Retour de l’ISF ou actionnariat salarié ?

Avoir une charge de travail adaptable à l’activité est créateur d’une valeur considérable pour la société puisqu’on permet à l’entreprise de mieux passer les cycles.

Par Xavier Fontanet.

Avec les tensions sur les finances publiques, le thème de l’augmentation des impôts refait surface, certains suggérant, il fallait s’y attendre, le retour de l’ISF.

Le gouvernement y a coupé court avec raison, d’autant que ces idées proviennent de publics qui n’ont rien trouvé de plus intelligent que de lancer des grèves au mois d’avril. On rappellera que ces 15 ans d’ISF ont provoqué une saignée dans l’appareil industriel, là où est logé le capital, qu’ils ont surtout fait du mal à la province où sont situées en majorité les usines et que le mouvement des Gilets jaunes n’est que l’une des conséquences de cette funeste politique.

Ceci étant, il est utile en cette période d’incertitude et de réflexion de proposer des idées.

Que ceux qui le peuvent paient en avance

Première idée : demander aux contribuables qui le peuvent de payer leur impôt en avance aurait un effet direct sur les finances publiques. Ceci pourrait être fait sur une base volontariste ; il y a en effet fort à parier que les recettes seront plus importantes qu’on le croit, chacun ayant compris que la situation est grave.

L’impôt sur les plus-values , qui doit être payé en septembre serait un candidat idéal.

L’actionnariat salarié

Deuxième idée : lancer une campagne sur l’actionnariat salarié en échange d’une évolution du contrat de travail. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit des CDI à horaires variables qui ont été inventés par Peter Hartz et mis en application en Allemagne par Gerhard Schroeder durant les années 2004-2005.

L’entreprise et ses collaborateurs s’accordent sur une durée de travail hebdomadaire évoluant en fonction de la charge de l’entreprise. À titre d’exemple, mais tout doit se faire au niveau de chaque entreprise car le calcul dépend de sa structure de coût, le minimum pourrait être de 4 jours de travail à 7 heures soit 28 heures hebdomadaires payées 28 heures ; le maximum serait de cinq jours à 9 heures soit 45 heures payées 45 heures.

Pour compenser cette évolution du contrat de travail l’employé pourrait choisir entre un système d’intéressement musclé ou devenir un salarié actionnaire.

Avoir une charge de travail adaptable à l’activité est créateur d’une valeur considérable pour la société puisqu’on permet à l’entreprise de mieux passer les cycles difficiles qui, on le sait, vont être le lot des années qui viennent.

Partage de la création de valeur

Cette création de valeur doit être partagée entre l’actionnaire et le personnel. La dilution de capital peut être de l’ordre de 0,5 à 1 % par an mais dans ce cas la dilution n’est pas créatrice de démotivation et d’exil comme avec l’ISF mais source d’efficacité économique.

Nous aurions là un système de financement où les flux passeraient directement entre l’actionnaire et ses salariés au lieu d’être affectés aux finances publiques et alloués on ne sait trop où.

Cette disposition ajoutant énormément à la résilience de l’économie l’État pourra veiller à ce que la fiscalité du dispositif soit favorable en permettant par exemple que les plus-values sur les ventes d’action distribués au personnel ne soient pas ou peu imposées.

Dernière incidence : l’actionnariat salarié pratiqué sur une longue durée permet aux employés grâce au capital constitué au fil des ans d’augmenter considérablement leur retraite. Pour s’en convaincre il suffit d’observer ce qui se passe dans les entreprises qui le pratiquent depuis longtemps.

À ceux qui disent que la bourse est basse, il pourra leur être répondu que c’est une raison de plus pour y aller !

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.