Covid-19 : on en sait de plus en plus chaque jour

Coronavirus - baby and mom By: Nik Anderson - CC BY 2.0

Un peu partout, des individus travaillent avec une ardeur et un dévouement qui forcent le respect.

Par Olivier Maurice.

Ce n’est pas de grands discours et d’encore moins de répression dont la France a besoin, mais d’informations claires pour que chacun puisse évaluer en toute conscience la situation. Surtout quand ces informations circulent librement par ailleurs…

À l’heure où les autorités semblent de plus en plus débordées et paniquées, multipliant discours, interventions, décisions plus ou moins arbitraires et semblent vouloir battre un record dans l’autoritarisme et la répression des libertés.

À l’heure où dans la population, la panique fait de plus en plus place à l’ennui, à l’incompréhension et à la colère sourde.

À l’heure où les autorités de santé semblent s’engluer dans des querelles de méthode et de chapelle, faisant mille fois plus de bruit pour se critiquer les uns les autres que pour apporter des réponses concrètes à la crise sanitaire.

Un peu partout, des individus travaillent avec une ardeur et un dévouement qui forcent le respect.

Sur le front

Il y a bien sur les premières lignes, les soldats du front de l’épidémie : médecins, infirmiers, aides-soignants, brancardiers, pompiers, conducteurs d’ambulance dont on ne dira jamais assez le courage qu’ils ont à affronter avec un manque de moyens souvent désespérant la détresse des patients et le danger omniprésent. On ne peut que s’incliner devant le dévouement de ceux qui ont choisi de sauver des vies en risquant la leur chaque jour.

Il y a ensuite la logistique, l’intendance qui suivra, comme l’on souvent affirmé de nombreux généraux.

Sauf qu’en l’occurrence, l’intendance a sévèrement du mal à suivre et semble même mettre des bâtons dans les roues, soit en centralisant des opérations qu’elle est incapable de mener à bien, soit en prenant des décisions totalement incompréhensibles ou partir dans des délires utopiques comme celui de développer et d’équiper en quelques jours la totalité de la population d’une application de traçage ultra-moderne.

L’information horizontale

Or la longue liste de défaillances, errements et revirements de l’administration et du gouvernement, ne fait que s’allonger chaque jour et ce mouvement est largement amplifié par le fait que tout un chacun peut, en cherchant un petit peu, se plonger très rapidement dans le bouillonnement d’informations provenant d’un peu partout sur la planète et se poser toutes sortes de questions.

Faut-il généraliser le port des masques ? Quels sont les stratégies de prévention qui fonctionnent mieux que les autres ? etc.

Sans doute pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’information circule de façon horizontale lors d’une crise mondiale et cette nouvelle situation porte un coup très dur à l’information de crise officielle diffusée de manière verticale.

Sans son monopole, la moindre erreur de la part des autorités est instantanément démentie, la moindre décision contestable est aussitôt sévèrement critiquée et remise en question, la moindre incohérence immédiatement relevée et raillée.

Cette incapacité de dire n’importe quoi, ou de ne dire que ce qui l’arrange, fait monter une grogne de plus en plus sourde et puissante dans le pays. Et celle-ci ne risque pas de descendre, surtout tant que le gouvernement s’entêtera à vouloir tout réguler, tout diriger, tout planifier, tant qu’il cherchera par tous les moyens à être « maître des horloges ».

À force de s’entêter dans le dirigisme et le catastrophisme, il risque bien de voir un jour ou l’autre la situation lui échapper complètement.

Libre information – libre accès à l’information

Car malgré ses multiples tentatives pour taxer, décrédibiliser et diaboliser internet et les réseaux sociaux accusés de tous les maux, le gouvernement n’a pas réussi à empêcher les informations de voyager à une vitesse incroyable et à tous les niveaux : que ce soit entre médecins pour partager leurs expériences, entre chercheurs pour échanger idées et leurs trouvailles, entre malades pour relater leurs expériences…

Après tout, c’était bien cela à l’origine Internet : un réseau pour permettre aux individus d’échanger ?

Il n’empêche que la réalité est que l’on y voit chaque jour un plus clair sur la réalité de la maladie et de l’épidémie, car en parallèle de la dépression chronique des bilans macabres et le nombrilisme ridicule des comparaisons entre pays répétées chaque soir à 20 h, circulent un nombre incroyable d’informations qui, même si elles ne sont pas toutes roses, laissent passer un peu de lumière dans cette nuée de pessimisme ambiant.

La suite de l’article n’a absolument aucune prétention médicale ou scientifique, elle est purement illustrative des principales tendances que l’on voit circuler ces derniers jours. Il conviendra à tous ceux qui le désirent de chercher plus loin et de se construire leurs propres opinions.

