La bureaucratie est avant tout un problème de mentalité

L’exemple le plus récent de la lourdeur de cette structure bureaucratique est celui de la gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

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La bureaucratie est avant tout un problème de mentalité

Publié le 14 juillet 2020
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Par Gabriel Giménez-Roche.

Le pays aux plus de 400 000 normes, le royaume des formulaires CERFA, où l’on crée 100 nouvelles lois et autres réglementations chaque année. La France est définitivement un Léviathan bureaucratique. Évidemment, cette pléthore réglementaire et documentaire ne peut pas exister sans son armée de fonctionnaires.

Ils sont presque 22 % de la force de travail en France, autrement dit, quelques six millions d’employés publics. Ces effectifs incluent bon nombre de fonctionnaires opérationnels, c’est-à-dire de terrain (personnel soignant, professeurs, policiers, militaires, entre autres). Néanmoins, on y trouvera aussi des administratifs chargés d’appliquer et faire respecter les procédures règlementaires et documentaires.

Or, ce personnel administratif comprend aussi des opérationnels convertis à l’administration pure – à titre d’exemple, 20 % du personnel soignant ne dispense plus des soins.

De multiples organes à plusieurs étages

Sans oublier que l’administration publique française est divisée en plusieurs organes à plusieurs étages, parfois redondants et qui communiquent mal entre eux. Ce sont 18 régions, 101 départements, 332 arrondissements, 4032 cantons, 12 159 intercommunalités, 35 357 communes et des centaines d’autorités et organismes publics ou privés chargés d’une mission publique, le tout sous la tutelle du gouvernement central.

L’exemple le plus récent de la lourdeur de cette structure bureaucratique est celui de la gestion de la crise sanitaire du Covid-19. Une vraie cacophonie s’est installée entre le ministère de la Santé, les Agences régionales de santé (ARS), les hôpitaux (publics et privés), les préfectures, les régions et autres collectivités territoriales.

La bureaucratie étatique française avait empêché la gestion rapide et efficace des lits d’hôpitaux, masques, tests et traitements. Les comparaisons internationales avec l’Allemagne ou la Corée du Sud le démontrent bien, ce n’était pas un problème de manque d’argent, mais de comment l’argent est mal utilisé compte tenu de la bureaucratie à respecter. Car en effet, il s’agit surtout d’un problème des priorités à respecter.

L’absence du calcul économique

La bureaucratie est une méthode d’organisation du travail qui cherche à obtenir un résultat autre que le profit par le biais de procédures hiérarchiquement déterminées. Tandis que dans une entreprise la méthode d’organisation est définie par le calcul économique – on déploie les ressources là où elles peuvent générer davantage de profits en coûtant moins – dans une administration publique ce calcul est absent.

Au lieu de faire référence aux revenus et coûts des activités administratives, on cherchera à obtenir le résultat déterminé par sa hiérarchie en respectant les procédures définies par cette même hiérarchie. Rien d’autre. Là où le calcul économique n’entre pas, la méthode bureaucratique se montre la plus rationnelle possible car elle est basée sur des procédures claires.

Il faut le reconnaitre, la bureaucratie est inévitable. Elle existe aussi dans les entreprises à but lucratif car certaines procédures administratives n’aboutissent pas directement à une gestion des ressources. Cependant, la bureaucratie d’entreprise reste encadrée par la méthode du calcul économique.

Autrement dit, dans l’entreprise, la bureaucratie est l’un des moyens disponibles pour atteindre le profit. Dans l’administration publique, où le profit ne joue pas un rôle de guide dans la coordination des ressources, la bureaucratie peut aussi être un moyen.

Principe de parcimonie

Pour ce faire, il faut adopter un principe de parcimonie : atteindre des objectifs non-économiques, mais en minimisant ses coûts. On accepte l’absence de profit, mais pas le gaspillage. Or, cela est une question de mentalité dans l’élaboration des procédures bureaucratiques. Le problème bureaucratique n’est donc pas l’appareil bureaucratique en soi, mais la mentalité des décideurs qui en font usage.

