La mondialisation : le meilleur remède contre la crise sanitaire

Photo by Joshua Rawson-Harris on Unsplash - — Joshua Rawson-Harris ,

La mondialisation doit être perçue comme une solution pour lutter contre la crise du coronavirus, et non comme une cause de l’ampleur qu’a pris celle-ci.

Par Justine Colinet.

La mondialisation a souvent été accusée d’être la cause de la crise sanitaire, économique et sociale que l’humanité connaît aujourd’hui, plus particulièrement lorsque l’on parle de la rapidité de l’extension du virus, de la dépendance du monde envers la Chine, ou de l’incapacité du capitalisme à produire les équipements médicaux.

Les altermondialistes et autres écologistes ont pu également se réjouir de constater la baisse des émissions de dioxyde de carbone que les confinements et restrictions à travers le monde ont engendré. Implicitement, ce qui était en cause, c’est l’immense activité et le dense réseau d’échanges qui font circuler les hommes… et les maladies. La mondialisation est-elle pour autant une des causes de l’étendue qu’a pris la crise du coronavirus ?

Non, la mondialisation n’est pas une cause de la crise

D’autres épidémies se sont répandues très rapidement avant la mondialisation que nous connaissons actuellement, avant que les marchés et le tourisme ne s’étendent à toute la planète. Cela a été le cas pour la peste bubonique au XIVe siècle par exemple. Les virus n’ont jamais attendu le capitalisme ou l’industrie pour ravager les populations humaines aux quatre coins du monde.

Quant à la dépendance du monde envers la Chine, même s’il est vrai que la Chine exporte des milliers de marchandises partout dans le monde et représente une puissance économique incontestable, elle est tout aussi dépendante des autres pays du monde. La mondialisation permet de mettre chaque secteur en concurrence pour offrir des services variés et abordables pour tous.

En ce qui concerne les lacunes en termes d’équipements médicaux, c’est précisément la mondialisation qui permettra la coopération de milliers de scientifiques et d’industries pharmaceutiques pour contrer l’épidémie. C’est grâce à la mondialisation et à la concurrence qu’elle organise que des vaccins ou traitements antiviraux pourront être trouvés et circuler dans le monde et que la recherche avance.

L’ouverture des économies nationales sur un marché mondial, qui entraîne une interdépendance croissante des pays tout autour du globe, doit être perçue comme une solution pour lutter contre la crise du coronavirus, et non comme une cause de l’ampleur qu’a pris celle-ci. C’est bien en mobilisant les ressources de la planète que nous pourrons lutter de manière sérieuse contre la crise.

Les initiatives se sont développées partout sur la planète grâce à la mondialisation pour lutter contre le virus, pour organiser l’entraide, et pour gérer au mieux les répercussions directes.

La théorie qui s’y oppose est celle de la priorité de la souveraineté nationale. Mais les États en général n’ont pas anticipé le choc de la crise. Les pénuries que nous avons connues, comme les pénuries de masques ou de gels hydroalcooliques, résultent notamment de la défiance envers un marché que nos édiles sont incapables de contrôler.

Les innovations et la décentralisation des processus de recherche grâce à la mondialisation

Nous l’avons souvent entendu dernièrement : les pandémies ont touché le monde de tout temps. Si on nous laissait le choix de l’époque à laquelle nous aurions du subir une épidémie, nombreux d’entre nous choisiraient l’année 2020. Pourquoi ? Grâce aux innovations que la mondialisation a permis.

Certes, nous avons eu besoin de plus de respirateurs pour prendre en charge les malades et cela a eu des conséquences malheureuses, mais en 1950, le monde ne comptait qu’un seul respirateur en tout et pour tout. Nous pouvons lire le génome du virus en une semaine, ce qui n’avait jamais été fait avant 1995.

Les équipes de recherche, les entreprises pharmaceutiques et les autorités sanitaires, où qu’elles se trouvent dans le monde, ont pu entrer en contact, se concurrencer mais également collaborer et confronter leurs idées pour mettre au point notamment un test de dépistage en seulement six jours.

Il a fallu 3000 ans à l’humanité pour mettre au point des vaccins contre la variole et la poliomyélite, mais trois mois seulement après la découverte du Covid-19, la Bibliothèque nationale de médecine américaine a dressé une liste de 282 médicaments et vaccins potentiels.

Les avantages d’un monde ouvert sont nombreux, qu’il s’agisse de la recherche scientifique, de l’exportation de matériel ou de la communication entre les pays. Un autre exemple flagrant de ces bienfaits des économies ouvertes est la dépression économique causée par les fermetures de frontières, par le fait que nous ne nous rencontrons pas, que nous n’allons pas au travail, que nous ne commerçons plus ou moins, et que nous ne voyageons pas.

L’importance des sociétés ouvertes et des marchés libres

La mondialisation est le fruit du progrès humain. C’est ce progrès qu’il faut continuer d’encourager et de soutenir.

Nous devons impérativement être libres d’explorer de nouvelles connaissances, de nouvelles sciences et de nouvelles technologies pour en échanger les résultats entre eux, par-delà les sociétés et les frontières. C’est ce qui permet à chaque secteur d’innover et d’être efficace tant en termes de production que de partage.

Même si depuis toujours les crises déclenchent des mécanismes de peur ou de fuite qui poussent les autorités à fermer des frontières et à chercher des boucs émissaires,  nous devons nous battre pour des sociétés ouvertes et des marchés libres, avec des gouvernements limités qui protègent l’État de droit.

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