La principale information étant que le bouillonnement créateur est bien présent, qu’il fonctionne à pleine vitesse, et que partout, la troisième ligne des chercheurs et des observateurs travaille de façon intense dans ce grand réseau d’échange tant décrié qui relie désormais les individus entre eux.

L’épidémie

Les diverses études épidémiologiques se multiplient et semblent toutes converger vers plusieurs conclusions et poser de sérieuses questions :

Quasiment certain : il existe des facteurs de risques identifiables, dont les plus importants sont l’âge et la présence de pathologies du métabolisme.

La maladie est grave, voire très grave pour les patients âgés et/ou ayant des troubles du métabolisme (ce que l’on appelle couramment être en mauvaise santé) : hypertension, surpoids, diabète… Pour les autres, même si le risque n’est jamais nul, la dangerosité de la maladie est faible, voire même bien plus faible que nombre de maladies infectieuses.

Ce constat indiquerait qu’une politique ciblée de prévention et de prise en charge de l’épidémie soit indispensable et qu’il semble bien que l’on ne puisse se limiter à des mesures générales traitant tout le monde de la même manière.

En cours de validation : le taux de transmission de la maladie semble lui également plus faible qu’on ne le pensait initialement. Plusieurs études, dans différents foyers d’infections, montrent une faible propagation de la maladie dans la population : environ 80 % des personnes ayant été au contact plus ou moins avéré avec des malades ne contractent pas la maladie (ne sont pas testées positives) et ce, sans prendre de précautions particulières.

Bien sûr ces chiffres sont à prendre avec précaution et ils ne signifient surtout pas que ces personnes n’auraient pas fini par été contaminées à leur tour un jour, mais ils semblent indiquer qu’il existe des modes de transmissions privilégiés qu’il reste à découvrir et à établir plus formellement ; et que certaines mesures de protections sont certainement plus efficaces que d’autres.

Cette information incite à se poser de nombreuses questions sur les mesures de précaution à adopter et sur le rapport efficacité/coût du confinement et des gestes barrières.

En cours de validation : la pandémie pourrait au final se révéler bien moins sévère qu’on pouvait le craindre. Même si les chiffres sont assez impressionnants, surtout en France, Italie et Espagne, ils restent pour l’instant très éloignés des estimations cataclysmiques qui avaient cours au début de la pandémie.

L’hypothèse la plus courante est que le nombre de personnes contaminées est bien plus important que celui des personnes développant des symptômes ne le laissent penser, ce que semblent indiquer les chiffres provenant de pays ayant effectué des tests non ciblés et que semblent aussi également indiquer les recherches de sources de contamination.

Il semble donc que le principal problème de l’épidémie soit la rapidité de contamination, qui crée un afflux simultanés de malades, en particulier chez les populations regroupées (EHPAD, transports en commun…) et non sa sévérité en elle-même.

La maladie

Sur le front de la maladie et des stratégies thérapeutiques à mettre en œuvre, de nombreuses informations permettent de corriger la vision de la maladie :

Quasiment certain : le développement de la maladie semble suivre un schéma en deux phases : une première phase « grippale », puis une possible détérioration, plus ou moins brutale, avec une constante de durée. Dans tous les cas, même les plus bénins, la guérison prend du temps. Cette position à cheval entre une maladie aiguë et une maladie chronique est assez inédite et constitue le principal challenge des systèmes de santé souvent très fortement cloisonnés entre une médecine de ville et une médecine hospitalière.

Par ailleurs, plusieurs théories voient également le jour pour expliquer l’aggravation soudaine de la maladie se produisant chez les patients les plus à risque. Leur vérification permettrait de modifier la prise en charge et les soins à apporter et d’agir plus efficacement pour soigner les cas graves.

Quasiment certain : le monde médical semble opérer un consensus sur la théorie du choc cytokinique : l’infection par le virus déclencherait une sorte de réflexe inflammatoire grave (un peu comme une allergie peut parfois déclencher un choc anaphylactique ou une infection provoquer un choc septique) et ce serait ce choc qui déclencherait l’urgence médicale (la seconde phase d’aggravation observée chez de nombreux malades) et qu’il faudrait endiguer le plus rapidement possible, afin d’empêcher la dégradation de l’état de santé du patient.

En cours de validation : de nombreuses autres études sont conduites actuellement pour essayer de comprendre s’il n’existerait pas d’autres mécanismes empêchant les patients atteints de récupérer une fois le choc inflammatoire passé ou même pour les cas plus bénins.

Une de ces études semblerait ainsi indiquer qu’en plus des lésions pulmonaires, c’est le système métabolique d’oxygénation de l’organisme qui serait attaqué par le virus et qui créerait un effet domino sur des mécanismes vitaux déjà fragilisés. Cette dernière théorie expliquerait aussi pourquoi certains médicaments détournés de leur usage habituel permettraient de ralentir le développement de la maladie.

 

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