Edward Jenner, pionnier du vaccin contre la variole – Les Héros du Progrès (3)

Notre troisième héros du progrès est Edward Jenner, médecin anglais du XVIIIe siècle, pionnier de la vaccination contre la variole – le premier vaccin au monde.

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Edward_Jenner BY John Raphael Smith-Wikimedia commons

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Edward Jenner, pionnier du vaccin contre la variole – Les Héros du Progrès (3)

Publié le 9 février 2020
- A +

Par Alexander Hammond.
Un article de HumanProgress

Troisième épisode de la série intitulée « Les Héros du progrès », bref aperçu des héros méconnus ayant apporté une contribution extraordinaire au bien-être de l’humanité. Vous pouvez trouver la première partie de cette série ici.

Notre troisième héros du progrès est Edward Jenner, médecin anglais du XVIIIe siècle, pionnier de la vaccination contre la variole – le premier vaccin au monde.

Avant d’être éradiquée en 1979, la variole était l’un des fléaux les plus anciens et les plus dévastateurs de l’humanité. Le virus, dont l’origine remonte à l’Égypte pharaonique, aurait tué entre 300 et 500 millions de personnes au XXe siècle.

« Monstre tacheté », comme on l’appelait en Angleterre au XVIIIe siècle, la variole était très contagieuse et laissait le corps de la victime couvert d’abcès qui causaient d’immenses cicatrices. Si l’infection virale était suffisamment forte, le système immunitaire du patient s’effondrait, et la personne mourait.

Le taux de mortalité de la variole se situait entre 20 et 60 %, et parmi ceux qui avaient la chance de survivre, un tiers restait aveugle. Chez les nourrissons, ce taux était de 80 %.

Puis arriva Edward Jenner.

Né dans le Gloucestershire en 1749, Jenner avait été immunisé contre la variole à l’âge de 8 ans. Entre 14 et 21 ans, il fait son apprentissage chez un chirurgien du comté du Devon. En 1770, il s’inscrit comme élève au St. George’s Hospital de Londres.

À l’hôpital, Jenner montre de l’intérêt pour des domaines variés : il étudie la géologie, mène des expériences sur le sang humain, construit et lance deux fois ses propres ballons à hydrogène, et mène une étude particulièrement longue sur le coucou.

En mai 1796, il commence à s’intéresser à la variole. Pendant de nombreuses années, Jenner avait entendu des histoires selon lesquelles les employées de laiterie étaient immunisées contre la variole parce qu’elles avaient déjà contracté une forme de variole – une maladie bénigne des vaches qui ressemble à la variole – quand elles étaient enfants.

Jenner rencontre une jeune employée de laiterie du nom de Sarah Nelms, récemment contaminée par la variole de Blossom, une vache dont la peau est encore accrochée au mur de l’hôpital médical de St. George. Jenner extrait le pus d’une des pustules de Nelms et l’injecte au jeune garçon de 8 ans, James Phipps – le fils de son jardinier.

Phipps développa une légère fièvre, mais pas d’infection. Deux mois plus tard, Jenner fit au garçon une injection contenant une lésion de variole fraîche : aucune maladie ne se développa. Jenner en conclut que l’expérience était un succès et il baptisa la nouvelle procédure de vaccination du mot latin vacca qui signifie vache.

Le médecin américain Donald Hopkins écrivit plus tard que « la contribution unique de Jenner n’était pas d’avoir inoculé la variole à quelques personnes, mais d’avoir ensuite prouvé qu’elles étaient immunisées contre la variole ».

Le succès de la découverte de Jenner se répandit rapidement dans toute l’Europe. Napoléon, alors en guerre contre l’Angleterre, fit vacciner toutes ses troupes, décerna une médaille à Jenner et libéra même deux prisonniers anglais à sa demande. Napoléon aurait dit qu’il ne pouvait « rien refuser à l’un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité ».

Jenner n’a pas cherché à s’enrichir par sa découverte ; il avait même construit une petite baraque d’une pièce dans son jardin, où il vaccinait gratuitement les pauvres – qu’il avait baptisée le Temple de Vaccinia.

Plus tard, il sera nommé médecin extraordinaire du roi George IV et deviendra maire de Berkeley, dans le Gloucestershire. Il s’éteint le 26 janvier 1823, à l’âge de 73 ans.

En 1979, l’Organisation mondiale de la santé déclare officiellement que la variole est éradiquée.

Le vaccin contre la variole a jeté les bases d’autres découvertes en immunologie et de la guérison de maladies telles que la rougeole, la grippe, la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite A et B, la polio, la fièvre jaune et les rotavirus.

Le travail d’Edward Jenner a permis d’épargner des millions de vies d’une maladie qui sévit dans l’humanité depuis des millénaires ; et c’est pour cette raison qu’Edward Jenner est notre troisième héros du progrès.

Traduction par Contrepoints de Heroes of Progress, Pt. 3: Edward Jenner.

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  • Merci, merci beaucoup pour cette rubrique. L’Histoire, telle qu’on la raconte dans les manuels, n’est qu’un ramassis de crimes commis par les hommes de pouvoirs. Ravi de voir qu’on peut aussi réécrire l’Histoire par le souvenir des bienfaiteurs de l’humanité. Pourquoi les criminels de masse et autres « conquérants », ont-ils tant de gloire, et les bienfaiteurs de l’humanité une si modeste place dans notre étude de l’Histoire ?

    • Oui, tout à fait. Il se trouve néanmoins parfois des gens malfaisants qui utilisent le bien pour faire le mal. Ou qui dévoient de bonnes intentions par appât du gain.
      On peut penser au libéralisme qui a été dévoyé par des gens cupides qui s’en réclament, en capitalisme de connivence. Ou à des découvertes technologiques utilisées pour faire le bien ou faire la guerre.
      Nous ne devons jamais renoncer à la réflexion et au discernement.

  • Sans être spécialiste, il me semble que l’article et la réputation de Jenner auraient gagné à mieux distinguer la variole et la vaccine, et à rappeler que l’inoculation de la variole à Phipps qui a permis de constater son immunité acquise par la vaccination n’avait pas pour but d’expérimenter au profit du médecin, mais relevait d’une pratique courante dite variolisation consistant à injecter une variole espérée bénigne pour protéger d’une variole grave.

  • la nature est bonne…

  • Comme quoi la vaccination est une excellente pratique.

    • Encore que, précisément, le vaccin contre la variole a été de ceux qui ont été les plus contestés en raison de leurs effets secondaires graves.
      Tout est une affaire d’évaluation bénéfice/risque.

  • Les commentaires sont fermés.

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