsables c’est sûr ,quand on voit qu’un réserviste suisse à son fusil d’assaut SIG à son domicile et qu’il part avec sous le bras en exercice comme nous avec une raquette de tennis…

    • @ PCC

      Jusque fin nonante, le port d’arme était autorisé en Suisse et nous avions un des pays avec très peu de criminalité. Malheureusement, alors que les armes tuent très peu en Suisse, les Suisses ont choisi de renoncer à cette liberté, et cela a eu pour conséquence une augmentation de la criminalité.

      • Je n’arrive pas à trouver des données qui montrent une hausse de la criminalité en lien avec avec l’interdiction du port d’arme. Je suis preneur. Merci !

      • Nous avons deux K31 (fusil de guerre à levier) avec cartouches à la maison, mais normalement on a aussi les deux fusils d’assaut Fass90 et le Sig 9mm des enfants quand ils ne sont pas au stand ou avec eux (mon fils est à l’armée).
        .
        Oui, la gauche pousse comme partout pour désarmer les gens, mais c’est encore loin d’être fait et la démocratie directe ralenti considérablement les choses.
        Le temps que ce soit totalement fait en suisse, des pays comme la France auront eu le temps de sombrer dans une violence voir des conflits internes qui vont balayer le bisounoursisme.

        • Je me rappelle les années 70-80, quand le lundi matin on voyait les miliciens en tenue prendre le train/tram pour se rendre au casernement avec le ‘Sturmgewehr’ à l’épaule !

          Aujourd’hui ça a disparu, les derniers en tenue complète je les ai vus à ‘Thun’ autour de l’an 2000…

  • Merci de cette précision,il me semblait pourtant que les réservistes pouvaient conserver leurs armes chez eux,c’était le cas dans le bon vieux temps où je participais au SRC et où on hallucinait en temps que réserviste français de voir les droits et les libertés laissées aux réservistes suisses .

  • La démocratie en France n’est qu’une illusion car représentative, pas du peuple, mais des partis ou de groupuscules décérébrés.

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