Plan post-Covid : le mensonge à coût fiscal nul

« En même temps » relance de la consommation et relance de l’offre, le plan à 100 milliards du gouvernement ne prévoit aucune baisse des dépenses publiques pour se financer. Ce plan sera donc financé par la dette qui n’est que de l’impôt différé.

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Plan post-Covid : le mensonge à coût fiscal nul

Publié le 2 septembre 2020
- A +

Par Simone Wapler.

Pas de hausse d’impôts pour payer le plan de relance, répètent à l’envi Jean Castex et Bruno Le Maire. À moins de croire que l’argent tombe du ciel, il faudrait alors un plan d’économie d’ampleur similaire pour justifier de tels propos. Mais notre État obèse et impuissant ne prévoit aucun régime en ce qui le concerne. C’est le grand mensonge du « en même temps » : subventionner les consommateurs et « en même temps » les producteurs avec de l’argent public mais « en même temps » gratuit…

À moins, pensent certains naïfs, que le plan soit tellement miraculeux qu’il s’autofinancera : les recettes fiscales engendrées par le sursaut de notre activité économique paieraient les dépenses. Si l’expérience peut-être un guide, rappelons le plan de relance de 2008 à 26 milliards d’euros, a finalement coûté 34 milliards d’euros. À quelques départs en retraite près, il a été élaboré par les mêmes énarques. Est-il cependant possible que ce nouveau plan post-Covid – contrairement à tous ses prédécesseurs – s’autofinance au lieu de continuer à creuser le trou de la dette et à serrer l’étau fiscal ? Voyons cela…

Le côté « consommation » repose sur la croyance que la consommation enrichit. Cela revient à atteler la charrue avant les bœufs car vous ne pouvez acheter que ce que vous pouvez vous offrir ; autrement dit, la demande réelle n’existe que parce qu’il y a des revenus ; ces revenus eux-mêmes n’existent que parce que d’autres biens et services ont été déjà produits et vendus ; ces ventes ont donné lieu à des paiements de salaires ou de dividendes ; c’est ce processus antérieur qui donne du pouvoir d’achat. C’est la loi de Say, qui énonce que « l’achat d’un produit ne peut être fait qu’avec la valeur d’un autre ». Avant d’acheter plus, il faut produire plus. Cet aspect du plan ne produira aucune relance et que des dépenses. Ce qui nous amène au volet « offre » du plan post-Covid.

Dans le volet offre, nous voyons toujours en marche le mythe de l’État stratège et la négation de la démocratie du marché. Des fonctionnaires décideront avec de l’argent qui ne leur appartient pas d’investir dans des produits ou services qu’ils n’achèteront pas. Ce plan fleure bon le dirigisme et la planification : un commissaire au plan nous serait même prochainement donné en la personne de François Bayrou. Nul doute qu’il connaîtra un succès au moins égal à celui du ministre du Redressement productif incarné en son temps par Arnaud Montebourg. Le seul point positif de ce plan post-Covid est de mettre en lumière l’indispensable baisse de ces impôts dits de production. Mais, en l’absence de baisse des dépenses publiques, toute baisse d’un impôt est compensée par la hausse d’un autre.

La dette publique est un stock d’impôts

Comme tous ses prédécesseurs, ce énième plan échouera à produire de la vraie richesse et nous enfoncera un peu plus dans la dette. Le puits sans fond de la dette publique est ce qui reste de toutes les promesses de lendemains enchanteurs ciselés par les grands planificateurs.

Certains pensent que la dette publique n’a aucune importance. L’Allemagne ne vient-elle pas d’accepter enfin les eurobonds ? Les taux étant nuls, la dette est gratuite. Mieux encore : la dette pourrait être détruite par la Banque centrale. Le stock d’impôts pourrait donc se volatiliser. Ce sont aussi les mêmes qui pensent que le revenu universel est l’avenir des pays prospères et civilisés.

