Fumeurs et covid, encore des prétextes d’interdiction

Si le covid-19 devient prétexte à des limitations de liberté pour des fumeurs au nom d’un bien commun, , que nous réserve l’avenir ?
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Fumeurs et covid, encore des prétextes d’interdiction

Publié le 21 août 2020
- A +

Par Christophe de Brouwer.

La Galicie a pris dernièrement la décision d’interdire de fumer dans les rues trop fréquentées, aux terrasses de café et autres lieux extérieurs où les personnes sont en nombre. En soi, ce pourrait être une mesure de santé publique, radicale et exagérée certes, mais qui pourrait se défendre eu égard aux dangers de cette addiction.

Cependant cette décision ne se base pas sur ces dangers, mais sur un risque de transmission du virus.

Nous entrons dans une toute autre dimension.

La raison invoquée semble double : d’une part empêcher le retrait du masque pour cette activité et d’autre part éviter qu’un porteur sain et fumeur puisse contaminer d’autres personnes.

La santé publique a bon dos. Et nos libertés ont bien mal.

Attention, je ne plaide pas pour l’habitude tabagique qui tue beaucoup, beaucoup trop. Bien au contraire, nous devons lutter sans relâche contre ce fléau, mais faisons-le intelligemment.

Comme toute prohibition, et celle de l’alcool aux États-Unis en a été une démonstration dramatique, de telles mesures aboutissent souvent au contraire de ce qu’elles prétendent et aggravent le problème de santé publique.

Sauf à en faire des martyrs ou des héros, les fumeurs ne vont pas nécessairement réduire leur consommation avec de telles mesures, mais plutôt modifier leurs comportements, et potentiellement aggraver leur propre exposition et celle de leurs proches, dont les enfants, en fumant à domicile.

N’oublions pas que si le nombre de fumeurs est en diminution, et c’est heureux, par contre l’âge de la première cigarette s’abaisse constamment, ce qui est inquiétant. Et compte tenu de la propension des jeunes à contester l’autorité, une telle mesure ne va sans doute pas améliorer leur réaction à l’interdit.

Nous devons donc avancer dans le domaine de la prévention de la dépendance tabagique avec précaution et ténacité, et ne pas mélanger les genres.

Examinons cela.

Grosso modo, pour une personne dont le décès est attribué à la Covid-19, dix le seront à cause de leur tabagisme actif et une au tabagisme passif.

Le fumeur court davantage de risque d’être atteint par la Covid-19, ce qui est bien différent qu’être testé positif. Une récente étude (review) estime à 1,5 l’augmentation du risque, mais cela reste cependant un facteur mineur.

En termes de co-morbidités, le tabagisme n’est pas le seul, ni le plus important : obésité, âge, sexe, hypertension artérielle et autres pathologies du système cardio-vasculaire, diabète, déficit immunitaire, entre autres, pèsent sur la gravité de la maladie.

Les fumeurs ne semblent pas émettre davantage de micro-goutelettes que les non- fumeurs sauf s’ils toussent davantage : « Souffler de la fumée de cigarette n’est probablement pas différent d’une expiration normale. Le risque d’infection est donc le même que celui d’un non-fumeur. Toutefois, les fumeurs peuvent tousser davantage que les non-fumeurs. » (Institut néerlandais de Santé publique)

Tousser dans un masque, une fois, deux fois, passe encore, mais trois fois ? Sans compter que le masque perd alors sa fonction protectrice.

On a compris, tout cela n’a pas beaucoup de sens et peut provoquer une réaction inverse à celle souhaitée.

Et nous savons que devant l’obligation de changements radicaux de comportements sociaux et face aux réalités quotidiennes, l’adhésion de l’opinion publique peut se modifier considérablement. Plusieurs exemples nous le rappellent.

Une récente étude d’opinion de l’Université de Gand sur la motivation (vrijwillige motivatie) à porter un masque semble l’indiquer. Elle est en chute libre depuis les nouvelles mesures du port obligatoire de masque dans plusieurs villes de Belgique, alors qu’elle était bien présente au démarrage des préconisations des mesures barrières.

Mais lorsque cette population est confrontée à la réalité quotidienne de l’obligation, accompagnée de sanctions pour les réfractaires, avec le facteur aggravant de la chaleur estivale, et sans résultat palpable, manifestement cela passe beaucoup moins bien. Il en va sans doute de même en France et en Espagne.

Évolution de la motivation volontaire durant la crise covid-19.
Masque / 1,5 mètre / contacts sociaux.

Cette même étude montre que la motivation pour les gestes barrières est tombée à 35 % de la population sondée, alors qu’elle était d’environ 80 % en Belgique, comme en France ou en Espagne, il y a quelques semaines.

Les raisons scientifiques manquent cruellement pour justifier le port du masque partout et tout le temps, en France ou en Belgique, et ailleurs.

