Scandale des masques en France… Et en Belgique ?

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La situation concernant les masques de protection pour éviter la propagation du virus en France fait polémique, qu’en est-il en Belgique ?

Par Justine Colinet.

On le sait, la situation concernant les masques de protection pour éviter la propagation du virus en France fait polémique, de la gestion à la distribution en passant par la communication politique. Entre multiples réglementations et divers errements, difficile de ne pas se plaindre perpétuellement de ce qu’il se passe dans l’Hexagone.

Mais qu’en est-il en Belgique ?

Le surréalisme belge, encore et toujours

Ce mercredi 6 mai, le Conseil National de Sécurité a annoncé le début de la première phase de déconfinement.

« À partir du 10 mai, chaque foyer pourra accueillir à son domicile jusqu’à maximum quatre personnes – toujours les mêmes. » Notez bien : toujours les mêmes. Choisir quatre personnes parmi les membres de sa famille et ses amis ? Voilà qui ravira les familles nombreuses et les cercles d’amis comptant plus de quatre joyeux lurons… Passons. « Afin de limiter le nombre de contacts favorisant la dispersion du virus, les personnes invitées s’engagent à n’entrer que dans un seul foyer. » Tout ceci en respectant, cela s’entend, la distanciation sociale et en privilégiant les terrasses et jardins, pour ceux qui ont la chance de pouvoir en profiter.

Évidemment, il ne sera pas possible de contrôler cette première règle, comme l’a bien dit la Première ministre : « Les gens sont chez eux, et on ne va pas demander à la police de contrôler dans les maisons ». On ne demandera pas non plus aux Belges de tenir des registres, nous voilà rassurés. La Belgique décide donc de faire appel à la responsabilité individuelle de ses citoyens, ce qui est a priori un bon point.

Ce début de déconfinement, qui permettra aux Belges de se réunir en (très) petits groupes, coïncide avec la date de la fête des mères. Le gouvernement rassure ses citoyens, ce n’est pas à cause de cette célébration que cette mesure a été mise en place, mais bien parce que l’évolution de l’épidémie le permet. Cependant, attention, bien que la plupart des Belges se réjouissent de retrouver leur famille, les dirigeants les avertissent : la cellule familiale est un des principaux vecteurs de contagion.

Quid des masques ?

Le 11 mai prochain actera également la réouverture des commerces, et « il sera fortement recommandé à chaque client de porter une protection couvrant le nez et la bouche dans les commerces. En tout état de cause, les distances de sécurité doivent être respectées. » Les protections couvrant le nez et la bouche (masques chirurgicaux ou en tissus, foulards, écharpes et autres systèmes D), ne sont donc pas obligatoires, malgré les nombreuses recommandations des experts.

Par contre, dans les transports en commun, elles le sont. L’utilisation de ces transports en commun ne doit se faire que si aucune autre alternative n’est possible, l’objectif étant de laisser leur accès aux personnes qui en ont le plus besoin. En Belgique comme en France, on constate donc qu’augmenter l’offre de transports pour répartir au mieux la population et lui assurer un minimum de liberté de circulation n’est pas au programme.

Sur la question épineuse des masques et de leur disponibilité, c’est le flou total. Lors d’un précédent Conseil National de Sécurité, le 24 avril, le gouvernement a assuré aux Belges que chaque individu allait recevoir un masque aux normes et deux filtres. Quand ? Eh bien il n’y a pas de bonne réponse…

Certains recevront les filtres avant les masques, mais est-ce vraiment un problème ? Tout le monde doit bien avoir cousu un masque en tissu en attendant que la stratégie du gouvernement se mette en place, non ?

Certaines communes en recevront avant d’autres, grâce aux initiatives locales et bourgmestres de certaines villes et communes qui ont pris les devants. En communauté germanophone par exemple, les masques devraient être distribués à la fin de cette semaine. Pour les autres, la patience est mère de toutes les vertus… Le bonheur de l’État fédéral belge.

La distribution des masques se fera comme le déconfinement : en plusieurs phases mystérieuses et relativement floues. La suite au prochain Conseil National de Sécurité.

Et dans les hôpitaux belges ?

C’est un sujet de conversation inépuisable pour les employés du milieu hospitalier. La communication autour de l’obligation ou non de porter un masque, et si oui lequel et quand, n’est pas plus efficace ni claire qu’en France. Au début, le port du masque était recommandé pour tous. Jusqu’à la pénurie évidemment.

Les masques chirurgicaux étaient alors très essentiellement réservés au personnel soignant, et au personnel administratif en contact avec des patients. Pénurie oblige, de nouveau, dans certains hôpitaux le personnel administratif a été prié de se munir de masques en tissu. Dans ces mêmes hôpitaux, des ergothérapeutes et autres kinésithérapeutes qui n’exerçaient plus, ne devant pas avoir de consultations urgentes, ont donc été tout naturellement relégués aux ateliers de couture pour confectionner des masques destinés au personnel.

Cette situation incompréhensible dans les hôpitaux engendre beaucoup d’absences parmi les membres du personnel soignant : certains tombent malades, contaminés par le covid-19, d’autres sont épuisés physiquement et mentalement. Pour pallier cela, Maggie de Block, ministre de la Santé publique, a la solution et voici deux nouveaux arrêtés royaux : ils prévoient que, jusqu’au 31 décembre 2020, certains soins infirmiers puissent être confiés à des non-infirmiers, et qu’il est possible de réquisitionner des professionnels des soins de santé si nécessaire.

Le surréalisme belge, vous disais-je…

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