Le grand mal français reste donc l’ignorance du principe de parcimonie au sein de la hiérarchie étatique. Le pire advient quand cette ignorance détourne le principe de parcimonie, en créant des bureaucraties supplémentaires pour l’appliquer en détriment de l’objectif ciblé.

Ce qui est le cas pour les hôpitaux. Tant que le principe de parcimonie ne sera pas intégré à la formation-même des décideurs politiques et hauts-fonctionnaires, la bureaucratie continuera à être un problème, car mal organisée et donc mal déployée.

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  • « Le grand mal français reste donc l’ignorance du principe de parcimonie au sein de la hiérarchie étatique. »..vous pensez ignorance… la parcimonie sert le public…mais dessert la population des bureaucrates

  • C’est effectivement le principal effet pervers du « tout-Etat »: l’illusion que les ressources sont illimitées et qu’il suffit de demander assez fort pour avoir tout ce que l’on veut.

  • Ce qu’il faut expliquer à propos du libéralisme, c’est qu’il est avant tout une lutte contre l’administration.

    Car l’administration est en train de nous tuer. Cela apparaît (enfin pas pour tout le monde) de façon flagrante dans le domaine de la santé, mais cela s’applique à tous les domaines.

    L’odieux libéralisme présenté dans les media n’est pas le libéralisme mais la collusion d’un libéralisme minimal nécessaire alloué aux grandes sociétés (même dans un pays socialiste) avec une administration corrompue.

    • lutte contre une administration clairement excessive,..

      elle ne sert plus souvent qu’elle même, on en est m^me plus à contester l’idée d’intérêt de la collectivité justifiant l’action de l’etat qui est en fait l’utilisation par la majorité du potentiel tyrannique de la majorité pour spolier une minorité.. c’est du pur parasitisme des bureaucrates..

      et ils ne comprennent pas pourquoi les gens qu’ils pensaient pouvoir électoralement acheter brûlent des écoles et bibliothèques caillassent les pompiers ou policiers..

      reste que …ils se tournent vers l’etat pour essayer de résoudre ..les conséquences de l’exes d’état..

      en france , dans la tête des gens l’etat est la solution si l’état merdoie , c’est juste que les gens qui gèrent sont « illégitimes ».. c’était pas un vrai état..comme c’était pas du vrai communisme..

  • et la bureaucratie se nourrit de la bureaucratie, les bureaucrates n’aspirent qu’à renforcer leur influence au mépris de toute efficacité en multipliant règles, normes, paperasse, et effectifs jusqu’à ce que le Léviathan monstrueux s’effondre sur lui même comme une étoile devenue trop grosse s’effondre en devenant un trou noir ….

  • le bureaucrate ne cherche au mieux qu’à respecter la procédure, mais ne se soucie jamais du but à atteindre (« la procédure est tout, le résultat n’est rien »).

    au mieux le bureaucrate ne s’intéresse qu’au « comment », jamais au « pourquoi ».

    Elle ne fait jamais appel à l’intelligence et à la confiance, elle transforme les êtres humains en machine.

    la bureaucratie ne sert donc strictement à rien, car ce qui ne répond pas à une finalité n’est que gaspillage à éliminer.

    Comme en plus elle impose son pouvoir aux productifs (c’est sa seule utilité, et uniquement pour elle-même et les politiques qui n’existent que par elle), elle est deux fois à éliminer (et vite).

    • Le respect de la procédure est le but à atteindre pour le bureaucrate. L’écriture de la procédure est le but des Enarques.

      L’efficacité ou la non-nocivité de la procédure n’est le but de personne.

      Quand il y a un désastre, on dit qu’il y a un dysfonctionnement parce qu’on n’a pas édité suffisamment de procédures.

  • Les commentaires sont fermés.

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