Retour de l’ISF ou actionnariat salarié ?

Avoir une charge de travail adaptable à l’activité est créateur d’une valeur considérable pour la société puisqu’on permet à l’entreprise de mieux passer les cycles.

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Retour de l’ISF ou actionnariat salarié ?

Publié le 10 avril 2020
- A +

Par Xavier Fontanet.

Avec les tensions sur les finances publiques, le thème de l’augmentation des impôts refait surface, certains suggérant, il fallait s’y attendre, le retour de l’ISF.

Le gouvernement y a coupé court avec raison, d’autant que ces idées proviennent de publics qui n’ont rien trouvé de plus intelligent que de lancer des grèves au mois d’avril. On rappellera que ces 15 ans d’ISF ont provoqué une saignée dans l’appareil industriel, là où est logé le capital, qu’ils ont surtout fait du mal à la province où sont situées en majorité les usines et que le mouvement des Gilets jaunes n’est que l’une des conséquences de cette funeste politique.

Ceci étant, il est utile en cette période d’incertitude et de réflexion de proposer des idées.

Que ceux qui le peuvent paient en avance

Première idée : demander aux contribuables qui le peuvent de payer leur impôt en avance aurait un effet direct sur les finances publiques. Ceci pourrait être fait sur une base volontariste ; il y a en effet fort à parier que les recettes seront plus importantes qu’on le croit, chacun ayant compris que la situation est grave.

L’impôt sur les plus-values , qui doit être payé en septembre serait un candidat idéal.

L’actionnariat salarié

Deuxième idée : lancer une campagne sur l’actionnariat salarié en échange d’une évolution du contrat de travail. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit des CDI à horaires variables qui ont été inventés par Peter Hartz et mis en application en Allemagne par Gerhard Schroeder durant les années 2004-2005.

L’entreprise et ses collaborateurs s’accordent sur une durée de travail hebdomadaire évoluant en fonction de la charge de l’entreprise. À titre d’exemple, mais tout doit se faire au niveau de chaque entreprise car le calcul dépend de sa structure de coût, le minimum pourrait être de 4 jours de travail à 7 heures soit 28 heures hebdomadaires payées 28 heures ; le maximum serait de cinq jours à 9 heures soit 45 heures payées 45 heures.

Pour compenser cette évolution du contrat de travail l’employé pourrait choisir entre un système d’intéressement musclé ou devenir un salarié actionnaire.

Avoir une charge de travail adaptable à l’activité est créateur d’une valeur considérable pour la société puisqu’on permet à l’entreprise de mieux passer les cycles difficiles qui, on le sait, vont être le lot des années qui viennent.

Partage de la création de valeur

Cette création de valeur doit être partagée entre l’actionnaire et le personnel. La dilution de capital peut être de l’ordre de 0,5 à 1 % par an mais dans ce cas la dilution n’est pas créatrice de démotivation et d’exil comme avec l’ISF mais source d’efficacité économique.

Nous aurions là un système de financement où les flux passeraient directement entre l’actionnaire et ses salariés au lieu d’être affectés aux finances publiques et alloués on ne sait trop où.

Cette disposition ajoutant énormément à la résilience de l’économie l’État pourra veiller à ce que la fiscalité du dispositif soit favorable en permettant par exemple que les plus-values sur les ventes d’action distribués au personnel ne soient pas ou peu imposées.

Dernière incidence : l’actionnariat salarié pratiqué sur une longue durée permet aux employés grâce au capital constitué au fil des ans d’augmenter considérablement leur retraite. Pour s’en convaincre il suffit d’observer ce qui se passe dans les entreprises qui le pratiquent depuis longtemps.

À ceux qui disent que la bourse est basse, il pourra leur être répondu que c’est une raison de plus pour y aller !

Voir les commentaires (18)

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Créer un compte Tous les commentaires (18)
  • Bonne idée mais aucune chance que ça n’arrive en France. Un retour de l’ISF par contre est hautement probable

  • retour de l’ISF ….ce n’est pas ça qui remontera les finances de la France ; ce pays était déjà ruiné avant la crise du corona ; à force de vouloir boucher les trous avec du papier cul , le rouleau va vite se tarir….

  • La généralisation de l’actionnariat salarié doit s’accompagner de la généralisation de l’acompte sur dividende. Les entreprises moralement obligées de ne pas payer de dividendes sur l’exercice 2019 pourraient payer des acomptes sur le dividende 2020 dès septembre ; ça compenserait un peu et les 7 millions d’actionnaires salariés recevraient un coup de pouce.

