Libérez le marché des masques, Monsieur le Président !

Des masques, il y en a, monsieur le Président. Seulement, il faut laisser faire le marché : il y a une demande, et c’est l’État qui entrave l’offre, organisant une pénurie qui à son tour, fait monter les prix.

Par Margot Arold.

Emmanuel Macron s’est débrouillé pour évoquer la pénurie de masques sans évoquer la responsabilité de la bureaucratie qui a freiné voire empêché l’accès de la population aux masques.

Pour le président, au contraire, la pénurie de matériel qui touche la France a pour origine les faiblesses du marché mondial :

« Il est difficile d’entendre qu’une pénurie mondiale empêche les livraisons. »

Ainsi, il rassure les Français en leur indiquant que s’il n’y a pas de masques pour tout le monde (et, rappelons-le, pour les soignants non plus), c’est parce que le monde entier en réclame (ce qui est vrai) et que cela entraîne une pénurie en février, en mars, et en avril, ce qui est faux.

En trois mois, le marché, agile, s’organise pour répondre à la demande. Encore faut-il que l’État, lui, ait l’agilité nécessaire pour faire la demande rapidement (et ne passe pas commande début avril !).

Des masques, il y en a !

Monsieur le Président, vous avez oublié de dire que des masques, il y a en a. Ce n’est pas une « pénurie mondiale » : c’est juste qu’en France, on ne laisse pas le marché s’exprimer. Des offres de masques, il y en a, probablement des fiables et des moins fiables, mais au regard des millions dépensés en TGV, hélicoptères…, aurait-ce été un gaspillage de tenter d’en obtenir « quoi qu’il en coûte » et par tous les moyens possibles ?

Les pharmaciens ont interdiction de vendre des masques aux clients au prétexte qu’il y a une pénurie. Mais ils reçoivent des offres de masques régulièrement, par des entreprises privées, offres qu’on leur intime de refuser (ou qu’ils refusent eux-mêmes) au motif que ce sont des masques non homologués.

Bien sûr, certains expliquent que la piètre qualité de ces masques ou l’arnaque sont des motifs de refus.

Mais qu’auraient-ils de moins bien, ces masques « non médicaux »,  que ces fameux masques « maison » confectionnés dans un bout de tissu de récupération ? Qu’auront-ils de moins efficace que celui qu’on va prochainement nous ordonner de porter, ce fameux « masque grand public » ?

Et alors que tentent de s’organiser les collectivités locales, peut-être un peu moins lourdes que la strate étatique au-dessus, l’État fond comme sur une proie sur les masques commandés par les régions, pour les redistribuer lui-même, ainsi que Christophe Castaner l’a reconnu. Quand l’État se vole lui-même, c’est que le problème est aussi d’ordre politique : il ne faut pas qu’on se rende compte de son incurie.

Des masques, il y en a, monsieur le Président. Seulement, il faut laisser faire le marché : il y a une demande, et c’est l’État qui entrave l’offre, organisant une pénurie qui a son tour, fait monter les prix.

D’ailleurs, depuis que Bruno Le Maire a encadré le prix du gel hydroalcoolique « pour notre bien », on constate que le précieux gel n’a pas fait sa réapparition dans les rayons. Un prix plafonné cache le vrai prix, qui, lui, fluctue et donne un indice sur l’offre et la demande. Quand les deux s’équilibrent, le prix est stabilisé.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, et Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Économie ne veulent décidément pas sortir de leur idéologie : l’État doit toujours tout faire, et quand il échoue, c’est qu’ « on a tout essayé ». Ce raisonnement mitterrandien peine de plus en plus à camoufler que ce sont les mauvais remèdes que l’on applique, et il faudra bien un jour s’intéresser à la manière dont d’autres pays gèrent mieux que nous la crise sanitaire… avec une approche économique différente de la France.

 

 

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