Il faut chercher d’autres raisons à cela.

Nous faisons donc face à des décisions politiques qui heurtent profondément les populations, lesquelles par ailleurs obtempèrent bon gré mal gré.

Alors que penser de la décision de l’Autorité de Galicie concernant l’interdiction de fumer dans les quartiers fréquentés de ses villes à cause de cette épidémie ?

Cela suscite des interrogations. Sommes-nous confrontés à de la surenchère politique ? Si la Covid-19 devient le prétexte à des limitations de liberté pour une partie de la population au nom d’un bien commun, sur des fondements politiques et non scientifiques, en l’occurrence ici des fumeurs, que nous réserve l’avenir ?

Nous dirigeons-nous vers d’autres restrictions de liberté pour des catégories de la population souffrant d’autres co-morbidités ? les diabétiques, les personnes âgées, les obèses, les cardiaques, les immuno-déprimés, etc. ?

Ces questions deviennent légitimes à la suite de ce genre de décisions politiques.

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  • Le petit prince
    21 août 2020 at 7 h 45 min

    Inutile de se poser la question, il le s’agit bien de dictature,le problème est de savoir comment se débarrasser de ces politiques de bas de gamme .

  • Mais non, mais non : il n’est pas interdit de fumer, il est seulement interdit d’exhaler la fumée ( et, bien sûr, pour le tabac à priser d’éternuer et pour la chique de cracher )

  • Interdire c’est montrer qu’on a le pouvoir. Il faut donc interdire, peu importe le bien fondé de l’interdiction.

  • Curieusement, autant dans ce débat que dans celui sur les éventuelles propriétés de la nicotine sur le virus, la cigarette électronique a été pour une fois totalement oubliée.

  • En tout cas, le propriétaire du café serait bien inspiré de changer le nom de son établissement. Par les temps qui courent et pour être raccord avec la bien pensance… 🙂

  • Amis français, ne vous plaignez pas trop. Nous avons eu hier un CNS (Conseil National de Sécurité) . Il a énuméré une série de mesures « pour notre bien » et en particulier celle-ci qui a retenu mon attention.

    « Coronavirus: les couples séparés par une frontière pourront se revoir, ils devront PROUVER une relation de longue durée ». Nous voilà enfin à la grande intrusion dans la vie privée.C’est maladroit de communiquer de la sorte: les gens vont enfin (je l’espère) voir clair. Ca ne peut plus durer ce genre de n’importe quoi.

    • Puissiez-vous avoir raison. Mais j’en doute malheureusement. Les gens sont tellement abreuvés de chiffres de contaminations, décomptes morbides et autres arguments anxiogènes qu’ils ne voient plus que le doigt depuis bien longtemps. La lune a disparu pour eux.
      Et pourtant, en France en tout cas, on peut facilement s’apercevoir que le nombre d’admissions en réanimation ou de décès (heureusement) n’augmente que très peu voire est stable par rapport au nombre de détections. Les arguments et décomptes se sont déplacés, contamination vs réanimation/décès.
      Les publications de Santé Publique France (même si je manipule avec des pincettes les données de cette officine publique) sont pourtant à peu près stables depuis bien longtemps. Mais qui fait l’effort de prendre 5 minutes de temps en temps pour s’informer ? Presque personne. On peut s’en frapper la tête contre les murs, cela ne sert à rien, autant prêcher dans le désert.
      La plupart de nos compatriotes ne lisent plus que les titres accrocheurs des journaux ou hebdos et s’abreuvent devant BFM, LCI, CNews (même si cette dernière a 1 ton un peu différent).
      Que nous reste-t-il ? Notre santé mentale, notre santé physique et notre santé financière. Personnelles et celles de nos proches.
      C’est déjà pas si mal. On peut le regretter, s’en désoler, mais comme disait feu mon père, on ne fait pas boire 1 âne qui n’a pas soif !

  • La décroissance de la motivation sur les mesures imposées peut s’expliquer aussi par une information plus importante ou plus diversifiée, à partir de laquelle les gens se forgent une opinion différente.
    Pour influencer les comportements, les médias court-circuitent souvent la raison pour agir sur nos affects (peur, colère etc…). La raison finit par reprendre – parfois – le dessus. C’est d’ailleurs pour ça que la propagande de la peur doit se répéter inlassablement…

    • De toutes façons, l’information « plus importante ou plus diversifiée » aboutit à brouiller totalement la visibilité ou la compréhension de chacun et la peur « s’use » comme tout le reste.

      Lors de la libération de Paris en 1944, les habitants sortaient sous les balles pour humer l’air de la liberté.

      Le gouvernement à compris que le confinement général était une mauvaise idée. Il lui reste à comprendre que la « terreur » l’est aussi.

