« Plus de risque chez soi qu’à l’école » : Blanquer siffle la fin de la récré

OECD Organisation for Economic Co-operation and Development OECD Forum 2018 - Session: Reskilling: How Difficult Is It? by OECD Organisation for Economic Co-operation and Development (CC BY-NC 2.0) — CC-BY

La sortie de Jean-Michel Blanquer nous rappelle ce qu’est une institution et un ministre en roue libre, totalement déconnecté de la réalité qu’il est supposé administrer.

Par Marc André.

Depuis que le méchant virus chinois qui ne pouvait pas passer nos frontières les a allègrement franchies, nous assistons de la part de nos gouvernants à un festival ininterrompu d’approximations, de grand n’importe quoi, quand ce ne sont pas purement des mensonges éhontés, proférés avec l’autorité que seule peut conférer l’absence totale de scrupule.

Donc les uns à la suite des autres, nos brillants ministres viennent asséner leurs bêtises, au premier micro qui se tend. Avec le déconfinement, ils ont même enclenché le turbo. Dernier en date à creuser sa tombe s’exprimer, Jean-Michel Blanquer a déclaré face au grand Jury RTL, Le Figaro, LCI « qu’il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école ».

Blanquer croit-il vraiment ce qu’il dit ?

Quelle mouche a piqué Jean Michel Toutvabien selon l’excellent mot de mon estimé confrère H16 ? Quel besoin avait-il de proférer une telle énormité ? Est-ce un moment d’égarement, dû au titre de l’émission radiophonique à laquelle il participait ? Croit-il vraiment ce qu’il dit, ou agit-il sur commande comme la désormais légendaire porte-parole du gouvernement, dont le prénom vaut toutes les mises en garde utilisateur ?

Rappelons-nous, il y a de cela deux mois le gouvernement nous enfermait avec comme justification le fait que l’on ne pouvait pas décemment maintenir les écoles ouvertes. Les enfants étaient alors considérés comme un bouillon de culture propre (si l’on peut dire) à faire flamber la pandémie. Nos chères têtes blondes étaient les principaux vecteurs de la nouvelle peste et il convenait de les enfermer fissa, ainsi que leurs parents.

Admettons que, le temps passant et le nombre de parents infectés par les sales mouflets avec lesquels ils ont cohabité durant deux longs mois H24, n’ayant pas explosé, les « zautorités » aient révisé leur jugement sur le péril jeune. Mais de là à considérer que l’endroit où nous avons tous été consignés et qu’il ne fallait surtout pas quitter pour sauver des vies est devenu plus dangereux que le cloaque qu’il était si urgent de fermer, après nous y avoir envoyé voter en masse, le pas était quand même énorme.

Petit rappel des faits

Reprenons le fil des événements. Il y a deux mois, les cigales qui nous gouvernent découvrent, mais un peu tard, que le pays est à poil, sans masques, sans gel, sans respirateurs… Bref que tout ce qui se trouvait dans le stock stratégique anti-épidémie constitué par Roseline Bachelot et Nicolas Sarkozy après l’épisode avorté de grippe aviaire s’est volatilisé par enchantement bureaucratico-comptable. Ajoutez à cela un système de santé exsangue que tous se sont échinés à raboter, selon le principe bien compris que moins on a de médecins, moins il y a d’hôpitaux et moins il y a de dépenses de santé et vous obtenez la recette de la bonne catastrophe à la française.

L’absurdité de ce raisonnement conduisant naturellement à l’engorgement complet du système, il a fallu confiner, le temps que les morts s’accumulent, que les masques arrivent, etc, etc. pour que l’on en revienne à la normale. « Ces choses-là nous dépassent feignons d’en être les organisateurs », écrivait Jean Cocteau. Sa tirade est maintenant devenue le modus operandi de cette administration que le monde entier nous envie. Et c’est ainsi que la machine à raconter des bobards à la chaîne s’est mise en marche.

Simplement confiner tout un pays parce que l’on a été totalement imprévoyant représente un coût faramineux que l’Allemagne ne semble pas très désireuse de payer, une fois de plus. Donc il convient de remettre tout le monde au boulot et vite fait, pour éviter la banqueroute. Seulement voilà, comment travailler quand les enfants sont à la maison parce que l’on a passé deux mois à expliquer à leurs parents que l’école était le lieu de tous les dangers ?

Blanquer apporte sa solution : la famille, voilà le vrai danger !

Et partant, le ministre de l’Éducation (quel terme amusant) de nous dévoiler la vraie mission du service public dont il a la charge : une gigantesque garderie pour enfants de travailleurs, le Komsomol Soviet, ni plus ni moins. À voir le niveau toujours plus affligent des compétences exigées des élèves pour avoir leur bac, on se doutait bien que l’enseignement n’était pas l’activité principale du ministère dont monsieur Blanquer à la charge.

Et pourtant, nombreux sont les professeurs qui ont été dupés et ont honnêtement cru qu’ils étaient recrutés pour instruire. L’Éducation nationale est un concentré de toutes les tares françaises. Une administration entière déploie des trésors d’ingéniosité pour s’assurer que les élèves en apprennent le moins possible. À coups de circulaires, de réformes des programmes et d’expérimentations pédagogiques toutes plus délirantes les unes que les autres, les fonctionnaires du ministère ont réussi à faire passer les enseignants du rang de maître à celui de garde d’enfant.

À voir ce qu’est devenu le regretté ministère de l’Instruction publique, on se dit qu’il est grand temps de laisser les praticiens médicaux et non les médecins de laboratoire pharmaceutique s’occuper de celui de la Santé. En ce sens la sortie de Jean-Michel Blanquer a été salutaire. Elle nous a rappelé ce qu’est une institution et un ministre en roue libre, totalement déconnecté de la réalité qu’il est supposé administrer.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.