C’est oublier deux choses. En premier lieu, une partie de la dette est stockée sous forme d’épargne dans les assurances-vie des Français. L’annulation de la dette reviendrait donc à une confiscation de ce support d’épargne, soit un impôt de 100 %. En deuxième lieu, le remplacement de la dette par de l’argent frais sera inflationniste.

L’inflation est un impôt

Pour le moment, il n’y a pas d’inflation pour les biens de consommation produits à l’étranger mais nous la constatons sur l’immobilier depuis longtemps et probablement bientôt nous la verrons arriver sur les prix de l’électricité au fur et à mesure de la progression des énergies vertes bien plus coûteuses que l’électricité nucléaire. C’est ce qui s’est produit en Allemagne, c’est ce qui va se produire en France.

L’inflation est en réalité un impôt sur la consommation. Cet impôt profite à une seule entité : l’État qui prélève la TVA sur des rentrées artificiellement gonflées. C’est un impôt qui a le mérite (pour les autorités) d’être ni débattu ni voté. Ronger la dette par l’inflation revient donc à taxer tous les consommateurs.

Hélas, le mythe de l’argent gratuit a la peau dure. Il renait actuellement avec la Théorie monétaire moderne, nouvel habillage du chartalisme. Il revient aussi avec l’idée du « revenu universel ».

Ce plan post-Covid va échouer comme tous les autres. Alors nous reverrons une attaque d’un virus bien ancré en France, celui de la « rage de l’impôt », qui visera à faire payer les bêtises par ceux qui le peuvent encore et qui n’y sont pour rien.

Le « en même temps » n’existe pas, tout comme avoir le beurre et l’argent du beurre est impossible. La prospérité se passe de plans, de relances, de capitalisme d’État, de subventions, d’aides publiques, de manipulations monétaires. Elle n’a besoin que de prix honnêtes, de concurrence saine et d’impôts bien employés et non pas gaspillés.

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  • Entre un bon a rien a l’Elysée, un littéraire qui ne connait rien à l’economie Bruno L’AMER et un premier ministre qui lorsqu’il parle fait penser aux chiens secouant la tête placés sur les plage arrières des voitures ( et dont les yeux s’allument en cas de freinage…..et il est inutile de parler des autres nous allons payer les imbecilites de ces tristes sites pendant plusieurs générations.

  • comme l’a si bien dit Loïc le Floch Prigent dernièrement , cette magouille d’énergie verte pour remplacer le nucléaire va coûter la peau des fesses aux français ; notre gouvernement est fait d’idiots , et contre  » ça  » , on ne peut pas grand chose ;

  • Merci Simone Wapler d’avoir dénoncé en quelques mots cette arnaque aussi bien financière qu’intellectuelle. Malheureusement, nous avons sombré dans l’addiction à la dette. Un pays de junkies !
    Je souligne votre phrase : »Le puits sans fond de la dette publique est ce qui reste de toutes les promesses de lendemains enchanteurs ciselés par les grands planificateurs. »

  • L auteur a raison sur un point. on n a plus dinflation comme dans les annees 70: le prix des produits de consommation n augmente plus (pas plus que les salaires de ceux qui les fabriquent d ailleurs).
    Par contre on a une flambee du prix des actifs : immobilier ou action.
    Comment cela va se terminer ? la BCE (ou FED) ne peuvent ad viternam creer des tombereaux d argent qui ne correspond a aucune richesse. Donc a un moment ca va s arreter, et la ca va faire mal. pas suelement aux possesseur d obligation/assurance vie mais a tous. L etat depense par ex 1/3 de plus que ce qu il gagne. Il aura le choix entre augmenter massivement les impots ou reduire d 1/3 les depenses (ca se comblera pas en licenciant quelques fonctionnaires ou en ne renouvellant pas la moquette de l elysee)

    • Et l’Etat démense de plus en plus pour éviter les contestations sociales ou politiques.
      Après la prime aux généraux de fin 2018, les primes aux policiers pour qu’ils ne pactisent pas trop avec les GJ, l’augmentation du traitement des personnels de santé pour qu’ils ne redescendent pas dans la rue, les subventions supplèmentaires à la presse et maintenant des augmentations pour les enseignants afin qu’ils acceptent gentiment de voir leur métier saboté par le masque de la soumission…

    • Il aura le choix entre augmenter massivement les impots …

      Donc vous proposez qu’il se passe la corde autour du cou? Il n’y aurait pas déjà trop d’impôts dans ce pays ❓ ❓ ❓

      • Bah non, il reste 40 % de PIB à piller.