  • Je m’interroge sur cette volonté de nos minables politocards à interdire tout et son contraire. Que cela leur apporte-t-il, à part la satisfaction d’emmerder les gens? Juste voir jusqu’où ils peuvent aller avant que la révolte ne gronde?
    Je me perd en conjectures. Si d’aucuns ont des idées sur la question, merci de nous en faire part.

    • C’est l’agitation du poulet sans tête…

    • Associé au slogan « Le gouvernement agit pour vous », inscrit en gros sur le site info-coronavirus, ça les fait remonter dans les sondages et apparaître comme incontournables. La révolte peut gronder, ça n’est pas celle du sens commun mais des râleurs par principe mal informés. Moi aussi je m’interroge, mais il me semble que si on comprenait comment un candidat peut mettre le port du masque obligatoire dans son programme, comme Joe Biden, sans y ramasser la certitude de perdre, on aurait notre réponse.

    • Le syndrome du petit chef ! Et comme nos chefs sont de plus en plus « minables »…..

    • Il suffit d’ étudier le comportement grégaire des français entre mai 40 et la libération pour se faire une idée de ce que la peur et la défiance envers les autres procurent comme pouvoir sur une population.

    • Si vous voulez déstabiliser une personne, utilisez ce qu’on appelle les injonctions contradictoires, plus ou moins rapprochées les unes des autres. Un exemple :
      Le samedi à 20H, notre ancien 1er ministre annonce la fermeture des cafés, restaurants et discothèques à minuit. Par conte, il nous demeande d’aller voter le lendemain pour les municipales.
      Autre exemple.
      Les masques ne servent à rien, en plus c’est très compliqué à utiliser correctement (sous entendu nous sommes trop stupides pour savoir les porter)
      Quelques mois plus tard, leur usage devient obligatoire à une échelle de plus en plus importante. Entre ces 2 injonctions, a été utilisé ce qu’on appelle la sidération avec la messe quotidienne de 18h30 du bon docteur Salomon qui venait nous égrener son décompte morbide en nous abreuvant jusqu’à plus soif de chiffres, pourcentages auxquels on ne comprenait plus rien au bout de 3 minutes. Résultat, on a réussi à instiller la peur dans l’esprit des gens. Cela aide à les faire se tenir tranquille.
      Et lorsque ils veulent sortir, car on leur a aussi recommandé de s’aérer un peu tous les jours pour leur santé (marcher, faire 1 peu de sport mais pas de vélo…pour les adultes), ils doivent s’y auto-autoriser.

  • La prophylaxie ne doit pas être un concept que vous maîtrisez.
    Vous ne pouvez savoir si vous êtes asymptomatique alors dans le doute vous l’êtes. Tout le monde vous remercie de votre altruisme.

    • On demande des preuves, comme pour l’hydoxychloroquine, comme pour la généralisation du port des masques en extérieur, comme pour le confinement (stay-at-home). La médecine moderne demande des preuves et pas des gesticulations.

    • La gestion de risques ne doit pas être quelque chose que vous maîtrisez.

      Réorganiser toute une économie et toute une société de 67 millions de personnes (avec des effets néfastes énormes en termes économiques, sociaux et sanitaires) pour une maladie qui cause une dizaine de morts par jour, soit 0,5% des morts quotidiennes, est totalement irrationnel.

      • On parle de réponse aux risques. Réformer le système médical, adapter l’économie, auraient été des réponses plus adéquates. Prétendre que l’absence de réponse aurait été justifiée par le peu de conséquences, ce serait ne rien comprendre au risque non plus.

  • C’ est amusant parce que je me souviens très bien à l’ époque des premières interdictions de fumer dans les lieux publics qu’ il y avait débat sur les avantages d’ une atmosphère enfumée sur la prolifération des miasmes qui provoquent tout un tas de maladies infectieuses, puisqu’ elles avaient eu tendance à augmenter.

  • Changer le comportement de quelqu’un, ça porte un nom : eugénisme.

    • Et si vous ajoutez à cela comment on doit penser, comment on doit réfléchir et concevoir les choses, c’est que le totalitarisme est déjà parmi nous.

  • Le vaccin contre la grippe a-t-il favorisé les covids sévères?
    La nicotine protège-t-elle du covid?
    Vous ne saurez pas et c’est la preuve d’une certaine censure.

    • Votre première question est bigrement intéressante, il serait effectivement intéressant d’avoir la proportion de décédés ayant été vaccinés (en supposant qu’on arrive également à retirer de ces statistiques les personnes présentant un terrain propice à ce virus (diabète, hypertension, obésité, vieillesse). Mais j’ai bien peur qu’il faille se contenter de boules de cristal ou de marc de café

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Christophe de Brouwer.

Il m’a été demandé d’aborder la problématique du port de masque dans des lieux non clos, en extérieur.

Je ne traiterai pas ici des autres gestes barrières (lavage des mains, distanciation, confinement, etc.).

Je voudrais aborder la question sous l’angle du risque.

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