    • Cette histoire d’obligation morale ne rime à rien, elle déconnecte le dividende des résultats qui l’ont permis et en fait une rente qu’il serait de bon ton de suspendre pour accroître par solidarité les difficultés de ceux qui la touchent. Ma mère nonagénaire qui utilise ses dividendes pour payer sa résidence senior, pourquoi la contraindre à vendre ses titres ?
      Ce qui aurait pu être généralisé en 2020, c’est le paiement des dividendes en titres, et le conditionnement du droit de vote à des détentions de longue durée.

    • Les dividendes 2020 seront, pour la grosse majorité des entreprises, très négatifs. On ne peut distribuer du manque.

  • Ce qui est générateur de valeur c’est plus de contrats moins de lois, règlements et normes.

    • et moins de fiscalité (et plus lisible).
      A l’Etat de commencer à tailler dans ses coûts (subventions aux éoliennes par exemple et autres associations politiques de copains : cela fait quelques milliards tout de même !).

      Payer les impôts en avance n’encouragera pas l’Etat à être vertueux !

  • Pour être certain que les actions d’épargne salariale distribuées / achetées restent dans le giron de la société il faudrait qu »elles ne soient pas vendable sur le marché ouvert donc elles évoluent comme celles du marché mais sont identifiées différemment et vendable que dans le sein de l’entreprise.
    J’ai l’exemple d’un amis entrepreneur qui a distribué des actions de sa boite aux personnels deux ou trois ans avant de prendre sa retraite… La boite s’est retrouvée dans les mains d’un concurrent et lui a du partir avant ce qu’il souhaitait son personnel voulait du fric immédiat !

    • Oui mais en se vendant à un concurrent, le personnel a pris le risque que l’intégration à l’entreprise acheteuse se traduise par une restructuration avec des licenciements à la clé… Le retour du boomerang en quelque sorte! Un apprentissage par la pratique que toute action économique a des conséquences. 🙂

    • Pacte d’actionnaire mal fait, c’est le B.A.BA le contrôle des ventes de titres.

  • Tout cela va-t-il changer le fait que les hommes touchent en moyenne un salaire supérieur de 22,8 % à celui des femmes?

    • Ah, cela faisait longtemps.
      Les fameux 23% de différence des féministes de combat… 🙂
      Ce chiffre est exact mais il représente les différences entre les hommes et les femmes en globalité sans tenir compte des multiples différences dans le choix des individus. Déjà, ce chiffre ne tient pas compte du temps de travail. Le temps de travail partiel est présent essentiellement chez les femmes, donc évidemment, cela se traduira par une différence de revenu. D’ailleurs, une étude fait chez les lesbiennes sans enfant montre qu’il n’y a pas de différence de salaire avec les hommes.
      Bcp d’autres éléments interviennent également. Cf lien qui en cite quelque uns mais qui est loin d’être exhaustif.

      https://www.contrepoints.org/2018/05/03/315445-difference-salaires-hommes-femmes-mystere-eclairci

      Par ailleurs, si cette différence de salaire existait réellement, pourquoi voudriez-vous que ces salauds de « patrons exploiteurs » se privent d’augmenter leur profit en employant des salariés moins payés à compétence identique et temps de travail identique. Par machisme? Ils prendraient ainsi le risque de se donner moins de moyens que leurs concurrents qui les embaucheraient. Ou alors TOUS les patrons sont machistes. Même les femmes patrons?

  • On pourrait prélever sur le salaire des hommes, les 22,8% qu’ils gagnent en plus des salaires des femmes?

  • Si le bon sens de Monsieur Fontanet pouvait être un tout petit peu partagé par nos énarques!
    Mais je crains que cet espoir ne soit vain.

  • Oui Monsieur, comme bien souvent vous avez raison.
    Et moins l’Etat n’aura à gérer de fonds, mieux la France se portera.
    Mais pour cela, il faut que les bureaucrates acceptent de se retirer et fassent confiance au « privé ».
    Or, malgré la crise sanitaire actuelle, aucune tête ne doit dépassée, aucune initiative de bon sens non agréée par le pouvoir central ne doit voir le jour, le secteur privé est ignoré, le droit des élus locaux est violé. Egalitarisme pour tous comme l’a rappelé le sieur Castaner:
    Tout un chacun doit être égal devant la mort ou le suavetage.
    Seule une vraie révolte des citoyens et la mise au rencart des ronds de cuir nous sauvera. C’était déjàd’actualité sous Courteline et Clémenceau. Que diraient-ils aujourd’hui!

  • « mais tout doit se faire au niveau de chaque entreprise  »
    Laisser les gens décider eux-mêmes ce qui est mieux pour eux sans faire appel à l’administration, aux énarques, aux politiques, aux syndicalistes…etc Vous n’y pensez pas!
    En plus cela risquerait de créer un dangereux précédent. Les gens risqueraient de se rendre compte qu’ils n’ont pas besoin de toute cette clique pour mieux gérer leur propre vie…

  • Les commentaires sont fermés.

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