Communication : le gouvernement s’emballe

Frank Riester 4 janvier 2012 - Voeux à la presse by UMP Photos (CC BY-NC-ND 2.0) — UMP Photos ,

Depuis le début de la pandémie, la machine gouvernementale à raconter absolument n’importe quoi s’est emballée à un niveau jamais atteint.

Par Marc André.

Depuis que la grippette chinoise est devenue une bonne grosse pandémie mondiale avec tout un tas de morts bien réels, la machine gouvernementale à raconter absolument n’importe quoi s’est emballée à un niveau jamais atteint.

Vous me direz qu’en France, une situation aussi exceptionnelle ne pouvait produire qu’une accumulation de gesticulations administratives, toutes aussi ridicules et contre-productives les unes que les autres.

Ministre de la Culture et « petit festival rural »

Dernier foutoir en date celui posé là, l’air de rien, par le ministre de la Culture. Mais si rappelez vous de lui ! Franck Riester avait été testé positif au Covid du temps où il n’y avait absolument pas de tests, sauf pour le personnel indispensable comme les ministres, les footballeurs et les artistes, mais surtout pas pour les médecins, les infirmières et autres personnels des EPHAD qui montaient au front à poil et sans masques.

Donc, tel Boudu sauvé des eaux, Francky y est allé de sa petite idée bien foireuse, pour aider le pays à comprendre ce qui lui arrive.

Jupiter a tonné que rien ne sera plus comme avant et que le déconfinement organisé par ses soins n’aillait pas être une partie de rigolade. À voir comme tout a été magistralement bien géré jusque là, nous n’avons aucun mal à le croire !

Donc, alors que son patron promettait du sang, des larmes et un été de merde sans festivals et autres réjouissances organisées avec nos sous, le ministre de la Culture a ramené la fraise qu’il avait dû contribuer à récolter, vu qu’il n’en fout plus une rame, en déclarant « que les petits festivals ruraux pourraient bien se tenir au cas par cas ».

Stupeur et étranglements dans le monde de la culture subventionnée. Comment interpréter l’oracle sibyllin du ministre délégué à la subsistance des amis du pouvoir ?

Bon, pour le côté rural pas de problème. Vu de la rue de Valois, tout ce qui se trouve au-delà de l’A86 est peuplé de paysans, mais qu’est-ce qu’un petit festival ?

Il aura fallu deux jours pour que le phare de la pensée de Coulommiers précise sa fulgurance. Cinquante personnes espacées les unes des autres par une distanciation sociale de deux mètres, portant des masques et séparées de l’orchestre par une scène… telle est la définition ministérielle du « petit festival rural ». En français courant cela s’appelle un bal populaire et encore pas un gros.

Déconfinement : où, quand, comment ?

À part ajouter encore un peu plus d’incohérence à la déjà longue liste de celles produites par ses collègues : sur le déconfinement progressif par tranche d’âges ou par régions, le port du masque obligatoire, mais pas trop, la réouverture des écoles, mais pas des restaurants, de certains commerces, mais pas de tous… bref pourquoi diable ce besoin d’en rajouter une couche supplémentaire ?

Pour une raison simple et terrifiante à la fois.

Depuis le début de la crise sanitaire, nous apercevons en pleine lumière, ce que nous dénoncions avant sans être vraiment crus. Ce pays n’est plus gouverné ! Depuis trente ans l’administration a pris le pouvoir et les technocrates imposent leurs agendas contradictoires à des ministres qui ne sont plus que leurs porte-parole.

C’était déjà le cas avant, mais là on le voit : sur les masques, les tests, la couverture médicale du territoire, les lits de réanimation, les respirateurs, le Plaquenil… Nul besoin de voir l’œuvre des grands méchants lobbys là-dessous, le plus vorace de tous a pris les rênes, encouragé par le pantouflage qui permet aux hauts fonctionnaires ayant bien servi d’aller bénéficier d’un fromage très dodu pour préparer leurs vieux jours.

D’où cette incroyable série de dérapages et autres bobards servie à un peuple médusé, lui qui avait été bercé dans le culte de l’infaillibilité de l’État.

Et encore, cette jactance n’est-elle que la partie émergée de l’iceberg. Alors que le déficit se creuse abyssalement, l’administration sait que des coupes vont survenir. D’où ces saillies aussi incohérentes que ridicules destinées à prouver que tel ou tel budget est indispensable à la vie du pays.

La sortie de Riester sur les festivals ruraux n’est destinée qu’à sanctuariser, sous couvert de l’animation nationalisée du désert français, une partie des financements de la culture qui va certainement faire les frais des nécessaires ajustements d’après crise.

Car à entendre celui qui nous avait dit, sans rire et droit dans les yeux que si nous ne l’élisions pas en 2017, « nous choisissions le chaos » son administration n’a pas failli. Pas la moindre contrition, droit dans ses bottes, le dernier avatar du système est sûr de lui comme seul un énarque peut l’être. Son gouvernement (comprendre ses fonctionnaires) multiplie une production de masques inexistante par cinq en trois mois, comme d’autres multipliaient les pains (une métaphore de saison un lundi de Pâques), mais aucune contrition sur l’absence totale de stocks stratégiques d’un bien que pourtant l’on ne produit plus.

Remplacez masques par pétrole et vous pouvez légitimement commencer à imaginer ce qui arrivera le jour où les pays producteurs, pour une raison ou pour une autre (comme ce fut le cas en 1973) refuseront de nous livrer.

Vous n’y croyez pas ? Pour vous ce n’est pas pensable, car nous sommes bien gouvernés par une administration prévoyante et visionnaire que le monde entier nous envie ? En Bulgarie, vous trouvez des masques dans les pharmacies, au Maroc dans les commerces et en Autriche gratuitement à l’entrée de tous les supermarchés…

Alors, toujours convaincu qu’il n’y a rien à craindre et que le gouvernement veille ? Dormez braves gens !

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