      • cdg ne propose rien du tout, il entrevoie simplement de ce qui va probablement se passer…

        Vous pensez qu’il se trompe ?

        • Oui, ils ne vont pas arrêter. Ils ne sont pas fous, le train est trop lourd pour eux. Ils vont se tenir à l’écart et accuser des boucs-émissaires de la classe moyenne inférieure pour les taxer encore plus.
          Quitte à arriver à 100% d’imô^ts sur les gains, voire plus, la taxe foncière n’étant pas déductible, quitte à laisser une inflation à 2 chiffres se mettre en place et à lancer quelques cacahuètes que l’assistance va s’arracher violemment.

    • la BCE (ou FED) ne peuvent ad viternam creer des tombereaux d argent qui ne correspond a aucune richesse. Donc a un moment ca va s arreter, et la ca va faire mal.

      Que la BCE (et en réalité les gouvernements) s’arrête ou pas de créer de la fausse monnaie, ça va faire mal de toute façon. Quand on flingue une économie avec des mesures aussi stupides que celles adoptées par le gvt français à l’occasion de la crise du Covid, ça VA faire mal de toute façon. À certains (ceux qui travaillent dans le privé) plus qu’à d’autres certes (les ceusses du secteur protégé).
      Le problème, c’est que nos dirigeants sont complètement incompétents en économie réelle, et en plus dénués de tout scrupule ; leur devise, c’est « après moi, le déluge », et en attendant, en profiter un maximum. Je ne les vois absolument pas réduire les dépenses de 1/3, par exemple. L’appauvrissement progressif et même la précarisation de la France et des Français – certains plus que d’autres là encore – ne les émeut pas une milliseconde : c’est leur pomme qui compte avant tout. Les exemples de dirigeants de pays socialistes et/ou de pétromonarchies, qui vivent richissimes au milieu d’une population pauvre, les inspirent manifestement de plus en plus. Et pourquoi se priveraient-ils d’aller dans cette direction – en réduisant toutes les libertés au passage, condition sine qua non pour se maintenir au pouvoir – puisque dans ces pays, l’expérience montre que ça marche (pour les dirigeants s’entend) ?

  • A propos du plan à 26 Md€, il aura couté 1.4% de PIB et rapporté 0.5%. Je trouve que c’est une bonne performance (par rapport à ce que font nos gvts habituels). Pour rappel
    -Il ne portait que sur de l’investissement (décrié par la gauche).
    -C’était 11Md€ de travaux, 11Md€ de baisses de charges et 5Md€ de formation.
    La formation c’est jeter de l’argent par les fenêtres, et les 11Md€ de baisses de charges sont récupérées d’une autre main (car le budget de l’état ne baisse pas bien sûr). J’en déduis que les 11Md€ de travaux ont eu un rendement nul, et la nullité c’est le mieux qu’on puisse espérer.
    Vu le coté consommation du plan actuel, on ne peut espérer la nullité, ce sera négativité…

  • nouvel habillage du chartalisme

    Moi j’aurais dit : nouvel habillage du charlotanisme … ❗

  • Le maire ne dit pas que des bêtises… exact, il dit aussi des sottises 😉

  • L’article -excellent- devrait aussi souligner que cette resource est prise aux citoyens sous forme d’impôts différés ou d’inflation, mais aussi et surtout qu’elle sera « flambée » par l’état et ne produira donc rien, a la fin.

    Le problème fondamental est que l’état n’est jamais un bon allocataire de resources, c’est un allocataire de pouvoir.

    Le pouvoir, c’est la non-valeur ultime, pour des gens libres.

    Non seulement l’état ne produit rien ou à peu près, mais il détruit.

    Il n’agira jamais comme une entreprise qui emprunte de l’argent.

    Remplacer la main invisible du marché par la main visible des politiques, c’est toujours une erreur.

    Quant à la nullité nommé Lemaire, il a déjà depuis longtemps épuisé notre réserve de mépris.

  • Difficile de faire comprendre à Bruno Le Maire que l’Etat ne peut dépenser que ce qu’il récolte en impôts. Pourtant il sait bien que lui-même ne peut dépenser que ce qu’il gagne.

    • Open bar pour la dette financée par la BCE (BdF). Les impôts augmenteront ensuite, une fois que le pays aura été habitué aux nouvelles dépenses publiques. C’est le fameux effet cliquet. Aucun retour en arrière n’est possible. Il est probable que, dans leur tête, le chômage partiel soit la nouvelle norme du salariat.

  • L’épidémie est la bonne excuse pour accélérer encore un peu plus la collectivisation du pays. Fin 2020, les dépenses publiques représenteront deux-tiers du PIB. La crise suivante, ainsi que la progression naturelle des retraites par répartition sous l’effet du papy-boom, sans oublier le besoin de remboursement de la dette accumulée aujourd’hui, seront l’occasion d’augmenter encore les dépenses publiques jusqu’aux trois-quarts du PIB, réalisant enfin l’objectif que les politiciens, technocrates et syndicalistes collectivistes poursuivent avec acharnement depuis les années 80 : la construction d’une société communiste idéale, lentement mais sûrement, en évitant les écueils révélés par l’expérience soviétique.

    • Ne leur donné pas trop d’importance sur le long terme, le court terme de leur portefeuille leur est bien plus profitable.

    • Suivons l’exemple du Venezuela, grande réussite de politique anti-libéral, le marché est à genou, et l’état triomphe. Cela devrait être rapide, on n’a pas de pétrole, nous.

      • Je me souviens au milieu des années 90, alors que l’URSS venait de s’effondrer, d’une conférence de Blondel, syndicaliste très introduit au sein l’Etat profond franchouillard, qui exposait avec gourmandise l’objectif des 75% de dépenses publiques dans le PIB, progressivement, insensiblement, par le truchement des retraites notamment. Je me souviens également de l’assistance qui acquiesçait dans un silence religieux. Alors, ce n’est pas l’échec vénézuélien qui va les arrêter.

        Nous ne sommes plus très loin de l’objectif et le gouvernement actuel apporte sa pierre à l’édifice collectiviste : dépenses publiques en hausse malgré la crise, retour spectaculaire de la planification, mainmise de plus en plus ferme sur les entreprises, l’URSSaf est votre amie, dette publique directement financée par la BCE, violence des forces de l’ordre pour calmer les éventuels révoltés, instrumentalisation de la justice pour éliminer les gêneurs politiques, élections truquées…

      • Il n’y a pas de pétrole non plus au Venezuela puisque le carburant est importé.

    • en évitant les écueils révélés par l’expérience soviétique

      Vous voulez dire en amortissant et en repoussant dans le temps les écueils en question ?… parce que ces écueils : l’appauvrissement généralisé, la déresponsabilisation des citoyens, la perte de nombre de libertés, je vois mal comment nous pourrions y échapper ; d’ailleurs, nous en vivons déjà fortement les prémices.
      Je veux bien croire que tel est l’objectif des hommes de l’État (« évit[er] les écueils révélés par l’expérience soviétique ») et que stupides comme ils sont ils sont fichus de croire que c’est possible, mais moi je n’y crois pas une seconde.

  • Tout cela a déjà été écrit par un certain Frédéric Bastiat, dans un langage clair et imparable il ya bientôt 150 ans. Mais BLM sait-il seulement qui est Bastiat?

  • Excellent article. En route pour l’URSS !

  • Merci, Madame Wapler pour votre explication parfaitement claire et, malheureusement, parfaitement juste aussi.

  • Les commentaires sont fermés.

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